Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

29 octobre 2009

"Si tu veux l'arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie"

.

Pluie

.

"La pluie tombe comme nous tombons amoureux: en déjouant les prévisions."
(Martin Page)

.

C'est un fait. Avéré. Certifié.
Il y a deux ans jour pour jour, à Paris, il pleuvait. Des trombes d'eau.
Qui s'épanchaient là, le long de mes carreaux, pleurant l'amertume d'un jour sans âme. Vous savez bien, l'une de ces journées où l'on sait par avance que le soleil ne poindra pas même s'il est là, et qu'il restera caché sous des nuages capricieux. Et il ne fera même pas froid à bien y penser mais au fond, l’air sera humide et ce n’en sera que pire.

Il pleuvait ce matin là de façon si anormale, si brutale en somme, que j'ai soudainement levé le rideau dans la sinistre contemplation d'un monde vêtu de gris.
J'évoquais à l'époque, dans l'attente d'un espoir nouveau, des dépressions qui se transformeraient en anticyclones mais mes considérations météorologiques étaient fausses:
C'était peut-être d'avantage un tsunami.
Jules Renard ne disait-il pas joliment d'ailleurs de l'espérance qu'elle consistait à "sortir par un beau soleil et rentrer sous la pluie?"
Ce n'était assurément pas une dépression alors mais un cap à franchir; celui de parvenir à ressortir sous ledit soleil, une fois encore.
Seulement je m'interrogeais:
Y avait-il encore un moyen de remédier à la tristesse de gens en noir réunis ce jour-là pour un sombre évènement?
Y avait-il un hasard du destin à ce que je me retrouve ici plutôt qu'avec eux, dans ce cabinet de médecin poussiéreux qui, un an auparavant, m'avait apporté au prix d'une symbolique cicatrice, le bonheur et la paix de l'âme sur un plateau d'argent?
Tout se mélangeait décidément, et partait en confusion dans la douleur éparse d'une nuit blanche parée de cystite hémorragique.

Du mélodrame sur fond d'Harlequin, me direz-vous? Peut-être bien, oui.
Mais quand la réalité dépasse la fiction, c'est un régal d'écrire des choses tragi-comiques supposées impossibles. Surtout lorsque finalement, elles ne le sont pas.

.

Violoncelle_sous_la_pluie
(Robert Doisneau)

.
Il pleuvait de toute évidence bien trop fort ce jour là, dans le ciel ou dans mes yeux, qu'importe. Et je n'aurais pour rien au monde quitté l'appartement douillet qui me servait de refuge. Mais fallait-il que j'ignore tout de ce qui allait se tramer. Les déboires à venir. L'effet boule de neige, sorte de descente aux Enfers agrémentée d'une remontée.
Et cette fois, ce ne serait pas un faux-semblant mais la réalité, la vraie, que j'allais pouvoir explorer de fond en comble dans un élan d'inspiration.
Seulement inspirée, en cet instant, je ne l'étais pas franchement.
D'avantage terrassée par une pseudo-souffrance sentimentale, j'aurais sans doute filé à l'extérieur si ma santé me l'avait permis, et bu la tasse dans la fontaine Saint-Sulpice en étant défoncée. Et ç'aurait été incroyablement romantique et très beau, une vraie scène de film français, du Christophe Honoré peut-être, mais tellement pas moi... Juste le parfum amer de quelques souvenirs qui me laissent un pêle-mêle de vie en noir et blanc quand j'y repense, m'expédiant dans une nausée des plus fatales.

.

Pluie_Ronis
(Willy Ronis)

.
Cependant, légèrement perdue mais pas trop, je considérais la situation au moyen d'une chanson. Démarche un chouïa pathétique j'en conviens, quoique justifiée.

"Reste une mélancolie cachée sous mon manteau de pluie... qui traîne encore,
Je ne sens plus le vent dans mes voiles, dis-moi à quoi me sert mon étoile, si je perds le nord?
(...) Le rêve s'évanouit."
(Zazie)

Mouais. C'était plutôt moi qui m'évanouissais. Et de douleur, de surcroît.
Je perdais du sang et tous mes rêves à la fois. Jackpot.
Et avec toute cette eau autour de moi, j'allais passablement me noyer...
Des étoiles? Je ne voyais rien. Et le seul point positif résidait en ce seul et unique fait que j'aimais -et aime toujours- la pluie à en crever. Très charmante journée.
Mais était-ce vraiment cette douleur physique qui me faisait si peur? Je ne crois pas.
Elle se montrait insidieuse et troublante. Totale adéquation avec mon état.
La vérité toute nue et pas un leurre. On me met face à moi-même.
Décadent tête-à-tête que je rejette. Je somatise et puis tombe.

C’était triste. Beaucoup trop.
Honteux aussi, comme si j’étais à plaindre. Fichtre, je n'en reviens pas!
Et douloureux à souhait. A hurler.
Mais en fait, j’adorais ça.
Je suis maso. Je le sais. Et puis après?

Après il y aurait cette journée de repos shootée aux antibiotiques et Brice de Nice à la télé.
Après, il y aurait la fin de la pluie et le début de la fin ou d'un autre début ou bien?
Les grèves de Novembre, la santé qui défaille, virée illégalement de mon appartement, un procès, un nouveau cocon à dénicher, plus d'internet, l'incendie.
Plus de peur que de mal au fond mais surtout... Ma vie à refaire.
Un nouveau blog aussi, je crois bien que c'est celui-ci. Une chance, c'est certain.
Et si je souhaitais écrire de nouvelles chansons, j'étais à mille lieues d'imaginer combien alors, dans tout l'aspect salvateur de la chose, j'aurais de la matière.
Awesome.

.

Montmartre_sous_la_pluie__Ronis
(Willy Ronis)

.
C'est un fait. Avéré. Certifié.
J'aime le bruit de l’a pluie parce que l'entendre tomber me fait rêver.
Elle est le désespoir qui fait venir la suite,
Cette sorte de dénouement bienvenu au moment où on ne l'attend plus.
C’est l'instant T du film, la musique qui retentit ou encore le fameux cri d'angoisse poussé au beau milieu d'un champ, tout juste prêt à nous soulager.
Pour une raison que j'ignore, elle surgit souvent à point nommé.
Ce jour-là, elle m'en a même empêché de pleurer parce qu’elle le faisait pour moi et que la poésie du moment a pleinement comblé mon désir lacrymal.

Et si les jolis papillons, ceux-ci même que j'avais dans le ventre, s'en étaient en ces temps tourmentés retournés, tels qu'ils étaient venus, à l'état de chenille, c'était pour mieux s'évaporer un jour dans le vent et le temps mais ça, je ne le saurais que bien après…
Un jour certainement.
Parce qu'il ne pleut pas du malheur, je le sais bien, mais plutôt du futur.
Et les mauvaises passes sont des expériences nécessaires pour comprendre que les petites parcelles de bonheur existent parfois et qu'il faut s'y précipiter avant qu'elles ne trépassent.

.

