26 octobre 2009
Faire de ma vie un roman
Sur une idée trouvée au beau milieu du blog d'Emma, voici que je me lance, neurones à l'appui, dans ce nouveau tag littéraire.
La tâche étant au demeurant de répondre à un questionnaire avec pour seul et unique moyen des titres de livres lus dans l'année, inutile de vous préciser que ce n'est point si aisé qu'il n'y paraît. Mais après tout, et puisque je n'aime pas franchement la facilité, je me délecte de faire travailler un tant soit peu mes méninges déjà bien creusées!
Cela me donnera de plus l'occasion d'effectuer en même temps un rapide tour d'horizon sur quelques lectures dans la douceur de mes soirs de quiétude...
Heureusement cependant que, tous styles confondus, j'aime dévorer du bouquin jusqu'à en perdre mon sommeil et mon latin. Et je dois bien avouer aussi que mon aptitude certaine à savourer une bonne partie de mon temps libre en relecture m'a incroyablement aidée cette fois, m'offrant alors la possibilité de trouver un semblant de cohérence, au sein même des interrogations les plus farfelues.
Je vous laisse ainsi démêler le vrai du faux au gré de mes énigmatiques réponses puisque du mensonge à la vérité, il n'y a qu'un pas...
Et puis surtout, dans un souci de réalisme et de réflexion sensée, voici le résultat!
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Décris toi:

Ma vie est tout à fait fascinante
Enfin, c'est c'qu'on dit...
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Comment te sens-tu?

Rien de grave
A l'exception de mon "pityriasis rosé de Gibert", évidemment.
Non mais quelle poisse! Me voici blanche à pois rouges à présent :D
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Décris là où tu vis actuellement:
Une île, rue des oiseaux
Ou quelque part par là...
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Si tu pouvais aller n'importe où, où irais-tu?
Les Hauts de Hurlevent
Ça vous étonne encore? ;)
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Ton moyen de transport préféré:

Ne marche pas si tu peux danser
Le contraire serait dommage, mince alors!
Mais accessoirement, il y a le métro aussi...
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Ton/Ta meilleure ami(e):

Les jolies choses
Là, je dois forcément répondre un truc gentil. Donc... ;)
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Toi et tes amis, vous êtes...

La positive attitude des paresseuses
Vous cherchiez quelques chose de plus intellectuel peut-être?
Eh bien non!
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Comment est le temps?

Un rude hiver
Oui bon je vous l'accorde, nous sommes actuellement en automne.
Mais si on s'attarde sur de futiles détails aussi... ^^
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Ton moment préféré de la journée:
La promesse de l'aube
Tout juste exquis...
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Qu'est la vie pour toi?
Raison et Sentiments
Définitivement tiraillée!
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Ta peur:
L'inconsolable
Qui donc aurait envie d'être malheureux,
je vous le demande?
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Quel est le meilleur conseil que tu as à donner:
Tomber sept fois, se relever huit
Parce qu'il faut être super fortiche tout de même,
pour se relever d'une chute qu'on n'a pas encore faite ^^
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Pensée du jour:
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
Mouais enfin, en dehors de mon banquier, mon dentiste, ma gynéco, mon ancienne prof de grammaire ou tout autre être hostile à ma zénitude avérée, cela va sans dire.
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Comment aimerais-tu mourir?

Vacances dans le coma
Une chouette idée que celle-ci, tiens...
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La condition actuelle de ton âme:
Le temps des secrets
Ah aaaah! Mais chut, j'ai dit que je me taisais.
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Une petite dédicace pour les deux lectrices assidues que sont Musy et Kelly, chacune dans leur genre, me paraît alors être, dans la thématique de ce tag, de très bon ton.
Ainsi que tout autre compère littéraire désireux de s'adonner à cette poétique réflexion...
-Livy-
15 juillet 2009
Duo de lecture sur mon hamac ensoleillé
Une fois la période estivale bien établie, j'aspire dans ma vie à autant de légèreté que de poésie et mes lectures notamment me guident en douceur sur ce chemin au doux parfum d'évasion.
Elles m'invitent à me confondre dans de délicieux instants de rêve, négligeant toute forme de contraintes pour m'adonner au plaisir simple de suivre des yeux les mots qui défilent tant qu'ils en finiraient presque par danser.
C'est dans cet état d'esprit singulièrement intimiste que bercée par une lointaine mélodie littéraire, j'aborde quelques nouveaux ouvrages des plus plaisants, certes bien courts mais non moins pertinents, et que j'avais précédemment mis de côté pour mieux les laisser se faire désirer...
Leur pouvoir de séduction me rattrapant cette fois de plein fouet, ce pourrait alors être comme un long dimanche ensoleillé qui n'en finirait plus et me laisserait le temps nécessaire afin de mettre, pour quelques heures, mon existence entre parenthèses et ne respirer qu'au travers du chant de frêles tournures de phrases.
Je m'endormirais ainsi au sens réel comme au figuré, l'esprit agréablement embué, nichée dans le hamac de ma liberté.
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Le chef-d'oeuvre inconnu de Honoré de Balzac
Balzac, que l'on connaissait dans un tout autre registre littéraire, nous emmène au moyen de cet ouvrage pourtant très court à la découverte de l'Art et de ses mystères et nous livre à ce sujet une réflexion bien plus philosophique qu'elle n'y paraît de prime abord, rendant la thématique à la fois subtile et complexe.
L'Art... Un sujet vaste et sinueux à souhait, sombre danger littéraire sur lequel il aurait pu perdre toute cohérence et crédibilité, mais qu'il a su percer à jour avec une habileté évidente en s'interrogeant d'une façon des plus pertinentes, le temps de cette nouvelle trop peu évoquée de nos jours et pourtant fortement éloquente.
Le but de l'ouvrage était en effet de faire une étude approfondie de la création artistique en même temps que de l'imaginaire qui par le biais d'une sensibilité non feinte y figure d'emblée.
Ainsi, Balzac, tout en relatant l'histoire tragique et captivante d'un peintre méconnu répondant au nom de Frenhofer, s'applique et se plaît avec minutie à disséquer l'envie parfois vaine d'atteindre un absolu tout autant que les limites de la créativité et nous dévoile, exemples et citations à l'appui, une argumentation réfléchie et bien établie de son côté opposant l'art abstrait à l'art figuratif.
Quoi de plus passionnant alors que de se laisser bercer par des questions qui se perdent et s'affrontent autour du sulfureux domaine de l'art, plus précisément celui de la peinture, et de ce qu'il engendre.
Serait-ce donc cet art si puissant qui transcende l'Homme ou bien l'Homme qui se laisse porter par ses idées jusqu'à ne plus les dominer et ne plus en percevoir une éventuelle frontière?
Tour à tour, et à travers les personnages de Poussin ou encore de Porbus, il évoque l'artiste comme un génie créatif indéniable mais également comme un être humain non dépourvu de contraintes et d'aléas, de failles et de défauts, bridant ainsi son art de nombreuses possibilités et lui imposant des craintes et des angoisses multiples.
Il y a de surcroît dans Le chef-d'oeuvre inconnu cette dualité infernale où le drame pour l'artiste de pas avoir la reconnaissance escomptée côtoie la magie de la créativité en elle-même et parfois, son accomplissement mais si le tragique dénouement de cet ouvrage est toutefois palpable et s'offre à nous doucement, dans la tristesse d'un tableau qui se perd à jamais, la passion qui l'anime demeure quant à elle intacte.
