Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

08 octobre 2009

Quand je me fais du super 8 en vrac...

Nous y voilà!
Octobre pointe le bout de son nez et je reprends furieusement du poil de la bête, pleine de projets et de sorties, vagabondant plus agile que jamais à l'extérieur de chez moi.
Il s'imposait donc, lui: le billet cinéma.
Il est cependant bien vrai que ce n'est pas malade et clouée de force dans mon home sweet home que j'ai pu arpenter les salles obscures ces dernières semaines et je dois dire que, c'est une bien grande honte pour la cinéphile avertie que je suis, mais je rempile à peine avec (500) jours ensemble et Le petit Nicolas, ma rentrée cinéma toute en douceur dont je vous toucherai sans doute quelques mots très bientôt.
Ceci étant et bien au-delà de mon néant cinématographique, il m'est néanmoins venu à l'esprit que, emploi du temps de ministre oblige, j'avais omis quelques films visionnés au cours des mois passés et que j'aurais pourtant souhaité partager avec vous. Par ailleurs, si certains ne figuraient même plus au cinéma alors que je l'aurais ardemment désiré, j'ai tout de même eu l'occasion, tout au long de l'année, de redécouvrir mes "loupés" de 2008 via la magie des DVD.
Sans parler naturellement de mon vrai grand coup de coeur de l'été qu'il m'aurait été impossible de ne pas mentionner et qu'entre un mouchoir et deux quintes de toux, j'avais presque, honte à moi, complètement laissé de côté.
C'est la raison pour laquelle alors je vous livre un billet cinématographique des plus confus, empli de longs-métrages qui se mêlent sans se ressembler et oublient les genres, la chronologie, les réalisateurs et tout le reste pour se retrouver embourbés dans mon fichu dossier de films-dont-je-dois-vous-parler.
Une véritable conspiration, que je vous dis!
Mais aussi un réel soulagement que de prendre enfin le temps de me laisser aller à mes idées,
qu'elles soient enthousiastes ou bien déçues,
dans un grand élan de rêve, d'évasion, de passion et de choc,
vagues mots griffonnés à la sortie de séances ciné et qu'il me tardait d'immortaliser ici...

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Coup de coeur intégral

Inglorious_Basterds

Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Ca parle de quoi?
"Dans la France de 1940 occupée par les allemands, alors qu'une jeune juive assiste à l'exécution de toute sa famille, le lieutenant Américain Aldo Raine évolue en Europe et forme un groupe de soldats nommés "les bâtards". Leur but est de mener une action punitive particulièrement sanglante contre les nazis afin d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Ensemble et avec l'aide de quelques alliés, ils établissent un plan diabolique. Pendant ce temps, Shosanna Dreyfus, la jeune juive devenue exploitante d'un cinéma parisien sous une nouvelle identité, va tenter elle aussi de se venger par ses propres moyens. Des règlements de compte parallèles vont alors débuter."

Difficile de trouver un qualificatif autre que "magistral" ou peut-être bien encore "jubilatoire" pour définir Inglourious Basterds mais à vrai dire, j'ai toujours un peu ce sentiment, sitôt le dernier Tarantino sorti. Autant prévenir alors que ce tout nouvel opus ne m'a en aucun point déçu. Bien au contraire, il m'a emporté d'avantage que tous les autres peut-être (était-ce seulement possible?) tant par son scénario savamment étudié que par sa mise en scène délicieusement cruelle qui laisse derrière elle un humour totalement débridé.
Horreur, Histoire, guerre, comique, western, conspiration, policier... Le film mélange les genres de la façon la plus savoureuse qui soit pour devenir en quelque sorte un vrai résumé de l'oeuvre entière de Tarantino et rendre hommage au cinéma dans toute sa splendeur.
Accompagnée d'une bande-son en béton, l'intrigue se fait plus pertinente que jamais et s'emplit de dialogues mémorables et répliques cultes avec pour ce faire, en tête de liste, un Brad Pitt exceptionnel dans son rôle insoutenable de tueur de nazis, et qui scalpe à tout va pour notre plus grande horreur ou un plaisir absolu, c'est selon ^^
Les autres protagonistes suivent à merveille à commencer par Christopher Waltz qui crève littéralement l'écran en SS manipulateur et hypocrite, de par sa méchanceté pleine d'humour toute en raffinement, ou encore Mélanie Laurent, brillante de vérité dans son personnage froid et élégant de jeune juive vengeresse.
De cet ensemble alors, loufoque et hilarant, violent et inattendu, il ressort un chef-d'oeuvre, un vrai... A prendre au 10 ème degré si ce n'est plus, mais qui mêle d'incroyables performances d'acteurs à une sauvagerie sans limites cependant drôle à en pleurer, digne d'un très grand Tarantino dont on ne ressort décidément pas indemne.
Le grand Quentin réinvente ainsi une part de l'Histoire avec, ô paradoxe délicieux, une cohérence abracadabrante, et perfectionne sa finesse plus que jamais pour nous livrer un long-métrage à la valeur inestimable.
Une critique qui devrait somme toute se passer de mots tellement ils viennent à manquer...

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Moment de détente estival

Ice_Age_3

L'âge de glace 3 (le temps des Dinosaures) de Carlos Saldanha
Ca parle de quoi?
"Dans ce troisième opus, Sid, Manny, Diego, Scrat et les autres sont de retour pour partager une nouvelle aventure qui va les propulser bien malgré eux sur une terre des plus étranges, au temps des dinosaures. Nos animaux farfelus préférés vont alors devoir affronter le danger une fois encore, s'adapter à un univers inconnu et faire face à de nouvelles rencontres toutes plus saugrenues les unes que les autres afin de survivre aux pièges de ce nouveau monde."

Il est rare que je puisse dire d'une suite qu'elle est franchement réussie, si ce n'est plus que les films qui l'ont précédés, mais dans le genre, Ice Age 3 est un cas à part. Et si j'ai apprécié la saga dans son ensemble et que je la suis assidûment depuis le tout premier épisode, je dois avouer que ce dernier volet en date ne me fait rien regretter. Fidèle à l'esprit de base, Le temps des Dinosaures possède, à défaut d'une qualité d'animation très poussée, un comique de situation toujours aussi savoureux additionné de personnages irrésistibles qui, dans leurs folles péripéties, nous font complètement oublier une quelconque impression de "déjà vu".
On se retrouve alors plongé d'emblée au coeur d'une aventure qui, au fil du temps, ne fera qu'accroître les gags et les bévues pour notre plus grand plaisir, soulignant par ailleurs l'apparition de Buck, personnage haut en couleurs et en tempérament, qui rendra l'ensemble plus palpitant encore.
Pas de fausses notes au demeurant: la trame, empreinte de tendresse, sonne juste et demeure pertinente pour petits et grands tandis que les références en tous genres vont bon train.
Le scénario se maintient ainsi, bien construit, et nous dévoile pile ce qu'il faut d'émotion et d'humour pour nous combler.
En guise de bonus, les nouvelles aventures de Scrat l'écureuil sont toujours aussi désopilantes, d'autant plus qu'il est désormais amoureux...
Que dire d'autre alors si ce n'est qu'Ice Age 3 est un film d'animation totalement abouti et à consommer de toute urgence comme tout bon programme familial qui se respecte.

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Retour sur l'hiver 2009

The_curious_case_of_Benjamin_Button

The curious case of Benjamin Button de David Fincher
Ca parle de quoi?
"Les tribulations de vie de Benjamin Button de par ses rencontres, ses découvertes et ses émotions, et à travers son étrange histoire qui débute lorsqu'il naît à 80 ans et construit malgré lui sa vie à l'envers, sans pour autant pouvoir arrêter le temps."

Je reste avec ce film sur une impression un peu mitigée mais cependant correcte. On ne peut certes pas reprocher à Benjamin Button son manque de finesse ou son absence de romanesque car il en est truffé de façon aussi subtile qu'impromptue, au moyen de petits détails qui le rendent tout simplement beau. C'est ainsi qu'idéaliste et dramatique à la fois, Fincher joue ici sur toute la palette des émotions et réussit son coup, non seulement par le fil conducteur en lui-même mais aussi à grands renforts d'anecdotes et de digressions sympathiques.
Une belle performance alors pour le réalisateur de Seven?
Pas forcément car au-delà de cette première facette cependant, rien ne va plus. Il demeure un aspect un peu mièvre qui gâche l'ensemble de par son mélodrame et des clichés trop omniprésents pour gagner en sincérité pure. De ce fait, la sensibilité propre à l'oeuvre en pâtit et des longueurs se font alors sentir tandis que le long-métrage qui se révèle pourtant magique par instants, reste la plupart du temps en retrait, comme dans un état de neutralité le plus total. Dommage...
On notera toutefois l'efficacité des effets spéciaux fort bien réussis concernant le vieillissement de Brad Pitt même si j'ose avouer que le traitement du côté fantastique de cette fable m'a quelque peu dérangé lors de ma toute première approche du film.
Destiné à amadouer un large public, il semblerait donc que David Fincher se soit cantonné cette fois à du conventionnel, tout en partant sur une idée de base aussi riche qu'intéressante et tourmentée qu'il a su exploiter à sa façon.
e cumul de tous ces ingrédients donne alors un rendu inégal, mi-figue mi-raisin, pour un film qui mérite bien un coup d'oeil sans pour autant un tonnerre d'applaudissement.

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Session de rattrapage 2008 (suite)

The_Duchess

The Duchess de Saul Dibb
Ca parle de quoi?
L'histoire (un peu romancée) de Georgiana, ancêtre de Lady Diana, mariée très jeune au duc de Devonshire et qui, malgré de grandes difficultés rencontrées au sein de son couple, devint l'une des femmes les plus adulées de son temps de par son charisme inné, sa grande beauté et son intelligence. Mondaine, enviée de tous et partagée entre son amour pour la mode et le jeu et son implication dans la politique, Georgiana n'en fut pas moins insatisfaite et tenta de cacher durant toute son existence les souffrances d'une vie personnelle bien peu enviable."

Je ne saurais dissimuler plus longtemps mon coup de coeur évident pour ce film en costumes d'époque qui parvient, tout en gardant une approche plutôt linéaire dans le style d'un récit historique, à se démarquer franchement de par son propos et sa mise en forme très intimiste.
The Duchess
ravit en effet tout autant par sa finesse d'adaptation que par sa pertinente sensibilité et dévoile ainsi une personnalité forte, celle de son héroïne Georgiana, portée par l'interprétation savoureuse de Keira Knightley. On y découvre alors l'existence d'une femme emplie de frustration et de doutes, dans l'étourdissement d'une vie oisive et mondaine mais non moins riche de sens comme de conséquences. Cette thématique s'élargit d'ailleurs progressivement et oscille entre la condition féminine, les mondanités, le milieu de la mode et les idéaux politiques de l'époque, permettant alors de dégager une réflexion beaucoup plus importante et complexe qu'elle n'y paraîtrait de prime abord.
Il en ressort un long-métrage certes très esthétique de par la beauté inouïe des costumes comme celle des décors mais tout aussi prenant et torturé, mêlant la colère au désespoir avec une subtilité à fleur de peau parfaitement étudiée, qui sait donner de l'émotion à sa juste mesure. Au final, le film est romanesque à souhait et dénote un certain savoir-faire, très anglais au demeurant (tout ce que j'aime ^^), qui se laisse apprécier avec délectation.
Loin des clichés ou d'éventuelles mièvreries, le sujet est grave et douloureux, le dénouement dramatique, et la trame qui suit son cour dans une tension quasi-permanente permet au spectateur de s'investir corps et âme pour ne plus décrocher.
Un bel exercice de style, fort bien amené, additionné d'un sujet palpitant pour jeunes femmes romantiques, modeuses et passionnées, qui nous laisse découvrir un réalisateur en herbe décidément talentueux.

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La_fronti_re_de_l_aube

La frontière de l'aube de Philippe Garrel
Ca parle de quoi?
"Une jeune et ténébreux photographe débarque chez une star dans le but de faire un reportage-photo sur la jeune femme. Cette dernière, seule et délaissée par son mari, succombe rapidement et tous deux entament une liaison aussi passionnelle que tumultueuse.
Les liens singuliers qui se tissent alors entre eux les amènent à un point de non-retour, entre souffrance, perte de la raison et découverte de soi."

Une légère déception avec ce film qu'il me tardait pourtant de visionner.
Si le sujet semble en effet un peu convenu dés le départ, je me plais cependant toujours à découvrir les nouveaux longs-métrages de Philippe Garrel et ainsi retrouver son univers intimiste et sombre à la fois. Mais ici, le contenu m'a paru un peu trop brouillon pour capter une réelle attention. Car sitôt la première approche des sentiments dévoilée dans une intensité dramatique qui m'a beaucoup plu, le scénario s'est mis à s'éparpiller et mélanger les genres pour, d'une noirceur un brin morbide mais bien amenée, arriver en fin de parcours à un surnaturel un tantinet maladroit.
C'est ainsi que le psychodrame palpitant et ultra-décalé qui aurait pu suivre cette lignée habilement et l'étoffer bien plus encore s'est soudainement perdu, laissant place à un dénouement décevant et téléphoné. Certains y verraient alors une allégorie poétique des amours déchus qui hantent nos histoires à venir et l'on est sans doute bien là dans le vif du sujet. Seulement, la façon détournée d'amener ici une thématique aussi vaste que sulfureuse s'est avérée suffisamment tirée par les cheveux pour la faire manquer amèrement de crédibilité malgré un jeu d'acteurs très touchant que je ne saurais contester.
C'est non sans regret alors que je n'ai pas ressenti cette force émotionnelle qui m'emporte d'habitude dans les films de Garrel (père) mais me suis laissée à regarder nonchalamment l'ensemble, totalement en retrait par rapport à cette romance qui mi-réelle mi-abstraite, ne laissait aucune chance au spectateur de s'y sentir concerné.
Il n'en demeure pas moins un film à la qualité esthétique non négligeable mais qui ne rattrape cependant pas les nombreuses longueurs. Le réalisateur a semble-t-il pris trop de risques cette fois pour nous livrer une histoire sincèrement mémorable et marquante et le résultat, plus que mitigé, n'est décidément pas à la hauteur.