Louis_Stettner
(Louis Stettner)

.
Vous me pensez folle et dépitée? Eh bien non, point du tout. Je proteste vivement.
Rien de désespérant ici, bien au contraire. Tout juste la vie.
"Je vais bien, ne t'en fais pas" n'est pas que le titre d'un film. C'est aussi réel.
Il est des moments hallucinants et de mauvaises journées. Des souvenirs ardents qui laissent des traces. Et des coups de fous qui par temps orageux vous font tourner de l’oeil. Il paraîtrait même que c’est comme ça, que rien n'est calculé, et qu'il existe ce mot : la fatalité.
La pluie s'accorde à des sentiments, des envies, des tracas.
On l'aime, on la hait, on la maudit, on l'ignore.
Moi, elle me fascine simplement.
Envie de savoir ce que ce monde peut bien me réserver de bon ou de mauvais, de complètement déjanté surtout, et l’écouter tomber sur les vitres d'un nouvel appartement, d'une nouvelle vie et d'une nouvelle facette de mon "moi", encore et encore.

.

Pont_de_Bir_Hakeim

.
Oui, j'aime les réminiscences qui surgissent à des dates clés…
La mélancolie, le temps passé,
Déraper sur ma guitare par temps d'orage invertébré,
Faire crisser la plume sur du papier,
Ne rien tenter parce que le plafond risquerait de tomber,
Assister à un concert quand plus rien ne me retient si ce n'est une nostalgie avérée.
Et puis il y a l’eau qui, à défaut de tomber du ciel parfois, coule toujours sous les ponts de Paris, même sous celui de Bir Hakeim…
J’ai fait un bout de chemin depuis.
Ai-je pris le bon côté ?
Objectivement, je n'ai pas encore déraillé.
Pas tout à fait ;)

-Livy-
Méditation involontaire
Abus d'euphorie
Sunshine n' happiness

BONUS
--> Mika - Rain (Version acoustique, Parc des Princes 2008) <--
--> Mika - Rain (Version album) <--

La pluie ou la magie...
What else?

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


31 août 2009

Comme un pêle-mêle de nouvelles

Ces derniers jours, ma vie, dont la tournure est un roman de gare au parfum de scandale, prend des libertés d'ailleurs au gré de mes sorties, tandis que le temps comme le sommeil viennent sérieusement à manquer et filent à une vitesse que je n'oserais imaginer.
Ils s'évaporent dans une totale fluidité et me laissent à peine le temps de m'évader...
Ainsi, moi qui aurais tant besoin de quelques fugaces pensées, d'envies d'authenticité et du refuge tant désiré dans ce monde imaginaire édulcoré, me retrouve plutôt à me remémorer que mon corps, quant à lui, est tout de même sacrément fatigué.
C'est sans doute la raison d'ailleurs pour laquelle j'ai décidé, avec cette pseudo-sagesse qui me caractérise si rarement, de m'accorder quelques jours de répit, sans bloguer, sans billets préparés, sans rien du tout, l'esprit certes un peu vidé mais l'oeil tout de même acéré...
Tout juste me laisser aller à un soupçon de passivité et plus encore à la curiosité d'aller jeter un léger coup d'oeil à vos blogs à vous, bien vivants, histoire de vous passer un joyeux coucou ou vous taquiner un instant ^^

N'allez cependant pas croire que je suis au repos forcé ou que c'est un nouveau caprice infondé. La vérité serait plutôt que j'ai un milliard de choses à vous raconter mais que ce sacré milliard tombe évidemment en même temps que la rentrée et puisque ma foi, je ne sais pas encore par où commencer (ni quand d'ailleurs, telle une abominable fille fatiguée), je prends le temps de classer rêves, étoiles et idées et revoir enfin dans la glace mes yeux NON cernés, avant de me lancer dans des écrits passionnés.

.

Au programme alors...

Blog_Day_2009

Je ne ferai pas le Blog Day cette année.
Et même si c'est aujourd'hui, pas d'accord, pas envie!
Je lui préfère ardemment la douceur et le cocon douillet que me procure mon lit.
D'ailleurs il doit bien être 8h là et en toute logique, je crois que j'y suis ^^

.

Musical_Yellow_Rose

Une petite pensée pour quelqu'un qui nous a quitté il y a quatre ans déjà,
Un grand-père atypique, aussi timide qu'attendrissant
Et qui m'a beaucoup appris...
Les fleurs, les arbres, la nature et ses secrets délicats,
Me faisant partager ses lectures d'un oeil complice,
Lui qui savait faire parler le silence et le ponctuer d'éclats de rire.
Il dissimulait sa bonté sous un manteau de mystère
Et faisait rayonner dans ses yeux des phrases qu'il ne disait pas
Puisque protégé par une bulle poétique,
Il pensait beaucoup mais parlait peu.
Il avait l'intelligence du coeur, la joie de vivre,
Et sous une apparence des plus frêles,
Nous a montré dans sa maladie une force insoupçonnée
A l'image d'une belle leçon de vie...
... La vie chantant et dansant sur les "flon flon" de ses mélodies à lui.
On pourrait alors appeler cela " le ciel" ou "le paradis"
Mais je ne crois pas voir les choses ainsi
Et préfère me souvenir avec bonheur combien c'était un plaisir de chaque instant
Lorsque simplement, il était ici.

.

Rock_en_Seine_2

Je reviens tout juste de trois jours non-stop passés au festival "Rock en Seine", ensablée jusqu'au bout des converses, encerclée de chevelus métalleux, de bourrés audacieux et de bières qui se renversent, pogotant allègrement en pleine fosse, et des hématomes schtroumpfant de surcroît mon corps de part et d'autre, tant et si bien que demeurer immobile me semble un habile procédé pour rester en vie...
Mais naturellement, ce ne sera pas cet aspect des choses que je m'en irai vous conter ces prochaines journées car un peu de sérieux ne saurait me faire de mal, diantre ^^
Je me réserve ainsi la primeur de quelques billets scrupuleusement détaillés à l'image de la folie rock & roll qui s'est emparée cette année encore du parc de Saint-Cloud, des groupes à ne pas manquer et avec pour scoop number one, vous n'avez pu y couper, la dissolution en direct live du groupe Oasis...
Histoire à suivre, donc.

.

Coldplay_2

Et pour continuer sur une lancée musicale, je suis bien loin de me reposer sur mes lauriers.
Même que j'ai un petit concert de Coldplay en réserve là, qui ne saurait franchement tarder et qui déjà me fait du pied!

.

HCB_Hy_res

Mais ce n'est pas tout... Un mois entier que je dois vous toucher mot de l'exposition HCB au MAM de Paris (je suis fatiguée vous dis-je, vous ne voulez pas que j'écrive les mots en entier non plus?) et je le ferai assurément. La bonne question, c'est quand?

.