Une nouvelle fort intéressante donc, qui se dévore en une petite heure sans doute mais dont la relecture est aussi savoureuse que nécessaire, questionnement philosophique oblige, et qui n'implique pas forcément des réponses bien abouties mais au contraire nous amène à soulever d'autres débats.
Bien au-delà du résumé de l'histoire en tant que telle, la réflexion intense dégagée par cette oeuvre hors du commun nous laisse rêveur et pensif, en quête d'un absolu qui à défaut de pouvoir se montrer réel sous tous les angles, se pose là comme une sorte de Graal, magique ou improbable, pour le peu qu'on ait dans l'âme cette verve créatrice, aussi infime soit-elle.
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Histoire d'un merle blanc de Alfred de Musset
Quoi de plus agréable que de débuter l'été au moyen d'un ouvrage qui de la manière la plus ludique qui soit, fonctionne purement et simplement sur le principe même de l'allégorie et dévoile, sous ses aspects de "vilain petit canard" de merle blanc, une critique réfléchie quoique acerbe de la société, sur fond de vérité des moeurs de l'époque.
Agréable à lire, léger en apparence, accessible aux plus jeunes d'entre nous de par son double sens, le livre n'en est pas moins une grande bouffée d'émotions souvent lourdes de conséquences et se prend au jeu de faire l'analyse poussée des relations humaines, apportant à l'ensemble une réelle profondeur agrémentée d'une caricature aussi délicate qu'incisive dont on ne finit plus de se délecter.
Ces personnages animaliers et autres noms d'oiseau sont en effet tout autant de personnalités vaines et de comportements humains répréhensibles qui prêtent à sourire de prime abord mais laissent planer la noirceur d'un monde que l'auteur ne cautionne guère.
De plus, Musset joue ici la carte de la transparence en usant d'une figure de style des plus aisées à percevoir et il le sait bien. Il se plaît ainsi à triompher de ses congénères comme des mots avec l'idée-même de se faire comprendre rapidement, caché sous une fragile couverture mais des plus poétique néanmoins.
Cependant, avec le savoir-faire et la sensibilité qu'on lui connaît, le poète s'ouvre totalement à son lecteur ici pour lui insuffler par le biais de quelques phrases les affres de la souffrance et des tourments qui cette fois lui sont bien personnels et tendent à une douleur éternelle, en rapprochement avec sa relation malheureuse avec l'auteur George Sand.
En effet, s'il généralise dans un premier temps le mal-être assimilé aux poètes et pose d'emblée le sempiternel dilemme de la différence que les "autres" n'acceptent pas au sein de conventions sévères, questionnement hautement intéressant de surcroît, il en revient finalement à sa propre condition, non pas dans une volonté d'égoïsme latent mais plutôt par envie de partage.
C'est ainsi qu'il se confie comme il s'épanche et la caricature joyeusement acide devient soudain autobiographie tandis que la réflexion abordée s'embrase de crédibilité.
La fable littéraire s'en retrouve transcendée et porte avec finesse à travers le regard de son auteur, un avis sur ce monde qu'il ne comprend décidément plus, quand dans la tourmente, la sensibilité à fleur de peau devient une arme fatale pour un ouvrage certes mineur dans l'oeuvre de Musset, mais à ne pas omettre de lire pour autant.
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Courtes sont mes lectures d'été,
Pourvu qu'elles me poussent à autant de réflexion
Et m'emportent dans un élan de sensibilité,
Sur la plage ensoleillée de mon balcon...
-Livy-
03 février 2009
Trois petits livres pour l'hiver
Dehors, il neigeait.
Il neigeait depuis plusieurs jours déjà de gros flocons ronds qui envahissaient les rues de Paris comme presque jamais je ne l'avais vu auparavant et le ciel bas de la capitale semblait lui prodiguer une nuit éternelle.
Le sol revêtait sa parure verglacée tandis que les passants se faisaient rares, pressant le pas jusqu'à leurs logis.
La lumière pâle des réverbères donnait à la neige une noblesse délicate et la faisait régner en maître au sein de ce paysage ouaté.
L'hiver avait bel et bien retenti, téméraire et mystérieux à la fois, et il s'avérait particulièrement rude.
J'étais prostrée devant ma fenêtre et je pouvais y rester des heures durant, savourant une frêle dose de solitude volontaire, emmitouflée jusqu'au cou dans un pull de grand-mère, à grignoter des biscuits secs sur fond de bons vieux morceaux rock.
Pas la moindre motivation pour mettre un pied dehors c'était certain, mais en même temps que le néant qui s'abattait à l'extérieur sur ma petite rue si familière à l'accoutumée, il se produisait en moi comme une envie de chaleur et de rêves disparus, d'évasion et d'absolu.
L'espace d'un instant, et un instant seulement, je quittais ma couverture de cynisme pour me draper de ce mot oublié: l'espoir.
Alors, dans un grand besoin d'idéal, je me pris au jeu d'assouvir enfin mes pulsions littéraires, depuis des mois laissées de côté sous l'emprise d'une vie parisienne haletante...
Ces quelques lignes pourraient bien être une fiction mais elles ne le sont pas.
Le fait est que j'ai réellement passé la plupart de ces dernières semaines à la maison, en mode no-life associable qui n'en peut plus d'avoir froid, et avec une soif de lire intarissable en prime.
Et si j'ai dévoré du bouquin à n'en plus finir, mes envies de lecture au coin du feu m'ont amené cet hiver vers quelques menus coups de coeur littéraires, trois en tout qui, s'ils ne sont pas parvenus à me faire livrer une vraie cheminée et son fauteuil de lecture assorti en plein Paris, ont en tout cas contribué grandement à me charmer, m'émouvoir et me surprendre.
Peut-être même faire naître cet espoir que j'évoque tant et qui me paraît si souvent dérisoire...
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Ritournelle de la faim de J.M.G Le Clézio
On ne présente plus le prix Nobel 2008 qui se lit non sans une certaine délectation, non sans une certaine sensibilité également tant on s'implique dans des personnages qui, bien que lointains, finissent par nous coller à la peau.
Dans un monde bourgeois des années 30 où l'imaginaire se confronte au réel et où l'émotion à fleur de peau dilapide les rêves en haine ou en colère, Le Clézio nous emporte une fois encore, au moyen de sa plume limpide, vers un autre horizon.
Un horizon fermé et oppressant, plein de rancoeur et d'idées vaines, et qui court doucement à sa perte, comme une évidence...
Avec pour fil conducteur la ruine puis la famine, nous suivons alors avec un attachement évident les
méandres émotionnels de la jeune Ethel, rêveuse née emprunte d'une naïveté charmante qui sera propulsée d'emblée et malgré elle dans un monde d'adulte et de souffrance.
La complexité humaine y est décrite à la perfection, grave et fragile à la fois, révoltante ou révoltée, nous offrant sur un plateau les affres de la vie dans un grand souci de réalisme qui, souvent teinté de noirceur et de douleur n'en devient jamais sordide pour autant.
Ainsi parée d'une innocence et d'une pureté qui n'ont de cesse de repousser
un aspect évidemment sombre et inquiétant, la trame se fait légère et fluide, prodiguant au roman une force incroyable.