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Largo_Winch

Largo Winch de Jérôme Salle
Ca parle de quoi?
"Une adaptation cinématographique de la célèbre bande-dessinée du même nom dans laquelle, suite au meurtre de son père adoptif, Largo Winch va devoir empêcher un terrible complot visant à prendre le contrôle du richissime et puissant empire Winch. Les ennuis vont commencer en même temps que l'aventure..."

Bref retour sur un film distrayant sans être marquant. Qu'à cela ne tienne, on s'y rend ici dans l'unique raison de se détendre et force est d'admettre que l'idée fonctionne plutôt bien.
On s'égare naturellement un peu (beaucoup?) des bandes-dessinées et de leur aspect palpitant qui a valu à Largo Winch toute sa notoriété, mais l'adaptation se fait sans heurts et le choix de Tomer Sisley en guise de personnage principal est plutôt pertinent.
Il permet ainsi, entre deux séquences "grand spectacle", quelques passages plus intimistes et psychologiques, plutôt appréciables au demeurant au sein même du thriller.
Les scènes d'action s'enchaînent quant à elles à un rythme effréné façon "James Bond à la française" un peu cliché et si ce n'est pas vraiment du grand cinéma, le rendu est fluide, agréable, et se laisse tout de même regarder. Gentiment.
Les décors sont plutôt soignés, le rythme trépidant. Rien trop à redire finalement d'autant plus que je m'attendais à un résultat franchement médiocre et que j'ai plutôt été surprise dans le bon sens. Alors il est vrai qu'on en fait vite le tour, on l'oublie tout autant mais on aura au moins le souvenir d'avoir passé un bon moment...
Pas si mal de temps en temps ^^

-Livy-

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19 août 2009

Le cinéma selon l'été 2009

Comme le veut la célèbre coutume de procrastination instaurée par moi-même en période de grande chaleur, j'entame un petit bilan cinématographique de l'été à la mi-août bien passée déjà. Et sans pour autant évoquer toutes mes séances de ces derniers temps dans les salles obscures, j'éprouve naturellement l'envie de vous parler de quelques films savamment triés sur le volet. Ceux-ci même qui ont su m'émouvoir, me faire sortir de mes gonds, me décevoir un brin ou me laisser sur ma faim, me faire trembler, pleurer, rire, trépigner d'impatience, demeurer neutre, sceptique, pleine d'enthousiasme, les yeux embués de larmes, un sourire au coin des lèvres, le regard critique, le coeur serré ou en émoi, les mains moites et l'imagination à son paroxysme. Autant d'émotions stimulantes pour ainsi garder bien ancrée la valeur la plus essentielle, celle de la vie et des rêves accomplis ou à venir, tout simplement.

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L'incontournable

Harry_Potter_6

Harry Potter et le Prince de sang mêlé de David Yates
Ca parle de quoi?
"Le pouvoir de Voldemort s'étendant à présent jusqu'au monde des Moldus, Poudlard n'est plus un havre de paix et Harry, qui entame sa sixième année au château dans la pleine fleur de l'adolescence, va devoir se préparer d'ores et déjà à l'ultime combat, en côtoyant d'une part Horace Slughorn, le nouveau professeur de l'école, afin de lui extirper des informations importantes, et en menant d'autre part une véritable bataille aux côtés de Dumbledore..."

Pas de déception à la clé pour un sixième opus magique à proprement parler, gorgé d'effets spéciaux et d'images impressionnantes, qui tient la route comme il tient le spectateur en haleine. Naturellement, la fidélité au livre est moindre, de nombreux détails sont omis et seule, l'histoire principale demeure implacable et suit sa trame avec sérieux.
Ceci étant, était-il possible, à la seule vue du nombre de pages de faire autrement?
Le long-métrage, sujet évident à l'enthousiasme de tous les fans d'Harry Potter, est aussi pertinent que différent des autres films et se révèle avec brio de par cet aspect plus mature et sans doute plus abouti également. Partant sur la base du roman qui, avançant grandement dans les aventures du petit sorcier et dans sa quête psychique, se veut plus complexe que les précédents, le réalisateur privilégie cette fois l'ambiance générale plutôt que l'histoire en elle-même pour nous offrir un film sombre et tourmenté, parfois même violent, qui prépare à merveille les deux prochains volets (réservés au tome 7) en effectuant ici une sorte de transition volontaire. Fantastique, drôle et touchant à la fois, l'aspect terrifiant qui se met progressivement en place pour la lutte finale est très implicitement évoqué, imposant certes moins d'action dans son ensemble mais aussi plus d'attention, tout en suscitant l'envie des films à venir, habile et ingénieux procédé...
Par ailleurs, cette évidente noirceur est agréablement contrecarrée par un côté très "teen movie" où les histoires de coeur de nos héros prennent de l'ampleur avec beaucoup d'humour.
Et c'est ainsi que l'angoisse omniprésente se mêle à une légèreté de bon ton, présente également dans le roman et qui a le mérite de relâcher une pression très forte ici, vouée à renouveler un engouement des fans sans cesse plus présent pour le monde magique et ses protagonistes grandissant.
On découvre alors des émotions certes contrôlées mais un film avide d'éclat et d'esthétique dont on ne pourrait reprocher que le dénouement, trop peu crédible voire plat et qui s'éloigne du roman pour se rendre hélas prévisible alors qu'il ne l'était pas.
De là, on attend cependant une fin en deux épisodes de toute beauté, qui saura, à l'image de sa transition ici présente, nous faire rêver une dernière fois, enchaînant à un rythme effréné une descente aux enfers, de l'action, du fantastique et de l'effroi, pour notre plus grand plaisir.
C'est un fait, Voldemort is back... et lorsque tout comme moi, on est atteint d'une "pottermania" aiguë, c'est bel et bien le plus beau des cadeaux ^^

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Une pluie de coups de coeur

Whatever_works

Whatever works de Woody Allen
Ca parle de quoi?
"Boris Yellnikoff, excentrique new-yorkais misanthrope, cynique et fantasque laisse de côté sa petite vie confortable mais terne au profit d'une existence plus "bohême" quand il rencontre la jeune et jolie Mélody et qu'elle s'installe chez lui. Réticent au départ et lui transmettant sans ménagement ses implacables théories, il se laisse ensuite prendre au jeu de la joie de vivre et de l'insouciance de la jeune femme, l'ensemble créant alors un attachement mutuel très fort. Avec l'arrivée de la famille de Mélody à New York, tout se retrouve chamboulé. Désormais, plus rien dans la vie de Boris, ni ses habitudes, ni ses grandes réflexions, ne sera comme avant..."

A l'image du talentueux et anticonformiste Woody, changement total de registre ici après le sulfureux VCB que j'avais tout autant encensé. C'est au tour de cette "comédie sentimentale" pas comme les autres à présent de faire sensation et me transcender, au moyen d'un scénario empreint de cynisme et de répliques cultes qui jouent sur la corde sensible de la finesse et de la classe, un humour ravageur à la clé. La galerie de personnages est aussi intelligente que malicieuse et nous dévoile  au travers d'une réflexion absolument immanquable sur l'ironie du destin, une énergie hors-normes pour un film qui à aucun moment ne perd de sa superbe. Péripéties, bons mots et situations incongrues, les dialogues sont subtiles et savoureux et les acteurs franchement talentueux tandis que Woody Allen se joue de ses héros comme de ses spectateurs et nous mène en bateau comme il se rit avec bonne humeur de ses personnages qui n'ont de cesse de se chercher, se confronter et se heurter encore et encore.
Surfant sur le scénario conventionnel du vieux râleur et de la ravissante idiote, il aborde avec légèreté des thèmes en réalité plus profonds qu'ils n'en ont l'air et nous livre toute une critique de la société, dans un état d'esprit sacrément déjanté et furieusement jubilatoire.
On rit, on prend parti, on s'esclaffe mais diantre, on réagit!
Et le long-métrage est purement et simplement un instant de bonheur délectable.
Tout un programme qui ne s'essouffle pas plus que lui, Woody, 75 ans, et des films qui se suivent sans se ressembler, nous entraînant dans son univers un peu fou et décalé mais toujours brillant et jamais égalé. Je dirais bien alors que Whatever works est l'un de ses plus grands films mais combien encore, en ces termes, devrais-je en englober?

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L__haut

Là-Haut (Up) de Pete Docter et Bob Peterson
Ca parle de quoi?
"Carl, un vieux monsieur veuf et grincheux, décide de réaliser le rêve de sa vie en s'envolant avec sa maison, toute de ballons vêtue, vers l'Amérique du sud. Sans le savoir, il embarque avec lui Russel, un jeune garçon enthousiaste et gaffeur dans l'aventure.
Les deux compères, accompagnés d'un curieux oiseau et d'un chien qui parle rencontrés en chemin, vont alors vivre le voyage le plus imprévisible et incroyable possible, défiant les limites de l'imagination."

J'ai beau tenter avec fougue de trouver des failles à Up, je cherche toujours... et n'y parviens point. Plus inventif que Wall-e qui m'avait pourtant bien séduit l'an passé, le nouveau Pixar nous entraîne cette fois dans un monde imaginaire aux rêves aussi colorés que poétiques, entendez par là tout ce que j'aime et qui me tient à coeur, non sans un côté terriblement drôle et déjanté qui lui confère une force supplémentaire et le pouvoir de donner de l'émotion à tout moment, non sans une certaine dérision qui se laisse apprécier délicieusement, comme une sorte de cadeau bonus qu'on dégusterait à l'infini.
Graphisme au top et pertinence de l'histoire, nous sommes à notre tour, entraînés en pleine aventure délirante, ballottés entre le rire et les larmes, l'inventivité et le loufoque, comme pris au piège de personnages attachants et peu communs, avec en fond, toujours, l'élégance évidente de messages sublimés et d'une complexité voilée par cette très belle aventure irréelle, un brin "pop-acidulée".
L'univers enchanté de Up est en fait époustouflant de vérité et de fantaisie et se regarde la larme à l'oeil entre deux éclats de rire, paradoxe exquis d'un film d'animation à nous couper le souffle. Et si quelques longueurs peuvent être parfois à regretter, on n'en oubliera pas pour autant la capacité de Pixar à se renouveler encore et encore, étoffant sa galerie de personnalités à perte de vue et la délicatesse progressive avec laquelle est amenée l'aspect psychologique de chacun. Ainsi, le virtuel devient réel et l'on se perd à tout jamais dans ce monde en 3D, lunettes sexy à l'appui, où les maisons volent, où les chiens parlent et où finalement, entre moultes petites références de bonne augure, on se sent tout juste bien.
C'est ainsi qu'on ressort du cinéma intelligemment conquis, avec la satisfaction de ne pas avoir perdu notre temps et à vouloir nous envoler nous aussi, dans cet espace si aérien pour revivre encore et toujours, l'histoire simplement magique de Carl, Elie, Russel, Dug, Kévin... et leurs amis les écureuils, comprenne qui pourra ^^

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Mitigé

Le_h_risson

Le hérisson de Mona Achache
Ca parle de quoi?
"L'histoire inattendue de destins croisés, au sein d'un immeuble huppé, entre la jeune Paloma, 11 ans, intelligente et suicidaire, l'énigmatique, sage et perspicace monsieur Kakuro Ozu et la concierge des lieux, Renée, aux occupations secrètes tendant d'avantage à la littérature qu'aux tâches ménagères, malgré une apparences des plus trompeuses."

"Selon une libre adaptation du livre..."
Au moins le film annonçait d'emblée la couleur.
Et libre, il m'a semblé que l'adaptation l'était vraiment. Je ne cacherai pas ainsi que j'ai été un peu déçue par cette esquisse néanmoins poétique, mais qui m'a semblé franchement réductrice par rapport au roman piquant que j'avais tant aimé, et qui m'a laissé cette fois sur une image lisse et un peu trop gentille pour être honnête.
Pourtant, et je dois bien l'admettre, j'aurais sans doute apprécié d'avantage Le hérisson côté film sans avoir lu au préalable l'oeuvre de Muriel Barbery plusieurs fois. Le long-métrage, sans être transcendant, est en effet des plus plaisants à regarder. Truffé de bonnes intentions, de passages émouvants et autres détails charmants, il joue à merveille de cette "tendresse cynique", comme j'aime à l'appeler, qui me comble souvent de joie. Il sait de plus, parfaitement allier une certaine noirceur à un quotidien morne et prône avec ferveur la beauté de la littérature (du cinéma et du dessin) dans le cadre d'une leçon de vie particulièrement sensible et touchante.
Je ne nierai donc pas la beauté de la chose sur un sujet relativement grave et pesant.
Seulement, si je ne l'avais pas ressenti de la sorte dans le roman que j'avais trouvé acéré, créatif et juste, j'ai eu l'impression au sein du film d'un trop plein de clichés de la part des personnages, qui n'ont pas su convaincre de par leur naturel mais ont au contraire laissé entrer un flot de préjugés un peu trop faciles. Et moi, l'aspect "gentils et méchants" de la façon la plus évidente qui soit, je n'aime pas trop.
Je resterai donc sur cette petite parenthèse cinématographique qui demeure à mes yeux une jolie histoire mais sans plus, et ne pourrais que d'avantage conseiller le livre alors, qui lui, s'attache tout comme son titre, à une certaine élégance et des propos joliment nuancés pour certes d'avantage de cruauté au final mais également plus de réalité.

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Truc de filles ;)

Victoria

Victoria (Les jeunes années d'une reine) de Jean-Marc Vallée
Ca parle de quoi?
" L'accès au trône de la jeune Victoria, 18 ans, son cheminement personnel et intellectuel et ses premiers pas dans le monde de la royauté pour celle qui fut l'une des reines les plus importantes d'Angleterre, connue notamment pour son tempérament, sa personnalité hors-normes et sa vision du monde."