Ast_rix

En septembre, je me transforme également en organisatrice de week end. Si, si, moi!
Et un matelas gonflable par-ci, et un sac de couchage par-là, et combien de réservations pour le parc Astérix? Et pourvu qu'il fasse beau, et bla bla bla...
Connaissant par avance mon sens de l'organisation aiguë, le défi est plutôt drôle à relever mais je vois d'ici la tête décrépie de mes pauvres invités. Si encore ils le savaient ;)
Ainsi, et même en mode multitâches, ce sera donc partie remise une fois de plus pour bloguer parce que merci bien le 56K en toute liberté.
Eh oui, vous le savez dorénavant, je dois m'or-ga-ni-ser!
Je vous passe cependant par avance les sorties et escapades qui se feront... ou pas.
Car je crois bien qu'on est dans de l'hypothétique bien bien avancé là.

.

Marini_re_en_jerseyTunique_et_fleur_en_satin

Je pourrais sans doute tout autant éviter le lourd sujet du shopping aussi, seulement l'horrible vérité est que je n'arrête pas de craquer.
Et craquer, ma tringle de dressing n'en est pour le coup vraiment pas loin quant à elle.
Que faire alors? Envisagerais-je une fois encore de déménager?
Ah si j'étais Carrie Bradshaw, la vie serait tellement plus simple parfois...

.

Inglorious_Basterds_2

Sans oublier bien sur un petit retour incontournable sur le dernier Tarantino.
Traduction littérale: ça sent le billet cinéma à plein nez et qui s'impose de lui-même.
Oh moi, je m'en serais bien passée seulement voilà, la faute à qui si le sieur Quentin ne cesse de nous balancer des chefs-d'oeuvre en pleine figure à chaque fois qu'il sort un nouveau film?
Je campe donc sur mon adjectif propre à ses opus précédents... "Magistral".
Mais chut! Je ne peux vous en dire plus pour l'instant. Il faut bien qu'il me reste matière pour un article digne de ce nom, fichtre.

.

Et en vrac,
Des trouvailles gastronomiques, des séries télévisées dont j'aimerais vous toucher quelques mots, mes trips littéraires du moment...
... Ah et puis peut-être un peu travailler également ;)

.

Je m'en vais ainsi, flottante et comme grisée par une fatigue qui me berce tout autant qu'elle m'enchante, pourvu que le repos soit profitable et amplement mérité. Et si des billets blogesques ne sauraient tarder à pointer le bout de leur nez, ces quelques jours hors de tout sont à eux seuls une prise de recul et une nouvelle santé au goût de liberté...
Comme si la vie m'ordonnait de me calmer un peu, de souffler, de lâcher prise et laisser la barque m'emmener où bon lui semblerait...
Ce pourrait être si simple la vie finalement, si l'on s'en donnait le temps.
Et j'envisage fortement de profiter de ma trêve pour songer, un sourire au coin des lèvres, à tout ce qui serait susceptible de me rendre épanouie et heureuse.

Heureuse à en avoir des étoiles dans les yeux et quelques chrysalides au creux du ventre ;)
En gardant fort l'espoir que le passé, sous une autre forme, se renouvellera.
Et doucement laisser de nouveau la musique et l'écriture me gagner parce que je le sais désormais, je ne peux m'en passer.

"Minute-émotion"
C'en serait presque du psycho-mélodrame habité par ma transe subliminale d'âme épuisée ^^
Je vous dis à très vite alors, loin de l'égarement, mais pour de nouveaux billets assurément!

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 août 2009

You may say I'm a dreamer...

Violoncelle_dans_le_m_tro___1957

Les trajets en métro se ressemblent tout autant qu'ils sont différents,
Et c'est bien là leur paradoxe.
Ils brassent une foule compacte qui s'ignore et se dévisage anxieusement, perdue dans les méandres de vies multiples qu'on aimerait bien deviner certes, mais dont on ne saura jamais rien. Les heures défilent, on se marche sur les pieds et on s'engouffre machinalement dans des tunnels qu'on ne voit même plus. Parfois, une affiche ou le comportement étrange d'un voyageur provoque une réaction. Brève. Et puis plus rien. Nul espoir dans la rudesse de couloirs qui de par leur odeur même pourraient bien être le pire des repoussoirs. Les passagers se croisent ainsi, impersonnels et fugaces, dans les rames comme sur les quais, emmitouflés dans leurs écouteurs, cachés derrière leurs romans et  leurs journaux froissés et je ris de les voir taper frénétiquement le sms de leur vie sur un téléphone dernier cri voué à être montré en public.

.

C'est qu'il y a dans le métro cette énigmatique attirance qui à mes yeux dévoile bien trop de neutralité pour l'être réellement. Et en ce lieu, le singulier rapport aux autres, doté vraisemblablement de toute indifférence se révèle en fait comme fortement pourvu d'un certain jugement, de pensées abstraites ou inavouables et d'impressions cachées. Tout n'est qu'étude et test, vagues poses, divagations incertaines et moments capturés sur le vif.
Du leurre à la vérité, il n'y a parfois qu'un pas.
C'est ainsi qu'à mesure que les heures défilent, à cet instant précis où la nuit rivalise avec les lignes souterraines abyssales, les attachés-cases cravatés et les touristes fatigués revêtent peu à peu leurs tenues de soirées, là où, bien au-dessus du sol, l'alcool coulera à flot jusqu'à l'aurore. C'est à cette heure, petit instant du "tout est possible", que l'ambiguïté même des regards qui se croisent et des peaux qui se frôlent mêle l'envie au dégoût dans le tunnel noir de nos périples urbains.

.

Moi je ne fais rien mais j'observe.
La foule m'indispose autant qu'elle me fascine et c'est sans doute un mal pour un bien.
Les affiches culturelles placardées à la va-vite sur du carrelage froid et la diversité des stations m'expédient ailleurs tandis que la musique qui me berce et l'imaginaire en refuge me font apprécier à juste titre la valse des personnalités qui s'offre à moi comme l'avant-goût inattendu d'un spectacle convenu. Les mêmes vêtements, les mêmes types de gens, ceux qui s'arrêtent pile aux stations que je leur avais attribuées... Et puis, de temps à autres, de brefs instants photographiés de moues marquantes dont on aimerait toujours se rappeler mais qui sitôt dehors, déjà s'évaporent...

.

On pourrait peut-être penser alors qu'il n'y a rien de bon et que ces visages cernés et tirés sous les lumières des néons ne sont que le triste symbole d'un monde en gris qui robotisé de jour, prend un malin plaisir à s'étourdir la nuit. Mais je vois au-delà parce que dans la banalité ambiante, les surprises vont bon train parfois.

*

Un soir comme il y en a tant, milieu juillet, je me suis assise dans ce wagon de métro, ligne 6, avec pour seul et unique but une soirée dansante dans le monde parfois dissolu des nuits parisiennes. Les stations aériennes défilaient sur la ville-capitale, déjà presque endormie, à peine minuit. Tour à tour, je passais la Seine et les immeubles Haussmanniens sans trop m'y attarder, les pensées ailleurs, là où le passé et le futur se mélangent maladroitement.

.

