Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

22 octobre 2009

Charles Marville: Paris photographié au temps d'Haussmann

Paris_photographi__au_temps_D_Haussmann___Expo

Si l'évocation du mot "Paris" vous parle, que la photographie vous colle à la peau, et que vous souhaitez découvrir de notre capitale jusqu'à ses moindres secrets, quelques mots sur une exposition gratuite des plus surprenantes ne seraient pas de refus alors, le temps de vous donner l'envie d'aller y faire un saut...
Paris photographié au temps d'Haussmann se déroule en ce moment même au Louvre des Antiquaires et, bonne nouvelle, est prolongée jusqu'au 1er novembre prochain, répondant à un succès évident de bon nombre d'entre nous.

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L'exposition est plutôt rapide et tient en une seule salle mais son contenu (d'une trentaine de clichés environ) n'en est pas moins instructif et captivant.
Elle évoque, par le biais de la photographie, un Paris disparu, inquiétant et désertique, sorte de carte postale de charme emblématique qu'on vendrait bien sur les quais de Seine, et qui se révèle peu à peu derrière l'objectif acéré de Charles Marville.
Ce dernier fut en effet chargé par la ville d'immortaliser les rues de Paris vouées à disparaître, juste avant le commencement des travaux d'assainissement dirigés par Haussmann, et a mené à bien sa besogne en plein coeur de la capitale, entre 1852 et 1877, endroit où se trouve précisément aujourd'hui le Louvre des Antiquaires.

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On y découvre ainsi, au travers de clichés d'un autre temps et de quelques citations (La Curée ou Le ventre de Paris d'Emile Zola, par exemple), le quartier des Halles-Rivoli, l'Hôtel de Ville incendié pendant la Commune puis sa reconstruction, ou encore le tracé de l'avenue de l'Opéra. L'occasion rêvée de se faire une idée nouvelle de notre Paris bien familier et de parcourir, à mi-chemin entre l'imaginaire et une réalité passée, un lieu inconnu et chaotique.
Sombre ou coupe-gorge dans ces impasses étroites. Inquiétant voire même insalubre.
Et exclusivement parsemé de petites ruelles sinueuses qui justifient à merveille les descriptions de tant de romans...
Beaucoup d'émotions mêlées alors qui se traduisent également au moyen de cliché chocs tels le début de la démolition des Halles de Baltard et alentours, ou encore l'intérieur de l'Hôtel de Ville incendié avec sa salle de bal détruite, noircie et assaillie par des montagnes de gravats, photographie qui m'a le plus marquée, sans aucun doute.

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Il en ressort un voyage caché, comme une énigme. Une période tourmentée et enfouie à tout jamais sous le poids d'un modernisme qui ne fait qu'accroître, véritable tableau d'une ville en mutation que l'on se prend soudain à apprivoiser et à connaître, en suivant l'évolution de son architecture, de son histoire et de son urbanisme.
Et si le jeu à reconnaître où se situe quoi, aidés par un plan explicatif de la ville d'hier et d'aujourd'hui, est une sorte de chasse au trésor de chaque instant pour tout citadin qui se respecte, force est d'admettre que ce Paris là, passablement méconnaissable, présente, outre l'aspect d'une prime curiosité, un évident parfum d'étrangeté.

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En cela réside sans doute l'intérêt principal de l'exposition puisqu'elle lève le voile, en même temps qu'elle nous présente des photographies symboliques de l'histoire de la ville, sur l'un des mystères entêtants qui heurte dés le début le visiteur observateur.
Les clichés, tous en noirs et blanc naturellement, sont en effet singuliers de par leur brume épaisse et répétée, et plus encore par l'absence presque obsédante de figurants ou de trace de vie aussi infime soit elle, à l'exception de quelques personnages tapis dans les coins.
N'y avait-il donc à Paris en ce temps là aucun passant, aucune voiture et un hiver permanent?
La réponse est évidemment négative. A y regarder avec plus d'attention et le souci du détail, des silhouettes se distinguent vaguement dans le brouillard et l'on aperçoit des traînées de voitures, comme effacées ou gommées, laissant jaillir alors cette sorte de flou grisâtre qui semble s'être emparé d'un bon nombre de ces photographies.
Mais l'explication se trouve un peu plus loin:
"Novatrice à l'époque, la technique photographique du calotype qu'il (ndlr: Charles Marville) utilisait ne permettait pourtant pas encore de capturer le mouvement. D'où l'impression d'un Paris fantomatique et désertique. Mais en y regardant de plus près, on devine de mystérieuses traînées blanchâtres et étirées: il s'agit en réalité de la trace des voitures et des passants qui grouillaient dans les rues de Paris."
C'est donc un fait. La technique d'antan ne permettant pas au mouvement d'être fixé, apparaître de façon nette sur une photographie de l'époque était en quelque sorte un miracle d'immobilisme! Et une fascinante découverte pour la néophyte que je suis qui ignorait tout de cela jusqu'à ce jour et qui s'interrogeait au fil des clichés, l'air perplexe...

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Ainsi, il ne me reste plus qu'à apposer le mot "fin" sur ce léger billet, en espérant vous avoir convaincu d'y mettre les pieds pour la curiosité, l'étrangeté... la gratuité? ^^
Et de vous accorder ce moment hors du temps en compagnie d'un Paris disparu qui vous fera voir votre vie citadine sous un autre angle où le passé romanesque a des airs de réalité et où les faits divers prennent de l'ampleur comme de l'intérêt.
Oui, un autre Paris a bel et bien existé. Différent. Étonnant.
Mais on ne le dit pas toujours assez et ces clichés rarissimes sont là, aujourd'hui, pour nous le rappeler. Vous avouerez que ce serait dommage alors de passer à côté de cette petite mine d'or à tout jamais dissimulée que l'on foule chaque jour de nos pieds, tout en continuant de l'ignorer?

-Livy-

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10 octobre 2009

"Les journées Brassens" sur les traces des "Copains d'abord"

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Bonne nouvelle pour tous les amoureux des douces mélodies et des textes facétieux!
Le week end est placé sous le signe de la musique et plus encore, celui des mots et de la poésie.
Une thématique chère à mes idées, mes passions et mon rêve d'absolu que je me devais bien entendu d'honorer comme il se doit.

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C'est ainsi que les 10 et 11 octobre, à savoir aujourd'hui et demain, la ville de Paris rend un hommage particulier qui célèbre un anniversaire. Les 40 ans d'une rencontre unique en janvier 1969, celle de trois hommes d'exception:
Georges Brassens, Jacques Brel et Léo Ferré.
La chanson à texte et les adeptes des jolis mots mis de la sorte à l'honneur se focalisent d'ailleurs d'avantage sur le premier d'entre eux, Brassens, et vont, deux jours durant, évoquer son talent dans le parc qui porte son nom (Parc Georges Brassens, rue des Morillons/place Jacques Marette, 15 ème arrondissement) au moyen de concerts improvisés, fanfares, dictées, prix littéraires, éloges de la part de ses proches et de nombreuses autres animations à caractère littéraire, culturel et ludique à la fois.
Mais dans le genre, ce n'est pas une première en soi puisque "Les journées Brassens" sont organisées dans la joie et la convivialité la plus exquise, depuis plusieurs années déjà, par une librairie bien connue du même arrondissement nommée Le Divan et que je vous recommande fortement si de multiples lectures, vous aimez vous délecter ^^

Quoi qu'il en soit, ces journées sont une véritable aubaine pour moi, non seulement pour aller y faire un tour (et libre à vous de m'y accompagner, il paraîtrait même que c'est gratuit...) mais aussi pour évoquer dans mon blog d'amour trois artistes de talent qui ont traversé les générations et le temps avec l'élégance et la verve poétique qui leur est due.
Je pourrais bien ainsi m'attarder sur la force émotionnelle des mots de Léo Ferré (mon préféré, je le confesse) ou encore l'interprétation époustouflante des textes de Brel, tous deux m'ayant sans le savoir cueilli l'eau des cils à maintes reprises...
Mais puisque c'est notre cher Georges qui est ici mis sur le devant de la scène, je pousserai plutôt un cri de guerre façon "Gare au gorille!" en l'évoquant plus longuement.