L'auteur use de son style inimitable pour faire jaillir de ses mots une intensité maximale, cette intensité même qui bouleverse au fil des pages et nous emporte avec Ethel sur le chemin salvateur de la fuite en guise de refuge d'abord, de la prise de conscience ensuite, puis de l'âge adulte enfin.
Une sorte de parcours initiatique qui se savoure, d'anecdotes en péripéties, dans un amour évident de la littérature.
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L'élégance du hérisson de Muriel Barbery
Paris en ligne de mire et une plume jubilatoire et ludique.
J'avais manqué le roman à sa sortie en 2006 et je n'ai pas regretté de combler mon retard bien des années après.
A la fois philosophique et sociologique, l'histoire nous entraîne dans un immeuble bourgeois du 7 rue de Grenelle, à la rencontre de Renée, une concierge pas comme les autres qui, à l'instar d'une culture hors du commun, fait tout son possible pour se cantonner au rôle de la parfaite gardienne, un peu sotte de surcroît, se terrant alors dans un banal tel qu'elle en paraîtrait presque transparente.
Les situations incongrues se bousculent, les quiproquos se multiplient, les destins se croisent et les personnalités se démarquent au sein de ce va-et-vient drôle et joliment écrit, emprunt parfois d'une petite pointe de cynisme bien sentie et d'une tristesse latente le plus souvent dissimulée.
Un vrai délice aussi de parcourir ces pages emplies d'allusions culturelles, petits clins d'oeil littéraires, musicaux et cinématographiques qui enrichissent et étoffent le livre en même temps qu'ils captivent un lectorat délicat.
La société quant à elle y est mise à rude épreuve, les généralités sont transcendées et c'est au final l'intelligence du coeur qui prime, seul léger bémol sans doute, parce qu'il n'est pas sans apporter parfois à l'ensemble un aspect un peu mièvre que je n'apprécie point.
Fort heureusement, le mordant du roman, son dynamisme, ses personnages secondaires imprévisibles et Renée la magnifique en font un petit livre magique qui se plaît à frôler la caricature avec un telle bonne humeur qu'on lui pardonne aussitôt et qu'on adhère forcément.
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Le baiser dans la nuque de Hugo Boris
Voguant sur la lourde thématique de la surdité, le roman nous transporte presque d'emblée au gré d'un univers certes dramatique, mais traité avec une subtilité et une sensualité désarmantes.
Quand l'apprentissage du piano, le partage, le dialogue prennent le pas sur le handicap qui s'abat sur l'héroïne ou la solitude silencieuse du héros et que les mots, fragiles mais profonds, forment peu à peu une mélodie, le baiser dans la nuque devient alors avant tout une véritable histoire d'amour et d'échanges, emprunte d'une poésie enchanteresse qui émeut comme elle déstabilise.
Ce serait presque au fond le récit de destins improbables qui se croisent...
Elle est sage-femme, il est professeur de piano.
Progressivement, le parallélisme entre les deux métiers se met en place et l'obscurité lève alors son voile, constituant ainsi un tout cohérent et métaphorique avec le passage à la surdité qui doucement opère. Les descriptions se font magiques tandis qu'elles se donnent la réplique dans une musicalité des plus exquises, les récits d'accouchements succédant aux leçons de piano, quand la persévérance et le travail côtoient doucement une part de rêve décidément plus abstraite.
Les phrases courtes de l'auteur sautillent allègrement sur la partition de ce récit touchant à souhait, tantôt brutal tantôt pudique, et l'on n'a de cesse d'admirer cette prose si particulière, à presque nous donner l'impression de lire un long poème qui nous transmettrait d'emblée une passion inavouable pour le piano...
-Livy-
19 novembre 2008
About literature...
Mais que se passe t-il donc?
Aurais-je basculé du côté obscur?
Alors que je vis paisiblement ma vie de fille-qui-tient-un blog-pas-vraiment-beaucoup-lu, un second tag vient succéder au premier, me tombant à son tour dessus en l'espace d'à peine une semaine.
No commen't, j'en reste moi-même bouche bée.
Celui-ci me vient cette fois de Paul le Baron qui, je cite, me tague "violemment et sans aucun scrupule" pour marquer l'occasion de l'anniversaire de mon blog.
Une occasion à vrai dire bonne à prendre puisqu'après la thématique musicale, on m'accorde le privilège d'un tag littéraire. C'est à croire qu'ils le font tous exprès pour je leur réponde malgré moi. Et pire encore! Ils réussissent.
Je me plie donc à cette coutume [pour un peu, je commencerais presque à y être habituée ^^] et m'en vais de ce pas fouiller ma bibliothèque, humer l'odeur des livres chinés, toucher ce papier fin que j'aime tant quand il me glisse sous les doigts et me perdre dans quelques pages afin d'y trouver de petites perles, susceptibles de figurer dans la suite de ce billet... ou pas.
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I. Quel est le dernier livre que vous avez acheté *ET* terminé ? Verdict ?
Oups, douloureuse question que celle-ci. C'est que je n'achète guère de livres ces derniers temps, j'en emprunte plutôt (oui, je suis pingre et profiteuse), peu importe d'ailleurs qu'il s'agisse de farfouiller dans la bibliothèque des amis ou dans celles, d'avantage publiques, de la ville de Paris.
Accessoirement, je passe des heures à lire à la Fn*c aussi, assise dans un coin où l'on ne me dérangera pas et j'y retourne consencieusement presque tous les jours afin de poursuivre ma lecture en toute gratuité mais que celui qui ne l'a jamais fait me jette la première pierre.
Il faut préciser aussi qu'ayant envie de ne pas perdre une seconde, j'ai toujours une multitude de livres commencés en même temps, à thématiques fort diversifiées et que je reprends à ma guise selon mes envies et l'endroit où je me trouve (n'est pas multitâche qui veut, on admire l'effort de lire dans le métro et dans les correspondances, l'ipod greffé aux oreilles ^^).
Alors évidemment, cela fait bien une éternité que je n'ai pas mis mon argent dans un "bon" livre même si l'idée me taraude fortement ces dernières semaines.
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Ceci dit, je me souviens très bien de mon dernier "achat" à proprement parler. Il s'agissait d'un livre de vacances en septembre dernier et pour ne rien vous cacher, c'était le dernier Amélie Nothomb, Le fait du prince.
On a tous en effet nos petites manies et puisque j'éprouve beaucoup de plaisir à lire les romans de la jeune femme, c'est une sorte de coutume chez moi que de me perdre une fois par an dans la lecture du tout nouveau bouquin d'Amélie.
Quant au Fait du prince en lui-même... Terminé en un temps record car il se lit excessivement vite, sur la plage qui plus est, et très bon passe-temps au demeurant avec, je ne me lasse pas de le préciser, une couverture des plus réussies. Un choix malin donc, pour une lecture de vacances.
Il en demeure une écriture agréable, une intrigue assez cocasse et bien trouvée quoiqu'un peu alambiquée, un peu "too much" parfois mais dont Nothomb se sort très bien en exploitant toutes les ficelles du sujet avec un style qui n'est pas sans rappeler ses précédents romans, ponctué notamment par quelques très bonnes répliques que je ne me suis pas privée de noter.
L'ensemble se lit, fluide et attrayant, gentiment loufoque, parfois un peu décalé, sans grande innovation certes mais avec toujours ce petit "quelque chose" qui est là, à nous tenir en haleine, dans un langage propre à l'auteur que ces détracteurs contestent tant mais que d'autres lui envient.