Soudain, quelque part mais je ne sais plus bien où, Il est monté dans le même wagon que moi et s'est adossé nonchalamment contre la vitre du fond, une guitare à ses côtés, le bois usé. Une vingtaine d'années un peu passée, un châtain faussement candide et l'air élégamment blasé... Avec son jean troué, ses converses et son large tee-shirt aux couleurs vives, il dégageait le flegme grunge d'un Kurt Cobain en mode 21 ème siècle qui serait né un tantinet trop tard mais se serait brûlé les ailes bien trop tôt.
Il a réajusté ses cheveux et ceux-ci sont restés en vrac. C'était mieux de la sorte.
Puis il y eut un silence, très bref, rendant presque solennelle une seconde qui n'aurait pas du l'être, moment fatidique qu'il a choisi pour commencer à jouer.

.

D'une voix grave, légèrement éraillée mais sans fausses notes, il a entamé son répertoire en guitare acoustique pour, contrairement aux musiciens parigots, grands écorcheurs de Mon amant de Saint-Jean devant l'éternel, ne plus s'arrêter de jouer, jamais. Tout doucement d'abord, comme intimidé par un public pas forcément conquis, il gagnait de l'assurance au fil des minutes et son timbre puissant commençait à me faire trembler, vraiment.
Il dégageait cette aura naturelle que nul ne contrôlera jamais mais qui survient toujours lorsque l'on ne s'y attend ni ne le souhaite, et les stations qui défilaient sous mon nez n'étaient plus alors que de frêles arrêts sans importance et sans âme tandis qu'à l'intérieur du train lancé à vive allure, j'assistais à un concentré d'émotions immuables.
Éphémère instant de bonheur. Étrange et palpable.
Suffisamment indescriptible pour que je daigne tenter de l'écrire.

.

C'est qu'il n'était ni là pour l'argent ni pour le succès, mais pour la pureté simple d'un plaisir musical à partager et sa sensibilité à fleur de peau frémissante se lisait dans ses grands yeux clairs d'écorché vif, tant et si bien que ce sont tous les voyageurs en retrait qui sont sortis de leur torpeur, comme un seul homme.
Il semblait à présent impossible de descendre de ce wagon qui chantait et dansait à lui tout seul sur la vague de mes morceaux fétiches alors que sans pause et sans heurts, il enchaînait de subtiles reprises, "doucement rock n' roll", dévoilant une personnalité de feu et empreinte d'une imparable douceur, paradoxe léger que j'aime me remémorer.

.

Surfant d'abord sur un hommage acoustique à Michael Jackson, nul doute qu'il ait à cet instant précis du lire dans mes pensées pour entonner ensuite avec tant de ferveur les morceaux incontournables de Fool's Garden, Oasis et Radiohead avant de finir, sorte de triomphe inopiné, sur le mémorable Imagine de John Lennon et un medley de Nirvana, magistral.
Et comme il ne sortait toujours pas du métro, il laissait derrière lui l'émoi incontrôlé de passagers enivrés et imprégnés avant même que ne débutent leurs étourdissantes soirées.
Parce qu'il faut bien l'admettre, étourdissant, l'instant l'était d'avantage.

.

Le bruit des pièces enthousiastes donnait écho à la musique de l'artiste et crépitait dans sa petite coupole tandis qu'il ne sillonnait aucun couloir pour faire la manche mais au contraire continuait de jouer, prisonnier de l'étreinte de son instrument, là, au beau milieu du tunnel du bonheur où d'impersonnels visages commençaient à s'envoler, rayonnants.

.

Et  moi, comme transportée, avide de sa musique et de toutes ces choses qu'on ne prévoit pas, me suis décidée à laisser mon cynisme ironique au placard, juste l'espace d'un soir.
Alors, tandis que je fouillais de tout mon soûl dans mon porte-monnaie, l'air hagard et l'esprit embué de mes rêves d'absolu et d'utopie, je me suis simplement dit que ce mec était un dieu.

-Livy-
Illustration: Robert Doisneau

BONUS
--> Fool's Garden - Lemon Tree <--
--> Nirvana - Rape me <--

--> John Lennon - Imagine <--

Trois petites chansons et puis s'en vont,
Impromptues, souriantes et inégales,
Rêverie au doux parfum de scandale

A l'image d'un musicien inoubliable...

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 juin 2009

Ces derniers jours...

Soleil

Vous ne l'aviez peut-être pas remarqué parce qu'il sait fort bien le cacher -et mes billets scrupuleusement préparés encore mieux- mais bien aux dépens de son infortunée propriétaire (en d'autres termes, moi ^^), mon blog effectuaient ces quelques derniers jours une pause inédite, s'octroyant par la même occasion une poignée de jours fériés accumulés qu'on nommera "vacances".

*

Hum, vous avez dit vacances? Eh bien...
Mon blog a surtout bon dos parce que sa vilaine propriétaire le vaut bien ^^
La vérité, l'horrible, la vraie, est en réalité que le pauvre subissait des zones de turbulences bien palpables en terme de mises à jour à cause du séjour cannois ensoleillé, impromptu et un peu en avance sur l'été d'une Livy très affairée, mais qu'il est suffisamment malin pour vous l'avoir bien caché à coup de "Grâce à mon Iphone 3G magique, je réponds à tous les commentaires qui me seront envoyés"...
Une sorte de révolution geek des congés pour faire semblant d'être toujours à Paris auprès des amis, d'assister à la fête de la musique ou mieux encore, de travailler.

*

Oui mais à Paris, je ne l'étais point et pour tout vous dire, je n'en avais pas la moindre envie.
C'est qu'après moultes péripéties, aventures et autres incidents de parcours qui sont venus pollués mon fichu mois de juin, j'avais formellement décidé après un dilemme façon "Je pars? Je ne pars pas?" de m'exiler dans un endroit un peu éloigné mais également familier une fois les préparations de mes élèves au bac français achevées, et ainsi prendre le large pour une brève escapade, le temps de me ressourcer un brin en dehors de la ville-capitale.
Qu'on se rassure cependant, mon Paris Paris et tout ce qu'il comprend me plaît toujours autant. Mais peut-être avais-je juste ce besoin pressant de le quitter un peu et de faire le vide loin de lui et de ses récents soucis afin de m'y retrouver à nouveau, en pleine forme et dans un meilleur état d'esprit que lorsque j'en suis partie.
C'est ainsi que me revoilà sur la toile comme une fleur, tenant les rennes de mon blog-pantin-que-j'aime-bien, à l'exception près que je suis enfin bronzée, que les étoiles au-dessus des roches rouges de l'Estérel m'ont joliment dépaysées et que ma tête est emplie du bruit des vaguelettes de la Méditerranée, me laissant encore le coeur au soleil et du sable plein mes bagages, excellente récup' soit dit en passant pour mes prochains gommages!

*

On notera toutefois durant la semaine passée une absence de l'e-shopping tellement désiré (manque de wi-fi oblige et pas de soldes à cette date dans les Alpes Maritimes encore plus) et mon séjour un peu entaché par la tristesse provoquée par le décès de Michael Jackson dont le mythe, le charisme et les tubes à répétition, bien plus que les scandales auxquels il était souvent lié, me rappelaient tant mes jeunes années...