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Brassens

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Car lui, il faut bien le savoir, est un peu l'homme de mon quartier.
Fraîchement débarqué de Sète dans le Sud et à peine adulte, c'est dans le 14 ème arrondissement parisien qu'il a élu domicile un certain temps.
Il a d'abord vécu rue d'Alésia pour ensuite se planquer en pleine guerre, après s'être fait la belle d'un camp allemand, impasse Florimont, Chez Jeanne (dont il fera une chanson).
C'est à cet endroit et pendant une bonne vingtaine d'années que celui qui se voulait artiste et écrivain a peaufiné un talent affranchi de toutes contraintes et une liberté d'expression absolue qui lui a d'ailleurs valu un succès non négligeable par la suite, dans quelques cabarets d'abord puis au théâtre Bobino surtout, haut lieu de sa notoriété.

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En effet, "bad boy" à ses heures, Brassens est un mythe, une emblème, un personnage.
L'homme est insaisissable, gentiment rebelle, polémique et controversé.
Et s'il joue à merveille de sa mauvaise réputation (encore une chanson!) et de son allure d'ours mal léché et râleur, il possède également un véritable amour pour les choses vraies, un sens aiguë de l'amitié -on notera entre autres parmi ses fréquentations artistiques Brel, Béart et Devos- et une envie de refaire le monde, thématiques qu'il n'aura de cesse de retransmettre dans son oeuvre en trouvant les mots justes et les mélodies qui leur siéent.
Il a cette façon propre de balancer ses vérités avec bonne humeur, une guitare à la main et le jeu de mot dénonciateur sur le bout de la langue. Il chante comme il parle, il parle comme il vit. Pleinement. Simplement. Et avec cette dose de poésie nonchalante qui parsème ses chansons et le rend si atypique aux yeux de son public, tellement unique aussi...

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Car il faut bien le reconnaître, Georges Brassens est intemporel.
Les sujets sur lesquels il s'est penché sont toujours d'actualité, dans la dénonciation politique comme dans la magie et l'étrangeté des relations humaines.
C'est peut-être juste que lui, plutôt qu'un autre, avait ce don, cette capacité de savoir les exprimer avec une subtilité un peu voilée et un instinct poétique vraisemblablement inné.
Et ses idées perdurent aujourd'hui encore de par son parcours et sa philosophie de pensée tout à fait personnelle, tandis que la jeunesse chante en choeur ses chansons d'une autre époque, à leur tour reprises par d'autres artistes, symbole d'une évidente reconnaissance.

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Une belle récompense alors que ces "journées" qui lui sont entièrement dédiées et qui vont permettre au cours des prochaines 48 heures une immersion totale dans son petit monde empreint d'humour nuancé, d'ironie feinte et d'espièglerie.
Le mot de la fin? Foncez-y!

-Livy-

Et pour plus d'informations sur "Les journées Brassens"
--> cliquez ici! <--

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04 septembre 2009

Henri-Cartier Bresson, "L'imaginaire d'après nature"

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L'été bientôt achevé,
Et l'exposition qui tend sous peu à se terminer,
Mon retard et mes idées se sont progressivement éparpillés,
Et l'on n'attendait même plus mon billet sur HCB.
C'est pourquoi, voici le moment précis qu'il a choisi pour enfin se dévoiler...
Retour sur ma petite escapade en noir et blanc au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris.

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Et il faut bien le dire, ç'aurait été dommage de ne point l'évoquer car l'exposition-hommage à Henri Cartier-Bresson a su, de par son "imaginaire d'après nature" se révéler fascinante, dévoilant des images poignantes et vraies, aussi artistiques que symboliques et présenter un intérêt supplémentaire quant à sa thématique plutôt originale.
Pour un bref historique, il s'agit en effet d'une exposition itinérante du photographe dans les années 70 qui s'est ici invitée de nouveau au MAM sous le même aspect qu'à l'époque, présentant des clichés conservés tels quels, légèrement jaunis et sur support à l'état brut.
Un atout évident selon moi pour gagner en profondeur et en intensité et faire briller ainsi des photographies dont le pouvoir était déjà amplement acquis.

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Côté organisation, on a pu également observer une présentation nette et concise, épurée bien sur, à l'image du MAM, afin de mieux appréhender l'oeuvre d'un artiste qui a marqué à jamais le monde de la photographie en alliant avec brio l'art au journalisme.
Autour de quatre parties bien distinctes intitulées Premières oeuvres, HCB photographe de la vie quotidienne, HCB témoin de son temps et HCB portraitiste, c'est alors un photographe pluriel qu'on a pu découvrir ici, baroudeur et appliqué, instinctif et soucieux du moindre détail, drôle par moment, touchant à d'autres, tragique parfois mais avec toujours ce même besoin d'authenticité et de recherche de la vérité, dans le quotidien comme dans les yeux, les traits et silhouettes de ses "modèles". Le tout dans un contraste en noir et blanc très poussé et un travail sur l'image vraiment étonnant.
Pourrait-on alors "caser" HCB dans une catégorie précise?
... Pas vraiment. L'homme, à l'image de son art, est captivant et insaisissable à la fois.
Il nous offre tour à tour des clichés du quotidien à la Doisneau, des "carnets de voyage" d'une force inouïe liée à une signification journalistique quelque peu améliorée, des séries de portraits d'une harmonie singulière, et l'ensemble, mis bout à bout, forme ce tout, gorgé d'émotions et d'instants imprévisibles parce que, comme il le dit si bien, il a su " faire patte de velours, mais avoir l'oeil aigu".

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Ici toutefois, l'exposition est un peu atypique car pour le moins restreinte, voire très courte, les photographies exposées (environ 70) ayant été choisies par Henri Cartier-Bresson lui-même, qui les avait sélectionné à  l'époque comme étant à son avis, quelques unes de ses meilleures prises. Une vision certes subjective mais non dénuée d'intérêt pour autant puisqu'un montage vidéo nous permet de visionner également d'autres clichés semblables pris au même moment ou presque, nous offrant alors la possibilité de faire la part des choses en ayant notre opinion propre quant à nos photographies préférées.
Par ailleurs, le contexte dans lequel ont été pris ces clichés m'a paru jouer énormément sur les photographies en elles-mêmes et l'aspect explicatif m'a de surcroît semblé aussi utile que survenant à bon escient, afin de nous permettre de mieux adhérer à l'état d'esprit dans lequel se trouvait HCB et ce qu'il souhaitait mettre en avant, aussi bien dans un souci du détail que de l'esthétique ou de l'information, qu'elle soit culturelle ou chargée d'actualité.

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Il en demeure une exposition aussi succincte qu'elle est riche, aussi naturelle que son intitulé, aussi sauvage que son artiste et j'aime à penser que cette brève rétrospective sur Henri Cartier-Bresson est une bulle de rêve et de réalité, mêlant les deux sans les heurter mais les confondant plutôt, pour un rendu qui n'a de cesse d'étonner, de choquer et d'interpeller. Un véritable régal des yeux pour les amateurs, comme moi, du noir et blanc et des contrastes photographiques audacieux.

-Livy-

"L'harmonie se retrouve en cherchant l'équilibre à travers l'asymétrie de tout visage,
Ce qui fait éviter la suavité ou le grotesque."

Henri Cartier-Bresson, Images à la Sauvette, 1952.

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Bel hommage au 14 ème arrondissement,
Le sculpteur Alberto Giacometti, rue d'Alésia.

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04 août 2009

Un été de folie, même à Paris!

Parce que même l'été à Paris peut devenir attractif si tant est que l'on y mette un peu du sien et qu'on se motive pleinement à sortir de sa tanière, voici quelques bons plans, rendez-vous attendus et sorties culturelles ou artistiques à ne point laisser passer pour tous les parisiens en manque de sensations nouvelles et d'un brin de fraîcheur rêvé!