Les dernières lignes sont cependant un brin décevantes et même bien plus encore, nous laissant ainsi sur notre propre faim, comme abandonnés en plein milieu du chemin. En effet, si les quelques questions et réflexions soulevées tout au long de l'oeuvre de par son thème (l'usurpation d'identité) valent le détour et captivent parfois, nous entraînant alors dans une aventure palpitante l'espace d'un instant, tout retombe un peu trop vite à la fin, gâchant du même coup un plaisir évident... Il n'en reste alors pas grand chose sauf le souvenir d'avoir passé un bon moment. Un bon moment oui, mais peut mieux faire.
Je ne peux dire le contraire cependant, j'avouerai tout de même avoir eu une agréable surprise tant les critiques étaient mauvaises au sujet du roman et rien que pour la créativité qu'il dégage, je n'ai assurément pas envie de le juger trop sévèrement.
Il est distrayant et sympathique, agréable à lire, humoristique et bourré d'idées et autres petites trouvailles.
Mais après comparaison avec certains livres clés d'Amélie Nothomb (oserais-je citer Stupeur et tremblements, ouvrage qui m'a profondément marqué), mon avis reste mitigé, surtout quand on se doute de l'ampleur du talent qu'Amélie a à nous revendre....
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II. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?
Je vais tâcher de procéder par ordre, parce que pour moi, c'est une question à poser au pluriel.
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Je suis d'une part en pleine relecture d'un livre de Raymond Queneau, Les fleurs bleues. Une énième relecture devrais-je dire quand sait l'amour que je voue à cet auteur et combien j'ai pu l'étudier durant mes études de Lettres, à commencer par l'épreuve littéraire du baccalauréat!
Mais c'est un fait. Une fois par an, je relis du Queneau et cette année, ô chance, j'ai pris mon ouvrage préféré en ligne de mire.
Evidemment alors, pas très facile de donner mon avis de la façon la plus objective possible après tout ce temps passé à l'étudier, si ce n'est un grand enthousiasme à le relire, un plaisir demeuré intact et la découverte sans cesse de nouveaux petits détails qui m'avaient échappés jusqu'alors sur la structure de l'oeuvre, le parallélisme des personnages, les situations similaires et j'en passe, le tout traité de façon pour le moins hallucinante.
Accessoirement, je relis mes notes de cours en même temps pour ne rien laisser passer et vous me croirez si vous voudrez mais c'est un vrai bonheur ^^
Ligne 13 page 42: "Un passant est venu se joindre à Cidrolin; ils regardent tous deux le camion se remplir."
Sorti du contexte... bof! Mais je n'en oublie pas ce point virgule qui vient se poster en plein milieu, magistral.
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Je découvre d'autre part Le magasin des suicides de Jean Teulé mais de façon un peu saccadée puisque le livre ne m'appartient pas et que je me vois dans l'obligation de grappiller quelques lignes lors de mes passages (très fréquents) chez une amie qui me l'a conseillé.
Un peu compliqué de s'adonner à la lecture dans de telles conditions mais malgré cela, je suis déjà conquise par la découverte de ce petit livre dont il y a quelques mois encore, je n'avais pas entendu parler et que je trouve réellement savoureux.
Je me sens d'ailleurs tellement absorbée par ce style d'écriture et plus encore par le cynisme ambiant et l'humour noir qui se dégage de l'histoire que j'en chercherais presque à me procurer le livre par tous les moyens afin de le dévorer d'un trait et de pouvoir l'annoter dans tous les coins.
Oui parce que ce roman qui a priori n'a rien d'exceptionnel et dont le titre est plutôt énigmatique est en réalité un petit bijou à feuilleter de toute urgence car tout bonnement génial!
Actuel, plein d'humour et bien écrit, simple et torturé à la fois, gorgé de paradoxes et de faits incongrus, il s'immisce dans un sujet brûlant avec beaucoup d'habileté pour en tirer la quintessence et n'est pas à ce propos sans rappeler un certain Martin Page, l'un de mes auteurs favoris.
Rien que la lecture des première pages est fascinante, je sens s'accroître mon intérêt de ligne en ligne et je suis pour ainsi dire sure de lui réserver un billet ici-même un peu plus tard, quand je l'aurai ardemment lu et relu, dans des conditions optimales.
Il faut bien avouer que le parcourir de la sorte est légèrement frustrant, frustration renforcée par le fait que je ne le trouve pour l'instant nulle part en librairie (rupture de stock, hors de mon chemin) mais une commande prévue sur internet devrait améliorer mes petits tracas très prochainement...
Ligne 13 page 42: Je crois que ça ne va pas être possible, pas être possible ^^
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Parce que j'aime bien me rendre la vie impossible parfois aussi, je me suis également lancée tête la première dans un essai savant, Le langage de Louis Hjelmslev, livre que j'avais acheté il y a bien longtemps pour m'aider dans mes études de Lettres (toujours elles), jamais lu au demeurant et que j'ai retrouvé il y a quelques mois en déménageant ma bibliothèque.
Une découverte pour le moins inattendue mais fort captivante au final quand on prend la peine d'ouvrir son esprit, s'y plonger réellement et s'adonner ainsi à une lecture différente et toute nouvelle, bien loin de mes chers romans qui me suivent et me poursuivent sans cesse.
Ceci étant, la lecture en question est loin d'être limpide, la réflexion de rigueur et les prises de tête également, bien que l'ensemble, à très petite dose sinon t'exploses, présente un intérêt évident.
J'ai ainsi vu certains souvenirs de cours de linguistique remonter à la surface (Saussure pour ne citer que lui^^) tandis que d'autres faits énoncés m'étaient jusqu'à présent encore totalement inconnus.
Comme l'indique la quatrième de couv', l'oeuvre intègre grammaire historique et linguistique comparée de façon intelligente et concise et si certains passages sont d'une complexité sans limites, d'autres au contraires dévoilent de petits secrets de syntaxe propres à des langues bien spécifiques, arguments et exemples à l'appui.
J'en pense surtout que ce livre est en phase de devenir pour moi une mine de renseignements lorsque je me poserai certaines questions d'ordre grammatical ou syntaxique parce que s'il n'est pas très long, il est cependant fort bien renseigné, mais je ne compte pas le finir dans son intégralité là, maintenant, tout de suite car il se découvre à mon avis progressivement plutôt qu'il ne se dévore et à trop vouloir le parcourir, il risquerait fort de devenir indigeste.
Ligne 13 page 42: "La formule fonctionnelle établie ici est valable pour le début du mot devant une voyelle;
(encore un point virgule, j'ai une chance folle!)
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J'achèverai le paragraphe en évoquant brièvement mon "compagnon de rue", comprenez un livre léger et facile, transportable dans un sac à main dernier cri, qui soit capable de me distraire dans les transports en commun comme dans les jardins publics, voire me faire rire aux éclats en pleine rue et dont je parvienne à suivre la trame où que je sois même dans l'endroit le plus bruyant du monde, pourvu que ça crie!
La chick lit est d'ailleurs fortement conseillé à ce sujet mais actuellement, c'est sur Les tribulations d'une caissière de Anna Sam que je me suis penchée. Il faut d'ailleurs savoir que le livre est sorti il y a peu (été 2008) et était à la base un blog à succès dont je vous mets le lien [ici], si vous souhaitez voir de quoi il retourne.
Et c'est un bonheur permanent que de se délecter entre deux stations de métro des malheurs tous plus anecdotiques les uns que les autres de cette caissière à l'humour féroce, tant elle décrit les choses de façon savoureuse et comique, non sans une certaine ironie d'ailleurs.
Rien à dire. Ce n'est pas de la grande littérature, la thématique n'a rien de magique, l'écriture est simple comme tout et pourtant... c'est juste délicieux.
Le livre touche presque à sa fin à force de le balader partout lors de mes allers-retours incessants à l'autre bout de Paris et je sens déjà que je vais regretter longtemps de l'avoir fini trop tôt!
Ligne 13 page 42: "Vous faites appel à un ami? (suivi d'un bon gros rire, il faut aussi avoir le sens de l'humour.)"
Au programme des prochaines relectures parce que les relectures, j'adore ça:
Le rouge et le noir de Stendhal, Salammbô de Flaubert, Bel-Ami de Maupassant et bien d'autres encore...
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III. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?
Je décide de tricher encore puisqu'il m'est impossible de faire un choix entre mes deux livres favoris.
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Le petit prince de Saint-Exupéry est tout simplement magique. Il émane de lui une curieuse impression de sentiments mêlés et de vérités cachées laissant planer une ambiance délicieusement étrange et nostalgique, saupoudré d'un monde imaginaire qui captive sitôt qu'on y pénètre.
Porté par sa phrase-clé "L'essentiel est invisible pour les yeux", il nous propose d'adopter une nouvelle vision du monde, d'avoir un certain recul sur les choses de la vie et de se remettre en question pour enfin savoir apprécier et savourer le moindre instant de bonheur, pourvu qu'il soit simple.
A la fois conte merveilleux, pseudo-initiatique et philosophique, il demeure un livre-pilier, à lire aussi bien enfant, adolescent ou adulte avec une sensation des mots jamais tout à fait différente et jamais tout à fait la même.
Il se fait pluriel et laisse échapper une multitude d'émotions qui ne peuvent que toucher et captiver un lectorat souvent un peu trop blasé.
Mon pseudonyme "Etoile" vient d'ailleurs de cet ouvrage, où "le plus beau et le plus triste paysage du monde" était caractérisé par deux dunes en plein désert, une étoile au milieu...
Il s'en dégage une dualité de l'être et de la vie qui transforme l'existence en une aventure palpitante et complexe, peuplée d'épreuves et de souffrance, de questions à n'en plus finir également, mais où la moindre minute est évidemment à apprécier.
Les dessins qui illustrent l'ensemble, enfin, sont une sorte de cadeau-bonus voués à nous faire entrer pour de bon dans un monde rêvé et intemporel, qui sonne toujours juste de par son originalité et son inventivité.
Une bonne raison pour moi de faire de lui l'un de mes livres de chevet favoris.
Dernière phrase de la page 65: Il s'agit en fait d'une illustration de l'auteur, commentée par ses soins...
"Cette planète est toute sèche, et toute pointue et toute salée."
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Les Fleurs du Mal de Baudelaire constitue évidemment un recueil culte et incontournable pour quiconque apprécie un tant soit peu la poésie et par chance, j'en fais partie.
En 1857, lors de sa parution, Baudelaire défrayait en effet la chronique en offrant au public une vision moderne et controversée de la poésie, toute nouvelle encore, s'accordant une liberté totale d'expression dans les sujets abordés comme les mots employés.
Il en ressort un ouvrage tout bonnement exceptionnel qui puise son intensité dans les profondeurs des émotions et impressions humaines, s'inspirant tour à tour d'angoisses et de tourments, de sentiments et ressentiments amoureux, de faits de la vie quotidienne et d'un réalisme latent, souvent douloureux, parfois représenté par de fascinantes métaphores.
Parmi les mots qui s'entrechoquent et les vers qui dévoilent leur incroyable beauté, on ne peut que ressentir poème après poème une montée en puissance dans la force de l'écriture, progressive parfois, soudaine à d'autres moments, et qui exprime de la façon la plus poétique et incroyable possible des sentiments et ressentis inavouables.
Ajouter à cela une sensibilité à fleur de peau, des émotions exacerbées, une écriture souvent sombre et torturée et un sens de l'esthétique fortement mis en valeur pour obtenir enfin un véritable chef-d'oeuvre, tout juste sublime, qui nous entraîne dans un autre siècle et un autre univers à mille lieue de ce que l'on connaît déjà, et qui ne demande qu'à être découvert une fois encore, dans un élan passionnel totalement incontrôlé.
Dernière phrase de la page 65: "La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles (...)"
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IV. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?
Ce n'est assurément pas une surprise quand on me connaît ne serait-ce qu'un peu mais j'ai un mal fou à lire Jean-Jacques-Rousseau et ce n'est certainement pas une nouveauté puisque tout a commencé lorsque je l'ai découvert avec Les confessions qui étaient à l'époque au programme du bac français (en mode 1999).
La difficulté en question ne réside d'ailleurs pas tant dans le style d'écriture de l'auteur que dans ses idées auxquelles, malgré moi, je n'adhère pas.
Ceci étant, et parce que je suis têtue à un point que vous n'imaginez même pas, j'ai tout de même essayé de me plonger à plusieurs reprises dans quelques uns de ses ouvrages et de m'en imprégner afin d'essayer de mieux comprendre sa vision des choses et d'en tirer un sens concret.
Récemment encore, l'ouvrage Rêveries du promeneur solitaire a de nouveau attiré mon attention et ma curiosité, ce qui n'était pas arrivé depuis bien longtemps.
Pour la petite anecdote, j'ai étudié cette oeuvre il y a quelques années en licence, mais totalement hermétique une fois encore, ne l'avais jamais lu si ce n'est en diagonale, honte à moi!
Le titre de l'ouvrage étant pour le moins attrayant et surtout en totale adéquation avec ce que j'aime et ce qui me plaît en général, j'ai décidé en octobre dernier de m'y remettre de façon vraiment sérieuse et de l'aborder avec une philosophie différente et un peu plus de recul sans doute aussi. Mais en vain.
Une fois encore, je ne suis pas parvenue à rentrer dans le livre, faire corps avec lui et me passionner pour les mots écrits.
Certes, je préfère cet ouvrage à de nombreux autres de Rousseau, souvent plus virulents et qui m'ont toujours indisposé de par leurs propos.
Je lui accorde une certaine réflexion, un certain état d'esprit, et je peux également comprendre qu'on l'apprécie mais ne parviens pas pour ma part à m'y faire et à le lire dans son intégralité pour autant.
Il y a quelque chose chez Rousseau qui me bloque, sans doute parce qu'il se veut très moralisateur dans sa façon de penser, très "donneur de leçons" également et que cet aspect, dans la littérature comme dans la vie, m'a toujours été fortement déplaisant.
Un échec encore que cette tentative, mais au moins j'aurai essayé...
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V. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?
- Musy parce que la littérature est son domaine de prédilection,
- Cissie parce que même si la thématique de son blog est à 200% musicale, je connais son amour pour les bons mots et suis sure qu'elle est capable de dénicher de très bons livres sur la musique,
- John C, parce qu'il n'a pas de blog et que c'est plus pratique qu'il me rende son rapport sur papier ou dans les commentaires, surtout qu'il adore lire, je le sais ^^,
- Nicolas, parce qu'il a un blog mais qu'il n'y va pour ainsi dire plus (et ça, c'est une très bonne raison pour le taguer),
- et enfin Bliss parce que même si je ne la connais pas personnellement, je serais curieuse, par rapport au contenu de son blog et à ce qu'elle laisse transparaître de ses lectures, de connaître ses réponses à ce sujet...
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Je suis en train de m'étonner toute seule.
Voilà comment transformer un simple tag en un véritable billet littéraire et c'est en m'arrêtant soudainement d'écrire que je m'aperçois enfin de l'étendu des détails fournis...
(Je l'avoue, j'ai écrit l'ensemble en une seule fois, bien concentrée sur mes idées et me suis à peine rendue compte des lignes qui défilaient!)
Peu importe finalement, d'autant plus que je voulais justement renseigner d'avantage la catégorie "Littérature" de mon blog d'ici quelques jours avec la création d'un tout nouveau billet mais que le thème en lui-même venait un peu à manquer.
C'est chose faite à présent, de façon totalement indépendante de ma volonté certes, mais je m'en réjouis malgré tout.
En revanche, vous risquez quant à vous de moins vous réjouir devant toute la lecture qui vous attend (j'aime vous torturer) et serez bien courageux si vous parvenez à bout de mon billet infini ^^
-Livy-
14 août 2008
Au pays du soleil levant, les haïkus
Je poursuis mes lectures estivales,
Inlassablement.
Et dans la douceur des soirs d'août,
Il y a de petits moments à part,
Brefs et jolis à l'image d'un haïku.
Alors,
Il plane dans l'air comme un parfum du Japon,
Et dans mes rêves, et dans ma tête,
Une furieuse envie de voyager.
~
Simple ............... Epurée ............... Légère
~
La poésie japonaise m'évade quand elle ne cesse de me surprendre et s'obstine malgré elle à me fasciner dans tout ce qu'elle a de singulier.
Elle parfume l'air d'une note douce et symbolique, dans la tradition comme dans la transgression de cette dernière et transmet sa sagesse innocente au fil des siècles et, devrais-je dire, des saisons.
En effet, le haïku, en plus de répondre à des contraintes bien établies, syllabiques notamment (on en compte 17 en tout, en respectant la règle 5-7-5), et de nous proposer de la façon la plus brève possible d'habiles jeux de mots non dénués d'humour et de sens, se focalise sur l'amour de la nature et laisse dévoiler dans chacun de ses poèmes une saison, petit moment unique de l'année qui perdurera sur papier, dans de courtes phrases à l'intensité avérée.
Les mots poétiques griffonnés se suivent et ne se ressemblent pas.
Tantôt philosophiques, tantôt désinvoltes,
Ils se lisent à haute voix,
dans l'état d'esprit de l'instant,
Eternels et fugitifs
Et capturent en eux des faits comme des images.
La subtilité qui s'en dégage est fluide,
La simplicité sublimée,
Le second degré souvent de rigueur...
~
Morceaux choisis
"Sur l'éventail
Je mets le vent venant du mont Fuji.
Voilà le souvenir d'Edo."
Bashô Matsuo,
Maître japonais de haïkus et l'un des premiers poètes du genre (1644 - 1694)
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"Il reste éveillé
Et dit qu'il a dormi.
Froide nuit automnale."
Buson Yosa,
Poète et artiste peintre japonais (1716 - 1784)
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"Ne possédant rien
Comme mon coeur est léger
Comme l'air est frais."
Kobayashi Issa,
Poète japonais aux haïkus souvent comiques (1763 - 1827)
~
Et si les haïkus ne sont parvenus jusqu'à nous autres occidentaux que très tard, il n'y a guère plus d'une centaine d'années, nos auteurs se sont depuis bien rattrapés, rivalisant d'inventivité et de détachement, pour s'essayer à cette poésie d'un autre temps.
A lire notamment
Au fil de l'eau - Les premiers haïkus français,
Recueil de poésie japonaise sous la direction de Paul-Louis Couchoud
Cent phrases pour un éventail de Paul Claudel
~
Quant à moi, je redécouvre le temps d'un été
De petits poèmes oubliés
Et bien plus de nouveautés encore
Qui prennent place comme il se doit dans mon carnet d'idées.
-Livy-
28 juillet 2008
Lectures estivales et dérivés
Légères, les lectures de vacances nous poursuivent à la plage, sur un petit banc au bord d'un chemin de campagne ou lors d'une veillée sous les étoiles, confortablement installé dans un fauteuil en osier...
Elles sont les compagnes fidèles de parisiens en manque d'exotisme estival flânant dans les parcs publics et autres solitaires des bords de Seine.
Elles accompagnent les éléments et les subliment sans le savoir.
Elles imprègnent l'air de leurs mots simples et tendres et virevoltent, dociles et enivrantes, pour mieux nous envoûter.
Elles font la guerre aux ouvrages sérieux et complexes qui ont peuplé d'un trait toute notre année littéraire et nous assaillent vivement d'un brin de folie tant et si bien qu'on s'en délecte d'avance.
Elles, ce sont de petits livres de poche où se glissent un grain de sable malin, une pâquerette, un pétale de géranium ou une date et un prénom griffonnés dans un coin.
A l'intérieur, quelques dessins gribouillés à la va-vite et de petites phrases surlignées à presque pouvoir les ressortir un jour en société si dés septembre, on n'en avait pas déjà oublié et les mots et le sens.
Oui, les lectures d'été sont le symbole d'une évasion et d'une agréable subtilité, futiles parfois mais toujours plaisantes, butinant de rêves en rêves, étendus pêle-mêle, dans un monde où l'on ne prend pas toujours le temps de rêver.
Et à mille lieues de tout ce que la société peut avoir de compliqué, j'opte pour quelques ouvrages qu'il fait bon lire ou relire quand les gens ont déserté votre quartier et qu'il ne reste plus que vous, perdu quelque part dans un coin de la Terre, solitaire mais content de l'être, amoureux des mots et des pages jaunies, en plein mois de juillet ou bien d'août...
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Liste non exhaustive de quelques livres pour les vacances
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Les vacances du Petit Nicolas de Sempé et Goscinny
Parce que les aventures de notre Nicolas préféré sont évidemment incontournables (on le savait déjà) mais que si elles répondent en plus à la thématique des vacances, il serait dommage pour nous de se priver en pleine période estivale des anecdotes désopilantes et incongrues de notre héros, faussement naïves et toujours savamment décortiquées/illustrées/interprétées par nos deux talentueux auteurs, le tout dans une bonne dose de rigolade, ça va de soi!
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Chagrin d'école de Daniel Pennac
Parce que "youpi!youpi! l'école est finie!" mais quand c'est Pennac qui s'y colle et la décrit avec justesse et sincérité, dans la peau du cancre de service de surcroît, c'est encore mieux dit et les lecteurs en sont ravis. Et si le livre ne dévoile pas de l'école son meilleur aspect voire la critique ardemment parfois, il n'en demeure pas moins tendre et savoureux de par ses bons mots et son style à part, dans un délice d'humour et de souvenirs.
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L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder
Parce que le format du livre, tout petit ou presque, est idéal pour notre sac de l'été, que les phrases sensées et percutantes fusent tout du long à un rythme effréné qui nous enchante, que le cynisme remixé à la sauce de l'ironie est un excellent mélange pour que l'ensemble captive et que globalement, on dévore le roman avant même d'avoir pu constater que c'est vrai, l'amour en vacances ne dure assurément pas trois ans mais bel et bien trois jours!
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Chaque femme est un roman de Alexandre Jardin
Parce que le titre, mystérieux et joli à la fois, provoque une irrésistible envie de lecture d'autant plus que le livre est une sorte de suite des aventures autobiographiques de l'auteur, que l'on est évidemment curieux d'en savoir plus et que le sieur Jardin se montre ici dans un registre tout autre de ce à quoi il nous avait habitué avec ses romans précédents, moins "romantique" peut-être mais beaucoup plus sombre cette fois, développant ainsi chez nous un intérêt nouveau pour son oeuvre.
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part de Anna Gavalda
Parce qu'un recueil de nouvelles est un indispensable de l'été et que celui-ci, simple et beau, jolie version de la vie quotidienne et des émotions partagées qu'elles soient tristes ou malicieuses, est une mine d'espoir, de simplicité et d'humour et témoigne du talent de son auteur dans toute sa splendeur, loin de ses derniers ouvrages nettement moins accrocheurs et d'un aspect "fleur bleue" qui à la longue nous lasse un peu.
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Saga de Tonino Benacquista
Parce qu'à l'heure d'été où les séries télévisées et autres sitcom fleurissent sur le petit écran, la thématique ne peut que plaire aux concernés, d'autant plus que, conformément à son auteur, elle est traitée avec drôlerie et légèreté, autour de personnages loufoques mais plus encore attachants, le tout enrobé dans une histoire bien pensée dans laquelle on ne peut que se laisser entraîner et surtout s'y plaire.
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Paroles de Jacques Prévert
Parce qu'affectionnant les bons mots, ce livre incroyable de justesse et de sincérité, dur parfois, agaçant un peu aussi, mélancolique souvent, touche autant qu'il réconforte dans sa verve poétique et la beauté de ses propos, emprunts d'une oralité sans limites et d'un talent sans cesse renouvelé. Du grand art et du génie pour un recueil de textes léger en apparence mais doté d'une incroyable profondeur de réflexion à laquelle nul n'est resté insensible jusqu'à aujourd'hui.
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L'alchimiste de Paolo Coelho
Parce qu'il y a quelque chose de mystique dans cet ouvrage qui nous évade déjà rien qu'à l'évocation de cette quête si mystérieuse du héros Santiago à la recherche d'un trésor et qui et nous offre, sans bouger, un véritable voyage existentiel et spirituel, peuplé de petites phrases magiques et de mots bien assortis. Initiatique et beau, le conte se laisse apprivoiser et surprend autant qu'il décontenance, autour d'une thématique philosophique certaine.
Manuella de Philippe Labro
Parce que toutes les adolescentes et celles qui l'ont été un jour peuvent se reconnaître dans l'héroïne, en pleine phase de réflexion à mi-chemin entre l'enfance et l'âge adulte et torturée par des questionnements sur l'amour, les études et la vie, tout simplement. L'écriture fluide et agréable du roman est une belle performance de la part de l'écrivain qui a su endosser parfaitement le costume de l'ado au féminin avec beaucoup de finesse et de subtilité.
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Souvenirs d'enfance de Marcel Pagnol
Parce que les lectures estivales et ensoleillées ne seraient rien sans les trois (ou quatre si l'on inclut Le temps des amours) ouvrages autobiographiques retraçant l'enfance de Pagnol qui sont à elles seules le reflet d'une époque, d'un état d'esprit et d'un passé plein de chants et de poésie où les mots se suivent dans une douce nostalgie, décrivant à merveille les lieux et instants de vie du petit Marcel, pétillant de vie au sein de sa Provence bien-aimée. A presque entendre les cigales chanter et sentir le thym se dévoiler à nos sens au détour d'un passage, d'une description, d'un mot...
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... Peu de cohérence dans cette liste mais un plaisir certain à me plonger tête la première dans ces pages imprimées qui sentent bon les longues journées d'été et les souvenirs de lectures d'antan et qui me laissent vagabonder au gré de mon imagination, dans des contrées que je n'ai de cesse d'explorer...
-Livy-
17 mai 2008
Il était une fois Martin Page

Comment je suis devenu stupide
Une parfaite journée parfaite
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Avec un nom comme le sien, Martin Page, 33 ans, était prédestiné à l'écriture.
Riche de cinq romans déjà, il nous embarque dans son univers loufoque et saugrenu.
Le voyage s'effectue sans heurts.
Mieux, on en redemande.
Dans un flot d'histoires exubérantes et improbables, les mots s'entrechoquent, tout simplement. Ils sont clairs, nets, incisifs. Ils touchent comme ils surprennent. Et leur auteur de jouer avec eux...
L'absurde côtoie le sublime avec bonheur. C'est un monde unique où le temps semble s'être arrêté. Où des situations se transforment en véritable marathons mystiques. Où l'émotion comble le vide.
Le ton est humoristique, un brin narquois, volontairement décalé.
Les personnages, somptueuse galerie de fous furieux-psychopathes-étranges-désespérés-blasés-attachants, se suivent allègrement, apportant leur petit grain de sel authentique, même pour les plus secondaires d'entre eux. Au gré des mots, leurs aventures dansent sur les pages du livre, nous laissant danser aussi dans une valse irréelle.
Derrière un humour noir indéniable, se cache une autre facette de l'auteur.
L'ambiance se fait plus sombre, plus dénonciatrice aussi.
On y retrouve au détour d'une anecdote ou d'une caractéristique d'un personnage, la critique de notre monde en perdition, de la société de consommation poussée à l'excès ou encore de la nature humaine. Au premier abord, les histoires font sourire certes et pourtant, la portée symbolique et actuelle qui en émane pourrait prêter à une réflexion plus poussée.
Tandis qu'on commence à ne pas prendre ou peu les personnages au sérieux (trop marginaux, trop rêveurs...) et qu'on les laisse se balader le long d'une douce légèreté, la critique se fait acerbe, renforcée par l'humour et ce grain de folie omniprésent.
Dans un tourbillon imaginaire bien pensé, Martin Page dénonce comme il décrit, grimace comme il sourit.
Les mots sont un moyen de faire passer un point de vue, une façon de penser, une opinion...
De s'engager au-delà du romanesque.
Dés lors, nul doute que cet aspect apporte de la profondeur au roman ainsi qu'une crédibilité certaine pour les esprits passablement concrets.
Dans un pêle-mêle de rêves vécus ou de vie rêvée, Martin Page traite les sujets graves avec drôlerie et bonhommie quand il dramatise les épisodes de la vie courante. Il dépeint avec brio de petits détails insignifiants. Les amplifie. Leur donne leur heure de gloire cependant qu'il ridiculise toutes ces choses auxquelles on attache tant d'importance quand elles ne le mériteraient pas...
Le romanesque sans cesse resurgit.
Envolées les happy end. La tristesse et le cynisme s'enveloppent d'une touche d'espoir... ou pas.
Le rêve surplombe un triste monde.
Contemplation.
Déception.
Réflexion.
Image de fond surréaliste. Les héros s'y succèdent, mémorables.
Leurs vies, c'est un peu la notre, celle qu'on ne voit pas, celle qu'on n'imagine même pas.
Parce qu'ils sont vulnérables, parce qu'ils sont fous, on les aime sans doute déjà...
-Livy-
09 mars 2008
Moments d'égarement en Folio deux euros
Quand j'en ai assez de lire des gros pavés, ceux-ci même qui se situent à égale distance entre ma table de chevet et mon lit, je lis quand même... mais des livres plus petits.
Mon ipod greffé aux oreilles (toujours), je prends le temps de savourer quelques pages entre deux stations de métro, assise ou debout, dans le flot de voyageurs qui parfois me dépasse.
Je fais une pause sur un banc public, un carré d'herbe ou dans un bistrot parisien, café noir à l'appui.
Je lis distraitement, un oeil rivé sur le monde extérieur quand l'autre effleure les pages d'histoires imaginaires ou vécues.
Je laisse circuler les mots comme ils le souhaitent et leur accorde cette liberté que parfois je leur envie.
Je me délecte d'extraits d'oeuvres inoubliables et de citations, de rappels littéraires variés...
Et la lecture devient légère et douce...
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Pour ces moments un peu spéciaux qui me conduisent à une lecture sans concentration mais avec délectation, j'ai découvert il y a maintenant un peu plus d'un an une petite collection économique et sympathique qui me plaît beaucoup: Folio deux euros.
(il est à noter tout de même que cette collection existe depuis bien plus longtemps que ça mais ma vie est essentiellement composée de retards en tout genre et je ne vois pas pourquoi cela changerait ^^).
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Le prix est d'emblée annoncé, le livre se présente dans un format poche tout comme un Folio basique et le nombre de pages est plutôt réduit.
Mais l'attrait de ces petits livres n'est pas tant le fait de pouvoir les glisser aisément dans son sac à main que de les parcourir en long, en large et en travers, savourant une lecture agréable, quand un court laps de temps libre s'offre à soi.
C'est ainsi qu'on peut se livrer en toute simplicité à la découverte d'un auteur au travers de textes courts (souvent des nouvelles) mais efficaces et qui nous permettent de mieux le cerner, tout en gardant cet esprit de légèreté qui m'est cher quand j'ai quelques minutes à m'accorder.
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Les genres littéraires étant variés au sein de la collection, on passe sans se soucier d'un policier à un classique, d'un auteur connu à un autre qui l'est moins, d'une grande nouvelle à un petit roman et quelques menus essais de surcroît!
Alors, de petits bonds littéraires en autres petits bonds littéraires, on parfait son savoir [un peu, tout du moins] au coin d'une rue ou ailleurs sans même s'en rendre compte et en abordant la lecture avec un plaisir non feint.
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Richissime mine de découvertes, j'ai eu le temps, l'occasion et l'envie de faire la connaissance, à travers les pages de ces mini-Folio, d'auteurs que je n'imaginais pas mais qui m'ont beaucoup plu car la curiosité aidant, j'ai osé saisir un livre dans les rayons de la Fn.. et l'emmener se balader jusqu'à la caisse. La liste étant passablement longue à dresser, j'aurais bien fait une tentative dans ce billet d'énumérer mes découvertes une à une mais je les crains trop nombreuses pour cela!
J'ai aussi effectué quelques relectures (Tonino Benacquista notamment) car parmi les nombreuses manies qui hantent ma petite personne, je me plais à relire et relire encore, me laissant aller à mon état d'esprit du moment.
Enfin, je crois bien que l'aspect qui m'a le plus séduite dans cette collection réside en ces bribes de phrases, petits extraits magiques d'oeuvres mémorables réunis autour d'un thème tels l'amour ou le bonheur, pour n'en citer que deux.
Ma première trouvaille fut d'ailleurs ces quelques pages intitulées
"1, 2, 3... bonheur!"
Je suis restée sur ce titre un peu intriguant (le bonheur n'est-il pas une chose curieuse?) quelques bonnes minutes avant de me précipiter dessus et l'acheter en plusieurs exemplaires, histoire de partager les quelques extraits de Gide, Tolstoï, Oscar Wilde, Le Clézio et plus encore avec mon entourage.
Le petit livre tout court, tout beau fut la porte ouverte à tous les achats du même genre qui l'ont suivi, et aujourd'hui à ce billet de blog!
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Impossible donc de passer à côté de l'envie de faire partager cette petite lubie qui rend joyeuse les expresso du matin et les trajets en métro et qui d'une façon ou d'une autre, vous fait voyager par les lettres et par les mots...
-Livy-
05 février 2008
... Suites et fins.
Au cinéma, en littérature comme dans tout autre domaine culturel, c'est un fait: la mode est aux suites. Ou les suites à la mode.
On ne compte plus les "2", "3" et j'en passe, qui jamais n'égalent le chef-d'oeuvre mais sans cesse se reproduisent, laissant derrière eux une foule de pâles copies au succès exclusivement commercial.
Le business fonctionne cependant et l'aventure continue.
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Un peu irritée je l'avoue par ces suites sans saveur, je me suis penchée de plus près sur le phénomène et c'est ainsi que j'ai déniché de je-ne-sais-où le petit livre drôlissime de Jean-Loup Chiflet, Suites et fins traitant ardemment de ce sujet.
L'éditeur/écrivain déjà bien connu pour ses pastiches bourrés d'humour et ses jeux de mots à n'en plus finir récidive ici avec un ouvrage très attractif reprenant une quarantaine d'oeuvres littéraires diverses et variées pour en écrire la suite. On y retrouve du Flaubert comme du Houellebecq, du Stendhal comme du Sagan, sans oublier de grands classiques tels Le Cid et je n'en cite qu'une infime partie!
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Après lecture, j'en suis ressortie d'excessivement bonne humeur et peut-être moins fâchée envers ces suites envahissantes...
Suites et fins n'est certes pas la merveille des merveilles mais il a l'avantage d'être détendant et ludique tout en nous faisant réviser un peu la littérature, qu'elle soit classique ou contemporaine.
Oui car petit plus: le livre est d'autant plus accessible qu'il résume conscencieusement chaque oeuvre avant d'en commencer la suite. Pas d'excuses donc pour se plonger dans les quelques 150 pages de l'ouvrage et déformer à l'infini le destin incroyable de nos personnages littéraires favoris!
*
Les suites s'enchaînent ainsi et s'entrecroisent; des héros ou anti-héros s'y rencontrent, des situations farfelues se révèlent, des morts resurgissent... A presque se croire dans le mélange d'une série B, d'un spin-off et d'un cross-over mais en pire, évidemment!
Si certaines sont d'avantages réussies que d'autres, les situations loufoques sont le fruit d'une imagination démesurée plutôt qu'un reflet exagéré d'une éventuelle réalité.
Ici, pas de réflexion poussée ou de grande littérature mais de l'amusement à l'état pur tandis que Chiflet se livre bel et bien à un exercice de style [citerais-je Queneau?] plus complexe qu'il n'y paraît, s'attaquant aux oeuvres "intouchables" d'aujourd'hui ou de toujours.
Le passé se mêle au présent dans un élan d'anachronismes humoristiques et volontairement décalés. Et le lecteur amusé se prête au jeu sur le fil d'une lecture légère et agréable, tant et si bien qu'il en oublierait presque qu'il s'agit de suites!
*
Je n'en dévoile pas plus, par volonté de garder intact l'effet de surprise mais,
Amis de l'humour et des bons mots,
Voici tout à fait le livre qu'il vous faut.
-Livy-






