*

Ceci étant de nouveaux billets se préparent ardemment pour le mois de juillet.
Alors naturellement, qui dit blog ou Livy en grève (on est en France hein ^^) dit évidemment activité un tantinet réduite ces quelques prochains jours le temps de me remettre les idées au clair mais qu'à cela ne tienne, vous n'y verrez quasiment rien puisque je monte aux créneaux et vous concocte très vite un résumé de derrière les fagots qui arrivera pour... disons bientôt.
Quant au reste...
Du cinéma, de la gastronomie ou du n'importe quoi, il y en aura pour tous les goûts!

Je m'en remets à l'écriture au plus vite et par conséquent le blog faussement fatigué aussi,
Je demande juste quelques petites journées de répit pour moi comme pour lui!

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2009

Un jour j'irai en scooter avec toi...

 Vespa_rouge. Vespa_vacances


Les beaux jours reviennent, impertinents, et se rallongent de plus bel tandis que l'été se rapproche irrémédiablement.
Il flotte dans l'air un parfum de bonne humeur et de frivolité exquise, petits instants volés du printemps qui s'évapore, et je n'ai de cesse de vouloir exprimer ce sentiment au moyen de textes, de mélodies ou encore de fugaces photographies symbolisant quelques unes de mes vagues pensées. C'est un fait, l'abstrait m'appartient, l'abstrait me va bien. Pour le reste, il paraîtrait que je suis définitivement blasée mais qui sait?
Alors, dans la fraîcheur des matinées et la douceur de belles soirées, la nuit bien trop souvent aussi, je me plais à redécouvrir Paris au fil de balades désinvoltes que je désorganise volontiers, perdue dans une poignée de souvenirs.
Car j'ai beau connaître ma ville presque par coeur, je me perds et m'égare toujours dans l'imbroglio de la capitale. Ne cherchez pas, c'est simplement volontaire.
Serait-ce un recoin oublié? Un monument singulier? Je ne veux rien savoir et file droit vers l'Inconnu, pourvu que des idées me viennent à l'esprit et que je puisse les noter.
Et si ce n'était mes pieds fatigués qui me dictaient, impitoyables, la sage idée de rentrer, je crois bien que je resterais là, des heures durant, sur un quai de Seine ou bien un pont, dans une impasse aux vieilles pierres ou un marché aux fleurs peut-être même pas ouvert, juste à contempler... et puis rêver.
Mais hélas, arrive toujours ce brin de fatalité réaliste qui me ramène jusque chez moi. Sans joie. La vraie question que je me pose un peu, c'est pourquoi?

*

Il fut un temps, pas si lointain mais quand même, où mon Paris était libre et insouciant.
Il se savourait en deux-roues et la vitesse de ses rues parcourues lui donnait un goût acidulé et piquant, ce goût même qu'on attribuerait presque au bonheur.
L'adrénaline stimulait mon être et ce Paris là, à l'air libre et au rythme vif d'un moteur trop beau pour être honnête, me faisait ressentir comme une simulation d'évasion en pleine capitale, le côté "Vespa" en prime, comme dans un film ou une chanson.
C'était cliché mais c'était rêvé.
Un été tout entier constitué de balades bucoliques et charmantes, à -presque- jouer les touristes en plein Panâme...

*

Un zeste de palais de Tokyo au crépuscule et une petite pause près du Trocadéro avant de filer droit vers le quartier latin qui ne dort décidément jamais?
Un soupçon de Tour Eiffel qui parsème chacune de ses heures de petites lumières incandescentes, et puis le fameux pont de Bir-Hakeim...
Une pointe de vitesse aux Invalides, une évasion par les voies sur berge.
Une pincée de l'île Saint-Louis avant de me prendre au jeu à la Bastille.
Effleurer Montmartre et se perdre dans ses vignes.
Longer le canal Saint-Martin pour arriver à l'hôtel du Nord,
et m'imaginer réincarnée en Arletty.
Je n'étais sans doute qu'une passagère lambda et puis après? Dans ces moments-là, où l'éternité devient possible, je pouvais tout voir, tout observer et rire aux éclats le nez au vent.
Comme si plus rien de mauvais ne m'atteindrait. Jamais.

*

Dans les ombres au lointain, je distinguais des choses floues;
En fait, je ne distinguais rien du tout parce que mieux, je les ressentais.
C'était Paris ou bien le bout du monde mais ça devenait accessible en quelques petites secondes et les images défilaient comme des instants photographiés dont il ne reste peut-être qu'un flash instantané mais si puissant qu'on s'en souvient, des années après.
Tellement de choses demeurent en retrait si tant est qu'on ne les voit pas.
Mais comment les voir à la vitesse d'un escargot paresseux en vadrouille ou bien réfugiée sous un toit, dans la plus charmante des voitures?
Les fragiles moulures d'un bel immeuble, un loft illuminé et design à souhait, une ruelle pavée à peine éclairée, une maison boisée toute de tags artistiques parsemée, un chemin verdoyant pour accéder à la Petite Ceinture, un cul-de-sac au nom alambiqué,  une ancienne gare devenue restaurant ou un adorable château en plein Marais...
Ils étaient là, les oubliés de mes balades à pieds et se dessinaient sous mes yeux, improbables mais pourtant réels. J'avais juste oublié de lever le nez.
"Ils", c'était ces petits riens un peu sacrés, un peu mystérieux, que j'avais toujours souhaité voir mais n'avais jamais vu jusqu'à cet instant, par mégarde ou par omission.
Il m'avait sans doute manqué du temps, de la faculté de déplacement, de la motivation.
Ou peut-être simplement l'envie de partager ce moment.

*

Ainsi, des mois durant, des années maintenant devrais-je dire, j'ai nourri l'éventualité d'avoir un deux-roues, mais rien qu'à moi cette fois. Juste pour revivre ces balades estivales ou qu'importe les intempéries après tout, j'aime bien l'idée de balades sous la pluie aussi. Ressentir une extase ou la féerie de la découverte toujours renouvelée. Me poser un peu et puis redémarrer. Je suis tellement friande de sensations diverses et plus encore de liberté...
Alors ça n'aurait pas été pareil, je le sais bien. Rien n'est jamais pareil. Mais du moins, ça aurait pu exister, m'inspirer, et rien que cette perspective était plutôt bien.
Seulement la suite de l'histoire, lecteurs assidus, vous la connaissez déjà. A la place d'un "scooter", ma petite vie, non contente d'avoir déjà subi quelques légers changements en cette période trouble de la fin 2007 s'en ai vu attribuer de nouveaux encore et (non, trois fois non, je n'évoquerai pas ma longue panne d'internet hivernale cette fois-ci, c'est promis) j'ai du trouver en toute hâte un nouvel appartement. C'est une sorte de choix après tout, on pourrait présenter les choses de la sorte (je n'aime pas franchement le mot "obligation") et puis pas si mal à bien y penser puisque force est d'admettre que je raffole de ma nouvelle bulle d'étoile.
Mais le fait est que je n'ai pas pu avoir mon deux-roues tant souhaité.
Ni récupérer quelques sensations de vie intensifiées afin de renaître vraiment.