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Fnac_ind_tendances_2009

Qu'ouis-je? Vous avez dit "concerts"?
Il était tout naturel que je débute cette petite session avec mon péché mignon par excellence.
En effet, comme chaque année, le festival Fnac Indétendances auquel je ne manque jamais d'assister, ne serait-ce que pour quelques soirées est, selon moi, l'atout majeur de Paris Plage.
(Évènement que, vous le saviez sans doute déjà, je n'apprécie guère ^^)
Il mérite de plus pour cette version 2009 une attention toute particulière puisque s'il ose bien sur distiller une fois encore dans nos oreilles gourmandes de la bonne musique, il se déplace également du pont de Sully au parvis de l'Hôtel de Ville. Une excellente initiative qui permettra sans doute à tout un chacun de respirer d'avantage sans se prendre pour une petite chose fragile écrasée en pleine foule et ainsi profiter de ces concerts gratuits, bien souvent révélateurs de bonnes surprises, comme il se doit.
Le programme musical qui par ailleurs s'échelonne de la fin juillet à la mi-août chaque week end en général (et même un mercredi!) s'avère plutôt alléchant dans son ensemble, très éclectique également, et je note entre autres et parmi mes préférences, de petites idées qui me trottent dans la tête telles "Stuck in the sound", "The Elderberries"," Housse de Racket" ou encore "La rue Kétanou".
Enfin, je me réserve le plaisir joliment décalé de revoir Cocoon une fois encore et celui, non moins charmant, de découvrir Charlie Winston en pleine performance live...
Bref, un festival parisien des plus impromptus et en totale liberté, pour une dose de bonheur en toute facilité.
Et si enfin vous êtes désireux d'en savoir un peu plus, le programme dans son intégralité se trouve [ici].

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Cin_ma_au_clair_de_lune_2009

Les cinéphiles seront comblés et les autres aussi puisque la Mairie de Parie offre cette année encore la possibilité de savourer en toute gratuité des séquences cinématographiques en plein air (13 en tout) dans les parcs, jardins et autres lieux verdoyants ou typiques de la capitale, et ce tout au long du mois d'août.
Le sessions des années précédentes ayant été un réel succès saupoudré du charme atypique d'un cinéma à la belle étoile, il me paraît évident que je vais m'y rendre cette fois encore, petite laine à l'appui, pour ce moment si particulier que je n'ai de cesse d'apprécier.
Comme le programme s'avère diversifié et mêle habilement les époques aux genres, tout le monde pourra amplement y trouver son compte en fonction de ses goûts et de ses envies. C'est ainsi avec entrain que j'irai sans doute assister à quelques projections. Mon choix se portera sûrement sur le magnifique Tchao Pantin de Claude Berri, film ô combien marquant dans lequel Coluche s'est surpassé, excellant dans un rôle à la fois sombre et délicat. 
Puis j'enchaînerai sur Boudu sauvé des eaux, ce qui n'est pas une surprise en soi lorsque l'on connaît l'attachement cinématographique que je voue à Jean Renoir et l'admiration portée à son travail.
Pour finir en beauté, mes goûts pencheront du côté du très tourmenté Dans Paris de Christophe Honoré, film dont j'avais déjà fait la critique [ici] et qui possède pour moi cette symbolique emplie de tant de souvenirs...
Les amis du septième art sauront alors apprécier à sa juste valeur quelques soirées parisiennes à forte densité poétique.
Et pour plus d'informations et moins de bla bla,  il vous suffit de cliquer [ici].

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Darwin___Bagatelle

Une exposition en hommage Charles Darwin au parc de Bagatelle destinée à un large public, c'est ce qu'il se trame en ce moment même... Une occasion unique et inespérée d'allier le charme de ce jardin hors-normes dans lequel je n'ai de cesse de rêver à un moment culturel riche et varié, d'une grande rareté de surcroît.
En effet, pour célébrer les deux cents ans de la naissance du célèbre scientifique, la Mairie de Paris organise en 2009 une "exposition-balade" exceptionnelle dans un cadre qui l'est tout autant, consacrée à Darwin, sa vie et son oeuvre.
Tout un programme et bien plus encore!
A Bagatelle donc, et sous la forme d'un parcours qui se déroule en trois étapes (Trianon, Cour d'Honneur et Galerie du parc), on saura y apprécier une rétrospective générale de l'homme qu'il était afin de nous permettre de mieux appréhender son travail en tant que scientifique et naturaliste mais aussi l'histoire de sa vie, entre isolement, hésitations et succès, tout comme son exaltation à l'égard de la biologie. Naturellement, ses études les plus importantes ainsi que sa fameuse théorie de l'évolution et sa reconnaissance auprès de ses pairs seront abordées, mais on y trouvera également des indices et explications sur sa passion des herbiers, documents et objets divers qu'il n'a cessé d'amasser pour mieux s'y intéresser...
Le tout promettant d'être captivant, le jardin de Bagatelle en prime, c'est sans aucun doute un rendez-vous à ne pas manquer dont vous pourrez également vous délecter à la rentrée et jusqu'au 1er novembre de cette année!

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Parce que la Tour Eiffel est avant tout l'emblème vivante de Paris et que, parisienne de coeur, je n'ai jamais poussé le vice jusqu'à la visiter (c'est une honte, j'en conviens), je compte bien me rattraper ces prochains jours en jouant les touristes dans ma propre ville et puis surtout en me rendant à l'exposition qui lui y est consacrée et qui se déroule au premier étage ainsi que dans les escaliers de notre cher monument.
L'épopée Tour Eiffel me paraît en effet un excellent moyen d'apprivoiser celle que je vois tous les jours en proposant des objets, affiches, gravures, photographies ou dessins, tous voués à constituer une sorte de genèse de la Tour, nous livrant par la même occasion moultes petits secrets et anecdotes insolites autour des origines de sa création.
Comme l'aventure ne s'arrête pas là, les panneaux illustrés (environ 300) sont également complétés par des films, écrans et autre matériel high-tech présentant la Tour Eiffel comme on ne l'a jamais vu et destinés à rendre l'évènement plus interactif encore, dans un réel esprit de modernisme et d'innovation, à l'image de notre monde actuel.
Huit thèmes nous sont ainsi proposés pour un expo-visite aussi sympathique que ludique.
Et c'est avec joie enfin que je franchirai les (quelques) marches de l'édifice sacré pour un moment qui, sur les traces de sa naissance lors de l'exposition universelle de 1889, risque de vraiment me captiver.

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Tous à vos lianes!
Et je dois admettre que c'est un bien curieux évènement que celui-ci car même je ne suis pas a priori particulièrement adepte du grand Tarzan dans toute sa splendeur (bien que son cri soit évidemment addictif, cela va de soi ^^), la thématique en soi d'une telle exposition est pour le moins originale, me laisse pantoise et attise ainsi ma curiosité. Par ailleurs, l'idée de m'offrir le luxe d'un moment passé au musée du quai Branly me fait demeurer dans un état plus qu'enthousiaste tant ce lieu est révélateur pour moi de délicieux souvenirs et d'un autre côté, Tarzan me semble, outre l'aspect culturel, parsemée d'une forte teneur ludique, ô combien souhaitée en ce désert joli mois d'été.
Quel endroit trouver de mieux alors que ce musée parisien si singulièrement exotique pour se perdre tout un après-midi durant?
Il paraît de plus que l'exposition en question, loin de se poser comme la frêle esquisse d'une légende populaire, s'avère être plutôt complète. Sur fond de musique africaine, elle présente un parcours empli d'objets et symboles insolites et s'attarde d'une part sur son auteur Edgar Rice Burroughs revenant alors sur tout le questionnement qu'il se faisait d'un continent inconnu, puis sur son dessinateur de façon concise, nombreuses planches à l'appui, pour enfin retracer dans son intégralité le mythe de notre héros pas comme les autres, devenu un véritable phénomène à travers la littérature, la bande-dessinée et surtout le cinéma.
On se laissera donc tenter, pure folie d'été, le temps d'une petite virée en pleine jungle imaginaire.

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Compte à rebours... Plus que quelques jours seulement pour assister à l'exposition-phare du Centre Pompidou qui met depuis quelques mois sur le devant de la scène le grand Vassily Kandinsky, peintre avant-gardiste et pionnier de l'art abstrait.
Sa rétrospective, qui présente une vision de l'artiste pour le moins complète et haute en couleurs, promet un moment exceptionnel. Elle se déroule de façon chronologique selon ses pérégrinations et théories ainsi qu'en fonction de l'approche progressive de son art et de  l'évolution de son oeuvre propre.
D'autant que j'en sais, l'évènement se révèle tout aussi pertinent que riche en émotions et offre au spectateur une approche singulière du travail si indéfinissable de Kandinsky, levant le voile sur certaines incompréhensions et nous mettant sur la voie de son cheminement.
Une véritable (re)découverte spirituelle, intellectuelle et artistique, cela va sans dire.
C'est ainsi au moyen d'une centaine de ses peintures, notamment issue de la série des "Impressions" et des "Improvisations", qu'on se fera sa propre idée de l'artiste et de son insertion dans la société par le biais d'un art qui aujourd'hui encore, demeure controversé mais perpétue tant de questions.
Une belle preuve de modernisme pour un évènement qui bien qu'ultra-médiatisé mérite amplement un petit déplacement en ce (beau) mois d'été.