Naturellement, Victoria n'est pas, et de loin, le meilleur film d'époque qu'il m'ait été donné de voir jusqu'à présent. La mise en scène plutôt convenue et l'ensemble linéaire, laissent indéniablement le spectateur sur une impression de "déjà vu" (Sissi impératrice, sans doute) et une intrigue qui demeure des plus classiques alors que la thématique trépidante, quant à elle, l'était tout de même beaucoup moins. Le portrait de la jeune reine, si romanesque oserais-je penser, reste donc relativement lisse et sans surprises ici, tant et si bien que j'ai un peu souffert de ce manque d'originalité et d'audace dans le scénario, je dois bien l'avouer.
Fort heureusement, les costumes et décors somptueux, le jeu délicieusement touchant d'Emily Blunt et l'histoire de cette jeune femme au destin hors du commun rattrapent vite les quelques défauts précédents, laissant alors place à une douce rêverie devant les robes merveilleuses, la tendre et légendaire histoire d'amour (jolie mais sans aucune niaiserie) et les erreurs de la jeune reine qui lui confèrent ainsi une fragilité charmante au réalisme évident.
Oui, le personnage de Victoria est humain, sensible et vrai et porte le film à lui tout seul sur une vague romantique des plus agréables, passionné par moments, dramatique à d'autres mais avec toujours beaucoup de raffinement et d'élégance, détails qui ne manqueront évidemment pas d'être appréciés à leur juste valeur.
Rien que pour ces raisons alors, le film mérite assurément le coup d'oeil, l'approbation de la gente féminine et un petit passage bien senti par la bibliothèque pour se renseigner d'avantage encore sur l'époustouflante et incroyable époque victorienne...

-Livy-

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11 juillet 2009

Bonjour l'été! Et retour sur le cinéma printanier ;)

En retard, en retard, je suis toujours en retard et pas qu'un peu! D'ailleurs, ce billet cinématographique printanier planté en plein milieu de mon été tend bien à le prouver, reflétant ainsi l'évidence même de mon penchant affligeant pour la procrastination.
Mais comme en témoigne un bon vieil adage, "mieux vaut tard que jamais" et je m'en serais alors voulue de passer à côté de quelques comptes-rendus de films pour une simple histoire de timing et parce qu'envers et contre tout, j'éprouve en moi le plaisir simple d'écrire.
C'est que si je me fais toujours une joie d'aller au cinéma -bien qu'en ce printemps, force est de reconnaître que je ne me sois franchement pas bousculée pour atteindre mes salles obscures préférées- j'oublie finalement mes annotations scrupuleusement détaillées dans un recoin de mon carnet d'idées et finis la plupart du temps par les laisser choir de part et d'autre, les mettre de côté et tout bonnement ne plus y penser.
Certains films toutefois, méritaient que je ressorte les désormais "souvenirs" du grenier pour un rapport des plus diversifiés qui a su aussi bien me transcender que me décevoir parfois, mais qui est toujours parvenu à attiser curiosité, instinct critique, neutralité ou animosité, dévoilant ainsi tout le pouvoir que le cinéma peut avoir sur moi.

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Des coups de coeur magnifiques!

Good_morning_England

Good morning England de Richard Curtis
Ca parle de quoi?
"Au milieu des années 60, Carl, lycéen un peu perdu, est envoyé par sa mère sur le bateau de son parrain en mer du Nord. Il découvre alors que le bateau en question est en fait le "Radio Rock", une radio pirate fortement poursuivie par le gouvernement et qui diffuse sans interruption la musique qui affole l'Angleterre: le rock n' roll! Dés lors, Carl va être le témoin d'expériences inédites, faisant à bord la connaissance de personnalités hautes en couleurs, au sein d'une aventure trépidante, farfelue et inoubliable qui se déroulera naturellement toute en musique."

Les mots me manquent, c'est toujours ainsi.
Il y a tant de choses à dire sur les films de cet acabit que l'on se sent soudainement tout petit et si Richard Curtis nous avait habitué à des comédies romantiques plutôt plaisantes jusqu'à présent, il sort cette fois complètement des sentiers battus pour s'attaquer à un tout autre registre et nous livrer un long-métrage irrésistible.
Du rire aux larmes, Good morning England nous emmène ainsi dans d'intrépides aventures au côté déjanté indéniable, nous dévoilant progressivement sa galerie de personnalités incongrues et attachantes au sein de situations des plus cocasses. Un brin transgressif mais toujours de bon ton, le film est à lui seul un condensé d'énergie et de dynamisme qui se laisse savourer comme un bon vieux vinyle, au rythme d'une bande-son absolument hallucinante que l'on n'aurait de cesse de se repasser en boucle.
C'est ainsi qu'une flopée de morceaux rock aux notes mémorables se distillent au fil de l'histoire, efficaces en diable, et laissent derrière eux un goût acidulé tout comme l'emprunte indélébile d'un scénario décalé et exubérant qu'on apprivoise au gré d'aventures et d'imprévus, tous plus insensés les uns que les autres. Un flot de couleurs et quelques grammes d'émotion plus tard, tout le talent développé par des acteurs aussi crédibles que surprenants est largement prouvé et le nouveau bébé de Richard Curtis se révèle être LE film number one de ce printemps, au point même de vouloir vivre une expérience semblable au moyen d'une machine à remonter le temps.
On en ressort alors la tête pleine de rêve et le sourire aux lèvres avec l'idée certes d'avoir passé un excellent moment mais celle encore d'avantage ancrée de n'avoir point perdu son temps et de s'être laissé pousser des ailes dans une comédie où la délicatesse n'a d'égal qu'un charme inné, un tantinet débridé et volontairement désopilant.
Je conclurai enfin avec un "Rock n'roll is not dead" bien à propos puisque ce film coup de coeur est un hommage magistral aux 60's et à la pop-rock de l'époque et que dans un grand élan passionné, je ne peux que lancer par le biais de ces quelques mots une standing ovation des plus enjouées.

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Coraline

Coraline de Henry Selick
Ca parle de quoi?
"Coraline qui vient d'emménager dans une nouvelle maison et dont les parents ne s'occupent guère s'ennuie à mourir et va finir par découvrir un monde parallèle le jour où elle décide de franchir une porte secrète. Mais ses aventures dans ce nouveau monde qu'elle pense de prime abord merveilleux se révèleront bientôt plus sombres, surtout lorsque ses "faux" parents décident de la garder enfermée auprès d'eux pour toujours..."

Que dire de ce magnifique bijou d'animation si ce n'est qu'il nous emmène dans un monde imaginaire palpitant où la simplicité des rêves et autres bonheurs d'enfances côtoient un univers bien plus sombre et inquiétant, dans une étrange ambiance au parfum acidulé et délicieusement singulier. Coraline est juste une réussite, une vraie, qui nous émeut et nous fait frissonner de plaisir autant que d'effroi.
C'est que le conte, mêlant habilement les angoisses à la féerie, nous entraîne avec lui dans un tourbillon d'aventures qui tend à la fois aussi bien du merveilleux que d'une fable plus actuelle, apportant même à l'ensemble par moments, une petite touche gothique, absolument craquante. Ainsi, les péripéties allant bon train, l'univers artistico-forain se révèle lui aussi de la façon la plus plaisante possible avec une qualité d'animation incroyable, en même tant que le scénario développe toute l'ampleur de sa richesse et maintient sans sourciller un suspens évident du début jusqu'à la fin.
On évoquera alors l'originalité pour les plus jeunes ou la magie engendrée pour les plus rêveurs d'entre nous mais qu'importe après tout puisque le film s'accorde à mettre tout le monde d'accord sur l'étonnement perpétuel qu'il laisse derrière lui et le tourbillon exquis au goût de nouveauté qui nous emporte sitôt les premières minutes commencées.
Créativité, inventivité, légèreté entrecoupée d'une noirceur époustouflante...
Selick court décidément avec brio sur les traces de Tim Burton (et ce n'est pas une première, surtout si l'on prend en compte L'étrange Noël de Monsieur Jack) pour faire de son film d'animation l'un des plus beaux moments de rêve et de fantaisie de ces dernières années.

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Du bon, du moins bon...

Coco_avant_Chanel

Coco avant Chanel de Anne Fontaine
Ca parle de quoi?
"L'histoire de Coco Chanel et son parcours de femme moderne et atypique à une époque où les conventions oppressantes étaient de rigueur, partant de son enfance d'orpheline puis de la simple petite couturière rebelle qui chantait dans les cabarets pour arriver enfin à sa vie pseudo-mondaine sous l'aile de son protecteur Etienne Balsan, avant de fonder à elle toute seule son empire de la mode et du luxe, tout en sachant qu'elle ne serait jamais "la femme de personne"."

Et un biopic de plus, un, parce que de toute évidence, c'est une tendance cinématographique à laquelle on n'échappe pas ces temps-ci...
Ce dernier en revanche m'a laissé sur une impression des plus mitigées parce que si je ne me suis pas pour autant ennuyée durant la séance, je ne suis pas non plus parvenue à saisir le côté réellement captivant de cette histoire vraie qui pourtant m'intéressait grandement, et le jeu d'Audrey Tautou que tant de personnes ont trouvé magistral ne m'a pour ma part pas fait grand effet. Il m'a semblé qu'elle en faisait trop ou pas assez dans le sentimentalisme mais que toute cette mascarade manquait cependant fortement de naturel et je n'ai pu m'empêcher alors de faire la comparaison avec Sylvie Testud qui resplendissait quant à elle dans le rôle de Françoise Sagan au printemps 2008.
J'ai également trouvé dommage les choix d'Anne Fontaine dans sa mise en scène de l'histoire et ai regretté, puisque je ne suis pas parvenue à rentrer dans le film en fin de compte, une dose de sensibilité féminine acérée qui aurait été la bienvenue si tant est qu'on se soit un peu penché sur les premiers pas de Coco Chanel dans l'univers de la couture et qu'on ait eu l'envie de ressentir les mêmes émotions de liberté et de rébellion qu'elle, en l'espace d'une soirée.
Il faut dire que le sujet était une mine d'or en soi et que ce film, traité différemment, aurait vraiment pu être une merveille.
Cependant, Coco avant Chanel m'a semblé comme bridé et parsemé d'un trop plein d'impressions avérées ou non sur le personnage, point de vue auquel je n'ai que moyennement adhéré et qui a consisté à en faire un film certes pas mauvais en soi mais pas transcendant non plus, déversant une image tellement lisse et plate qu'elle ne laissait rien transparaître, si ce n'est de l'académique pur et simple.
Il reste néanmoins le somptueux défilé Chanel de la scène finale et quelques bons passages "d'époque" rattrapant l'ensemble, ce à quoi je préfère me rattacher pour demeurer sur une note finale un brin positive malgré tout.

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Anges_et_d_mons

Anges et Démons de Ron Howard
Ca parle de quoi?
"Robert Langdon est cette fois sollicité par le Vatican afin de percer à jour l'Illuminati, une confrérie secrète, organisation clandestine puissante et qui représente une menace certaine pour l'Eglise Catholique. Aidé dans sa mission par une scientifique italienne au tempérament énigmatique, il va devoir affronter au sein de lieux cultes et anciens les forces du mal et déjouer les pièges d'une bombe redoutable sur le point d'exploser."

Après l'adaptation décidément médiocre du DaVinci Code de Dan Brown au cinéma sorti en 2006, j'avoue être partie sur un a priori des plus moyens pour Anges et Démons et dans un sens, il fallait me comprendre! Mais c'était sans compter les atouts bien plus nombreux de ce nouvel opus car étonnamment, je n'ai pas ressenti la déception incroyable à laquelle je m'attendais. Bien au contraire, je me suis trouvée confrontée à une plutôt bonne surprise puisqu'il m'a semblé cette fois que sans pour autant être un grand film, celui-ci surpassait largement le premier volet de par ses effets de montage tout comme son scénario, nous emportant alors dans une intrigue fascinante et bien ficelée, à l'image d'un jeu de piste résolument sympathique.
Les images de Rome défilant et nous dévoilant quelques lieux magiques m'ont d'ailleurs rappelé le souvenir d'un joli voyage effectué il y a de longues années dans la capitale italienne et malgré, bien sur, quelques entorses faites au roman que je n'ai pas manqué de souligner, je me suis vue, sans doute plus que je ne l'aurais pensé, me prendre au jeu des énigmes et des courses-poursuites avec tout le plaisir que peut engendrer ce cinéma de divertissement.
Du divertissement oui, c'est exactement cela.
Avec des séquences "action" actuelles au possible, un Tom Hanks très à l'aise dans son rôle et l'aspect historico-mystique cher à l'univers de Dan Brown en prime, mais en évitant cette fois le côté horriblement prétentieux et bavard du Da Vinci Code. Ainsi, à l'exception des quelques scènes finales qui auraient pu être sacrément raccourcies pour éviter un certain aspect pompeux et quelques longueurs inutiles, il se trouve qu'Anges et Démons reste un polar tout à fait acceptable et riche de plein de petites anecdotes truculentes à découvrir...
Pas si mauvais, finalement.

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Bof...

OSS_117_Rio

OSS 117, Rio ne répond plus de Michel Hazanavicius
Ca parle de quoi?
"Après ses mésaventures au Caire, l'agent secret Hubert Bonisseur de la Bath est cette fois-ci envoyé en mission à Rio de Janeiro pour récupérer un microfilm détenu par un ancien dignitaire nazi. Toujours bien entouré de jeunes et séduisantes jeunes femmes, armé de son humour très "second degré" et de ses pratiques infaillibles, notre homme s'en sortira t-il cette fois?"

Voici un film qui, à l'image du précédent OSS 117 (Le Caire, nid d'espions), est à prendre au 18 ème degré si ce n'est plus. L'humour y est volontairement décalé et loufoque voire de pire en pire et les péripéties improbables s'accumulent, rendant l'ensemble totalement incohérent, le contraire aurait été dommage.
Ainsi, on ne va pas voir ce second volet pour un quelconque rendu intellectuel ou se prendre au sérieux mais plutôt pour s'offrir une séance impertinente et drôle, laissant les gags conventionnels au placard mais entamant des répliques qui n'ont de cesse de surprendre et de dérouter. Jean Dujardin campe alors son personnage dans la joie et la bonne humeur et prend un malin plaisir à jouer le rôle de cet agent secret pas comme les autres tout autant que nous adorons le voir se démener au sein de mésaventures irrésistibles qui sont autant de petites références à déceler au détour d'une scène ou d'une autre.
S'échappant ainsi des autres comédies à la française, le film devient marquant de par la bêtise pathétique et toute en préjugés dégagée par son personnage principal, ce qui en fait sa force absolue, sorte d'ironie malicieuse décidément bien amenée.
Cependant, le film n'échappe pas d'une part à quelques lenteurs et par ailleurs, l'effet de surprise du premier opus en moins, l'originalité qui émanait avec bonheur du Caire, nid d'espions en prend ici pour son grade. L'ensemble possède de ce fait un rendu plus "tiré par les cheveux" afin d'en faire toujours d'avantage et d'inciter à rire, coûte que coûte.
Il en demeure une perte de spontanéité et une petite touche de lourdeur donc, qui contribue à le classer selon moi dans la catégorie "bof".
A déguster oui, mais avec modération. On vous aura prévenu!

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A ne pas voir!

Confessions_d_une_accro_au_shopping

Confessions d'une accro au shopping de P.J. Hogan
Ca parle de quoi?
"Les mésaventures de Becky Bloomwood, une jeune fashion-addict gaffeuse et pétillante qui croit en la magie des vêtements plus qu'en toute autre chose au monde pour se remonter le moral. Cependant, si la jeune femme continuer d'acheter jusqu'à s'endetter à un point de non retour, sa vie va prendre une nouvelle tournure, bien surprenante, lorsqu'elle va devenir la chroniqueuse célèbre d'un journal financier."

On aurait pu s'attendre à un nouveau film girly pour dindes en manque de sensations vestimentaires, ce qui n'aurait pas été désagréable au demeurant (car fille, je suis ^^).
Seulement voilà, il se trouve que celui-ci se révèle être un véritable raté. Et si le livre de Sophie Kinsella ne volait déjà pas très haut en matière de chick lit mais se laissait tout de même lire, l'adaptation cinématographique est bien plus affligeante encore, nous dévoilant un contenu totalement vide, un scénario téléphoné qui traîne en longueur et une histoire d'amour dont je n'oserais trouvé un qualificatif exact, pour ne pas être trop méchante.
Alors certes, j'en ai entendu plus d'une dire qu'elles avaient passé "un moment gentillet et détendant" mais quelle déception tout de même pour ce long-métrage qui se voulait attirer dans les salles obscures les modeuses averties, en se mettant dans la mouvance du génialissime Diable s'habille en Prada. Une comparaison des plus curieuses je dois dire car nul doute qu'il ne lui arrive pas à la cheville (ou encore plus bas) et tend d'avantage du roman-photo ou de la série B, jouant la carte de la parodie de façon outrancière et devenant au final à la limite du supportable.
Si l'on ajoute à cela les tenues hideuses au goût des plus douteux portées par l'héroïne sensée être une fashionista, il ne reste rien à garder de ce film niais et indigeste si ce n'est peut-être le foulard vert, fil conducteur symbolique de l'histoire et seule légèreté élégamment féminine au sein d'un ensemble ennuyeux à mourir.

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En attente d'être vus sous peu, mais très en retard!

Etreintes brisées de Pedro Almodòvar

Antichrist de Lars von Trier

Looking for Eric de Ken Loach

-Livy-

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26 mai 2009

Celle qui rattrapait son retard cinéma de 2008

Si vous recherchez avidement les nouvelles actualités cinématographiques à ne pas manquer et mes douces épopées de ces dernières semaines dans les salles obscures, j'aurais bien des choses à vous confesser certes, mais vous repasserez pour cette fois!
Figurez-vous en effet que depuis un certain temps, je me suis concoctée à la maison quelques brèves séances de rattrapage des films de 2008 (et ce n'est qu'un début!), histoire de combler ce manque effroyable de culture, vous en conviendrez, et me faire ainsi une idée des longs-métrages que j'avais eu la négligence de me voir filer sous le nez... ou pas.
Le "ou pas" s'avère en effet employé à bon escient car, en dehors d'une très belle surprise que j'ai omis (un peu malgré moi) de visionner lors de sa sortie au cinéma, j'ai somme toute été un peu déçue par l'ensemble pour ne pas dire beaucoup, ce qui me fait songer qu'au final, je n'avais peut-être rien manqué...
Et c'est ainsi que je m'en vais vous conter l'histoire d'un nouveau billet cinématographique aussi long que mitigé ^^

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Mon coup de coeur

S_raphine

Séraphine de Martin Provost

Ca parle de quoi?
"La vie de Séraphine Louis dite de Senlis, née en 1864, devenue tour à tour bergère puis femme de ménage et surtout dotée d'un don pour la peinture dans un style "art naïf", repérée par un collectionneur d'art allemand, avant de sombrer peu à peu dans la folie."

Tout simplement beau.
Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit et sans doute aussi la raison de ce coup de coeur inné. Le film distille en effet sa mélancolie sereine avec une humilité et une force esthétique incroyables, faisant à juste titre sortir de l'oubli une artiste au talent avéré, qu'on avait hélas un peu trop mis de côté. La création est ainsi mise à l'honneur ici, laissant rejaillir plus que jamais les éternelles réflexions chères aux amoureux de l'art, à savoir si le fait de créer en soi est un don ou bien le fruit d'un long labeur.
Et si la question demeure en suspens, le film, lui, se plaît à errer sur les chemins sinueux de l'imagination un brin mystique, du rêve et de l'illumination, où l'extase, loin de déranger, est le reflet d'un art puissant et prometteur.
La lenteur de l'ensemble quant à elle, laisse à Séraphine la liberté de créer ses propres tableaux avec grâce et émotion. Elle n'en est que plus propice à la délicatesse du sujet et loin d'apporter lourdeur et ennui, nous fait revivre avec une subtilité exquise le cheminement de cette femme différente et silencieuse qui a su exprimer, dans un isolement quasi-total, toute la beauté de son âme par le biais d'un art qu'elle n'avait jamais étudié.
Une prouesse philosophique et sobre, portée par l'impressionnante performance de Yolande Moreau qui dans son rôle se révèle entièrement et excelle dans les scènes difficiles, nous emportant alors dans un autre temps. Le film se laisse de ce fait savourer avec une délectation non feinte et sa fin, douloureuse à souhait, ne peut que renforcer cet aspect d'isolement et de souffrance de notre héroïne bien réelle, à l'image d'une Camille Claudel.
Le long-métrage d'ailleurs, loin de s'arrêter aux constatations purement artistiques, se fait aussi humain, explorant tour à tour les relations du surprenant duo formé par Séraphine et Uhde -un grand moment de cinéma à mi-chemin entre poésie, tendresse et incompréhension- et nous dévoile avec une infinie précision les peintures de l'artiste, sondant de ce fait les impressions des personnes alentours sur lesdites peintures. La pirouette est habile et tandis que Séraphine est jugée ou considérée par ses condisciples au sein du film, elle nous permet, à nous spectateurs, la découverte de son oeuvre dans toute sa splendeur, détails à l'appui. Un aventureux voyage nous attend alors, inconnu il faut bien l'avouer, mais qui de toiles en toiles vaut décidément le détour sitôt qu'on apprécie l'art un tant soit peu.
Et c'est vrai que si j'ai eu beau vivre près de Senlis une bonne partie de ma vie et connaître le destin improbable de cette femme, j'ignorais son art en grande partie si ce n'est quelques tableaux de-ci delà (honte à moi) et suis enchantée d'avoir pu le découvrir de la sorte, non sans un certain ravissement.
De Séraphine alors, il faut retenir un petit chef-d'oeuvre de vérité, sorte de biopic hors du commun qui s'attaque à un sujet complexe et méconnu et s'en sort avec brio pour illuminer la thématique de son élégance un brin décalée, parfois torturée mais toujours artistique.
Et si le film peut parfois déranger par son silence ou son ambiance, il n'en demeure que plus sincère et brave tous les clichés du cinéma actuel pour se révéler tout autant qu'il révèle une femme au destin désormais inoubliable...

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Je suis venue, j'ai vu, je suis déçue

Australia

Australia de Baz Luhrmann

Ca parle de quoi?
"Fin des années 30. Une aristocrate hautaine, Lady Sarah Ashley, arrive en Australie pour sauver l'exploitation de son mari de la faillite. Rapidement, les menaces qui règnent sur sa propriété la conduisent, afin de sauver ses terres, dans de grandes et rocambolesques aventures, aux côtés notamment de "Drover", le cow-boy viril aux allures un peu rustres et d'un jeune garçon qu'elle prend sous son aile. Le temps passant, les sentiments de la lady se dévoilent peu à peu, brisant la glace de sa personnalité froide, en dépit des bombardements japonais qui s'abattent sur la ville où elle a élu domicile."

Lorsque l'on connaît mon engouement proche de l'hystérie pour les films de Baz Luhrmann (j'ai même vu son tout premier long-métrage pourtant peu connu et intitulé Ballroom Dancing), il était presque improbable que je manque celui-ci et pourtant, c'est bel et bien ce qui m'est arrivé...Un rattrapage évident s'imposait donc.
Et c'est une petite déception à la clé à laquelle j'ai eu droit parce que je dois bien admettre que je n'ai que moyennement aimé Australia. Des longueurs dans le scénario compensées par de magnifiques paysages à perte de vue, c'était certes bien joli mais ce n'était peut-être pas ce qui était sensé me captiver le plus. Alors, de clichés en clichés, je me serais bien crue dans un pastiche de Autant en emporte le vent mais en moins novateur puisque le genre, ultra-exploité depuis, est un peu arrivé à saturation il faut bien le dire et que même si c'est très beau, cela n'en demeure pas moins lassant.
Les amateurs de "grand cinéma" dans toute l'acception du terme en prendront cependant plein les mirettes puisqu' Australia possède ce côté très "américain", grandiose, magistral et puissant, suffisamment en tout cas pour nous servir du drame romantique à la sauce western sur fond de guerre (rien que ça!). En bref, toute une flopée d'ingrédients utiles et racoleurs à souhait pour exploser le box-office hollywoodien et faire pleurer dans les chaumières. Un programme étudié au millimètre près mais peut-être légèrement trop pour être crédible justement, avec sa successions de gentils et de méchants et de faux méchants qui sont en fait des gentils et de vrais gentils mais qui ne le savent pas encore...
Bref, vous aurez compris le principe, il est vieux comme la nuit des temps et je pourrais tout aussi bien vous parler d'une merveilleuse aventure humaine mais ce serait là pousser le cliché à son paroxysme.
Après, je n'irai pas non plus poursuivre ma critique dans de trop cyniques remarques puisque j'ai moi-même versé une larmichette à plusieurs reprises (ma sensiblerie me perdra toujours) et que certains passages, de par leur aspect artistique ou créatif valaient vraiment le détour, me plongeant l'espace de quelques minutes dans une rêverie des plus exquises, avec cette petite touche à la Baz Luhrmann que j'aime tant mais que je ne saurais décrire puisque dans chacun de ses films, il laisse une emprunte un peu magique et enchanteresse qui donne libre cours à l'évasion.
Pour le reste, Australia demeure un film long et surtout mitigé, aussi bien dans son concept que sa philosophie. Il n'échappe pas ainsi à la règle du trop conventionnel, vu et revu, et à des personnalités sans réelle saveur car trop systématiques, ce qui me contrarie un peu.
On admirera cependant l'aspect "grand spectacle" qui s'offre à nous, maladroit parfois, attendrissant à d'autres moments, et une façon de filmer plutôt impressionnante qui, de ce côté, reste en tout point irréprochable.
A voir donc pour le côté romanesque,
Et à éviter surtout pour les clichés à n'en plus finir.

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La_fille_de_Monaco

La fille de Monaco de Anne Fontaine

Ca parle de quoi?
"Bertrand, avocat d'assises brillant, cultivé, volubile et surtout médiatique est à Monaco pour assurer la défense d'une meurtrière. Il y fait la rencontre du taciturne Christophe, chargé de sa sécurité et surtout d'Audrey, présentatrice sexy de la météo locale, aussi ambitieuse que volage. Petit à petit, le trio qui part dans des chassés-croisés à n'en plus finir va mal tourner..."

S'il y a bien un film que je souhaitais voir au moment de sa sortie, c'était celui-ci. En effet, en tant que fervente admiratrice de Luchini, j'étais curieuse de sa performance et plus encore du scénario qui m'intriguait au plus haut point, la bande-annonce aidant beaucoup à ce sujet. Mais hélas pour moi, j'ai été bien déçue et pas qu'un peu. Il est vrai que voir un long-métrage bien après sa sortie dans les salles et en entendre de nombreuses critiques dithyrambiques, c'est déjà se conditionner un peu à l'aimer... ou, autre possibilité, se prendre une grosse claque en pleine figure! Et on optera alors pour la deuxième solution parce que c'est sincèrement ce que j'ai ressenti.
Une curieuse impression de platitude, de clichés et de mauvais goût, un style douteux qui en fait trop ou pas assez mais qui se laisse aller à des digressions inutiles alors que l'histoire, d'elle-même, présentait une richesse à exploiter vouée à transformer la médiocrité omniprésente en véritable chef-d'oeuvre.
Certes le jeu de Luchini est jouissif comme à son habitude et en cela réside tout le point fort du film. Il nous laisse à un sorte de one-man-show comme il sait si bien le faire et ses déclamations tout autant que ses mimiques tendent à sourire et à émouvoir, dans tout ce que son personnage peut avoir de complexe. Inutile de le préciser donc, j'ai adoré.
Mais qu'on ne s'y méprenne pas, il n'en sauve pas pour autant La fille de Monaco du néant car tandis que le scénario traîne en longueur, Roschdy Zem, plutôt bon acteur, demeure trop effacé dans un rôle psychologique pourtant hautement intéressant et Louise Bourguoin, tant acclamée pour sa prestation, n'a de crédible qu'une plastique irréprochable et une véritable caricature de prostipute au sein desquelles ses talents d'actrice se retrouvent annihilés.
Ainsi donc, la thématique du triangle amoureux ne fonctionne guère ici. Trop ampoulé, trop pompeux, mais juste trop! Les rebondissements sont prévisibles, la fin franchement décevante et la tension que certains trouvent palpable au gré du film est demeurée inexistante à mes yeux... Peut-être parce qu'au milieu de ce pêle-mêle immense, on ne s'y retrouve pas et qu'au fond, on n'y croit pas vraiment non plus. C'est ainsi que la simplicité se perd tout comme nous dans des méandres improbables qui accentuent le côté "parodie" de l'ensemble.
C'est un peu dommage cependant avec autant de matière, d'avoir encombré le sujet de clichés vains pour parvenir à ses fins. Il y avait de quoi réussir quelque chose de grand et subtil mais après visionnage du film, je reste définitivement blasée.
Alors c'est un fait, je persiste et signe à dire que la bande-annonce était alléchante, oui mais seulement est-ce bien là suffisant?

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Babylon_AD

Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz

Ca parle de quoi?
"Toorop est un homme d'action, un mercenaire qui a survécu à tous les combats qu'il a mené depuis le XXI ème siècle. C'est alors que la mafia d'Europe de l'Est lui confie une nouvelle mission: convoyer de la Russie à New York une mystérieuse jeune fille nommée Aurora pour la remettre aux mains d'un ordre religieux tout puissant."

Qu'il est loin le Kassovitz de La Haine ou Assassin(s)! Il ne nous avait clairement pas habitué à un long-métrage du genre alors évidemment, on est surpris. Le fait est qu'on se retrouve ici face à un véritable film d'action au dynamisme évident, où les scènes s'enchaînent à un rythme haletant au beau milieu d'un univers sombre et glauque où la tension demeure omniprésente.
Alors, pari réussi pour ce film mi-frenchy/mi-américain? Eh bien, moyen.
Dans un sens et de prime abord, le scénario est plutôt bien construit, structuré et cohérent (du moins en apparence), allant même jusqu'à apporter par moments une petite touche de psychologie au sein de l'ensemble. Kassovitz semble ainsi maîtriser son oeuvre à la perfection. Seulement voilà, au-delà du visuel, Babylon A.D. manque sérieusement de contenance et de profondeur, et se révèle du coup assez prévisible, nous offrant sur un plateau d'argent un film d'action comme il y en a tant déjà, l'aspect fantastique en prime et une intrigue un peu bâclée au demeurant.
Il faut dire qu'avec le choix de Vin Diesel en acteur principal, tout de muscle vêtu, l'ensemble est rendu d'emblée un peu "bourrin" et je n'adhère pas trop... Et si sa performance n'est pas mauvaise en soi, ma subjectivité, elle, approuve légèrement moins parce que le film pourrait s'appeler xXx ou Fast and furious qu'il me ferait le même effet, c'est-à-dire aucun si ce n'est une petite poussée d'adrénaline dont les effets auraient totalement disparu sitôt le générique de fin commencé.
On est donc assez loin des talents cinématographique de M.Kassovitz et des messages qu'il délivre en général au sein de ses longs-métrages. Il fustige d'ailleurs lui-même son propre film à coup de phrases incendiaires telles "pure violence et stupidité" et j'en passe des pires et des meilleures. Une autodérision qui me prête à sourire de la part d'un réalisateur, surtout lorsqu'on connaît le caractère plutôt emporté du personnage et qui n'a pas pour habitude de mâcher ses mots...
Pour la petite anecdote, Kassovitz n'aurait pas eu la liberté souhaitée durant le tournage de Babylon A.D. mais se serait vu au contraire imposé des coupures inopinées vouées à rendre le film plus proche de l'action mais plus vide de sens également.
Alors, info ou intox? Une chose est sure, c'est que le réalisateur se montre plutôt lucide dans ses propos et qu'il ne semble pas s'accorder à merveille avec les critères du cinéma hollywoodien. Ses idées créatives qui m'ont toujours tenues à coeur jusqu'à présent en ont sévèrement pâties dans ce film d'action sans âme ou presque et j'attends ardemment de le voir se pencher sur des projets qui lui conviendront d'avantage, nous laissant une fois encore savourer des longs-métrages plus poussés d'un point de vue psychologique, un oeil critique en prime, comme il sait si bien le faire.

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Et aussi...

Kung_Fu_Panda

Kung Fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson

Ca parle de quoi?
"Le panda Po, drôle, costaud et maladroit, est un grand fan de kung fu. Elu pour accomplir une ancienne prophétie, il va enfin pouvoir vivre son rêve, entouré de ses idoles qui l'initient -envers et contre tout- aux arts martiaux. Cependant, un ennemi du nom de Taï Lung, le léopard des neiges, est prêt à se venger et c'est Pô qui devra assurer la défense de sa vallée..."

On ne va pas se voiler la face, le pitch est plutôt commun: le héros est gaffeur et maladroit, il y a un vilain méchant et les deux vont évidemment se trouver confronter au sein d'une bataille-dénouement dont l'on connaît déjà la fin. Il me faudrait donc trouver des arguments un peu plus probants pour vous convaincre... J'ai!
Car malgré cette apparente platitude, propre à tous les films d'animation dignes de ce nom, la recette est sacrément efficace ici et les aventures de ce fichu panda sont addictives à souhait parce qu'on le veuille ou non, on se prête au jeu et ce, dés les premières minutes. Les gags s'enchaînent, les références au cinéma d'action asiatique sont plaisantes comme tout et le parcours initiatique du héros nous tient en haleine du début à la fin, avec magie et rebondissements. Alors je sais bien qu'il est écrit "Film pour enfant à partir de 6 ans", mais au diable les apparences! On n'a qu'à se dire qu'on régresse un peu le temps d'une soirée et qu'on se fait plaisir pour un moment de pure détente parsemée d'une dose d'humour non négligeable. On ne m'enlèvera pas de l'idée alors que fichtre, c'est fou comme ça fait du bien!
Kung Fu Panda est par-dessus tout un film d'animation soigné, bourré d'autodérision et saupoudré d'images des plus esthétiques. La finesse de l'ensemble est un contraste bien vu avec la maladresse de Pô, ce qui le rend encore plus attrayant, surtout pour les adultes qui noteront au passage la petite note de subtilité glissée là.
Ajouter à cela une touche de folie, une soupçon de délire, une once de sentimentalité et vous obtiendrez le tout, certes un peu commercial (eh oui, vous vous attendiez à quoi?) mais d'une efficacité avérée et surtout très attrayant.
En bref, à ne surtout pas manquer pour une soirée entre amis ;)

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A voir encore...

Valse avec Bachir de Ari Folman

Le silence de Lorna des frères Dardenne

Tokyo! de Yoshihiro Nishimura

La frontière de l'aube de Philippe Garrel

Et enfin, The Duchess de Saul Dibb
(parce que je suis une éternelle romantique et que je raffole des films en costumes d'époque)

-Livy-

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27 avril 2009

Mes derniers mois au cinéma

Pas de billets, pas de cinéma? Assurément pas.
J'attendais sans doute le moment propice pour évoquer mes derniers coups de coeur et mes instants de bonheur sur ce thème, mais bien loin de moi l'idée que certains films aient pu passer à la trappe pour un quelconque manque de temps!
C'est que je m'en suis remise assidûment au charme des salles obscures ces dernières semaines et à force d'effectuer mon rattrapage constant des films de 2008 dernière mon écran d'ordinateur (histoire à suivre dans un prochain billet...), j'ai trouvé beaucoup plus d'attrait cette fois-ci à sortir de ma tanière pour palier à un éventuel retard et puis tout simplement profiter du moment présent en extérieur et dans la vraie vie.
Le plaisir de se rendre au cinéma comme on irait au spectacle, de ne lire aucun pitch, aucune critique au préalable et de ne pas savoir à quelle sauce on va être mangé...
Un vrai bonheur que je n'allais certainement pas délaisser aussi sereinement pour quelques instants de "no-life attitude".
Au programme de cette fois-ci alors, un pêle-mêle hasardeux, tri sélectif de petites distractions sympathiques comme on les aime, mais surtout quelques délicieuses surprises que je ne vais pas vous cacher plus longtemps.

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De grands moments de cinéma...

Harvey_Milk

Harvey Milk de Gus Van Sant

Ca parle de quoi?
"Une histoire vraie retraçant les huit dernières années de la vie de Harvey Milk, élu de la mairie de San Francisco, premier homme politique américain ouvertement homosexuel à s'être engagé corps et âme dans un combat pour la tolérance et l'intégration des communautés homosexuelles, et à avoir été assassiné pour cette cause et ses convictions."

Poignant. Brillant. Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit à l'évocation de ce film, un film pas comme les autres qui parvient à saisir toutes les nuances du réalisme pour en faire du grand cinéma avec en prime, une touche de poésie très subtilement amenée. On y retrouve ici un Gus Van Sant plus conventionnel certes dans sa façon de filmer mais non moins percutant, d'autant plus qu'avec l'assurance de ces films passés, il a su analyser son nouveau long-métrage avec une pertinence sans failles afin d'en tirer la quintessence et de se renouveler une fois encore. Ainsi, Harvey Milk nous emporte d'emblée dans un univers très fort de sens et lourd de conséquences et il le fait, qui plus est, dans un souci d'esthétique impressionnant. La caméra tilte sur les détails et les décors très 70's se laissent apprécier tandis que les personnalités acérées des différents protagonistes se dévoilent dans une progression qui jamais ne cesse, engendrant cette tension propre à toute tragédie qui se respecte.
Sean Penn quant à lui est magistral. Il campe le rôle à merveille, investi comme jamais, et nous offre une performance étonnante de sincérité et de véracité. Ses manières, son élocution, ses idéaux, et l'histoire de sa vie tout simplement, loin d'en faire un héros des temps modernes dans tout ce qu'il y a de plus correct, le rendent accessible et humain, fort et fragile à la fois, complexe mais compris.
Alors, dans un réalisme qui prend quelques libertés charmantes parfois, les émotions se mêlent, la colère s'installe, les convictions jaillissent... La montée en puissance s'effectue aussi bien sur l'écran que chez le spectateur et c'est sans doute parce qu'à aucun moment l'aspect mélodramatique ne vient gâcher le film que l'on se prend au jeu, embarqué dans cette histoire vraie qui émeut sans tricher, donnant à l'ensemble un rendu grave emprunt de beauté plutôt que de sombrer dans une vaine tristesse.
Gus Van Sant réussit ainsi le pari de la biographie intelligente et réussie, et sa réalisation possède une force et un charisme incroyables qui se laissent apprécier humblement, nous donnant une évidente envie d'en savoir plus sur l'homme qu'était vraiment Harvey Milk, sa politique, sa vie.

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Gran_Torino

Gran Torino de Clint Eastwood

Ca parle de quoi?
"Walt Kowalski est un retraité grincheux, patriote bourré de préjugés racistes et traumatisé par la guerre de Corée, qui ne s'entend pas avec sa famille et n'a aucun d'amis à l'exception de sa chienne Daisy. La solitude qu'il traîne depuis la mort de sa femme et qu'il compense en buvant des bières et en s'occupant de sa voiture fétiche, une Ford Gran Torino, va bientôt être perturbée par la tentative de vol de cette même voiture par son petit voisin asiatique. Dés lors, sa vie va basculer et il va peu à peu s'ouvrir à un monde qu'il ne connaît pas, se laissant emporter dans une histoire d'amitié et de respect de l'autre."

Je vais sans doute me faire huer pour ces dires mais il se trouve que jusqu'à présent, je n'avais jamais vraiment accroché avec un film de Clint Eastwood, pas même le superbe Million Dollar Baby, et si j'en reconnaissais évidemment la qualité cinématographique, j'y demeurais systématiquement hermétique, je ne sais pourquoi. N'aimant cependant pas rester sur mes préjugés, je me suis décidée -un peu sur le tard- pour ce Gran Torino dont on ne me disait que du bien... et force est de reconnaître que j'ai bien fait.
Je pourrais vous dire alors que la qualité cinématographique et le jeu d'acteurs étaient évidemment présents oui, mais pas seulement. Je ne saurais trouver les mots exacts mais il y a dans ce film un apport d'émotion palpable qui ne peut nous laisser de marbre, amenant cette singulière notion de bien et de mal avec finesse et pudeur, comme une fragile frontière qui oscillerait dangereusement jusqu'à s'y tromper. Le paradoxe engendré par le film entre humour et drame est simplement délicieux, bien que cruel, et peut parfois nous faire passer du rire aux larmes en quelques secondes tant la portée symbolique des relations entre l'(anti)-héros et sa famille de voisins est singulière et fascinante.
L'intrusion dans la vie de ce vieil homme est comme une parenthèse un peu magique qui laisse au scénario toute une palette de possibilités et une liberté de thèmes inouïe, amenant du caractère et de la profondeur à un ensemble déjà bien soigné. Ainsi, les relations humaines peuvent être abordées sous de nombreux angles et avec un réalisme qui mêle la violence à la tendresse et la perversion de ce monde à de petits instants de beauté incommensurables.
Bien sur, le film a ce côté un peu moralisateur et très "américain" à bien y penser, ce qui n'est généralement pas mon fort, mais il sait tellement bien s'en servir qu'on ne peut le lui reprocher cette fois et puisqu'il brouille si habilement les pistes, il nous laisse sur une petite note de fin à la fois poétique, prévisible et assurément pas désagréable; l'idée d'un monde où rien n'est noir ni blanc, où l'imprévu peut frapper à tout instant et où si rien n'est gagné d'avance, un changement inopiné peut s'avérer positif à un moment où l'on n'y croyait plus.
Un moment de cinéma saisissant alors que celui-là pour un Clint Eastwood qui, aussi bien en tant qu'acteur que réalisateur, semble avoir atteint, du haut de ses 78 ans, le sommet de son art.

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... Et un soupçon de divertissement !

Ponyo

Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki

Ca parle de quoi?
"Un dessin animé qui retrace l'histoire du jeune Sosuke et de sa rencontre avec la princesse poisson rouge Ponyo qui rêve de devenir humaine, tout comme lui."

Décidément, je reste et demeure une inconditionnelle des dessins animés de Miyazaki et ce n'est pas son dernier-né qui me fera changer d'avis. D'avantage enfantin et doté d'une philosophie moins poussée à l'extrême que quelques précédents peut-être comme Le voyage de Chihiro, Ponyo sur la falaise est cependant une petite merveille d'imagination, emprunte d'une poésie sans limites qui brille par son élégance et son humour. Les personnages y sont aussi fous qu'attachants et l'allégorie de la mer, présente tout du long, se révèle avec grâce et originalité. De ce fait, l'ensemble, qui n'est pas sans rappeler le mythe de la petite sirène, est sans doute plus accessible mais non moins charmant, et possède toujours ce côté un peu délirant qui rend toute son originalité au dessin animé.
Nous sommes alors partagés entre une certaine naïveté qui nous laisse à notre âme d'enfant  et une fable tellement débridée qu'on se demande bien où l'ami Hayao va chercher toutes ses idées... Mais une chose est sure, la beauté des dessins et la pureté de l'ensemble contribuent à nous faire passer un moment hors du temps, au milieu des magiciens et des rêves, petite perle esthétique qui nous emmène dans ce voyage maritime pour quelques heures de toute beauté.

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Pêle-mêle

Lol (laughing out loud) de Lisa Azuelos

Le film parfait pour se changer les idées sans se prendre la tête mais qui ne vaut pas 10 euros dans les salles obscures, assurément! C'est mignon, distrayant et avec quelques passages bien cocasses qui valent le détour et nous décrochent un sourire. Un mélange de La Boum et de A nous les petites anglaises en version ultra-actuelle, parfois un peu long, pas très réaliste non plus soyons honnêtes (bienvenue dans le monde des lycéens-gravures-de-mode et qui s'là pètent) mais qui se laisse regarder avec plaisir et légèreté, le temps d'un moment de détente. Bref, le film idéal en dvd surtout (mais bon, j'ai le Pass...), qui s'adresse d'avantage à un public adolescent (trop de msn et de kikoo lol à mon goût, damned!) et se visionne avec plus de recul, sitôt la vingtaine passée. Ah, quelle génération étrange que celle-ci! :/

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Fast and Furious 4 de Justin Lin

Aurais-je honte? Même pas. J'avais vu les trois premiers, il fallait bien que je m'y colle une dernière fois. D'autant plus que somme toute, s'offrir un brin d'action n'est pas si désagréable, même si ça ne me ressemble pas vraiment au demeurant. Alors, je vais tâcher d'être indulgente. Il n'en reste rien à la sortie, il ne faut pas rêver non plus, mais sur le moment, c'est l'aspect "fun" qui prédomine et côté adrénaline, on en prend pour son grade. Par ailleurs, si les deux films précédents semblaient se détacher beaucoup du premier, on est revenu au scénario d'origine (ou du moins, un similaire) avec les mêmes acteurs et un ton légèrement plus décalé. Le film se révèle donc un tantinet "meilleur" (je pèse mes mots là) que les précédents opus mais les amateurs de scénarios-intellos crieront au scandale, c'est certain ^^
NB: Il y a de jolies voitures et des courses-poursuites, ça compense...

-Livy-

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19 février 2009

Quelques grammes de cinéma...

Les passions se déchaînent sur grand écran en ce début d'année et à défaut de pouvoir dans ce blog esquisser tous les sujets cinématographiques qui me tiennent à coeur, je me suis penchée plus particulièrement sur trois films qui d'une façon ou d'une autre, ont attiré mon attention et laissé ma curiosité opérer comme il se doit.
Amour, drame, aventure...
Les thématiques pourraient bien sembler un peu trop bateaux pour être dignes d'intérêt mais le cinéma heureusement, connaît bien souvent les petites astuces magiques afin de les mettre en valeur et de leur donner vie, dans un souci d'esthétique, de prises de vue soignées et de réflexion intérieure sans cesse renouvelé.
Ainsi, c'est avec plaisir que j'ai regagné mon cinéma de proximité (me serait-il donc attitré?) pour quelques séances rêvées qui m'ont emporté loin de tout, provoquant en moi de curieuses émotions, un soupçon de perplexité parfois et beaucoup de surprises tout au long du mois de janvier.
L'occasion de ce petit débriefing ici-même et surtout, d'inaugurer pour 2009 dans la catégorie "cinéma" un tout nouveau billet!

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Coup de coeur

Slumdog_Millionaire

Slumdog Millionaire de Danny Boyle

Ca parle de quoi?
"Le récit pittoresque de Jamal Malik, jeune homme de 18 ans issu des bidonvilles de Mumbai en passe de gagner une fortune au jeu télévisé "Qui veut gagner des millions?". Tricherie, hasard ou destinée? L'aventure de sa vie se déroule en même temps que le jeu..."

Première bonne surprise cinématographique de 2009, Slumdog Millionaire, loin de laisser indifférent, nous emmène dans une balade à travers l'Inde d'aujourd'hui à un rythme haletant.
Pas de film-documentaire ici ni de pathos à outrance, Danny Boyle use de son talent et de sa magie pour nous servir un long-métrage intense et captivant, saupoudrant le réalisme souvent dramatique d'une bonne dose de romanesque, qui tout en tombant parfois dans la surenchère, sait se faire apprécier de par son aspect tendre et charmant.
Les sentiments s'éparpillent alors et se mêlent, portés par un jeu d'acteurs époustouflant qui n'a de cesse de nous convaincre tout au long du film et c'est au final un kaléidoscope de couleurs et de sons qui s'offre à nous, allégeant l'aspect tragique de menues anecdotes, d'humour et de répliques bien senties.
Au sein de cet exercice difficile, l'Inde.
Les conditions de vie rudes, la hiérarchie sociale, la mafia... Autant de sujets graves qui ne passent pas inaperçus et parsèment le film d'une cruauté évidente, le rendant ainsi plus vrai que nature sans pour autant voler la vedette à la folie colorée qui émane de l'ensemble dans un souci d'obtenir une histoire bien amenée qui se déroule sur différents niveaux.
Naturellement, le résultat est probant. Speed, délicieusement émotif et toujours accessible,  Slumdog Millionaire court et bondit plutôt qu'il ne marche et se laisse adopter, tant par l'inventivité de son scénario et ses prises de vues en rafale que sa B.O toute en puissance, sans jamais se laisser démonter une seconde.
Une petite merveille de dynamisme et de créativité à conseiller de toute urgence.

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Et aussi...

Les_noces_rebelles

Revolutionary Road (les Noces rebelles) de Sam Mendes

Ca parle de quoi?
"Dans l'Amérique des années 50, Franck et April Wheeler, un couple heureux en façade, se retrouvent pris en tenailles entre leurs désirs profonds d'évasion et de distinction et les apparences sociales."

Rien à redire, le film est propre et beau, bien interprété de surcroît. La trame dramatique se laisse suivre, sensée, dans un contexte pesant qui lui sied à merveille tandis que les transitions sont effectuées avec beaucoup de finesse, de précision et de pertinence.
Le duo Di Caprio/Winslet, toujours aussi glamour, nous remémore de jolis souvenirs du Titanic et c'est avec enchantement qu'on découvre au détour d'une scène ou d'une autre quelques petits clins d'oeil au film culte ainsi que la présence notoire d'un de ces personnages secondaires, Kathy Bates.
Pourtant, sans rien avoir de bien précis à reprocher, il m'a semblé que le film manquait cruellement d'intensité ou du moins de sensibilité, et si le thème en lui-même avait de quoi captiver d'emblée émotionnellement parlant, dans tout l'aspect complexe des relations humaines, de la vie conjugale, de l'attitude à adopter en société et des grandes aspirations souvent contrariées, ce n'était apparemment pas le cas.
Des Noces Rebelles, j'attendais plus, je crois.
Plus d'émotions, de sensations... plus d'imperfections peut-être aussi, afin d'obtenir un résultat d'avantage "vivant" et en ce sens, j'ai été déçue.
J'en suis ressortie avec l'impression d'avoir vu un long-métrage aseptisé et froid, esquissant d'intéressants tableaux sans jamais les sublimer ni les parsemer d'un brin d'humanité.
Alors, trop impeccable pour être honnête?
Les avis demeurent partagés mais je n'ai de cesse de déplorer toute cette thématique d'une richesse sans nom déployée, sans même m'être sentie d'humeur à y pénétrer.

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Twilight_Fascination

Twilight - Fascination de Catherine Hardwicke

Ca parle de quoi?
"Bella, 17 ans, emménage chez son père à Forks, une petite ville pluvieuse.
Au lycée, un curieux groupe d'élèves attire son attention. Elle s'éprend de l'un d'eux, un garçon étrange, avant de s'apercevoir qu'il s'agit en fait d'un vampire."

Qu'on se le tienne pour dit, Twilight n'est ni le film de l'année ni aussi palpitant que le livre, malgré une médiatisation relativement importante. Il fait en ce sens d'avantage penser à un film fleur bleue pour adolescentes en mal d'amour qu'à un chef-d'oeuvre à la Romeo and Juliet comme on l'a souvent dit, et emporte avec lui un flot de clichés et d'images émotionnelles gentillettes, un peu trop mièvres pour être puissantes, sans doute...
Au-delà de ces quelques critiques négatives, il se trouve que le film se laisse voir, plutôt bien même. Le scénario en lui-même présente certes quelques faiblesses et ce ne sont pas les effets spéciaux, un peu trop lisses, qui le rattrapent mais par un heureux hasard, subtil mélange de retour en enfance et d'espoirs à n'en plus finir, on a envie d'y croire et de jouer le jeu l'espace d'une soirée, parce que c'est divertissant et que ça fait rêver, ne serait-ce qu'un peu...
On s'en retrouverait presque dans la peau d'une minette, à éprouver l'envie irrésistible d'être vampirisée, au risque de paraître ridicule en société. Oui, force est d'admettre qu'en tant que fille, fille-pintade devrais-je ajouter, on craque pour Robert Pattinson, l'atout majeur évident de Twilight, et qui n'a de cesse de nous envoûter, qu'on le veuille ou non. Alors on range cinq minutes nos idées persifflantes au placard, on tente de se remettre dans le contexte et incroyable mais vrai, ça fonctionne! L'immersion dans le fantastique est quasi-immédiate, on y croirait presque tellement c'est beau.
A la sortie du cinéma, il ne reste pour ainsi dire pas grand chose de cette histoire utopique, si ce n'est une envolée de bons souvenirs, l'envie folle d'être Bella et la curiosité de lire les autres tomes de la saga, plus étoffés que leur adaptation au cinéma.
Un bon début déjà?

-Livy-

 

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11 janvier 2009

Mon top 10, cru 2008

On ne l'attendait plus mais le voici, mon top 10 cinéma.
Et évidemment subjectif, de surcroît!
Je travaille en effet d'arrache-pied sur mon classement des films les plus marquants de 2008 depuis un bon moment déjà mais la tâche en elle-même s'est révélée bien plus ardue que je ne l'aurais imaginé et c'est ainsi que je me suis vue dans l'obligation de ne publier mon bilan que maintenant.
2008 fut en effet une année un peu décevante en matière cinématographique et si je suis parfois ressortie des salles obscures totalement chamboulée, dans le bon sens du terme évidemment, c'est tout de même la médiocrité qui a prédominé, tant et si bien que j'en ai presque oublié d'y retourner!
Pas un grand cru donc (Les High School Musical et autres James Bond n'ont aucune influence positive sur moi) et pas une année placée sous le thème merveilleux des longs-métrages non plus, loin de là!
Mais je suis tout de même parvenue à dénicher de bonnes, très bonnes surprises au demeurant, ceux qui lisent mes billets "Cinéma" le savent déjà... Et si je n'ai pas, au long de l'année précédente, mentionné tous les films visionnés ici-même, faute de temps, j'ai essayé du moins de traiter avec une pseudo-rigueur une bonne partie d'entre eux, dans la richesse qu'ils ont su dégager ou la déception qu'ils ont pu me causer.
[Oui car j'adore critiquer ^^]

Voguant de films en films, à traquer LE long-métrage que je pourrais lister, je me suis sans doute montrée moins assidue en 2008 que les précédentes années et surtout moins motivée par la programmation qui s'offrait à moi.
Quelques perles se sont néanmoins dévoilées, singulières, graves ou passionnées, laissant derrière elle un goût atypique que j'aime à évoquer, dans une émotion qui déstabilise de par la façon originale et sombre dont peut être traité un sujet comme par une apparente légèreté, décidemment feinte.
Ceux qui ont tout suivi n'y trouveront aucune surprise,
Pour les autres, en voici une vague idée...

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Top 10

Funny_Games_US

- Funny Games US de Michael Haneke

Mesrine_l_instinc_de_mort

- Mesrine 1 de Jean-François Richet

Paris

- Paris de Cédric Klapisch

A_bord_du_Darjeeling_Limited

- A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson

Mesrine_Ennemi_public_n_1

- Mesrine 2 de Jean-François Richet

VCB

- Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen

Juno
- Juno de Jason Reitman

La_belle_personne

- La belle personne de Christophe Honoré

Rec


- Rec de P. Plaza et J. Balaguera

Gomorra

- Gomorra de Matteo Garrone

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Déceptions

Atonement

- Atonement de Joe Wright
Je m'attendais à vraiment mieux de la part du réalisateur de Pride and Prejudice qui avait su, avec son film précédent, retranscrire tout un univers romanesque afin de le rendre à la fois personnel et accessible, dans un grand élan poétique. Mais Atonement, pourtant bien parti dans ce même objectif, nous dévoile peu à peu longueurs et flashback alambiqués qui le desservent et nous empêchent d'adhérer à l'histoire. Dommage...

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Sweeney_Todd

- Sweeney Todd de Tim Burton
On demande beaucoup au grand Tim Burton évidemment et force est d'admettre qu'il ne réalise pas cette fois le chef-d'oeuvre de sa vie. Trops de chants et de mièvrerie au sein d'une histoire qui avait l'envergure pour être palpitante, sombre et mystérieuse à souhait, dans un univers très "burtonien" mais qui s'essoufle hélas, par la façon même dont elle est traitée.

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J'ai manqué malgré moi...

S_raphine

- Séraphine de Martin Provost

Fronti_re_de_l_aube

- La frontière de l'aube de Philippe Garrel

Tokyo

-Tokyo! de Michel Gondry, Leos Carax, Joon-Ho Bong

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En route pour 2009, je me plais à espérer une nouvelle année cinématographique sans doute meilleure, qui saura me combler et m'entraîner dans des rêves, des ressentis, des émotions comme dans un tourbillon.
Sans pour autant me reposer sur des acquis ou des films d'ores et déjà cultes, je m'en vais de ce pas réparer mon retard à grand renfort de films à voir et reviendrai bientôt, parsemer mon univers d'images et de mots.

-Livy-

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09 décembre 2008

La saga Mesrine au cinéma

Si la programmation des cinémas ces dernières semaines ne m'avait que très moyennement convaincu, me poussant du même coup à ne pas en toucher mot dans ce blog, j'ai cependant trouvé une petite lueur dans les deux films réalisés par Jean-François Richet sur la vie du gangster français Jacques Mesrine.
Stressant, inhumains et délicieusement bien filmés, je me suis en effet retrouvée face à deux petites merveilles de deux heures chacune, mêlant habilement réalisme et film d'action, avec toujours cette dérision décidemment plaisante, le temps de choquer un brin, marquer les esprits pour de bon et redécouvrir l'histoire de cet homme dont la vie et plus encore la mort, avaient tant fait jaser.
Sans jamais prendre parti et c'est un point fort, chacun des deux volets se révèle ainsi à sa manière, tantôt brutal, tantôt psychologique, dans une course effrénée qui s'inspire fortement, en gardant toutefois une subjectivité évidente, d'ouvrages écrit par Mesrine lui-même lorsqu'il était en prison.
Servis par des acteurs de haut talent dont l'interprétation est difficilement contestable (Vincent Cassel dans le rôle principal est d'une crédibilité incroyable), les films qui, sortis à un mois d'écart dans les salles obscures se suivent sans se ressembler, désarçonnent comme ils surprennent au fil des minutes et laissent un goût de poudre derrière eux.
Palpitants. Cruels. Explosifs.
Exquis.
Alors, à mi-chemin entre une image véhiculant un certain idéal de liberté et le portrait d'un homme que tout semblait pousser au crime, pourvu que la société en pâtisse, le spectateur se retrouve plongé dans une rétrospective aussi violente qu'émotive, furieuse que palpitante et jamais au grand jamais, n'y reste indifférent...

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Mesrine_l_instinc_de_mort

Mesrine, L'instinct de mort

Le premier volet, dirigé d'une main de maître à une allure désarmante, est tout simplement une bombe, petite merveille de réalisation qui n'est pas sans rappeler quelques grands films de gangsters américains.
Nous plongeant illico dans l'ambiance du grand banditisme des années 60 (effet garanti), il provoque d'emblée sur le spectateur l'effet d'un électrochoc qui va perdurer deux heures durant, nous laissant ainsi une étrange sensation au creux du ventre.
Speed, fluide et doté d'une violence plus qu'explosive très proche d'une ambiance à la Scorsese, on y suit avec avidité le parcours et l'évolution d'un Mesrine impulsif, tête brulée et prêt à tout qui, dépeint dans toute la complexité de son être, sait se montrer tour à tour sarcastique, sombre ou ironique, la fougue de la jeunesse en prime. Bien souvent borderline également, on le voit osciller à la frontière angoissante entre l'être humain et le monstre de cruauté, vil et odieux.
Les faits, les anecdotes, les différents protagonistes se suivent à un rythme endiablé qui décontenance autant qu'il suscite de l'intérêt, dans un état d'esprit assurément réaliste. La mise en scène est brutale certes, saccadée parfois aussi, mais excessivement bien amenée, notamment par le biais des personnages secondaires (Gérard Depardieu, Gilles Lellouche, Cécile de France...) qui apportent à l'ensemble un certain équilibre, une certaine légèreté oserais-je même ajouter, qui dénote avec le scénario et son héros. Et c'est ainsi que dés la première minute, on se prend au jeu...
Braquages, cavales incessantes, magouilles douteuses et rencontres hasardeuses... On se croirait au cinéma pour de bon mais les faits sont pourtant avérés. Et si le film fait malheureusement l'impasse sur quelques moments de la vie de Mesrine ou en évoque d'autres un peu trop brièvement, adaptation cinématographique oblige, il s'en sort cependant avec brio, gardant l'essentiel et soulignant les points forts, enchaînant ainsi les évènements au moyen de transitions habiles.
Il en résulte un long-métrage haletant et sans longueurs où l'on ne s'ennuie à aucun moment.
Quant à notre "anti"-héros Jacques Mesrine en personne, campé par un Vincent Cassel au sommet de sa forme qui s'adapte au personnage dans une sorte de schizophrénie un peu magique, il représente à lui tout seul un véritable paradoxe dont la violence sous-jacente et le caractère hors-normes touchent autant qu'ils dégoûtent un spectateur décidemment partagé sur sa façon de penser, entre admiration et animosité oppressante.
C'est  finalement au Canada, après l'épisode coup de poing des QHS et l'impressionnante évasion du gangster et de l'un de ses alliés que s'achève ce premier volet, aussi sombre que jubilatoire.
Et l'on en ressort halluciné et secoué par tant de force.
Du grand art pour un film décapant.

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Mesrine_Ennemi_public_n_1

Mesrine, L'ennemi public n°1

Même cause, mêmes effets. A l'image du premier film, l'entrée en matière dans celui-ci est immédiate.
Pourtant, d'emblée, on sent bien que ce second opus voué à clore la biographie de Mesrine sera vraiment différent.
D'avantage posé et réfléchi, il casse d'un coup l'image de films d'action si représentative du premier volet afin de donner à l'ensemble un côté bien plus psychologique, à la fois inquiétant et captivant, que L'instinct de mort ne comportait pas. Et s'il suit chronologiquement l'histoire du gangster, pluie de détails et phrases savoureuses à l'appui, c'est pour mieux s'adapter à son personnage, son âge, son évolution et ainsi en dégager la quintessence.
En effet, le film perd certes quelque peu ses allures de courses poursuites effrénées (quoique) mais il y gagne en intensité, développant alors un côté pathologique effrayant au fur et à mesure que l'instinct meurtrier de Mesrine prend le dessus et que la haine s'empare progressivement de son être.
Un côté passionnant de la personnalité du gangster qu'il aurait été dommage de voir passer à la trappe et qui se révèle ici, exploré dans toute sa splendeur, tandis que notre héros excelle tant par son assurance que son humour.
C'est évidemment un atout important du film:
les joutes verbales y sont tout bonnement exquises.
Les phrases "cultes" de Mesrine, ses mots incandescents et expressions ont été rapportés intactes et viennent assaillir le long-métrage pour mieux le transcender. Vincent Cassel, quant à lui, les fait revivre avec un jeu toujours aussi bon et une authenticité surprenante. Alors on se prend à sourire lorsqu'il se fait narquois, à s'indigner lorsqu'il ironise et le contenu, sublimé par des personnages secondaires tout aussi percutants que dans le premier opus (Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric...), n'en est que meilleur encore.
On n'oubliera pas notamment la fameuse scène où Mesrine, arrêté par le commissaire Broussard, le reçoit dans son appartement, une bouteille de champagne à la main, le temps d'un face à face mémorable.
Mais au-delà de ces traits d'humour, subsiste la violence. Une violence effroyable, plus contenue cette fois, plus palpable également. On appréhende mieux alors la démarche psychosociologique de Mesrine, ses perpétuelles questions, ses contradictions extrêmes ainsi que ses pulsions meurtrières et c'est alors toute sa haine qui se déverse sur nous en même temps que sur ses victimes, dans une force inouïe d'une rare intensité. Car si L'ennemi public n°1 est a priori moins haletant que le premier volet de la biographie du gangster, il n'en demeure pas moins d'une cruauté sans limites.
Ainsi, l'énergie du film reste intacte et l'on se plaît à constater une mise en scène un chouïa plus aboutie encore.
Quelques bémols toutefois qui rendent peut-être cette seconde partie un peu moins marquante que la première...
Il ne s'agit pas tant ici d'un effet de découverte évidemment moins présent que de la fin du film en elle-même qui, à vouloir trop faire durer le suspense, tire un peu trop en longueur.
La mise en place du guet-apens de la porte de Clignancourt est longue à s'amorcer et si le procédé permet de sentir la tension monter de façon progressive, elle s'essouffle malgré tout un peu en même temps que le spectateur qui, naturellement, sait déjà à quoi s'attendre pour le bouquet final du film.
Un bouquet final fort heureusement magistral, mené d'une main de maître par un réalisateur talentueux et qui, dans une pluie de balles, met un terme à l'embuscade diabolique tendue par Broussard et ses acolytes, nous laissant scotché à notre siège pour de bon tandis que disparaît le dernier "vrai" gangster français...
Mesrine est mort, le sang se répand, le temps se fige.
Arrêt sur une image époustouflante de réalisme, brillante même.
Le résultat est impeccable et effroyable à la fois.
Où se situe le bien, où se situe le mal? ... Toujours l'impossible dilemme qui réapparaît.
Et le corps criblé de balles, Cassel nous ensorcelle, emportant avec lui et à travers ce diptyque magique l'un des plus grands moments de cinéma de l'année 2008...

-Livy-

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06 novembre 2008

Quelques films pour la rentrée

Sans plus attendre, je poste un nouveau billet cinématographique, reflet subjectif des films qui ont marqué la rentrée 2008 d'une façon ou d'une autre.
En effet, à défaut de m'être beaucoup rendue dans les salles obscures ces dernières semaines, j'ai tout de même eu l'occasion de m'y perdre quelques soirs et après-midis au détour de cinémas variés dans divers coins de Paris...
Un régal donc que de se laisser aller à découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux longs-métrages et ce, dans un état d'esprit sans cesse plus avide de curiosité.
De déceptions en films attendus, de découvertes en révélations,
Une envie me prend soudain de vous faire partager mes impressions,
Déplaisirs et agréables surprises confondus,
En voici un léger résumé.

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Retour sur la Palme d'or 2008

Entre_les_murs

Entre les murs de Laurent Cantet

Ca parle de quoi?
"Une année de la vie d'une classe de 4ème dans un collège dit difficile vue à travers les yeux de François, un jeune professeur de français."

Au risque d'en faire hurler plus un, je n'ai pas accroché avec ce film. C'est un fait.
Je l'ai trouvé long, parfois ennuyeux et souvent peu crédible par la même occasion.
Une fois de plus, la palme d'or du festival de Cannes nous a livré un film-documentaire, un peu dur, et c'était peut-être le film de trop de ce type, du moins pour ma petite personne.
Parce que tout d'abord, l'aspect documentaire pousse selon moi à la réflexion et il ne m'a pas semblé que c'était flagrant ici. Le film se veut neutre évidemment, mettant tour à tour en tort les élèves ou les professeurs, les faisant craquer puis les rendant aussi, chacun à leur façon, attachants et humains (il faut bien un brin de positif tout de même) mais pour finalement ne mener nulle part à force de neutralité et nous laisser sur notre faim, indubitablement.
On reste alors passif dans notre siège, face à cette classe de 4ème qui suit son année scolaire doucement mais surement et puisqu'on nous retranscrit les évènements au détail près, on ne parvient en fin de compte ni à prendre parti, ni à se laisser gagner par une émotion totale qui aurait pourtant été la bienvenue pour un film du genre.
Il y a certes quelques bons moments, je ne pourrais le nier. Les mots, les gestes des élèves sont souvent bien vus, touchants quelquefois, agaçants aussi, tendres ou violents mais toujours d'un naturel désarmant et force est d'admettre que ces adolescents jouent merveilleusement bien.
Les thématiques choisies pour les cours de français sont pertinentes également car elles permettent d'instaurer un réel dialogue entre prof et élèves, d'élever le débat ou l'éloigner de son sujet initial, et favorisent un aspect réaliste évidemment volontaire et plaisant.
Pourtant, au milieu de ces bons ingrédients, il manque ce petit quelque chose qui aurait sublimé le film, le rendant percutant et plus vrai.
Les étapes sont trop calculées, trop rigoureuses pour se laisser prendre au jeu alors si l'on rit, s'esclaffe ou s'offusque doucement des espiègleries des élèves au début, c'est ensuite pour mieux bailler quand elles s'éternisent.
Toujours le même professeur, toujours les mêmes paroles qui semblent revenir sans fin, à peine retouchées, dans la même classe...
Et lorsqu'un élève se fait finalement exclure, la mise en scène semble tellement froide qu'on ne parvient pas à en être touché. Bien malgré nous.
Par ailleurs, je me pose de fortes questions quant à la véracité de tant d'interactivité au sein d'une classe de 4ème ou, en général, les élèves plutôt que de jouer la carte de l'insolence en permanence préfèrent souvent adopter une attitude je-m'en-foutiste et silencieuse qui consiste à se faire oublier et convient souvent mieux à un manque de motivation latent que l'on retrouve, que ce soit en collège difficile ou ailleurs.
Il reste finalement du film beaucoup de bruit pour pas grand chose et j'en aurais presque souhaité que l'ensemble soit un peu plus romancé parce que c'était comme un regret de ne rien ressentir ou presque alors que j'espérais bien me sentir concernée par la question!
Je resterai enfin sur une image positive, celle de la dernière scène dans la cour de récréation, dernier jour de l'année ou profs et élèves se confrontent pour un match de football, qui a certes accentué la neutralité du film que je déplore ardemment mais qui a au moins le mérite d'être belle et naturelle, à l'image d'une jolie leçon de vie, tout simplement.

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Le film à succès du mois de Septembre

Mamma_Mia_

Mamma Mia! de Phyllida Llyod

Ca parle de quoi?
"Une future mariée est à la recherche de son père dont sa mère, baba cool, ne veut pas révéler l'identité.
Le film est adapté de la comédie musicale en hommage au groupe Abba."


Ceux qui me connaissent le savent bien, j'ai l'habitude d'avoir une forte aversion pour les comédies musicales, en film comme en spectacle.
Pas d'explication rationnelle à cela ni de critique fondée, juste qu'elles m'hérissent le poil avec leurs bons sentiments et finissent toujours au bout du compte par m'ennuyer à en mourir...
Mamma Mia! semble donc être l'exception qui confirme la règle puisque je suis ressortie de la séance d'incroyable bonne humeur et sans avoir eu l'impression une seule seconde de perdre mon temps.
Bien sur, plus d'un mois après le visionnage, il ne m'en reste rien.
Bien sur également, le scénario est niais et improbable, édulcoré à souhait, l'intrigue inexistante et les décors passablement surfaits.
Oui mais pourtant, il faut bien le reconnaître, son succès n'est pas volé; c'est d'une drôlerie et d'une fraîcheur à n'en plus finir.
Les acteurs en font des tonnes dans leur interprétation, tombant à merveille dans la caricature voire le burlesque, et par leur jeu excessif en deviennent terriblement attachants, notamment Meryl Streep comme transformée par son rôle.
Le fait que la comédie musicale en question soit une sorte de parodie des autres comédies musicales lui donne un peu plus de recul aussi, la rendant moins navrante par la même occasion.
Mais le point fort du film revient naturellement à la bande-originale absolument époustouflante et entraînante comme on n'en fait plus, si tant est qu'on apprécie un minimum la période disco, les tenues à paillettes en mode baba cool et le groupe Abba en particulier.
Tous les tubes dudit groupe, revisités pour l'occasion sont en effet un puissant moteur de dynamisme, énergie première du film et qui fonctionne à merveille de toute évidence, puisque je me suis vue danser toute seule sur mon siège de cinéma, ainsi qu'un grand nombre de spectateurs dans la salle...
On oublie alors les histoires d'amour" culcul" qui parsèment hélas l'ensemble pour ne garder que le côté fantaisiste, musical et kitchissime, puis on repart ensuite du soleil plein la tête, fredonnant les mélodies de Abba à n'en plus finir avec une furieuse envie de se faire rattraper par la "Saturday night fever" pour le restant de nos jours.
Du vrai divertissement. Pur et simple. Et sans prises de tête, aucune.

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Mes coups de coeur de l'automne
VCB


Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen

Ca parle de quoi?
"Un artiste-peintre espagnol un peu bohême entretient une liaison avec deux touristes américaines, ce qui attise la jalousie de son ex-petite amie."

Les critiques ont souvent été déçus par le nouveau Woody Allen, s'attendant à un film dans la lignée de Match Point tandis qu'il laissait découvrir une fois encore un aspect tout autre de la personnalité à facettes de notre réalisateur favori.
Naturellement VCB ne possède pas cette profondeur exquise et cette peinture sombre des comportements humains qu'engendrait ledit Match Point et que Woody avait renouvelé, un peu à tort à mon avis, dans Scoop un an plus tard.
Ceci étant, j'ai trouvé pour ma part le film très bon en lui-même, justement peut-être parce qu'il était différent de tout ce à quoi on pouvait s'attendre, misant cette fois sur un aspect gracieux et sensuel, artistique et passionnel, le tout excessivement bien amené au sein du scénario, il en aurait été dommage autrement.
Ainsi, derrière l'apparente légèreté d'une histoire plutôt banale qui relève d'avantage de la carte postale que du film d'exception, Woody a su nous dérouter comme à son habitude et s'est amplement "lâché", évoquant tour à tour liaisons tourmentées à deux, à trois, relations fusionnelles, hystérie ou bien routine sentimentale dans un état d'esprit passablement ouvert sur toutes les grandes questions existentielles que peut nous offrir la vaste thématique de l'amour.
Il a su en effet dissimuler à merveille au sein d'un scénario lambda toute une analyse comportementale et psychologique des moeurs amoureuses, soulevant alors les problèmes rencontrés en couple, la complexité des relations humaines, les phénomènes d'attirance et de répulsion, dans un élan de perpétuelle remise en question et avec un soupçon d'humour bien dosé.
Une habile manière de traiter un sujet éternel donc, et si le film ne répond pas à ces questions mais laisse au contraire des portes ouvertes, c'est sans doute pour mieux nous laisser cogiter à notre propre vécu, nos expériences personnelles, se perdre parmi les personnages et finalement se reconnaître dans au moins l'un d'eux, ému.
Il en résulte un film beau parce qu'irrégulier, lourd de conséquences comme la vie, qui oscille dangereusement entre le plaisir, la déraison, la mélancolie et les remords et qui nous dépeint, sous des allures de romance de vacances, le mystère de l'amour dans tout ce qu'il comporte de questions non élucidées, de souffrances et de fugaces instants de bonheur, le tout sur fond de création artistique, ce qui n'était pas pour me déplaire naturellement.
Un petit bémol cependant sur la performance des acteurs qui loin d'être exceptionnelle m'a semblé plutôt fade (Scarlett, mais où te cachais-tu donc?) à l'exception de Pénélope Cruz, rayonnante et imprégnée comme jamais dans ce rôle d'amoureuse passionnelle et hystérique, magnifique en soi, qui l'a transcendé du début à la fin...

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La_belle_personne

La belle personne de Christophe Honoré

Ca parle de quoi?
"Une adolescente de seize ans dont la mère vient de mourir arrive dans un nouveau lycée. Celle-ci devient la petite amie d'un garçon de son nouveau lycée mais se laisse prendre au piège d'une passion dévorante vouée à l'échec avec son professeur d'italien."

Inspiré librement du roman La princesse de Clèves de Mme de la Fayette, le nouveau film de Christophe Honoré est sensible et délicieux, fugace et douloureux et présente une vision de l'adolescence bien plus profonde qu'à l'accoutumée, parce qu'à défaut de vouloir tirer un enseignement sociologique de la chose, elle se présente différemment, toute en instinct et en subtilité.
Un critique a d'ailleurs soulevé les termes de  "gravité légère" et d' "ironie désespérée" bien à propos, laissant deviner alors des sentiments exacerbés qui vont s'accroître et puis tout juste transcender le film.
En effet, une vague de poésie, dramatique mais sans jamais tomber dans le pathos pour autant, envahit le long-métrage et l'enveloppe majestueusement de ses ardeurs, des affres d'une passion dévorante et de non-dits destructeurs, le tout avec cette façon très personnelle de traiter le sujet qui, dans des idées d'absolu, le rend bien plus imposant et fort qu'il ne le serait en réalité.
Ainsi va la magie du cinéma quand il s'égard sur des chemins romanesques et torturés et le réalisateur que j'apprécie tant l'a bien compris.
Il a su clore sa "trilogie" (Dans Paris, Les chansons d'amour, La belle personne) en beauté, en prenant soin de respecter toujours une parfaite cohérence laissant place à l'harmonie et puisque ces films qui s'accordent se suivent sans se ressembler, ils gardent en eux une certaine philosophie de la vie, décalée et toujours délicate, avec pour fil conducteur la jeunesse et la mise en valeur de la ville de Paris.
Ainsi, tous les ingrédients qui me sont chers sont réunis pour faire de La belle personne l'une des révélations de cette rentrée 2008 et me laisser totalement conquise face à tant de finesse, de gravité et de grâce, bande-originale magnifique à l'appui.
J'aime cette image improbable de l'adolescence, cette envie de déplacer les montagnes, ces échecs sentimentaux, ces espoirs vains, cette justesse dans le ton et la pudeur qui se dégage de l'ensemble.
J'aime ces envies de tout, de rien, de changements, les tourments passagers, les questionnements sans fin...
Autant d'émotions et de thèmes dont se nourrit un film décidemment à voir et qui a bien failli, c'aurait été vraiment dommage, ne jamais sortir en salles.

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Et aussi...

Le_crime_est_notre_affaire

Le crime est notre affaire de Pascal Thomas

Ca parle de quoi?
"Suite des aventures de Bélisaire et Prudence Beresford après Mon petit doigt m'a dit.
Partie à la recherche d'un cadavre, Prudence se fait engager comme cuisinière dans un château où est réunie une bien curieuse famille ..."

Le second opus des aventures de Bélisaire et Prudence n'est certes pas transcendant mais demeure néanmoins fort agréable à regarder, pour un moment de distraction plaisante et enjouée.
Le scénario, sans être mauvais, loin de là, se laisse aller malgré son petit suspense à quelques longueurs et tourne parfois un peu en rond, rendant le film moins attractif que Mon petit doigt m'a dit auquel on se doit évidemment de le comparer et qui lui, allait de rebondissements en rebondissements du début à la fin.
Cependant, porté par un duo d'acteurs magistral, le film prend de l'envergure et s'enrichit de dialogues savoureux, de situation cocasses et autres petits détails qui ne laisseront pas de marbre les amoureux des bons mots.
L'enquête à elle toute seule est une véritable petite perle de fantaisie, loufoque à souhait et menée d'une main de maître par une Catherine Frot toujours aussi pétillante tandis que les décors, en parfaite cohérence avec l'ensemble, plantent une ambiance très "Cluedo" à vous faire froid dans le dos, mais toujours pour la bonne cause.
En bref, le film est léger et gorgé d'humour, tantôt imparfait, tantôt insolent et tire toute sa puissance du jeu remarquable et subtil de Dussolier et Frot qui n'ont de cesse, par leurs échanges et leurs mimiques, de nous scotcher à notre siège et attirer notre attention, une fois encore.

-Livy-

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18 septembre 2008

Au cinéma cet été [Part two]

Le billet cinématographique de l'été intitulé précédemment "Part one" et paru en août dernier sous-entendait naturellement un deuxième acte et une assiduité de ma part à traquer du chef-d'oeuvre comme du navet (ou rien des deux...) mais c'était sans compter ma non-présence dans tous les cinémas de France et de Navarre au cours de ces dernières semaines.
En effet, de manque de temps en manque de temps, j'ai tellement tout raté qu'il me faudrait presque songer à télécharger ^^
La fille de Monaco, Le silence de Lorna, Babylon A.D...
Autant de films que, par attrait ou curiosité,  j'aurais souhaité voir mais que j'ai finalement mis de côté un peu malgré moi même si, à bien entendre les rumeurs, je n'ai parfois rien à regretter!
Pourtant, juste avant de me faire rattraper par l'automne et de mettre un point final à l'été 2008, je décide tout de même de poster un billet "part two", légèrement brouillon sans doute mais assurément plein de bonne volonté, dans le but d'évoquer les deux sorties un peu marquantes du mois d'août et dont je n'avais pas encore parlé.

En espérant trouver quelques instants de mon emploi du temps de ministre pour me remettre prochainement à jour sur les nombreux longs-métrages à voir en cette rentrée et ressentir ainsi par la même occasion le plaisir de savourer dans une salle de cinéma un film, un vrai, un bon...

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Wall.e de Andrew Stanton

Wall_e

Ca parle de quoi?
"Wall.e est un petit robot "nettoyeur" espiègle et ingénieux qui demeure le seul être vivant sur Terre puisque 700 ans plus tôt, les humains ont décidé de déserter leur planète d'origine, la jugeant trop polluée.
Sa vie calme et sans doute trop solitaire va être perturbée par l'arrivée de Eve, un robot femelle venue sur la planète bleue pour une mission..."

Rien de bien original dans le fait d'avoir aimé un film d'animation que la presse ne cesse d'encenser mais il faut l'avouer, il y a bel et bien du génie dans le petit dernier des studios Pixar qui ont placé la barre très haute, comme à l'accoutumée.
En effet, si techniquement parlant, le film est une réussite sur tous les plans, le scénario n'en demeure pas moins en reste et nous offre au beau milieu de moments tendres et de situations drôlissimes une critique habile de notre société, laissant derrière l'effet premier des gags en série, une sensation plus sombre, plus amère aussi, mais qui donne indéniablement une vraie consistance à l'ensemble.
C'est que, bien loin de se cacher derrière une amourette vide de sens ou de nous offrir des scènes un peu trop "eau de rose" pour être percutantes dans notre petite tête d'adulte, notre robot au grand coeur évolue au contraire dans un univers bien triste où seuls les objets semblent avoir réussis à trouver une issue de secours en gardant leur "âme" mystérieuse.
Et au-delà du rêve et de l'imaginaire qui touche notre sensibilité (parce que c'est fait pour), Wall.e nous dévoile avec une grande finesse un monde sinistre et antipathique, anéanti ou presque, le tout renforcé par la quasi-absence de dialogues par moment qui provoque alors cette sensation de malaise, introduisant du même coup un réel questionnement de la part du spectateur.
Il apparaît ainsi comme une évidence que les sujets polémiques abordés par le film, qu'ils soient d'ordre écologique ou sociologique, n'ont rien d'enfantin mais le décalage ressenti entre l'histoire de façade et l'histoire de fond déroute assurément et permet de se laisser prendre plus facilement au jeu de ce conte futuriste et dénonciateur, porté par les pérégrinations sentimentales aussi subtiles que poétiques d'un robot-héros aventureux en mal d'amour.

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Gomorra de Matteo Garrone

Gomorra

Ca parle de quoi?
"Les destins croisés de six personnages confrontés à la criminalité, dans les villes de Naples, Scampia, Castelvolturno et Terzigno sous l'emprise de la Camorra, la mafia napolitaine."

Froid pour ne pas dire glacial, troublant, violent, choquant, le film dérange comme il séduit, petite merveille de réalisme à l'état brut, fort et singulier à la fois.
Qu'on se le dise, le cinéma à l'image de Gomorra n'est pas franchement fait pour se détendre mais plutôt pour se rendre compte... et assurément en sortir différent car perturbé.
Il ne faut pas alors s'attendre à du babillage inutile ou à un scénario édulcoré pour adoucir l'ensemble mais plutôt à un enchaînement meurtrier terrifiant filmé à la manière d'un documentaire.
Tendu, soigné, efficace et surtout lourd de sens.
La caméra, nerveuse, nous rapporte, pièce par pièce, un pêle-mêle d'histoires dont on ne ressort pas indemne, tout comme les personnages que rien n'épargne de ce tourbillon de violence incroyable et de ces crimes à répétition, sorte de normalité locale.
La sensation de n'être plus le seul à décider de son existence envahit alors l'écran comme le spectateur et le réalisme évoqué plus haut prend toute son ampleur: tout est retransmis tel quel, la mort comme une banalité, la vengeance comme une évidence, et ce dans une absence d'émotion quasiment inhumaine créant ainsi, en même tant que l'effet de froideur qui se répand, une tension palpable et omniprésente qui ne fait que fasciner d'avantage dans tout ce qu'elle a de cruel, précisément.
Pas d'attachement dans ce film, pas de sentiments, rien.
Juste une observation minutieuse de faits trop souvent avérés.
Et c'est tout l'univers de la mafia napolitaine qui est passé au peigne fin avec un souci du détail déstabilisant mais toujours juste, au sein d'un film politique réalisé avec talent, qui ne peut que marquer les esprits et faire parler de lui, en bien comme en mal, et pour un bon moment.

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Comme au cinéma - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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