*

J'aurais bien tenté le Solex un temps d'autant plus que j'en avais un sous la main (et d'époque de surcroît), mais il n'y pas de rangements dedans et je reste une fille au demeurant...
Ainsi, le rêve qui ne devient pas réalité se fait toujours désirer, peut-être plus encore à l'approche de l'été, et puisque le temps tourne irrémédiablement, je me ferais bien un caprice de fille de vingt-six ans... Ah si seulement :)
Une couleur bleue nuit, une selle beige, le tout saupoudré d'un parfum d'Italie...
Des envies qui me trottent dans la tête et que pour rien au monde je n'oublierais.
Peut-être un jour, ne sait-on jamais.
Quand on désire vraiment quelque chose,
finit-on par l'obtenir à force de passion ou bien de déraison?

Il me faudrait juste faire une pause, le temps de savourer mes grands projet de liberté.
Me mettre à penser à tous ces petits riens qui feraient de ma vie un conte de fée.
Paris et quelques autres "objets", c'en serait presque le songe d'une nuit d'été.

-Livy-

BONUS
--> Thème de La Leçon de Piano - Michael Nyman <--
Sur fond d'évasion nostalgique
Parée d'une sensualité aussi passionnée que magique...

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2009

One year ago...

Futur

.

"Le temps nous égare, le temps nous étreint.
Le temps nous est gare, le temps nous est train. "

Jacques Prévert

.

"Le temps mûrit toute chose:
par le temps, toutes choses viennent en évidence; le temps est père de la vérité."

François Rabelais

.

"Le temps découvre les secrets;
Le temps fait naître les occasions;
Le temps confirme les bons conseils."

Jacques-Bénigne Bossuet

.

Le temps, encore lui.
Il passe, il trépigne, il court. Vite certes mais pourtant.
Mon emménagement ici, c'était hier je vous assure et hier, c'était il y a un an.
Souvenirs encartonnés, petits morceaux de vie éparpillés, bribes de mon "moi" enfin triées.
Il régnait dans l'air un nouveau départ pour un avenir en point d'interrogation ce 11 avril là... Un parfum aventureux aux fausses allures d'un "tout est possible", un idéal à atteindre obstinément, des envies de renouveau, de reconstruire.
Et surtout, de l'espoir comme s'il en pleuvait.

~

Du 11 avril 2008, je me souviens comme d'une nouvelle ère. Le déménagement de la chance. La petite journée magique qui a tout transformé sur son passage. Tant redoutée mais si efficace. Celle qui m'a permis de couper le cordon avec une période trop oppressante pour être réelle et de renouer enfin avec mes rêves, me réconciliant du même coup avec tout ce en quoi je ne croyais plus, ou du moins ne voulais plus croire.
Les semaines qui ont suivies ont été belles, légères et futiles dans une agréable insouciance que je souhaiterais plus présente en moi la plupart du temps... Petits instants de bonheurs pris sur le vif à tout jamais, des sourires photographiés et des lueurs à l'horizon.
Un peu cliché, vous pensez? Assurément, mais tellement vrai.
Je peux le dire, je crois bien que j'ai vraiment été heureuse à ce moment-là, sans doute parce que je n'y croyais pas. La vie est ainsi faite. On s'attend au pire quand vient le meilleur et le reste du temps, on vit le pire. Ou bien on ne vit rien. C'est toujours comme ça.

~

Aujourd'hui donc, je célèbre cette petite année dans ma nouvelle demeure, passablement modernisée depuis, et j'en porterai presque un toast si seulement j'avais quelque chose à dire. Tout passe tellement vite... J'en reste bouche bée.
Certes, les évènements ne se sont pas vraiment déroulés comme prévus je dois bien l'admettre, et mon pseudo "bon karma" s'en est souvent allé voir ailleurs si j'y étais. Il est à mon image, cyclothymique le fourbe, et m'abandonne parfois, bien à mes dépends. Ainsi, de vieux rêves inavoués ou inavouables n'ont pas vu le jour comme je l'espérais, les projets en perspective se sont un tantinet prolongés pour ne pas éclore dans l'immédiat et l'époque du monde édulcoré s'est vue disparaître de temps à autre pour laisser place alors à un gros nuage gris qui planait sur la bulle d'étoile 2.0, toute pimpante, toute jolie. Tant mieux ma foi! Sans mon cynisme, mes moments de spleen et mes tracas, je ne serais plus vraiment moi.
Et à défaut de rêves ou de projets, l'inattendu s'est aussi dévoilé, nouveau et incongru, dans l'euphorie de mes pensées comme dans la réalité. Un bienfait?

~

Mille fois donc, j'ai pleuré et j'ai ri. Pleuré et ri à l'infini. Avancé ou reculé dans la valse continue des jours qui se suivent mais ne se ressemblent qu'à moitié. Je me suis emportée, enflammée, énervée, enchantée.
C'est un fait. Le calme me sied mal et la passion finit toujours par me gagner.
Etourdissement perpétuel, agitation, musique, festivités, gourmandises, émotions, art, colère, écriture, amour, haine, tourments. Des mots pour définir mon quotidien tout simplement. Il n'aurait pu changer de sitôt, et ici ou ailleurs, mon naturel m'a toujours rattrapé au galop. Mais mon naturel, serait-ce le rêve ou le chaos?
L'idée est que de nouveaux souvenirs en instants aussi irréels qu'avérés, j'ai recrée un monde, le mien, savante mixture de nouveau et d'ancien en tâchant de garder le meilleur et d'oublier ce qu'il faut oublier, c'est-à-dire beaucoup. Mon imaginaire s'est refait une jeunesse ici-même tandis que mon attachement aux choses, aux objets et aux évènements qui avaient peuplé cet autre lieu à la symbolique si forte s'est peu à peu laisser distancer par la vie sans pour autant disparaître. Et de tout cet ensemble alors je n'oublie rien, ça non. J'avance simplement, du moins j'essaie, et si je jette parfois un coup d'oeil en arrière, c'est parce que, l'espièglerie me guettant, j'ai toujours aimé un peu tricher ^^

.

Aujourd'hui ainsi, je fête les uns ans de mon appartement c'est vrai oui, mais pas seulement. En effet, quand des souvenirs trop omniprésents s'estompent dans la progression du temps et qu'ils laissent place à une prise de recul, tardive, inattendue et inopinée, la réalité sait parfois user de ses ressources afin de nous offrir un brin de piquant et de nouveauté.
Ce brin même qui me donne aujourd'hui l'occasion d'avoir une multitude d'évènements à fêter.
Enfin chut, c'est un secret!

Certains d'entre vous diront que la vie est un jeu et je ne peux l'assurer car je ne suis pas joueuse. Mais je joue quand même, des fois qu'un jour je gagnerais, et pour de bon...