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Attention évènement!
A l'occasion du centenaire de la naissance d'Henri Cartier-Bresson, le MAM propose en ce moment même une exposition "best of" de quelques unes de ses photographies incontournables et là déjà, on ne peut qu'approuver l'idée.
Par ailleurs, le concept en tant que tel a le mérite de ne point se montrer des plus banals puisqu'il est en fait la reconstitution d'une exposition itinérante qu'avait déjà réalisé l'artiste dans les années 70.
Les amateurs du genre apprécieront alors la thématique et se délecteront de quelques 70 clichés choisis à l'époque par le photographe et tous exposés à l'état brut, c'est-à-dire sans les fioritures habituelles des expositions actuelles.
(présentation sobre sur supports parfois abîmés.)
On y retrouvera ainsi des photographies poignantes et gorgées d'émotions tout autant que celles au détail inattendu du quotidien, ainsi qu'une actualité parfois brûlante, autant d'atouts qui ont fait la renommée de ce photographe voyageur hors du commun.
C'est ainsi que je me ferai un plaisir de vous donner moultes détails dans un prochain billet parce que pour avoir déjà assisté à l'évènement, je peux d'ores et déjà vous dire qu'il valait le détour.

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Auto-persuasion.
J'aime Paris au mois d'août.
J'aime Paris toute l'année.
Et c'est un peu vrai à bien y penser,
Il y a tellement en moi de futur et de projets...
Mais la tête pleine d'envies et d'idées,
L'esprit un peu trop esseulé,
Et les jambes déjà fourbues de courir d'évènements en musées,
J'attends juste avec une impatience démesurée
Que les gens de mon entourage daignent enfin rentrer.

-Livy-

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19 juin 2009

We are the 90's! Forever...

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"To be free... Or not to be... On s'est promis..."

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Depuis le temps que j'en rêvais... Eh bien je peux enfin le dire,  je l'ai fait!
Il m'aura cependant fallu un an, un an complet. Un an à saliver devant la thématique de cette soirée au bon goût du temps passé et des années "lycée" sans jamais toutefois m'y aventurer parce que pour un oui ou pour un non, le moment n'était guère adapté.
Ô rage, ô déception? Bien sur que non!
Je ne dis jamais mon dernier mot de la sorte et avec la pression liée au fait que c'était la toute dernière soirée de ce type avant la rentrée, je n'avais plus aucune excuse cette fois de ne pas assister à ce super-évènement adolescent peuplé de vrais adultes bien grands, sans l'appareil dentaire, les grosses lunettes et les pantalons trop courts de nos jeunes années...
Raison de plus pour jouer les bombasses qu'on n'a jamais été à quinze ans et ne pas se priver.

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Ainsi flanquée de deux amies et d'une voiture qu'on a eu l'audace de perdre dans Paris, nous sommes donc parties d'un bon pied pour l'une de nos fameuses soirée girly mais légèrement modifiée pour l'occasion puisque celle-ci fleurait bon les tubes d'antan et le souvenir de l'ambiance "boum" oublié où parfois même, comble de la contrariété, les parents nous interdisaient l'entrée!
Sauf que cette fois, pas de permission de minuit ni de pleurs à la sortie ("il ne m'a même pas regardé, qu'est-ce que je fais?") et encore moins l'envie de sortir notre journal intime pour l'envenimer de nos douteux écrits...
Juste un délire permanent (Premiers Baisers, Beverly Hills... que du lourd!) qui nous a d'emblée replongé vers des morceaux d'un autre temps, provoquant ces petits bonds systématiques sur le dancefloor et l'envie de hurler des paroles apprises par coeur il y a de cela moultes années. Et tant pis pour notre pseudo maturité!

Des Fugees aux Spice Girls, de Haddaway à Culture Beat, de Nirvana à Offspring (du rock ouiiii, merci!), c'est qu'on n'y pouvait rien faire et même si la fatigue commençait à gagner, il était simplement impossible de résister ou même de se poser quelques minutes, nous incitant ainsi à continuer de danser jusqu'au bout de la nuit.
Il régnait dans l'air comme une odeur de blouson Schott à scratch et de Doc Marteens, de jeans taille haute et de hauts fluorescents dévoilant un petit nombril, accompagnés d'un beat bien reconnaissable façon "Dance Machine" à Bercy. C'est qu'on était téméraire à l'époque, il faut dire aussi que "Dieu nous avait donné la foi" alors évidemment...
Et puis vivre quinze après ce dont on n'avait peut-être pas assez profité au moment importun, c'était simplement de l'ordre de l'inespéré alors j'ai savouré comme jamais, tout en nourrissant l'envie quasi-certaine d'y retourner sitôt la rentrée (scolaire bien sur) passée.

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Il n'en reste donc que du bon somme toute...
Une ambiance "à la cool", une moyenne d'âge appropriée (la mienne, enfin ^^), une pénurie de gros lourdeaux ou de personnes flirtant avec le coma éthylique, une salle sympathique et aérée avec en prime
DJ Brenda aka Pénélope Jolicoeur derrière les platines.
Et puis surtout, il demeure ce billet, pour quasiment vous donner l'ordre d'y mettre les pieds!
Il ne vous reste plus alors qu'à ressortir le sac Eastpack du panier, vous écrire des mots en rose sur vos agendas chaque année et vous verrez comme on se sent bien dans le passé.
D'ailleurs c'est simple, j'ai tellement désiré cette soirée que je l'ai d'office classée dans la catégorie "Je me culture à Paris" bien que ce choix pourrait sembler contestable en rapprochement avec toute activité intellectuelle au demeurant.
Mais fichtre, on s'en moque pas mal...
Qu'elles ont du style ces 90's! Et dans leur culture sacrée, elles demeurent un mythe intarissable dont je me fais un régal de chaque instant.

-Livy-
(Epuisée - Aphone - Comblée)

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06 mai 2009

Le petit Nicolas s'expose à l'Hôtel de Ville pour ses 50 ans

Le_petit_Nicolas

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Oui enfin "s'exposait" serait le terme plus adéquat car il vous reste seulement la journée de demain pour profiter de l'évènement. Mais force est d'avouer que si j'avais écrit mon billet à temps, ça ne me ressemblerait pas vraiment!
Je me suis donc -encore- rendue à l'Hôtel de Ville il y a quelques semaines, le temps de replonger dans mes souvenirs de lecture d'enfance, savourant un instant de gratuité pas désagréable au demeurant.

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En effet, le Petit Nicolas et moi, c'est un peu une grande histoire d'amour. Une histoire commencée l'été de mes huit ans à lire ses fameuses "vacances" et puis à me surprendre à rêver des mêmes, avec tous les copains de la colonie, Fabrice, Athanase, Mamert (mais qu'il est bête celui là!), Côme... et leurs destinations de rêves aux noms inquiétants.
Plage-les-trous ou Sapins-les-sommets?
C'est tout naturellement alors qu'une fois Les vacances du petit Nicolas ingérées, ce sont les autres opus que j'ai dévoré dans leur intégralité avec force bonheur et sourires, multipliant les relectures au fil du temps voire même récemment, tant et si bien que cette exposition tombait à point nommé.

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Une exposition un rien chouette qu'il dirait le Petit Nicolas et même que je pense comme lui!
En effet, si elle se révèle être plutôt courte, elle n'en est pas moins complète et attrayante à souhait, dévoilant de petits secrets de labeur de Sempé et Goscinny aussi variés qu'amusants.
On y croise entre autres, le temps d'un voyage à l'humour tendre, des anecdotes truculentes sur l'enfance propre du dessinateur et de l'écrivain (bulletins scolaires et photographies d'époque à l'appui), des informations sur la naissance de leur personnage-clé, quelques manuscrits authentiques raturés comme je les aime, la résurrection du magasine Pilote (un vrai bonheur) et bien d'autres surprises encore...
La meilleure d'entre elles demeurant sans doute ce pêle-mêle nous dévoilant les outils de travail de Goscinny (son dictionnaire et sa fameuse machine à écrire notamment), petites merveilles qui ont vraisemblablement servies à l'élaboration d'autres de ses oeuvres bien connues tels Astérix ou encore Lucky Luke dont on peut d'ailleurs observer quelques exemplaire anciens, faisant ainsi d'une pierre deux coups.
L'insertion dans le monde personnel et artistique de Sempé et Goscinny nous embarque alors dans une sorte de machine à remonter le temps, à destination d'un monde imagé, plein de bon sens et de mots qui font sourire.

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"Le vrai travail, c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire [...]
Chercher une idée et espérer qu'elle viendra, ça oui, c'est du travail."
René Goscinny

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On l'aura compris, l'exposition laisse la part belle aux citations et ces dernières s'apprivoisent avec humour, bien mises en évidence sur chaque mur, tandis que s'offrent à nous un nombre important de dessins inédits de Sempé en noir et blanc (150 environ), retraçant une bonne partie des aventures du Petit Nicolas et de ses compères aux noms farfelus, qu'on connaît naturellement par coeur mais qui déclenchent malgré tout une avalanche de bonne humeur, à peine masquée.
Il suffisait d'ailleurs d'observer un peu les gens, de voir les sourires en coin et d'entendre retentir quelques gloussements de-ci de là pour de suite s'apercevoir de l'ambiance générale.

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Une bonne occasion aussi pour les néophytes de découvrir à travers ces quelques illustrations, présentées qui plus est de façon ludique, un univers que je qualifierai à juste titre d'enchanté, et pour les autres de se remémorer d'agréables souvenirs.
Ainsi, je me suis vue accompagnée d'Agnan, de Rufus, d'Alceste, de Geoffroy, d'Eudes, de Joachim et de Clotaire (mea culpa pour les oubliés ^^) tout du long de ma balade, croisant au détour d'un chemin le terrifiant Le Bouillon, la maîtresse, les parents de Nicolas, le directeur de l'école, Marie-Edwige son "amoureuse" mais pas trop, et tous ces personnages que je n'ai jamais pu oublier tant ils avaient leur personnalité propre et leurs chapitres bien attribués.
Un concept que l'on ressent d'ailleurs fortement au sein de l'ensemble puisque de part et d'autre, les dessins originaux sont regroupés par thèmes et par personnages afin d'apporter une réelle structure, l'air de rien, à ce moment emprunt d'enfance.

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Cerise sur le gâteau enfin, l'exposition consacre un couloir entier à des exemplaires du Petit Nicolas publiés partout dans le monde et dans une quantité de langues impressionnante, une raison supplémentaire d'apprécier des titres plutôt originaux dans d'improbables langages ^^

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Qu'on se le dise alors, la cote de popularité de notre Petit Nicolas n'est donc pas prête de chuter et malgré ses cinquante longues années d'existence, il restera désormais un éternel enfant, plein de vie et qui fait des bêtises. Un peu comme nous au même âge, finalement...

L'exposition est charmante et entraînante parce que peu commune et moins "sérieuse" que de coutume peut-être. Relativement homogène sur le travail artistique et créatif de Sempé et Goscinny, elle constitue un hommage poignant à chacun des deux hommes ainsi qu'à leur collaboration fructueuse, tout en mettant ardemment l'accent sur les aventures de leur petit héros, satisfaisant ainsi les plus jeunes comme les grands.
[et je ne sais toujours pas dans quelle catégorie me situer, c'est pour vous dire!]

Elle est également une habile occasion de nous rappeler qu'un film consacré au Petit Nicolas sortira sur grand écran à l'automne prochain. Qui a dit qu'on refusait un brin de publicité?

Pour finir, la boutique était emplie de goodies, à vouloir tout acheter à commencer par les petits carnets so girly, et je ne vous parle même pas de l'horrible torture que j'ai du subir en m'apercevant que je n'avais pas pris assez de sous dans mon porte-monnaie ce jour-là pour m'acheter Le Petit Nicolas, Le Ballon et autres histoires inédites.
Mais qu'on se rassure, je n'ai assurément pas dit mon dernier mot à ce sujet!

-Livy-

Le_ballon

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17 mars 2009

Souvenir de l'hiver, Paris la Belle - Jacques Prévert

Paris_la_belle

L'exposition "Paris la Belle" que la mairie de Paris organisait cet hiver en l'honneur de Jacques Prévert est d'ores et déjà terminée et pourtant elle reste là, dans les mémoires, ancrée.
Une fois de plus en effet et malgré son aspect "grand public" évident qui aurait pu en rebuter plus d'un, c'est à une exposition de grande qualité qu'on s'est vu confronté, sorte de joyau tantôt poétique tantôt artistique, tout droit sorti d'une autre époque et qui dévoilait avec une pudeur feinte l'effervescence culturelle d'un temps désormais révolu.

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Suivant sans jamais le lâcher le fil conducteur de Paris, la ville dont Prévert aurait pu être le héros, l'exposition proposait une mise à nue habilement amenée du poète "parigot" dans son intégralité, traitant tout aussi bien le vif du sujet, à savoir son oeuvre artistique en elle-même, que sa vie en général et ce, dans un réel souci de clarté chronologique.
Ainsi, de souvenirs en découvertes, de quelques anecdotes d'enfance jusqu'à l'arrivée des années plus matures, le talent et l'éclectisme de Prévert se sont vus étendus là et conservés intacts, dans un pêle-mêle de chants, extraits de films, correspondances, parutions littéraires, photographies ou collages, retraçant à tour de rôle son parcours atypique, ses rencontres artistiques, ses idéaux et ses nombreuses influences.

L'exposition, gorgée d'explications aussi concises que nombreuses, s'en est allée crescendo dans un souci du détail qui au fil des salles s'enrichissait. On découvrait ainsi peu à peu ses affinités avec son frère Pierre, sa collaboration avec le mouvement surréaliste et leurs rencontres quotidiennes rue du Château (Paris 14ème), sa brouille avec André Breton, son envie de liberté qui s'intensifiait au fil des ans en même temps que son attitude bohême et son monde un peu rêvé... Bref, tout un univers volontairement créatif, emprunt d'un soupçon de folie évident et qui se voulait définitivement plongé dans le milieu cinématographique.

Des recoins un peu cachés de l'exposition laissaient apparaître en mode aléatoire sur les écrans des chants interprétés par Juliette Gréco tout comme des répliques cultes de Louis Jouvet ou d'Arletty, et ici et là surtout, un bon nombre d'extraits de film de Jean Renoir et Marcel Carné notamment.
Puis, s'en allant explorer des contrées d'avantage littéraires, c'est le Prévert poète qui a repris le dessus sur le Prévert scénariste, lui, l'amoureux des bons mots qui font sourire, le magicien des phrases qui font mouche et qui touchent.
Il était là, le maître des calembours et autres néologismes, ainsi exposé, à se targuer sur les murs de quelques citations mordantes à l'humour décalé.

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"Notre père qui êtes aux cieux
Restez-y
Et nous nous resterons sur la terre
Qui est quelquefois si jolie (...)"

(Extrait de Paroles, 1946)

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Un régal...
Et si ses "paroles", nostalgiques ou impétueuses, réalistes ou imagées, possédaient en leur sein un charme inné, un brin provocateur sans doute, les livres pour enfants quant à eux (on citera L'Opéra de la lune, 1953, notamment) se faisaient plus tendres avec leurs illustrations aussi naïves qu'enchantées, laissant la part belle à la poésie et à un imaginaire certain.

De fil en aiguille et dés lors son bref mais important passage au sein des surréalistes (Desnos, Queneau, Aragon, Giacometti et surtout Breton), les collaborations de Prévert allèrent bon train.
Sa renommée (premier dialoguiste du cinéma français et scénariste reconnu) additionnée à son inventivité faisait de lui un artiste pluriel, marginal et intriguant comme on n'en fait plus.
Il fréquentait le milieu artistique de Montparnasse, se mêlant ainsi aux musiciens, photographes ou autres peintres et écrivains... et finalement prit le large pour mener en parfait saltimbanque qu'il était sa barque à lui, seul ou accompagné, et venir progressivement à bout de ses mille et unes idées.
De ses années, ont jailli des rencontres, des évènements marquants, des amitiés fortes, des bribes de vie privée également (sa fille Michèle notamment est très présente dans une grande partie de son oeuvre) et des engagements au sein de courants précurseurs et avant-gardistes, le tout dans un souci artistique sans cesse renouvelé.
On notera parmi eux, et parce qu'il est impossible de tous les référencer, la collaboration avec le musicien talentueux Joseph Kosma pendant la seconde guerre mondiale et puis bien plus tard, des artistes de renom tels Pablo Picasso, Alexander Calder ou encore Joan Mirò. Ces derniers furent d'ailleurs une source d'influences notoire pour Prévert qui s'est durant cette période adonné à toute une série de collages, face cachée de l'artiste qu'on ignore le plus souvent et qui pourtant représente une importante partie de son génie créateur.
Au mot "collage", il préférait d'ailleurs ceux d' "images" ou de montages" et ces derniers étaient peuplés de fantastique et d'humour, jouant parfois la carte de la provocation immédiate, mais toujours avec drôlerie et subtilité.
Au final, ces collages sont devenus un ouvrage à part entière, comme tant d'autres de lui, et sont parus en 1981.
Une merveille alors que de les admirer tous les uns après les autres au sein d'un même évènement ainsi qu'une multitude de dessins "gribouillés" habilement et soigneusement annotés, le temps d'établir une sorte d'agenda/calendrier créatif, coloré et décidément gorgé d'humour.