-Livy-

BONUS
--> Yann Tiersen - Comptine d'un autre été <--
En hommage à mes étés mélancoliques,
Ces instants de vie fugaces,
Blessants ou grisants,
Et à tous ceux à venir...

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 janvier 2009

"Lorsque le temps qui passe devient le temps qui reste"

I_don_t_wanna_grow_up

.Ca y est!
Le jour très banal est enfin arrivé,
C'est aujourd'hui et qu'on se le tienne pour dit,
Ca va être ma fête...

.

Il paraîtrait que je suis vieille cette fois,
Que j'ai rejoint la planète de mes ennemis les adultes et pour de bon!
Que je devrais me comporter avec raison,
Comme une vraie grande personne responsable,
Modérer mes propos, éviter excès et dérapages,
Prendre ma vie au sérieux,
Avoir des actes et des paroles sensés,
Et même un mode de vie équilibré...

Foutaises!
Si vous attendez ça de moi, c'est peine perdue,
Vous feriez mieux encore de me ligoter ^^
[pour plaisanter, hein]

~

C'est peut-être l'anniversaire de ma naissance aujourd'hui
Et je l'assume pleinement
[ou pas]
Mais ce n'est pas vraiment une fête à proprement parler,
C'est juste un truc que je ne cautionne pas
Alors je me recueille comme je peux...
... Avec de la crème anti-âge, Super Mario sur ma DS et un maxi pot de Ben & Jerry.
On appellerait presque ça une déprime girly.

Pourtant non.
Je ne suis pas vieille, j'ai gardé une âme d'enfant et des effluves de rébellion.
Moi je veux toujours qu'on me dessine des moutons,
Et voir des éléphants dans des serpents boas plutôt que de vulgaires chapeaux melons...
Je veux des marshmallows à foison, des ballons en hélium, des étoiles plein les yeux.
Des rêves, encore.
Et croire que tout est possible pourvu que ce ne le soit pas.

~

Vingt ans et puis après?
Après, je me suis arrêtée au quart de siècle
Quand j'étais un peu âgée certes, mais pas encore de trop.
Et mes vingt-six ans qui me tombent dessus à bras raccourcis ne sont que l'illusion d'un éventuel âge adulte,
D'une probable vie rangée,
D'un golden retriever dans une maison de campagne
Mais assurément pas la vérité!
Non mais vous m'avez bien regardé?

Tout comme cette myopie plus que naissante que je tâche d'ignorer
Ou ces rides d'expression perfides qui essaient vainement de m'atteindre.
Vainement...
Je ne les vois pas,
Je les regarde pas,
D'ailleurs elles ne sont même pas là.

~

Alors quoi...
Serais-je une wonderwoman qui ne vieillit pas?
Une catherinette sans chapeau?
Une fille se prenant pour une éternelle ado?
Ou peut-être un peu des trois.

Ironiquement,
Je suis toujours aussi jeune qu'il y a cinq ans et même que pour de faux j'y crois.
La technique de l'autruche me sied à merveille,
Je le concède, ignore le tout et continue.
C'est que l'éventualité de mon jeune âge m'aide à avancer.
Bidon, psychologique et rassurant à la fois,
Ca c'est tout moi.
Et si je suis malgré tout stressée par le poids des années,
Il ne faut en aucun cas le dire puisque "chut! c'est un secret."
Je ne veux pas l'avouer, je l'avoue pas,
Rien à dire, je n'en démordrai pas.

~

Alors, je ris au nez des crampes et rhumatismes,
Je salue au passage vergetures, cellulite et toutes ces vieilles copines que je ne connaîtrai point, ah si seulement.
Je pense à regret à la canne et au dentier,
Ceux-ci même qui se pâment au-dessus de moi tels une épée de Damoclès,
Et je tâche de ne pas me faire de cheveux blancs,
Après tout, je ne suis encore qu'une enfant!

Je me ferai dés à présent une règle d'or de ne pas payer plein tarif dans les musées,
Ne pas abandonner mon livret jeune,
Ne pas faire de ma carte 12-25 une piètre relique...

~

Je suis juste jeune et idéaliste et immature,
Et mes 26 années d'existence le prouvent encore plus,
Je ne sais pas grandir, je ne pense pas vieillir
Je l'assumerais presque devant une vodka caramel,
Dans un bar, à rayonner comme le jour de ma majorité
Et savourer un peu quand même ma 26ème année
Surtout que, l'aviez-vous oublié, j'ai toujours vingt cinq ans,
Et ces derniers au fil des ans,
Sont voués à stagner encore bien longtemps ^^

-Livy-

26 ans et...
Des rêves à réaliser
Des mirages à authentifier
De l'espoir à étoffer
Des énigmes à élucider
Des souffrances à digérer
Des projets à boucler
Des soucis à régler
Des pays à explorer
Des moments à partager
De la mélancolie à survoler
Des jolies choses à trouver
Des instants artistiques à profiter
Le bonheur à capturer...

Posté par livy_etoile à 09:20 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 janvier 2009

Bonne année 2009 ... ou pas ^^

Bonne_ann_e

Oh mais tiens!
Faudrait-il que le réveillon ait été palpitant,
Je crois bien que je viens de faire passer le message malgré moi,
Le message inquiétant,
Le message obligé,
Au moyen d'un simple petit dessin.
Un message fort étonnant au demeurant pour un 1er janvier,
Même qu'il y avait l'intitulé "bonne année" qui se perdait au dedans...


Alors tout est dit,
Que pourrais-je ajouter?

* * *

Des bonnes résolutions, vous croyez?
Mais j'ai l'esprit de contradiction et je ne les tiens guère,
Je n'aime pas les tenir.
Je n'en fais qu'à ma tête et si je les prends, c'est pour mieux m'en abstenir...

Moins de shopping?
Stop à la procrastination?
Sois belle, sois brillante, sois heureuse, et tais-toi?

Passionnant mais je crois bien que je vais plutôt tâcher de vivre cette fois,
Et puis après tout, qui vivra verra...

-Livy-

~ BONNE ANNEE 2009 ~
(et que la force soit avec vous)


Illustration
: "Le chat" de Gelluck
Citation: "Star Wars" ^^

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 décembre 2008

Et si j'aimais Noël?

Parisien

.

~ Et si j'aimais Noël ~

.