Enfin, l'exposition n'aurait pas mérité tant d'éloges sans la grande amitié qui liait Doisneau à Prévert, par le biais même de la ville de Paris, et qui fut le fruit d'une série de photographies toutes plus savoureuses les unes que les autres.
En effet, les clichés de Doisneau immortalisant un Prévert aussi insaisissable qu'attachant dans divers endroits de Paris (l'île de la Cité, Saint Germain des Près...) sont autant d'imparfaits chef-d'oeuvres que de symboles d'une époque passée d'un Paris qui s'est fait la belle, véritable hommage des deux hommes à la capitale et sans doute aussi à leur génération.

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Alors oui, Prévert était un artiste, un vrai, à la créativité sans limites.
Un assoiffé de liberté, réfractaire aux contraintes et aux institutions,
Aussi tourmenté que révolté.
Antimilitariste et anticlérical à souhait, parfois même avec véhémence,
Mais toujours plus amoureux de l'art et de la vie.
Un homme sincère et cultivé, jouant sur les mots et se jouant de tout,
Enrichi de tant de rencontres artistiques...
Un homme qui, dans toute la complexité de sa personnalité, puisait une fraîcheur incroyable et qui aujourd'hui encore se révèle plus que jamais d'actualité au sein de cette exposition complète et qui a su de fond en comble le cerner, quand bien même notre monde ne cesse d'évoluer.

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-Livy-

"Quand je ne serai plus, ils n'ont pas fini de déconner,
Ils me connaîtront mieux que moi-même."

Jacques Prévert

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23 février 2009

Sur les traces de l'alchimie, en plein Paris

Par un curieux hasard, quelques unes de mes balades inopinées au cours de l'année passée m'ont conduites à m'intéresser de plus près à la thématique de l'alchimie à Paris.
L'alchimie...
L'étude des matériaux nobles, leur transformation, la pierre philosophale, le fameux et non moins mystérieux élixir de longue vie...
Voilà donc un sujet pour le moins occulte que je ne maîtrisais que très peu mais qui, à plusieurs reprises, n'avait pas manqué de me captiver de par son côté ésotérique, mystique et spirituel pour ne pas dire magique.
Par ailleurs, l'ancienneté de la discipline, le rapprochement avec la chimie en tant que telle et la philosophie polémique qui en émanait avaient de quoi susciter de nombreuses interrogations de ma part, surtout lorsqu'on sait combien la réputation de l'alchimie possédait cet aspect sombre et critique qui n'a de cesse de me fasciner.
Une bonne raison alors de l'appréhender "en réel" dans la ville-capitale plutôt qu'en théorie et m'en aller voir d'avantage de quoi il retournait.

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Maison_de_Nicolas_Flamel

Ni une ni deux, c'est devant un haut lieu de l'alchimie que je me suis d'emblée retrouvée:
la maison de Nicolas Flamel.
Nicolas Flamel, et c'est une honte, je l'avais découvert dans ma prime jeunesse en lisant Picsou Magasine parce que dans l'une des bandes-dessinées, il était justement question de l'élixir de longue vie et cela prêtait un argument supplémentaire à une intrigue des plus farfelues.
Plus tard naturellement, je m'étais intéressée au personnage, au vrai, à sa vie bourgeoise et mystique comme à son mythe, à la légende de l'élixir de longue vie, sa découverte de la pierre philosophale et son rôle prépondérant dans l'alchimie alors qu'il ne s'était jamais proclamé alchimiste de son vivant. Mais c'était sans compter une nouvelle évocation de l'homme, plutôt inattendue, dans une saga littéraire répondant au doux nom de "Harry Potter" et qui faisait de lui un ami du grand Albus Dumbledore.
De quoi brouiller les pistes pour de bon et laisser s'entremêler le vrai au faux au sein de ma réflexion.

Restaurant_Nicolas_Flamel

Sa maison quant à elle, classée monument historique,  a un peu rétabli mes idées brouillons, me laissant bouche bée, peut-être parce que je n'avais aucune idée de ce à quoi m'attendre précisément.
Au 51 rue de Montmorency, Paris 3ème, en plein coeur du Marais, je me suis en effet retrouvée devant une vieille bicoque au charme fou et surtout un monument d'une importance incroyable quand on sait qu'elle est la plus vieille demeure de Paris, grandement restaurée au début du 20ème siècle et construite par Nicolas Flamel en 1407.
Elle aurait, en plus d'accueillir et de nourrir les nécessiteux, abrité les secrets et instants de vie d'un homme dont aujourd'hui encore, on ne parvient pas à percer toute l'ampleur du mystère et de la science, en ayant pour seule certitude la preuve de son existence.
Peut-être aurait-elle même recueilli en son sein la pierre philosophale tant convoitée, trésor inestimable des alchimistes, et les merveilleuses transformations du plomb en or mais qu'en sait-on vraiment?
Le fait est que par son statut de plus vieille maison parisienne et son habitant célèbre, elle sait imposer au touriste curieux le respect de l'Histoire et du lieu.
Aujourd'hui, elle s'est transformée en un restaurant et demeure un lieu de pèlerinage incontournable pour quiconque s'intéresse de près ou de loin à l'alchimie.
Pas d'explications insolites, pas de visite culturelle des plus détaillées, rien si ce n'est une preuve historique et symbolique.
Ses murs vieillis rappellent l'usure du temps et ses inscriptions en vieux français sous-entendent un passé chargé d'énigmes d'une autre époque tandis qu'elle laisse derrière elle une soif irrésistible d'en savoir plus.
Pourtant, l'épopée s'arrête ici tandis que le mythe demeure intact.
Nicolas Flamel s'en est allé, emportant avec lui des secrets fondés ou peut-être pas, les siècles ont défilé, et la maison, toujours debout, est à elle seule l'image emblématique de l'alchimie et de ses rites, ne dévoilant rien mais laissant supposer le pire comme le meilleur d'un passé lointain, pourvu qu'on fasse preuve d'un brin d'imagination.

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Toujours sur la même thématique du sieur Flamel, c'est vers le quartier de Châtelet-Les Halles que je me suis ensuite tournée, arpentant pour l'occasion la rue Nicolas Flamel baptisée ainsi bien après sa mort car il y aurait possédé une maison à un moment de sa vie ainsi qu'un atelier à proximité, marchant dans la zone de l'ancien cimetière des Innocents (cf billet sur les catacombes) auquel Nicolas Flamel fit quelques dons généreux afin de participer à son ornementation religieuse, et filant droit vers la Tour Saint-Jacques (4ème arrondissement).

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Tour_Saint_Jacques_illustration Tour_Saint_Jacques

Une tour impressionnante que celle-ci, isolée au beau milieu d'un square, l'un des premiers espaces publics de verdure en plein Paris. Elle est tout ce qu'il reste de l'ancienne Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, un lieu de pèlerinage avéré sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, plutôt mystérieux et qui aurait peut-être abrité les expériences en matière d'alchimie de Nicolas Flamel et de son épouse Pernelle puisque l'homme y avait même installé une échoppe sous ses piliers. Par ailleurs, il aurait été un grand donateur de l'église en question, ce qui renforce le mythe à propos d'éventuelles transformations de plomb en or dans ce lieu, même si tout cela, débattu par de nombreux historiens, est loin d'avoir été prouvé.
L'Eglise fut démontée suite à la révolution française et il n'en est resté que la tour.
Elle en demeure néanmoins un lieu culte à l'histoire tourmentée et obscure et qui ne cesse d'attirer les curieux, aussi bien pour son apparence gothique que pour le côté énigmatique et imposant dont elle s'enrobe.
Un grand monument de Paris donc qui, loin de passer inaperçu, est à voir absolument malgré des travaux de rénovation pratiquement constants.

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Eglise_Saint_Merry

Dans le même quartier et à proximité du centre Pompidou, l'église Saint-Merry était plutôt facile à visiter pour la suite de ma balade à thème, bien qu'elle ne suive plus exactement le fil conducteur concernant Nicolas Flamel.
Considérée comme l'une des plus belles églises de Paris et dans un style purement gothique, on l'a souvent décrite comme ayant été construite sur le même plan que Notre-Dame-de-Paris, une particularité de renom. Connaissant une histoire et une évolution des plus variées et étant aujourd'hui un endroit sacré et pluriel à la fois gorgé d'art et de solidarité, elle fut fermée à la fin du 18ème siècle et quitta le culte catholique un temps pour devenir une fabrique de salpêtre.
Ainsi sujette à quelques pratiques chimiques qu'on ignore en grande partie, elle bascula entre les mains de quelques alchimistes et de théophilanthropes qui la transformèrent en "Temple du Commerce" d'une grande beauté avant de redevenir une église dans toute l'acception du terme.
On raconte également qu'elle fut un haut lieu ésotérique puisqu'elle garde en son sein la représentation d'une étrange idole que vénéraient les Templiers,  sorte de curieuse statuette vouée à chasser le démon et étant représentée sur la porte de l'église. Un raison supplémentaire de se pencher sur un mystère également non élucidé jusqu'à présent.

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Eglise_Saint_Gervais_Saint_Protais Eglise_Saint_Etienne_du_Mont

L'église Saint-Gervais-Saint-Protais (4ème arrondissement) m'a entraîné quant à elle dans un tourbillon de légendes, de rites et de traditions, me faisant agréablement perdre et la tête et de vue mon objectif au beau milieu de ma promenade, à commencer par l'arbre qui trônait devant l'édifice et qui avait soit-disant des vertus miraculeuses sitôt qu'on y appliquait la main durant un temps donné.
Outre ces quelques considérations un peu païennes mais passablement amusantes, elle s'est avérée posséder en son coeur de curieuses représentations de l'alchimie puisque l'on pouvait observer sur quelques stalles sculptées une explication concise des pratiques du genre. Les stalles relataient en effet de manière évidente la façon de procéder afin de se livrer à des travaux d'alchimie et parvenir à des résultats satisfaisants, explorant ainsi la vaste thématique de la transformation de métaux vils en métaux plus nobles.
Il paraît également qu'une autre église que je n'ai pas eu l'occasion de visiter, Saint-Etienne-du-Mont (5ème arrondissement) présenterait sur ses vitraux des informations à peu près similaires et historiquement prouvées.
Et c'est ainsi toute l'histoire de l'alchimie qui perdurerait dans ses édifices à travers le temps, habilement dissimulée au sein d'un patrimoine culturel et religieux jusqu'ici demeuré intact.

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ND_de_Paris

Les bonnes choses ayant toujours une fin, ma folle balade parisienne à travers les siècles et les légendes s'est néanmoins achevée devant l'un des plus célèbres monuments de la capitale et sans doute l'un des plus beaux: Notre-Dame-de-Paris.
La cathédrale, majestueuse, se laissait admirer dans la clarté des beaux jours provoquant en moi de vagues réminiscences d'une oeuvre littéraire éminemment connue d'un certain Victor Hugo et c'est presque sans m'en rendre compte que j'y pénétrais, l'arpentant de long en large, sans cesse plus admirative devant la richesse de son architecture et sa valeur symbolique.
C'est après quelques minute que je compris un peu mieux pourquoi ma thématique de départ m'avait conduit jusque là, lieu final de mes pérégrinations d'un jour.
Au niveau du porche central en effet, la cathédrale dévoile comme un trésor.
Plus d'une vingtaine de médaillons sculptés exposent, phase par phase, les différents aspects du travail de l'alchimiste dans son ensemble et comment accéder à la pierre philosophale, récompense suprême.
L'oeil du touriste lambda n'y verrait certes que de jolies sculptures d'une autre époque mais dans ma promenade à thème, je me devais de rester là à observer, déchiffrer, admirer...
Et ainsi mieux percevoir une "science" controversée qui traversant les siècles, est demeurée mystérieuse et incomprise, semant de lieu en lieu les traces diverses de son existence tout en gardant en son sein toute la puissance d'une fascination intarissable.

-Livy-

Naturellement, ce billet est rédigé en toute subjectivité.
Les lieux nommés présentent également d'autres aspects culturels non évoqués ici.
Les faits s'appuient aussi bien sur des écrits historiques aux sources avérées que sur des légendes demeurées inexpliquées.
Il n'est donc pas à prendre au pied de la lettre
Ni à analyser dans un objectif historique pur,
Mais peut faire l'objet d'une balade parisienne insolite
ou tout simplement la découverte de l'alchimie et de son mythe...

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21 janvier 2009

Du côté de Picasso et de ses maîtres

Picasso_et_les_ma_tres

En flânant un peu du côté du Grand Palais un vendredi 2 janvier (et surtout après pas loin de deux mois de réservation pour l'exposition), c'est à un début d'année 2009 culturel, captivant et hautement coloré que j'ai eu droit, à l'image de ce peintre de génie qu'était Pablo Picasso.
Imaginez-vous donc les Champs-Elysées un soir d'hiver, un froid sec qui laisse deviner derrière lui quelques flocons de neige tombés en matinée, de jolies lumières bleutées dans les arbres... et ma soirée passée en mode "Nocturnes du Grand Palais", le temps d'aller voir de plus près cette exposition-phare qui ne cesse de faire parler d'elle depuis son ouverture, très médiatisée, en octobre dernier.
Un contexte absolument parfait pour s'engouffrer au milieu de la masse à butiner de tableaux en tableaux, se réfugier au détour de salles bien chauffées et se laisser aller à apprécier des oeuvres aussi intemporelles que subliminales...

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Pas de déception à la clé donc, malgré une foule très compacte, on l'aura deviné.
Les premiers pas sont un peu pénibles certes, la masse des audioguides s'amoncelle tout autour des oeuvres en un tas groupé, les visites-conférences gagnent également la surface à grand renfort de personnes âgées mais petit à petit, tout ce beau monde se disperse et se perd au détour d'un tableau ou d'un autre, les salles se désengorgent, l'exposition se fait de plus en plus vaste et la magie peut enfin opérer.
Les premières salles achevées, cela m'apparaît bientôt comme une évidence: l'évènement en lui-même est tout simplement exceptionnel. Il a réussi le pari fou de regrouper à lui tout seul une multitude d'oeuvres d'une immense valeur et leur réunion, somptueuse, les transcende au sein de cette exposition hors-normes qui n'a de cesse de défier la chronique.
C'est évidemment un délice pour tout amateur d'art qui se respecte où les collections privées côtoient celles de musées prestigieux à l'échelle internationale, où des oeuvres éminemment connues s'offrent à nos yeux ébahis et où l'on se plaît à découvrir ou redécouvrir quelques deux cents tableaux emblématiques de Picasso ou des peintres de renom qui l'ont inspirés.
Une véritable petite merveille d'analyse artistico-psychologique de l'oeuvre du peintre à travers ses différentes et troublantes périodes, le tout traité avec une pertinence et une subtilité exquises afin de mieux ressentir l'intensité tourmentée dont il a pu s'imprégner au cours de sa vie artistique, sa volonté d'originalité, son soucis de perfection et sa perception complètement à part de l'animé comme de l'inanimé.

En fonction des salles parcourues, différentes thématiques, aussi nombreuses que diversifiées, sont abordées (parmi elles, on notera la variation très connue de Picasso sur les Ménines de Vélazquez, les portraits, les natures mortes, les nus, quelques études et bien d'autres encore...) dans lesquelles les oeuvres du peintre sont mises en parallèle avec celles de ses maîtres, tableaux exposés côte à côte, impressionnante comparaison la plupart du temps, dans un souci de compréhension et d'interprétation vis à vis du spectateur.
Et si les influences multiples sont évidemment bien représentées ici, c'est pour mieux intégrer le monde imaginaire et artistique d'un Picasso aux ressources insoupçonnées qui s'est appuyé comme aucun autre auparavant sur le passé afin d'en faire jaillir par un coup d'éclat tout l'aspect novateur et complexe de son oeuvre personnelle dans un grand élan de modernisme, grand paradoxe de son "être" d'artiste, à mi-chemin entre un hommage aux peintres du passé et à ses envies de nouveauté, comme des pulsions intarissables...

En effet, l'exposition ne serait rien si elle ne confrontait pas notre peintre à "ses maîtres", la thématique-clé qui nous embarque ainsi dans un voyage féérique défiant toutes lois temporelles.
Les maîtres en question, aussi nombreux que variés, se dévoilent tableau par tableau au fil des salles, par petites touches qui nous ensorcellent tant par le détail, le jeu d'ombres et de lumières de certaines oeuvres que par l'aspect novateur qui pouvait s'en dégager à l'époque.
Ils s'étalent du côté espagnol de Vélazquez à Goya en passant par José de Ribera ou encore Zurbaran, se nourrissent en France des influences de Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Ingres ou Manet et se laissent finalement apprivoiser par Picasso qui les remanie, les transforme, les interprète à sa façon, nourrissant ainsi son oeuvre d'une touche de génie supplémentaire.
Il se retrouve alors exposé, mis à nu dans sa façon de travailler et surtout confronté à ceux qui l'ont tant inspiré de près ou de loin. Et c'est de la sorte que les toiles de Picasso et de ses maîtres se lient pour mieux se différencier et se donnent ainsi la réplique, atout charme de l'exposition, dans une sorte de jeu artistique un peu irréel qui amuse le spectateur autant qu'il le surprend.

Le résultat est probant et plus encore.
Rien n'est laissé au hasard et tout a été conçu pour faire de cette exposition un évènement culturel de grande ampleur, ce que j'entends par là concernant d'avantage l'aspect artistique pur plutôt que le côté médiatique, bien trop souvent évoqué déjà.
Impeccablement mis en scène au moyen d'un parallélisme soigné et étudié.
Pensé et repensé, j'imagine et mêlant habilement l'art en lui-même à une psychologie bien spécifique, sorte de procédé unique que Picasso s'est plu à explorer, détournant alors ses "maîtres" et assumant le tout dans un tourbillon de formes et de couleurs aussi imprévisibles qu'incandescentes.
Cependant, l'exposition à proprement parler requiert à mon avis une certaine maîtrise de l'oeuvre de Picasso et quelques connaissances à son sujet avant même d'aller y pointer le bout de son nez. Il n'est pas question ici de retracer tout son parcours bien établi chronologiquement ni d'évoquer point par point toutes les périodes le concernant ou les phases qu'il a pu traverser, par simple souci biographique.
Or, la psychologie qui émane de Picasso et les Maîtres et ses comparaisons/inspirations hallucinantes sont surtout valables à partir du moment où l'on s'est déjà intéressé au préalable à la vie du peintre et à son évolution artistique pour le moins surprenante et plurielle (collages, sculptures, tableaux...).

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Une bonne raison finalement de s'offrir un petit voyage inopiné en Espagne pour découvrir d'une part le Musée Del Prado à Madrid et d'autre part le musée Picasso à Barcelone, de trouver le temps au passage (et parce que c'est plus près) de jeter un coup d'oeil à notre [Musée Picasso] parisien ou de se documenter un brin sur la richesse de l'oeuvre d'un homme hors du commun, tout simplement...
L'exposition du Grand Palais n'en sera alors que plus belle.

-Livy-

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30 novembre 2008

Dans les allées du cimetière du Montparnasse...

Cimeti_re_du_Montparnasse

Sans pour autant avoir un goût prononcé pour le macabre ou tout ce qui pourrait s'en rapprocher, il est des endroits qui possèdent en leur sein une puissance incroyable et en cela, je reste une inconditionnelle du cimetière du Montparnasse où je me plais à me balader régulièrement, sans doute plus encore que le Père Lachaise qui dans son côté trop touristique sacrifie une part de son charme éternel...

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Perdu en plein sud de Paris et dans un cadre verdoyant impressionnant de 19 hectares, le cimetière du Montparnasse est en effet l'un de ces lieux fascinants, intemporels évidemment, qui nous offrent une plongée dans le passé et un tête à tête avec des personnalités marquantes.
L'endroit est spacieux et sacré, ses habitants silencieux et il se laisse découvrir à chaque visite d'avantage, dévoilant au compte-goutte ses mystères comme sortis d'une autre vie, d'un autre monde.

Au détour d'une allée, on y croise une certaine élite intellectuelle et culturelle avec, à titre d'exemples, Samuel Beckett, Marguerite Duras, Man Ray, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Guy de Maupassant ou encore Henri Troyat...
Les hommes et femmes célèbres se côtoient sans se ressembler et nous confrontent, dans un bref instant spirituel à la quête incroyable que peut représenter toute une vie dans ce qu'elle comporte de projets, d'envies, d'accomplissement et de talent.
Par leur demeure d'éternité uniquement, tantôt sobre tantôt extravagante, ils parviennent à nous transmettre comme par magie une légère esquisse d'un temps révolu, une part d'eux-mêmes également, demeurant ainsi vivants par l'intérêt même que leur portent les gens.
Et la balade dans le passé se poursuit...

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Tombe_de_Serge_Gainsbourg

L'homme à tête de chou est là, à se reposer pour toujours.
Il était peut-être venu nous dire qu'il s'en allait...
La tombe de Serge Gainsbourg est effectivement à elle seule tout un programme et nous offre un joyeux bazar excentrique, pêle-mêle de fleurs séchées, tickets de métro, mégots et paquets de cigarette et de multiples autres grigris qui ne sont pas sans rappeler la vie artistique hautement mouvementée de notre poinçonneur des Lilas préféré.
Elle demeure un lieu de pèlerinage évident pour ses nombreux fans et une curiosité de plus du cimetière qui se gorge tout entier du talent du grand Serge.
Un monument insolite à ne manquer sous aucun prétexte, emblématique d'une personnalité qui a marqué les esprits à tout jamais et reste encore aujourd'hui un phénomène.

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Tombe_de_Baudelaire   Monument_fun_raire_Baudelaire

Un peu plus loin, à m'engouffrer dans les allées ombragées, le lieu culte de ma douce promenade me tend les bras, petite tombe si discrète qu'elle s'en perdrait presque dans l'immensité du cimetière.
Charles Baudelaire, le poète maudit et talentueux, y partage un caveau à peine perceptible avec son beau-père et d'autres membres de sa famille. L'endroit est modeste, on passerait bien devant sans s'arrêter. Mais des roses noires, symbole des Fleurs du mal et quelques extraits de poèmes écrits à la main, petits bouts de papiers à la merci du vent, sont là pour rappeler un parcours atypique et plus encore, un passé littéraire incroyable.
Là où le temps semble s'être arrêté, des amoureux de la poésie s'y rejoignent régulièrement.
Recueillis, ils célèbrent l'anniversaire de la mort de Baudelaire ou se retrouvent de temps à autre lors de réunions vouées à célébrer l'oeuvre du poète en la lisant tous ensemble à haute voix et partageant des impressions dessus, lui rendant ainsi un hommage éternel.
A l'autre bout du cimetière également, un monument funéraire orné d'un gisant est érigé en son honneur, reflet d'un homme au talent immense, trop méconnu de son temps mais qu'on ne cesse d'encenser aujourd'hui...

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C'est dans ces simples balades alors que le cimetière, qui revêt les couleurs des saisons avec un charme qui lui est propre, nous livre secrets et surprises, nous invitant à un voyage culturel de toutes les époques et de tous les styles.
Il envoûte par sa diversité, sa singularité, sa personnalité.
Il effraie par ses tombeaux à têtes de morts, ses mausolées immenses, son imposante superficie.
Il captive par ses oeuvres d'art intégrées (cf sculptures de Niki de Saint-Phalle en hommage à des amis), le décor de ses tombes, son espace vert apaisant.
Et dans un paradoxe évident enfin, il incarne et célèbre plus que jamais la grande aventure de la vie.

-Livy-

NB:
Serge Gainsbourg est à l'honneur d'une exposition à la Cité de la Musique (la Villette), qui a débuté le 21 octobre 2008 et se poursuivra jusqu'au 1er mars 2009.

Posté par livy_etoile à 08:00 - Je me culture à Paris - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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