- Je ne mangerais pas tous les chocolats du calendrier de l'Avent fin novembre quand il vient tout juste d'être acheté.
- Je ne ferais pas mes achats online sous prétexte que les magasins bondés de monde en décembre, wouah ça craint!
- Je ne trouverais pas, dans ces mêmes boutiques online, des cadeaux super-méga-biens pour moi parce que ce n'est pas trop le but, a priori...
- Je n'attendrais pas le 24 au soir (ou presque) pour cogiter, toute paniquée, sur les derniers présents à offrir et finalement ne pas les acheter.
- Je trouverais que les boules, les guirlandes, les p'tites étoiles pailletées et autres angelots joufflus ont un joli charme de fin d'année, pas kitsch du tout.
- Je ne remplacerais pas tous les personnages dans la crèche par une tripotée de moutons pour rendre hommage au Petit Prince même si c'est conforme à mes idées de rêveries.
- Je n'aurais pas envie de décrocher les éclairages dans les rues parce qu'ils m'éblouissent le soir, quand je rentre chez moi et que s'ils clignotent de trop, ça peut vous tuer un épileptique ces machins-là!
- Je croirais les gens sincèrement contents plutôt que rongés par une hypocrisie trop mal cachée (Nooon, si peu).
- Je ne ferais pas croire tous les ans qu'on a oublié la dinde ou pire, que c'est moi la dinde parce qu'avouons-le, c'est une blague nulle ^^
- Je ne passerais pas tout mon temps à décorer volontairement tout ce qui se trouve sur mon passage, pour peu que ça ne s'apparente pas de près ou de loin à un sapin.
- Je ne serais pas là, postée à ma fenêtre à pester contre la neige ou le verglas même si j'aurais préféré de la pluie, un orage esthétique ou un typhon tropical, dans un état d'esprit de totale contradiction à l'égard de ce grand moment qu'est "nowel".
- Je ne rachèterais pas un second calendrier de l'Avent pour le manger tout aussi avidement que le premier sous l'emprise d'un péché de gourmandise incontrôlable.
- J'essaierais de trouver une tenue vestimentaire appropriée à l'occasion, convenable et délicieusement de saison plutôt que d'enfiler à la va-vite la première robe de pouffe pour boîtes de nuit périmées que je n'oserais jamais porter en temps normal sous peur de paraître euh... ***, un truc comme ça!
- Je ne serais pas une fille indigne qui fait seulement acte de présence le soir de Noël puis s'en retourne à sa vie parigote le plus vite possible parce que le silence des bois sombres la fait méchamment stresser.
- Je ne critiquerais pas tout le temps le froid qu'il fait à Chantilly, même qu'à Paris il ne gèle pas d'abord ^^
- Je me réjouirais de voir un sapin décoré et clignotant à la maison plutôt que de l'imaginer mort, repensant avec bonheur au futur travail des sacs à sapin qui eux, je dois bien l'avouer, me passionnent depuis toujours...
- Je ne relirais pas quelques jours avant Les trois messes basses - Conte de Noël d'Alphonse Daudet, la mine réjouie, l'appétit aussi.
- Je ne me dirais pas que le principal intérêt et atout du 24 au soir réside dans la bûche caramélisée aux trois chocolats et à son Château-Dumont qui l'accompagne mais pourtant cette réflexion m'obnubile et c'est mal.
- Je n'attraperais pas des courbatures à force de trop sourire quand on me parle; c'est fatiguant.
- Je n'aurais pas l'envie d'aller me perdre dans un château en Ecosse, ce qui doit être sacrément plus rigolo, et de passer la Noël avec les fantômes dudit lieu et Harry Potter.
- Je n'envisagerais pas le kidnapping du Père Noël et de ses rennes après l'avoir scrupuleusement guetté de cheminée en cheminée, juste pour trinquer avec lui jusqu'au bout de la nuit en mode "Saint Patrick", hips!
- Je n'aurais pas cette envie éperdue de mettre une fève dans la bûche pour que quelqu'un s'y méprenne et se casse une dent, pourvu que ce soit quelqu'un que je n'aime pas!
- Je n'engueulerais pas les boules quand elles tombent du sapin, ce n'est pas de leur faute.
- Je ne proposerais pas La salsa du démon ainsi que Born to be alive en guise de thème musical de la soirée à refourguer à la famille parce qu'à bien y penser, ça pourrait paraître légèrement déplacé, remis dans son contexte!
- Je ne passerais pas ma nuit du 24 au 25 à errer lamentablement dans la maison familiale à la recherche de papier-cadeaux et de scotch pour empaqueter je-ne-sais-trop-quoi, je-ne-sais-trop-comment. (si j'étais manuelle, ça se saurait!)
- J'aurais compris depuis longtemps que la technique de mettre ses deux chaussures au pied du sapin pour avoir plus de présents ne fonctionne pas (soupir).
- Je n'espèrerais pas avoir un pull tricoté main par Mrs Weasley parce qu'il faut bien que je m'y fasse, je suis une moldue malgré moi!
- Et surtout, surtout, j'éviterais de crier un enthousiaste "Youpi c'est fini" puis me raviser bien vite, l'air éteint, parce qu'on remet ça dans une semaine pour le réveillon du jour de l'an...

.

~ NOYEZ JOEL ~
Il le faut!

.

A chacun ses goûts,
A chacun ses envies,
A chacun ses coutumes,
A chacun ses folies.
Mon Noël m'appartient,
Libre à moi de l'arranger,
Et dans la tradition de mon esprit,
De le modifier à mon gré.
Je le veux de la sorte
Et je le vis comme ça,
Le faux et le vrai s'y mêlent
Ou peut-être pas
,
Mais si la fiction peut parfois dépasser un brin la réalité,
Sachez d'ores et déjà que j'ai fort bien festoyé!

-Livy-
(Un peu cynique mais pas trop)

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2008

Joyeux anniversaire, blog de moi!

Notes_de_musique

Après un an de folles et trépidantes aventures, de complications inopinées, d'incidents mélodramatiques, de tragédies cornéliennes, de désespoir désopilant, d'errances artistico-littéraires, d'étude sociologique et comportementale décidemment poussée, de troubles psychosomatiques parisiens, de phénomènes paranormaux, de rêves prémonitoires, de déceptions convenues, de maladies imaginaires, de sorties excessives et d'abus en tous genres, j'ai le plaisir de vous informer que, ô miracle, je suis toujours en vie, à peu près debout et bien décidée à poursuivre l'aventure bloggesque pour une durée certes indéterminée mais suffisamment lointaine pour que je ne m'y projette pas encore.

~

Alors voilà,

Je ne vous promets ni la régularité ni la cohérence de mes billets à venir,
Encore moins la présence d'une éventuelle logique ou la thématique des sujets abordés.

Je ne vous garantis pas non plus une absence totale de cynisme,
D'ironie, d'humour noir ou de troisième degré,
Je ne vous avais donc jamais averti qu'il y avait un sens caché dans chacun de mes billets?

Je ne vous emmène pas pour un voyage enchanté chez les Bisounours,
Une échappée dans la vallée des Moumines,
Une brève évasion au pays des Barbapapa,
[même si ce n'est pas faute de le souhaiter parfois]

Mais enhardie par une année d'écriture à partager quelques idées et enchantée par la notion même de faire un blog, je vous propose une fois encore une petite balade d'un exotisme certain, tantôt culturelle tantôt personnelle, parsemée d'imperfection, de questionnement existentiel, de rêves et de paradoxes dans la continuité de tout ce que j'ai déjà pu écrire jusqu'ici, en douze petits mois de vie...

~

Voici donc, tout droit sorti de nul part, un billet-éclair afin de célébrer le premier anniversaire de mon blog-à-rêver.

* Happy birthday pour lui *

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »