30 mai 2009
Cocoon à la Maroquinerie
Dans la série des concerts qui s'enchaînent comme il se doit, j'ai achevé le mois de mai un vendredi 22, par celui de Cocoon à la Maroquinerie de Paris dans un état d'esprit décontracté des plus plaisants, pour une soirée printanière parsemée à la fois de finesse, de convivialité... et surtout de ukulélé!
En somme, une bonne dose de folie bien amenée m'attendait là-bas et si je portais déjà le groupe dans mon coeur jusqu'au moment du concert, cette joyeuse ambiance ne fut pas pour me déplaire, loin de là.
°
Oui parce que Cocoon, souvenez-vous, était ce groupe qui avait sorti un clip vidéo aux alentours de 2007 [On my way] où ses deux membres distillaient leur pop/folk mémorable tout en se baladant à dos de panda. Et moi, rien que cet aspect là m'avait conquise d'emblée. Il y avait cette musique à la fois douce et entêtante qui m'obstinait et l'univers artistique en lui-même qui semblait se démarquer d'une pop/folk plus traditionnelle au moyen d'un imaginaire des plus décalés mais sans trop en faire, plutôt joueur mais jamais provocateur et attachant de surcroît. Peut-être faut-il rajouter aussi que j'aime bien les pandas...
De là en tout cas, est partie toute ma considération pour ce duo d'artistes et c'est avec plaisir que je les ai vu cumuler les morceaux de talent au fil des mois au sein d'un album drôlement intitulé My friends all died in a plane crash et que je ne peux que vous recommander, tant par sa douceur que par son univers à l'humour acéré.
Sur scène en revanche, j'ignorais totalement ce que nos deux compères pouvaient donner mais les critiques positives m'incitaient à m'y intéresser. Soit.
La Cigale, c'était déjà complet mais pour la Maroquinerie en revanche, j'ai eu droit à une salle que je ne connaissais pas encore et pour l'accompagner, un billet tout beau, tout prêt et qui m'attendait...
°
Pas déçue du voyage alors c'est indéniable, même s'il m'a fallu, pour ce faire, parcourir toute la capitale et que je n'étais pas hélas à cet instant dans une forme éblouissante.
J'ai cependant aimé le concert et plus encore, tout autant que l'ambiance inconnue de la Maroquinerie qui m'a surprise par sa convivialité pleine de charme, le sourire de tous ses occupants et la diversité du quartier de Ménilmontant.
Arrivée (comme souvent) juste après la première partie, je me suis retrouvée au beau milieu d'un joyeux remue-ménage où il n'y avait ce soir-là pas vraiment de scène au demeurant mais où les deux membres de Cocoon jouaient à même la fosse, entourés de toute part de leur public, conquis d'avance, qui se pressait autour d'eux et n'avait de cesse de répéter en choeur les paroles de leurs chansons.
Un vrai moment ludique que celui-ci à presque se croire lors d'une grande réunion entre amis... Des va-et-vient perpétuels entre le bar et la salle, des bières qui se croisent et s'entrechoquent, des moments passés au frais à se dégourdir les jambes dans la cour intérieure, vagues bavardages de circonstance avec des inconnus et même un tampon d'encre sur ma main! Tout ceci était plutôt inattendu mais décidément plaisant pour un type de concert encore différent.
°
Et parlons-en donc du concert!
Un frêle instant de bonheur, de ceux où l'on ne voit pas le temps s'écouler.
Le show se déroulait en deux parties, la première étant consacrée à l'album bien connu du groupe afin d'échauffer le public comme il se doit tandis que la seconde tendait à présenter le nouvel opus de Cocoon, dans les bacs courant 2010. (Patience...)
Cette structure bien amenée a forcément contribué à créer des moments forts, tant par leurs chansons-clés qui ont d'emblée déchaînées les passions que la pluie d'inédits qui nous est tombée dessus comme par magie.
Alors, m'agitant avec ferveur en pleine salle, à taper des mains et fredonner des onomatopées, ou assise dans un coin à savourer les mélodies, je me suis prise à rêver, de tout et de rien, mais juste m'évader en pleine Maroquinerie comme si j'étais simplement dans mon lit!
Les morceaux étaient doux et agréables, dégageant au sein même de leurs pitreries comme un parfum de folle et espiègle rêverie. Ils se suivaient, connus ou inconnus, en s'accordant parfaitement dans une mouvance qui a fait la renommée de Cocoon et continuera, je l'espère, pendant encore un bon moment.
Vagabondant alors d'une découverte à une autre, je me suis presque surprise à apprécier d'avantage la seconde partie réservée aux nouveautés car j'ai trouvé que ces morceaux à peine prêts, joués peut-être deux ou trois fois en live seulement, se trouvaient en parfait accord avec la philosophie des personnages du groupe, de leur état d'esprit, et tout en apportant un léger changement, gardaient une cohérence incroyable au sein même de leur univers. Parfois aussi, comble du bonheur, il y avait quelques hésitations sur les chansons et des rires qui fusaient... Le genre de concert naturel qui joue à merveille de son imperfection pour mieux la sublimer et plus encore, nous charmer.
N'allez pas penser cependant qu'entendre Chupee, On my way ou encore Owls en direct live m'a laissé insensible pour autant. Dans ces moments, l'interaction entre Cocoon et le public était aussi palpable qu'intense, tellement d'ailleurs qu'on en perdait presque son latin et que tout le monde finissait par chanter joyeusement. Ces titres, maintes et maintes fois entendus, à la radio comme dans des publicités, m'avaient tellement transportés au fil des années que les écouter en live était une sorte de victoire aussi incongrue qu'insensée et de toute évidence, c'est sans déception à la clé que je m'en suis délectée.
°
Mais portant l'écriture de ce billet sur l'évasion et la musicalité toute en finesse d'un groupe passablement débridé, je pourrais tout aussi bien vous parler d'eux...
Des vrais bavards que les membres de Cocoon, sympathiques comme vous n'en avez pas idée et passant avec légèreté d'une anecdote à une autre, d'une boutade à quelques bons mots tout en rameutant leur joyeuse bande de musiciens et copains de label pour l'occasion...
Un réel show alors qui valait tant par la qualité de ses morceaux que par les interludes où s'ils n'avaient de cesse de parler, les sourires et les mots se faisaient toujours de bon ton. Déridant ainsi un public cosmopolite (et qui n'a pas manqué de participer, certains ayant même eu le privilège de monter sur scène et de jouer avec les membres du groupe!), ils ont parsemé aux quatre coins de la salle leurs petites mélodies accrocheuses dans une liberté des plus totales, sans grand spectacle ni effets, mais juste avec simplicité.
Et autant vous prévenir que le concept a plus que fonctionné!
C'était plutôt joli par ailleurs que de voir deux musiciens sans leur scène s'entourer de gens et se prêter au jeu avec beauté. Inhabituel c'est certain, et parsemé d'originalité.
°
Je ne manquerais pour rien au monde par exemple de vous évoquer quelques
unes de leurs reprises surprenantes au beau milieu de leurs propres
chansons, telles Hey Ya! de OutKast, Kung Fu Fighting de Carl Douglas ou encore Rehab de Amy Winehouse.
Une bulle de folie supplémentaire pour parsemer leur univers d'une touche épicée, à en faire chanter toute l'assemblée. C'était bien vu et addictif à souhait... De toute évidence, ils auraient eu tort de s'en priver car le show s'est de suite vu monter d'un cran sur l'échelle de l'intensité.
Que deviendrait ce billet enfin si je ne mentionnais pas la tenue de
la demoiselle, toute de Castelbajac vêtue, portant une robe trapèze
pailletée où figurait un panda géant stylisé, symbole récurrent du groupe. Et vous pourriez bien vous dire que ce n'est là qu'un détail inutile mais, sans m'avancer, je la lui aurais bien
subtilisée ^^
°
La conclusion de tout cela me paraît alors somme toute assez évidente: Cocoon nous a offert un concert impeccable, tamisé et sans fioritures
mais au moyen de voix justes et bien placées et d'une musicalité avérée. Il n'y avait pas de fausses
notes en soi, pas de "hic" ni de "oups"... Seulement des étoiles qui s'illuminaient dés qu'ils chantaient ou qu'ils parlaient.
J'apprécie vraiment chez eux ce petit côté décalé/imparfait et leurs mots plein d'esprit que je ne leur connaissais pas encore mais qui m'ont littéralement subjugués sur le moment. Leur monde imaginaire est en effet aussi intriguant que fascinant. Il les laisse affranchis de toutes contraintes mais les fait se parer d'une aura évidente et d'un charisme si différent qu'on l'aime de suite ou bien que l'on critique tant... En bref, ce concert était si simple et si facile qu'il en demeurait tout bonnement impressionnant.
Et je ne saurais que vous dire à présent si ce n'est de réserver vos places pour leurs prochaines apparitions live, si tant est que la salle soit très petite, qu'il y ait beaucoup de monde et que, plongés tout comme moi dans un état d'esprit rêveur qui tend joliment à l'utopie ironique (si, si, ça existe ^^), vous vous réfugiez dans vos pensées les plus bohêmes....
-Livy-
--> Le Myspace de Cocoon <--
.
Je joins au billet cette magnifique image de ukulélé parce que d'une part, c'est l'instrument fétiche de Cocoon, du moins celui qui a fait une partie de sa renommée et dont il se sert souvent, et que d'autre part, j'ai tout naturellement craqué à la boutique en fin de concert et m'en suis dégotée un!
Il est tout chouette ce ukulélé, même qu'il est écrit "Cocoon" dessus et je n'en suis pas peu fière. Je pourrais presque me prendre pour Julien Doré à présent... A l'exception près que je ne sais absolument pas m'en servir pour l'instant et que je l'accorde avec grand peine mais est-ce donc si important?
Je viens tout simplement de trouver la nouvelle torture auditive de mes voisins...
Et maintenant, en attendant que j'apprenne à en jouer comme une virtuose (ce dont je doute un peu à vrai dire), je suis parvenue à dénicher un tout nouvel instrument et un élément décoratif à souhait pour mon petit appartement.
Heu-reuse ^^
26 mai 2009
Celle qui rattrapait son retard cinéma de 2008
Si vous recherchez avidement les nouvelles actualités cinématographiques à ne pas manquer et mes douces épopées de ces dernières semaines dans les salles obscures, j'aurais bien des choses à vous confesser certes, mais vous repasserez pour cette fois!
Figurez-vous en effet que depuis un certain temps, je me suis concoctée à la maison quelques brèves séances de rattrapage des films de 2008 (et ce n'est qu'un début!), histoire de combler ce manque effroyable de culture, vous en conviendrez, et me faire ainsi une idée des longs-métrages que j'avais eu la négligence de me voir filer sous le nez... ou pas.
Le "ou pas" s'avère en effet employé à bon escient car, en dehors d'une très belle surprise que j'ai omis (un peu malgré moi) de visionner lors de sa sortie au cinéma, j'ai somme toute été un peu déçue par l'ensemble pour ne pas dire beaucoup, ce qui me fait songer qu'au final, je n'avais peut-être rien manqué...
Et c'est ainsi que je m'en vais vous conter l'histoire d'un nouveau billet cinématographique aussi long que mitigé ^^
*
Mon coup de coeur
Séraphine de Martin Provost
Ca parle de quoi?
"La vie de Séraphine Louis dite de Senlis, née en 1864, devenue tour à tour bergère puis femme de ménage et surtout dotée d'un don pour la peinture dans un style "art naïf", repérée par un collectionneur d'art allemand, avant de sombrer peu à peu dans la folie."
Tout simplement beau.
Ce sont les premiers mots qui me viennent à l'esprit et sans doute aussi la raison de ce coup de coeur inné. Le film distille en effet sa mélancolie sereine avec une humilité et une force esthétique incroyables, faisant à juste titre sortir de l'oubli une artiste au talent avéré, qu'on avait hélas un peu trop mis de côté. La création est ainsi mise à l'honneur ici, laissant rejaillir plus que jamais les éternelles réflexions chères aux amoureux de l'art, à savoir si le fait de créer en soi est un don ou bien le fruit d'un long labeur.
Et si la question demeure en suspens, le film, lui, se plaît à errer sur les chemins sinueux de l'imagination un brin mystique, du rêve et de l'illumination, où l'extase, loin de déranger, est le reflet d'un art puissant et prometteur.
La lenteur de l'ensemble quant à elle, laisse à Séraphine la liberté de créer ses propres tableaux avec grâce et émotion. Elle n'en est que plus propice à la délicatesse du sujet et loin d'apporter lourdeur et ennui, nous fait revivre avec une subtilité exquise le cheminement de cette femme différente et silencieuse qui a su exprimer, dans un isolement quasi-total, toute la beauté de son âme par le biais d'un art qu'elle n'avait jamais étudié.
Une prouesse philosophique et sobre, portée par l'impressionnante performance de Yolande Moreau qui dans son rôle se
révèle entièrement et excelle dans les scènes difficiles, nous emportant alors dans un autre temps. Le film se laisse de ce fait savourer avec une délectation non feinte et sa fin, douloureuse à souhait, ne peut que renforcer cet aspect d'isolement et de souffrance de notre héroïne bien réelle, à l'image d'une Camille Claudel.
Le long-métrage d'ailleurs, loin de s'arrêter aux constatations purement artistiques, se fait aussi humain, explorant tour à tour les relations du surprenant duo formé par Séraphine et Uhde -un grand moment de cinéma à mi-chemin entre poésie, tendresse et incompréhension- et nous dévoile avec une infinie précision les peintures de l'artiste, sondant de ce fait les impressions des personnes alentours sur lesdites peintures. La pirouette est habile et tandis que Séraphine est jugée ou considérée par ses condisciples au sein du film, elle nous permet, à nous spectateurs, la découverte de son oeuvre dans toute sa splendeur, détails à l'appui. Un aventureux voyage nous attend alors, inconnu il faut bien l'avouer, mais qui de toiles en toiles vaut décidément le détour sitôt qu'on apprécie l'art un tant soit peu.
Et c'est vrai que si j'ai eu beau vivre près de Senlis une bonne partie de ma vie et connaître le destin improbable de cette femme, j'ignorais son art en grande partie si ce n'est quelques tableaux de-ci delà (honte à moi) et suis enchantée d'avoir pu le découvrir de la sorte, non sans un certain ravissement.
De Séraphine alors, il faut retenir un petit chef-d'oeuvre de vérité, sorte de biopic hors du commun qui s'attaque à un sujet complexe et méconnu et s'en sort avec brio pour illuminer la thématique de son élégance un brin décalée, parfois torturée mais toujours artistique.
Et si le film peut parfois déranger par son silence ou son ambiance, il n'en demeure que plus sincère et brave tous les clichés du cinéma actuel pour se révéler tout autant qu'il révèle une femme au destin désormais inoubliable...
.
Je suis venue, j'ai vu, je suis déçue
Australia de Baz Luhrmann
Ca parle de quoi?
"Fin des années 30. Une aristocrate hautaine, Lady Sarah Ashley, arrive en Australie pour sauver l'exploitation de son mari de la faillite. Rapidement, les menaces qui règnent sur sa propriété la conduisent, afin de sauver ses terres, dans de grandes et rocambolesques aventures, aux côtés notamment de "Drover", le cow-boy viril aux allures un peu rustres et d'un jeune garçon qu'elle prend sous son aile. Le temps passant, les sentiments de la lady se dévoilent peu à peu, brisant la glace de sa personnalité froide, en dépit des bombardements japonais qui s'abattent sur la ville où elle a élu domicile."
Lorsque l'on connaît mon engouement proche de l'hystérie pour les films de Baz Luhrmann (j'ai même vu son tout premier long-métrage pourtant peu connu et intitulé Ballroom Dancing), il était presque improbable que je manque celui-ci et pourtant, c'est bel et bien ce qui m'est arrivé...Un rattrapage évident s'imposait donc.
Et c'est une petite déception à la clé à laquelle j'ai eu droit parce que je dois bien admettre que je n'ai que moyennement aimé Australia. Des longueurs dans le scénario compensées par de magnifiques paysages à perte de vue, c'était certes bien joli mais ce n'était peut-être pas ce qui était sensé me captiver le plus. Alors, de clichés en clichés, je me serais bien crue dans un pastiche de Autant en emporte le vent mais en moins novateur puisque le genre, ultra-exploité depuis, est un peu arrivé à saturation il faut bien le dire et que même si c'est très beau, cela n'en demeure pas moins lassant.
Les amateurs de "grand cinéma" dans toute l'acception du terme en prendront cependant plein les mirettes puisqu' Australia possède ce côté très "américain", grandiose, magistral et puissant, suffisamment en tout cas pour nous servir du drame romantique à la sauce western sur fond de guerre (rien que ça!). En bref, toute une flopée d'ingrédients utiles et racoleurs à souhait pour exploser le box-office hollywoodien et faire pleurer dans les chaumières. Un programme étudié au millimètre près mais peut-être légèrement trop pour être crédible justement, avec sa successions de gentils et de méchants et de faux méchants qui sont en fait des gentils et de vrais gentils mais qui ne le savent pas encore...
Bref, vous aurez compris le principe, il est vieux comme la nuit des temps et je pourrais tout aussi bien vous parler d'une merveilleuse aventure humaine mais ce serait là pousser le cliché à son paroxysme.
Après, je n'irai pas non plus poursuivre ma critique dans de trop cyniques remarques puisque j'ai moi-même versé une larmichette à plusieurs reprises (ma sensiblerie me perdra toujours) et que certains passages, de par leur aspect artistique ou créatif valaient vraiment le détour, me plongeant l'espace de quelques minutes dans une rêverie des plus exquises, avec cette petite touche à la Baz Luhrmann que j'aime tant mais que je ne saurais décrire puisque dans chacun de ses films, il laisse une emprunte un peu magique et enchanteresse qui donne libre cours à l'évasion.
Pour le reste, Australia demeure un film long et surtout mitigé, aussi bien dans son concept que sa philosophie. Il n'échappe pas ainsi à la règle du trop conventionnel, vu et revu, et à des personnalités sans réelle saveur car trop systématiques, ce qui me contrarie un peu.
On admirera cependant l'aspect "grand spectacle" qui s'offre à nous, maladroit parfois, attendrissant à d'autres moments, et une façon de filmer plutôt impressionnante qui, de ce
côté, reste en tout point irréprochable.
A voir donc pour le côté romanesque,
Et à éviter surtout pour les clichés à n'en plus finir.
.
La fille de Monaco de Anne Fontaine
Ca parle de quoi?
"Bertrand, avocat d'assises brillant, cultivé, volubile et surtout médiatique est à Monaco pour assurer la défense d'une meurtrière. Il y fait la rencontre du taciturne Christophe, chargé de sa sécurité et surtout d'Audrey, présentatrice sexy de la météo locale, aussi ambitieuse que volage. Petit à petit, le trio qui part dans des chassés-croisés à n'en plus finir va mal tourner..."
S'il y a bien un film que je souhaitais voir au moment de sa sortie, c'était celui-ci. En effet, en tant que fervente admiratrice de Luchini, j'étais curieuse de sa performance et plus encore du scénario qui m'intriguait au plus haut point, la bande-annonce aidant beaucoup à ce sujet. Mais hélas pour moi, j'ai été bien déçue et pas qu'un peu. Il est vrai que voir un long-métrage bien après sa sortie dans les salles et en entendre de nombreuses critiques dithyrambiques, c'est déjà se conditionner un peu à l'aimer... ou, autre possibilité, se prendre une grosse claque en pleine figure! Et on optera alors pour la deuxième solution parce que c'est sincèrement ce que j'ai ressenti.
Une curieuse impression de platitude, de clichés et de mauvais goût, un style douteux qui en fait trop ou pas assez mais qui se laisse aller à des digressions inutiles alors que l'histoire, d'elle-même, présentait une richesse à exploiter vouée à transformer la médiocrité omniprésente en véritable chef-d'oeuvre.
Certes le jeu de Luchini est jouissif comme à son habitude et en cela réside tout le point fort du film. Il nous laisse à un sorte de one-man-show comme il sait si bien le faire et ses déclamations tout autant que ses mimiques tendent à sourire et à émouvoir, dans tout ce que son personnage peut avoir de complexe. Inutile de le préciser donc, j'ai adoré.
Mais qu'on ne s'y méprenne pas, il n'en sauve pas pour autant La fille de Monaco du néant car tandis que le scénario traîne en longueur, Roschdy Zem, plutôt bon acteur, demeure trop effacé dans un rôle psychologique pourtant hautement intéressant et Louise Bourguoin, tant acclamée pour sa prestation, n'a de crédible qu'une plastique irréprochable et une véritable caricature de prostipute au sein desquelles ses talents d'actrice se retrouvent annihilés.
Ainsi donc, la thématique du triangle amoureux ne fonctionne guère ici. Trop ampoulé, trop pompeux, mais juste trop! Les rebondissements sont prévisibles, la fin franchement décevante et la tension que certains trouvent palpable au gré du film est demeurée inexistante à mes yeux... Peut-être parce qu'au milieu de ce pêle-mêle immense, on ne s'y retrouve pas et qu'au fond, on n'y croit pas vraiment non plus. C'est ainsi que la simplicité se perd tout comme nous dans des méandres improbables qui accentuent le côté "parodie" de l'ensemble.
C'est un peu dommage cependant avec autant de matière, d'avoir encombré le sujet de clichés vains pour parvenir à ses fins. Il y avait de quoi réussir quelque chose de grand et subtil mais après visionnage du film, je reste définitivement blasée.
Alors c'est un fait, je persiste et signe à dire que la bande-annonce était alléchante, oui mais seulement est-ce bien là suffisant?
.
Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz
Ca parle de quoi?
"Toorop est un homme d'action, un mercenaire qui a survécu à tous les combats qu'il a mené depuis le XXI ème siècle. C'est alors que la mafia d'Europe de l'Est lui confie une nouvelle mission: convoyer de la Russie à New York une mystérieuse jeune fille nommée Aurora pour la remettre aux mains d'un ordre religieux tout puissant."
Qu'il est loin le Kassovitz de La Haine ou Assassin(s)! Il ne nous avait clairement pas habitué à un long-métrage du genre alors évidemment, on est surpris. Le fait est qu'on se retrouve ici face à un véritable film d'action au dynamisme évident, où les scènes s'enchaînent à un rythme haletant au beau milieu d'un univers sombre et glauque où la tension demeure omniprésente.
Alors, pari réussi pour ce film mi-frenchy/mi-américain? Eh bien, moyen.
Dans un sens et de prime abord, le scénario est plutôt bien construit, structuré et cohérent (du moins en apparence), allant même jusqu'à apporter par moments une petite touche de psychologie au sein de l'ensemble. Kassovitz semble ainsi maîtriser son oeuvre à la perfection. Seulement voilà, au-delà du visuel, Babylon A.D. manque sérieusement de contenance et de profondeur, et se révèle du coup assez prévisible, nous offrant sur un plateau d'argent un film d'action comme il y en a tant déjà, l'aspect fantastique en prime et une intrigue un peu bâclée au demeurant.
Il faut dire qu'avec le choix de Vin Diesel en acteur principal, tout de muscle vêtu, l'ensemble est rendu d'emblée un peu "bourrin" et je n'adhère pas trop... Et si sa performance n'est pas mauvaise en soi, ma subjectivité, elle, approuve légèrement moins parce que le film pourrait s'appeler xXx ou Fast and furious qu'il me ferait le même effet, c'est-à-dire aucun si ce n'est une petite poussée d'adrénaline dont les effets auraient totalement disparu sitôt le générique de fin commencé.
On est donc assez loin des talents cinématographique de M.Kassovitz et des messages qu'il délivre en général au sein de ses longs-métrages. Il fustige d'ailleurs lui-même son propre film à coup de phrases incendiaires telles "pure violence et stupidité" et j'en passe des pires et des meilleures. Une autodérision qui me prête à sourire de la part d'un réalisateur, surtout lorsqu'on connaît le caractère plutôt emporté du personnage et qui n'a pas pour habitude de mâcher ses mots...
Pour la petite anecdote, Kassovitz n'aurait pas eu la liberté souhaitée durant le tournage de Babylon A.D. mais se serait vu au contraire imposé des coupures inopinées vouées à rendre le film plus proche de l'action mais plus vide de sens également.
Alors, info ou intox? Une chose est sure, c'est que le réalisateur se montre plutôt lucide dans ses propos et qu'il ne semble pas s'accorder à merveille avec les critères du cinéma hollywoodien. Ses idées créatives qui m'ont toujours tenues à coeur jusqu'à présent en ont sévèrement pâties dans ce film d'action sans âme ou presque et j'attends ardemment de le voir se pencher sur des projets qui lui conviendront d'avantage, nous laissant une fois encore savourer des longs-métrages plus poussés d'un point de vue psychologique, un oeil critique en prime, comme il sait si bien le faire.
.
Et aussi...
Kung Fu Panda de Mark Osborne et John Stevenson
Ca parle de quoi?
"Le panda Po, drôle, costaud et maladroit, est un grand fan de kung fu. Elu pour accomplir une ancienne prophétie, il va enfin pouvoir vivre son rêve, entouré de ses idoles qui l'initient -envers et contre tout- aux arts martiaux. Cependant, un ennemi du nom de Taï Lung, le léopard des neiges, est prêt à se venger et c'est Pô qui devra assurer la défense de sa vallée..."
On ne va pas se voiler la face, le pitch est plutôt commun: le héros est gaffeur et maladroit, il y a un vilain méchant et les deux vont évidemment se trouver confronter au sein d'une bataille-dénouement dont l'on connaît déjà la fin. Il me faudrait donc trouver des arguments un peu plus probants pour vous convaincre... J'ai!
Car malgré cette apparente platitude, propre à tous les films d'animation dignes de ce nom, la recette est sacrément efficace ici et les aventures de ce fichu panda sont addictives à souhait parce qu'on le veuille ou non, on se prête au jeu et ce, dés les premières minutes. Les gags s'enchaînent, les références au cinéma d'action asiatique sont plaisantes comme tout et le parcours initiatique du héros nous tient en haleine du début à la fin, avec magie et rebondissements. Alors je sais bien qu'il est écrit "Film pour enfant à partir de 6 ans", mais au diable les apparences! On n'a qu'à se dire qu'on régresse un peu le temps d'une soirée et qu'on se fait plaisir pour un moment de pure détente parsemée d'une dose d'humour non négligeable. On ne m'enlèvera pas de l'idée alors que fichtre, c'est fou comme ça fait du bien!
Kung Fu Panda est par-dessus tout un film d'animation soigné, bourré d'autodérision et saupoudré d'images des plus esthétiques. La finesse de l'ensemble est un contraste bien vu avec la maladresse de Pô, ce qui le rend encore plus attrayant, surtout pour les adultes qui noteront au passage la petite note de subtilité glissée là.
Ajouter à cela une touche de folie, une soupçon de délire, une once de sentimentalité et vous obtiendrez le tout, certes un peu commercial (eh oui, vous vous attendiez à quoi?) mais d'une efficacité avérée et surtout très attrayant.
En bref, à ne surtout pas manquer pour une soirée entre amis ;)
*
A voir encore...
Valse avec Bachir de Ari Folman
Le silence de Lorna des frères Dardenne
Tokyo! de Yoshihiro Nishimura
La frontière de l'aube de Philippe Garrel
Et enfin, The Duchess de Saul Dibb
(parce que je suis une éternelle romantique et que je raffole des films en costumes d'époque)
-Livy-
22 mai 2009
La playlist de Mai
.
Olivia Ruiz - Elle panique
James Morrison - Wonderful world
Jason Mraz et Colbie Caillat - Lucky
Yodelice - Sunday with the flu
Cassettes won't listen - Freeze and explode
Carolina Liar - Show me what I'm looking for
Depeche mode - Wrong
Radiohead - 15 step
Creature - Pop culture
Pink - Sober
Linkin Park - Leave out all the rest
Framing Hanley -Lollipop
Ben Harper et Relentless seven - Shimmer and shine
The Hives - Try it again
Jet - Put your money where your mouth is
° ° °
En mai, fais ce qu'il te plaît... C'est que je n'allais pas me gêner non plus!
Vous commencez tellement bien à connaître le concept de mes playlists, leur incohérence, leur imprévisibilité et tout ce qui les caractérise, que je me devais de satisfaire une fois encore un soupçon de curiosité bien placée pour ce mois-ci.
Aussi vous ai-je laissé pêle-mêle une quinzaine de morceaux, comme à mon habitude, immortalisant la musique dans un petit instant de magie partagé au moyen d'une fugacité des plus trépidantes.
De cette façon, ma petite touche printanière musicale à moi se veut aussi subtile que volubile et entraîne ses notes rebelles échappées des partitions sur des chemins hasardeux, peuplés de mystères, de rêves et de nouveaux horizons.
Du rock? Assurément oui, mais pas seulement...
Au pays de la musique, l'éclectisme ne se développe t-il pas tout en beauté?
Les mélodies guident alors mes pensées et je me laisse entraîner dans de lointaines contrées.
Sensation étrange. Je perds le contrôle et je perds pied.
Le printemps, toujours, me guide dans Paris à l'aveuglette ou sur les quais, laissant derrière lui un arrière-goût de jolies chansons fredonnées et d'inspiration pour mon carnet d'idées, le temps d'une balade qui fleure bon l'authenticité...
-Livy-
18 mai 2009
Chuck: geek attitude en plein délire d'espionnage
Chuck me!
Je crois bien que j'ai carrément eu un énorme coup de coeur pour cette série.
Pourtant, rien n'était gagné d'avance. Le côté "nerd" de l'histoire évoqué par mon geek de meilleur ami, totalement addict déjà, ne m'ébranlait guère, pas plus que les vagues extraits qu'il avait daigné me montrer et qui se situaient dans un curieux magasin nommé le "Buy more". C'est que les personnages secondaires que je ne connaissais pas encore me semblaient jouer la pantomime dans un état d'esprit de surenchère et tout ce joyeux remue-ménage, sans aucune signification, ne m'inspirait pas du tout, ou encore moins que ça.
Fin de l'histoire qu'on aurait pu dire alors, mais non.
Figurez-vous que je me suis retrouvée par le plus grand des hasards avec les deux saisons de Chuck dans leur intégralité bien mises en évidence sur mon ordinateur (il a de la suite dans les idées, ce fichu meilleur ami ^^) et qu'un soir, dans le noir, juste pour voir, j'ai tenté une approche sans grande assurance de l'épisode pilote, histoire de.
La suite est d'une évidence accablante visant à prouver une éventuelle faiblesse de ma part dans l'addiction vis à vis des séries TV. Pauvre de moi!
Il faut dire que l'épisode pilote était tout
bonnement explosif alors bien sur, j'ai explosé... mais de
joie. Et de me mettre aussitôt à
cumuler les épisodes avec passion, m'emballant pour cet univers
d'espionnage remixé à la sauce "geek"et à l'humour débridé.
Un vrai trésor de droguée à la recherche de sa dose en quelque sorte, et que je ne pouvais garder sous silence plus longtemps...
.
.
Mais Chuck, c'est quoi au juste?
Chuck Bartowski est un jeune homme brillant mais maladroit, geek passionné d'ordinateurs qui travaille au Buy More, une grande surface d'électroménager et d'électronique, et qui partage un appartement avec sa soeur et le fiancé de cette dernière.
Sa vie, plutôt ennuyeuse, solitaire et dénuée de toute folie, va basculer le jour où Bryce Larkin, son ancien meilleur ami de l'université, lui envoie un mail mystérieux qui contient toute la base de données d'images de la NSA et de la CIA réunies : l'Intersecret.
Aussitôt, il se trouve confronté au cynique John Casey sous couverture de la NSA et à la séduisante Sarah Walker qui travaille pour la CIA. Ces deux-là le recrutent dans le monde de l'espionnage et le protègent tandis qu'il les aide dans leurs tâches. Sa vie, ainsi chamboulée, est alors partagée entre son emploi au Buy More, son désastreux meilleur
ami Morgan Grimes et ses autres collègues de travail, sa famille et les missions d'espionnage qui ne se passent jamais comme prévues...
.
.
On l'aura compris à travers le pitch, l'univers de la série se révèle excessivement riche, évoquant tour à tour des sujets qui n'auraient a priori rien à voir les uns avec les autres mais qui finissent irrémédiablement par se rejoindre au moyen d'habiles pirouettes de la part du scénariste. En guise de cadeau-bonus, des parodies, des clins d'oeil aux plus grandes sociétés high-tech et de fines allusions à des films, chansons, publicités etc..., délicatement glissées sous forme de répliques au sein de l'ensemble; autant vous dire que les amateurs du genre se délecteront de tant de références.
Chuck sort ainsi des sentiers battus et conjugue avec brio des thématiques improbables qui tendent aussi bien à l'humoristique qu'au film d'action en passant par un petit air de romance qui, à défaut d'être niais (ouf), se révèle plutôt attendrissant.
Loufoque et incohérent, le scénario n'en demeure pas moins palpitant et bien pensé et se base sur une construction solide des gags en béton pour faire ressortir de la série un aspect un brin plus sérieux et des effets spéciaux à en faire pâlir les vraies séries d'action et d'espionnage. C'est ainsi qu'on ne s'ennuie pas une minute, jonglant sur un fil conducteur multiple et sans cesse renouvelé.
De plus, outre les épisodes voués à varier les plaisirs, les thèmes qui s'enchaînent sont excessivement bien dosés et le choix du casting s'avère totalement pertinent.
Au pays de Buy More alors, les rebondissements vont bon train et si Chuck, notre héros en plein coeur de l'action, se révèle être un espion décidément pas comme les autres, maladroit comme pas deux et grand collectionneur de gaffes devant l'éternel (dont il se sort toujours bien), les personnages secondaires, n'en perdent pas pour autant leur importance, dévoilant tour à tour des personnalités aussi surprenantes que touchantes.
Un autre adjectif? On pourrait dire "tordues" aussi (Et je cite Jeff, Lester, Big Mike et leurs compères à ce sujet) mais là encore demeure leur charme inné ^^
.
.
Certes, je sens pourtant les mauvaises langues qui pourraient en arriver à penser que le combo action-romance-humour, dans son efficacité évidente, est commercial à souhait et dans un sens, on les comprendrait bien, moi la première. Mais par chance, Chuck sort indemne de ce vilain procédé parce qu'il n'est pas qu'un simple divertissement télévisé mais aussi une série vraiment unique dont le côté déjanté et décalé, pas franchement exploité de la sorte jusqu'à présent dans d'autres séries de sa trempe, fonctionne à merveille et atteint par la même occasion des sommets de situations incongrues et délirantes.
C'est ainsi qu'on s'y retrouve tous au final, non pas pour la crédibilité de la chose, oh que non, mais plutôt menés par l'envie de sourire ou de lâcher prise, qu'on soit branché espionnage/suspense ou pas du tout d'ailleurs, et si en plus on a en nous ne serait-ce qu'une once de geek-attitude, alors ce n'est plus qu'une histoire de temps pour être converti à la série!
.
.
Il serait dommage également de ne pas mentionner l'aspect musical de Chuck puisqu'il est prédominant, aussi bien dans l'action que dans les scènes impromptues. On sait bien en effet que la bande-son d'une série possède toujours une importance non négligeable mais elle demeure parfois un peu en retrait et à l'instar d'un ou deux titres phares, on n'en retient pas grand chose.
Point de cela ici puisqu'elle se montre dans toute sa splendeur, aussi puissante que diversifiée et procurant à l'ensemble cette inexplicable énergie dans l'enchaînement des scènes, qu'un silence de trop longue durée ou un titre peu approprié auraient annihilé d'emblée.
Les morceaux se suivent donc sans se ressembler, tous styles et toutes époques confondus mais s'harmonisent toujours à merveille avec l'épisode du moment, lui donnant un côté plus attractif encore qui le fait briller de plein fouet. On retrouve ainsi une multitude d'artistes très hétéroclites au sein des deux saisons tels House of Pain, Jet, Band of Horses, Gotan Project, Oasis, The Editors, The Kooks, The Fratellis, The Prodigy, Iggy Pop, Supergrass, Kaisier Chiefs, Bloc Party et encore une tripotée de pointures car figurez-vous que je ne vous en cite même pas le tiers (et qu'accessoirement, j'ai opté ici pour mes favoris ^^).
De quoi faire une sacrée playlist avec le tout, et de qualité de surcroît, qui pourrait s'étendre bien au-delà encore si l'on prend en compte quelques bons vieux tubes à la Chumbawumba ou Les Backstreet Boys, histoire de se remémorer de bons vieux souvenirs ;)
Saupoudrez enfin le tout d'un soupçon de musique classique (Beethoven, par exemple) et de tubes bien bien commerciaux (Lady Gaga, Pussycat Dolls) et vous obtenez une BO d'enfer dont l'éclectisme très prononcé est un atout assuré!
.
.
Alors voilà, même en pleine crise, on espère tous malgré tout une troisième saison pour la petite série qui monte, d'autant plus que les derniers épisodes de la seconde se dévorent plutôt qu'il ne se regardent, tant les intrigues à venir promettent d'être captivantes et d'opter pour un changement de direction certain d'autant plus que tout bascule...
Oups, en aurais-je trop dit?
Je pourrais tout autant vous confesser que je rêve chaque nuit d'avoir un intersecret dans la tête, même que ce serait bien pratique pour régler mes problèmes au quotidien.
Par pur hasard, il paraîtrait que c'est impossible dans la vraie vie et que je ne peux pas être un agent secret, non mais quel malheur!
Et dire qu'on m'avait déjà affirmé la même chose à propos de mon souhait de devenir la soeur cachée de Harry Potter.
Faut-il que je sois maudite et condamnée à vivre dans la réalité.
Heureusement, il y a toujours Chuck pour l'enjoliver ^^
-Livy-
BONUS
Ah oui, j'allais oublier...
Le truc ci-dessous là, s'appelle Bryce Larkin (Matthew Bomer)
Et en voici un bref échantillon, juste pour le plaisir des yeux ;)
14 mai 2009
The Ting Tings au Bataclan
.
Dans mes moments d'égarement, je ne vous cacherai pas que plutôt que de me faire un top ten des balades les plus tristes du moment (arf, je le fais aussi ^^), je raffole de la brit-indie-pop et en abuse assidûment.
On m'a alors dit maintes et maintes fois à ce propos que je ne devrais pas, que c'était un truc de filles, voire même que je perdais mon temps mais après tout, partant du principe que je suis une fille et que perdre mon temps ne me déplaît pas au demeurant (procrastination power, toujours prêt!), je ne me suis pas gênée pour continuer.
C'est qu'il y a dans ce côté pop un dynamisme vraiment palpable, totalement différent du rock certes, mais qui incite à bouger et se révéler, qu'on le veuille ou non. Un instant édulcoré pour un électrochoc assuré et tout un univers à explorer. Du moins, je le vis de la sorte, pleinement et passionnément, et apprécie plus que tout m'en imprégner pour mieux le ressentir surtout si, cerise sur le gâteau, je peux le faire partager à mon entourage dans un état d'esprit qui tend dangereusement du bon côté.
Il s'est avéré, qui plus est, que We started nothing, l'album des Ting Tings, est parvenu jusqu'à mes frêles oreilles pile au bon moment, courant 2008, la marque Apple ayant bien sur contribué un tantinet à cette découverte, mais pas que.
"We started nothing"... en voilà un titre qui m'inspirait. Je lui trouvais quelque chose de positif dans son subtil néant et la curiosité aidant, c'est la découverte de l'album entier, à forte valeur ludique, qui m'a embarqué loin de tout. Des mélodies accrocheuses et entêtantes (certains diront agaçantes, les vilains) pour un univers "so british" emprunt de couleurs, d'une petite touche de folie, l'aspect glamour en prime et de l'énergie à revendre...
Une petite bombe anglaise que ce groupe!
... Et à voir en live de toute urgence, que je me suis dit un beau matin.
Je suis du genre à aller au bout de mes idées. Ca s'est passé un jeudi soir de mai 2009. Le 7.
Résumé des faits.
°
D'ailleurs je n'aurai aucun mal à cela car le résumé, ma foi, est tellement en accord avec ce que j'imaginais et ce à quoi je m'attendais que j'en aurais presque dit l'intégralité dans l'introduction. Après tout, c'est un peu de ma faute si j'écris toujours de trop...
Ainsi donc, voici que je persiste et signe à propos du dynamisme du groupe, de l'engouement provoqué, de l'aspect positif et décalé vraiment très attractif en live et de tous ces mots dont je vous ai déjà rebattu les oreilles auparavant.
J'ai pu observer en effet, non sans une certaine satisfaction, une réelle prestance scénique de la part de Katie et Jules et une implication vraiment totale dans leur musique ainsi que leur univers... Que dire de plus alors si ce n'est que voir des artistes s'en donner à coeur joie en concert, sans histoire de promotion de leur album ou autres motifs qui viennent perturber le show pour le transformer en véritable corvée, provoque une pure sensation de bonheur, incontrôlable et incontrôlée, nous laissant en arrière-goût le petit bonheur de se dire que du début à la fin, ils ont su nous faire vibrer en nous offrant le meilleur d'eux-mêmes.
On ajoutera à l'ensemble trois musiciennes perruquées venues en guests étoffées la musique du groupe par leurs instrument à vent avec une chorégraphie-automate à l'appui (Calabria 2007?) et surtout, des jeux de lumières somptueux qui envahissaient non seulement la scène mais aussi tout l'espace du Bataclan.
Impressionnant et addictif à souhait, épileptiques s'abstenir ^^
°
Point de déception à la clé alors et une soirée colorée pour ne pas dire déchaînée. Exit les idées noires et bienvenue dans un monde totalement débridé. C'était ni plus ni moins ce que j'avais envie de voir et par bonheur, je l'ai vu. Certes, je ne m'attendais pas à une richesse musicale des plus intenses comme j'ai parfois pu l'évoquer dans certains de mes billets. On sait ce qu'on va voir après tout et je n'étais point au rendez-vous ce soir-là pour un instant mélomane, petit concentré de toute forme de beauté des instruments. Mais cette sensation profonde de "fun" me colle bien à la peau parfois et ce moment de détente magique aidant ardemment à y voir plus clair, j'en suis de ce fait ressortie ravie. Je me suis de plus sentie toute petite face à l'énergie qui émanait de l'ensemble et la force déployée au sein même de la musique, que ce soit dans les quelques solos de guitare ou piano (toujours très pop, toujours très fous), comme dans le jeu d'instruments moins conventionnels, les percussions, et je ne vous parle même pas des samples mixés qui en ont fait se dandiner plus d'un dans la fosse!
°
Il n'y a pas à dire alors mais les Ting tings, en plus de leurs morceaux fétiches qu'ils n'ont de cesse de modifier selon les concerts, font preuve en live d'une gestuelle très particulière, tonique et peu commune à la fois, ce qui les rend unique le plus naturellement du monde, mais aussi totalement accessible au public, malgré le barrage de la langue pour les non-anglophones, parce que lorsqu'un grain de folie se mêle à l'ensemble, mine de rien, on y retrouve toujours un peu une part de soi, à bien y penser ;)
°
Un bémol cependant, et les pauvres n'y sont pour rien à en entendre leur "It's fucking hot", sur la chaleur qui régnait ce soir-là au Bataclan.
Ô combien de malaises, combien d'évanouissements...
Je plaisante mais à un moment, j'ai bien failli y passer aussi! C'en était presque intenable, à se dire qu'un climat équatorial était passé par là et j'avoue qu'à quelques moments, cette vague chaude et humide a un peu gâché le plaisir du concert car si j'aurais bien souhaité bouger d'avantage (Shut up and let me go! tout de même ^^), j'étais comme scotchée au sol par une force invisible, la fatigue provoquée par ce désagrément me guettant de très près. De toute évidence, je n'étais pas la seule cela dit, et à force de gens qui se sentaient mal et finissaient par se réfugier dans des contrées plus fraîches et ventilées, j'ai gagné en visibilité au fil de la soirée... Un bon point une fois encore pour rendre l'instant mémorable. Mais une bonne crise de spasmo également à la fin du show.
La prochaine fois au moins, je n'oublierai pas mon éventail, d'autant plus que cet accessoire possède un petit côté glam' que j'adore, soit dit en passant ^^
Deuxième bémol également sur le son, beaucoup trop fort et saturé par la même occasion, ce qui m'a donné un bon prétexte pour ressortir les protections auditives mais a rendu mes sacro-saintes vidéos de concerts quasiment inaudibles.
Pas de chance... J'aime les salles de taille moyenne pour leurs réglages subtils et je me suis retrouvée avec un acoustique digne de Bercy ou pire, du Parc des Princes et ce, également lors de la première partie. Un comble tout de même, surtout au Bataclan, et que j'aurais bien aimé éviter parce que mieux sonorisé, je pense que le concert aurait encore gagner en force et en ambiance et m'aurait par conséquent d'avantage transportée.
Il suffit tellement d'un rien parfois pour tout faire basculer.
°
Cependant, je suis une râleuse-née et c'est avéré une fois encore mais l'instant "coup de gueule" est bel et bien terminé.
Le fait est que, sans que ce soit formidable, merveilleux ou le meilleur groupe du monde, point trop n'en faut, je pense beaucoup de bien des Ting Tings et leur concert m'a conforté sur mes positions de départ, à savoir la force de leur personnalité dont ils jouent assurément (dress-code y compris, oh my god!) et leur domaine musical qu'ils maîtrisent à la perfection, tout en le modifiant à volonté. C'est sans doute ça, l'esprit pop...
Ils ont ce côté délirant et plein de vie qui les transcende et leur permet une communication innée par le biais de leur musique, ce qui est déjà un exploit en soi car peu de groupes à leur image, même talentueux, savent se mettre suffisamment en valeur pour attirer l'attention, dégageant à coup sur du charme mais aussi une certaine aura.
C'est ainsi, le petit truc en plus, ça ne s'explique pas et ils ont la chance de le posséder alors je n'ai plus qu'à m'incliner et dire "chapeau bas".
Je les imaginerais bien désormais s'en aller arpenter les festivals à la conquête du public et donner des concerts en plein air, pour un bonheur estival garanti, un succès hautement mérité et de la bonne humeur comme s'il en pleuvait.
[Ca tombe plutôt bien d'ailleurs puisque c'est ce qu'ils s'apprêtent à faire...]
C'est que, vous n'allez peut-être pas me croire, mais la folie pop est drôlement communicative, à force de vouloir s'en imprégner... Yeah!
.
Et sinon, je vous le dis qu'en m'adossant à un mur, je me suis pris un panneau géant "Virgin 17" en pleine figure ou bien c'est du dossier? ^^
-Livy-
--> Le Myspace des Ting Tings <--
10 mai 2009
Espoirs meurtris
Un chagrin d'amour, on s'en doute.
Ni le premier ni le dernier,
Mais juste un dont je me souviens bien,
De ceux qui marquent profondément
Et puis s'estompent avec le temps.
Un moment d'égarement.
Un instant de désespoir saisi en plein vol
Avec la thématique sacrée d'une histoire impossible
Et l'écriture en réconfort, toujours accessible.
C'était il y a bien trois ou quatre ans,
Au sein d'un hiver aussi passionné qu'agité
Mais vous en dirais-je d'avantage?
J'étais là, fragile et impuissante
A me perdre dans une nuit blanche suivie d'une journée noire
Tandis qu'une fois encore,
Mon bonheur s'était échoué au large.
~
Les nuits comme les jours
Mon esprit se torture
A imaginer l'Amour
Et la beauté sans la luxure
A vouloir te contempler
Dans une pâle lueur matinale
Et que ce moment d'éternité
Adoucisse mon éternel mal
A songer à de poétiques soirées
Où mon âme, en funambule, dansant
Espère en vain ce qui ne viendra jamais
Et brûle le fil de mes sentiments...
A repenser aux moments heureux
Dans l'atrocité de ma solitude
Et faire jaillir le feu
De mon coeur sali de turpitudes
Le temps agile et assassin
Défile au gré des saisons
Alors que je me meurs chaque matin
Et que mon esprit s'échappe de ma raison
Puisse donc mon âme se figer
Et garder de fragiles images
De moments avec toi, partagés
Et d'indicibles voyages...
-Livy-
06 mai 2009
Le petit Nicolas s'expose à l'Hôtel de Ville pour ses 50 ans
.
Oui enfin "s'exposait" serait le terme plus adéquat car il vous reste seulement la journée de demain pour profiter de l'évènement. Mais force est d'avouer que si j'avais écrit mon billet à temps, ça ne me ressemblerait pas vraiment!
Je me suis donc -encore- rendue à l'Hôtel de Ville il y a quelques semaines, le temps de replonger dans mes souvenirs de lecture d'enfance, savourant un instant de gratuité pas désagréable au demeurant.
~
En effet, le Petit Nicolas et moi, c'est un peu une grande histoire d'amour. Une histoire commencée l'été de mes huit ans à lire ses fameuses "vacances" et puis à me surprendre à rêver des mêmes, avec tous les copains de la colonie, Fabrice, Athanase, Mamert (mais qu'il est bête celui là!), Côme... et leurs destinations de rêves aux noms inquiétants.
Plage-les-trous ou Sapins-les-sommets?
C'est tout naturellement alors qu'une fois Les vacances du petit Nicolas ingérées, ce sont les autres opus que j'ai dévoré dans leur intégralité avec force bonheur et sourires, multipliant les relectures au fil du temps voire même récemment, tant et si bien que cette exposition tombait à point nommé.
~
Une exposition un rien chouette qu'il dirait le Petit Nicolas et même que je pense comme lui!
En effet, si elle se révèle être plutôt courte, elle n'en est pas moins complète et attrayante à souhait, dévoilant de petits secrets de labeur de Sempé et Goscinny aussi variés qu'amusants.
On y croise entre autres, le temps d'un voyage à l'humour tendre, des anecdotes truculentes sur l'enfance propre du dessinateur et de l'écrivain (bulletins scolaires et photographies d'époque à l'appui), des informations sur la naissance de leur personnage-clé, quelques manuscrits authentiques raturés comme je les aime, la résurrection du magasine Pilote (un vrai bonheur) et bien d'autres surprises encore...
La meilleure d'entre elles demeurant sans doute ce pêle-mêle nous dévoilant les outils de travail de Goscinny (son dictionnaire et sa fameuse machine à écrire notamment), petites merveilles qui ont vraisemblablement servies à l'élaboration d'autres de ses oeuvres bien connues tels Astérix ou encore Lucky Luke dont on peut d'ailleurs observer quelques exemplaire anciens, faisant ainsi d'une pierre deux coups.
L'insertion dans le monde personnel et artistique de Sempé et Goscinny nous embarque alors dans une sorte de machine à remonter le temps, à destination d'un monde imagé, plein de bon sens et de mots qui font sourire.
.
"Le vrai travail, c'est quand je cherche avec l'air de ne rien faire [...]
Chercher une idée et espérer qu'elle viendra, ça oui, c'est du travail."
René Goscinny
.
On l'aura compris, l'exposition laisse la part belle aux citations et ces dernières s'apprivoisent avec humour, bien mises en évidence sur chaque mur, tandis que s'offrent à nous un nombre important de dessins inédits de Sempé en noir et blanc (150 environ), retraçant une bonne partie des aventures du Petit Nicolas et de ses compères aux noms farfelus, qu'on connaît naturellement par coeur mais qui déclenchent malgré tout une avalanche de bonne humeur, à peine masquée.
Il suffisait d'ailleurs d'observer un peu les gens, de voir les sourires en coin et d'entendre retentir quelques gloussements de-ci de là pour de suite s'apercevoir de l'ambiance générale.
~
Une bonne occasion aussi pour les néophytes de découvrir à travers ces quelques illustrations, présentées qui plus est de façon ludique, un univers que je qualifierai à juste titre d'enchanté, et pour les autres de se remémorer d'agréables souvenirs.
Ainsi, je me suis vue accompagnée d'Agnan, de Rufus, d'Alceste, de Geoffroy, d'Eudes, de Joachim et de Clotaire (mea culpa pour les oubliés ^^) tout du long de ma balade, croisant au détour d'un chemin le terrifiant Le Bouillon, la maîtresse, les parents de Nicolas, le directeur de l'école, Marie-Edwige son "amoureuse" mais pas trop, et tous ces personnages que je n'ai jamais pu oublier tant ils avaient leur personnalité propre et leurs chapitres bien attribués.
Un concept que l'on ressent d'ailleurs fortement au sein de l'ensemble puisque de part et d'autre, les dessins originaux sont regroupés par thèmes et par personnages afin d'apporter une réelle structure, l'air de rien, à ce moment emprunt d'enfance.
~
Cerise sur le gâteau enfin, l'exposition consacre un couloir entier à des exemplaires du Petit Nicolas publiés partout dans le monde et dans une quantité de langues impressionnante, une raison supplémentaire d'apprécier des titres plutôt originaux dans d'improbables langages ^^
~
Qu'on se le dise alors, la cote de popularité de notre Petit Nicolas n'est donc pas prête de chuter et malgré ses cinquante longues années d'existence, il restera désormais un éternel enfant, plein de vie et qui fait des bêtises. Un peu comme nous au même âge, finalement...
L'exposition est charmante et entraînante parce que peu commune et moins "sérieuse" que de coutume peut-être. Relativement homogène sur le travail artistique et créatif de Sempé et Goscinny, elle constitue un hommage poignant à chacun des deux hommes ainsi qu'à leur collaboration fructueuse, tout en mettant ardemment l'accent sur les aventures de leur petit héros, satisfaisant ainsi les plus jeunes comme les grands.
[et je ne sais toujours pas dans quelle catégorie me situer, c'est pour vous dire!]
Elle est également une habile occasion de nous rappeler qu'un film consacré au Petit Nicolas sortira sur grand écran à l'automne prochain. Qui a dit qu'on refusait un brin de publicité?
Pour finir, la boutique était emplie de goodies, à vouloir tout acheter à commencer par les petits carnets so girly, et je ne vous parle même pas de l'horrible torture que j'ai du subir en m'apercevant que je n'avais pas pris assez de sous dans mon porte-monnaie ce jour-là pour m'acheter Le Petit Nicolas, Le Ballon et autres histoires inédites.
Mais qu'on se rassure, je n'ai assurément pas dit mon dernier mot à ce sujet!
-Livy-
02 mai 2009
La chanson du Dimanche au Bataclan... un mardi!
.
"Salut, c'est la chanson du dimanche! La pêche!"
.
Oui chers lecteurs/lectrices, je m'amuse et me divertis comme une petite folle à Paris -on le savait déjà- et me complais par conséquent dans des univers artistiques aussi saugrenus que loufoques, certainement parce que je le vaux bien.
Alors j'en conviens, on était plutôt un mardi qu'un dimanche ce soir-là mais une fois n'est pas coutume, j'étais bel et bien de retour au Bataclan en cette fin de mois d'avril pour assister à un concert dont la thématique était purement humoristique.
Un concert pas comme les autres somme toute puisque pour l'occasion, pas de larmes ni d'effusions intenses, pas de grand spectacle dans une salle immense, mais juste le plaisir d'être là et de célébrer tout en dynamisme nos deux joyeux compères, Clément et Alec, évidemment accompagnés de leur coupe de cheveux à tomber, de leur dress-code si particulier et surtout de leur guitare et clavier, nous gratifiant en prime de leur plus beau sourire pour l'occasion.
*
Pour un bref rappel des fait, La chanson du dimanche a été l'agréable découverte d'une sombre et tumultueuse période dans la folie fureur des grèves de novembre 2007 par le biais de leur titre-clé de l'époque, Petit cheminot. Suivant dés lors leur parcours ainsi que leur concept, j'ai de suite accroché avec le ton désinvolte qu'ils développaient au sein de leurs morceaux et l'esprit d'à propos, critique mais pas trop, avec lequel ils traitaient les sujets d'actualité comme de société, dans une volonté de simplicité agrémentée d'un naturel désarmant.
Je m'attendais ainsi en toute logique à un moment de convivialité féroce, de fous rires à peine contenus et de toutes ces petites choses qui n'arrivent qu'en live et qui vous embellissent soudainement une soirée à à l'origine toute simple, la rendant passablement déjantée.
Heureusement pour moi, le verdict post-concert s'est révélé dans toute sa splendeur, à la hauteur des mes espérances citées plus haut et surtout bien au-delà de ces dernières, puisque si je pensais à la base me divertir un brin dans une ambiance bon enfant qui me changerait les idées, j'ai tout bonnement eu droit à quelques heures d'un show de pure folie!
*
Il faut dire que tout commençait à merveille. Hum, ou presque.
La pluie additionnée au ratage presque complet de la première partie...
(en retard, en retard, je suis toujours en retard) Une horreur!
Et c'est à ce moment-là je crois que je me suis dit que le concert allait très certainement me plaire. Les débuts/catastrophes génèrent toujours des suites surprenantes, je le sais tellement bien. D'ailleurs, je ne me trompais point cette fois encore puisque dés l'entracte, roulement de tambour, changement de décor et plongée imminente dans une ambiance boîte de nuit au moyen de morceaux électro-disco-funk bien connus qui vous donnent cette inexplicable envie de danser là, maintenant, tout de suite, ce que je me suis empressée de faire bien évidemment. Etrange comme entracte, non? Mais tellement bon.
*
Pour le reste, comprenez le concert en lui-même, je n'aurai qu'une chose à dire: La chanson du dimanche a mis le feu au Bataclan et bien plus encore que tout ce que vous pouvez imaginer.
Au programme, du tonus, de l'énergie à revendre et du vrai spectacle prouvant une fois de plus le talent et l'inventivité artistique de nos deux hommes décidément plein de ressources.
Bien loin de pousser la chansonnette en amateur, Clément et Alec se sont en effet livrés à une véritable performance scénique à la fois drôle et entraînante, dotée d'une prestance aussi évidente que décalée. Ainsi, dansant (ensemble parfois ^^), chantant, parlant, mêlant tout type de musique (disco, variet', zouk, folk...) dans une convivialité exquise vouée à déchaîner les foules, ils nous ont fait revivre, ô joie, leur répertoire bien connu mais différemment cette fois puisque tous les morceaux, totalement retravaillés pour la session live, dégageaient une intensité que je ne leur connaissais pas encore. L'arrangement musical se montrait ainsi d'avantage festif et étoffé, les paroles s'en trouvaient modifiées sur le mode de l'humour, le rendu final était évidemment plus "pro" que dans leurs petites séquences en plein air du dimanche et force est d'admettre que ça leur allait rudement bien.
Du bonheur à l'état pur, je ne pourrai rien vous dire d'autre. Leur show était à leur image, simple mais délirant, créatif et fou. Tout cela à la fois, un état d'esprit altruiste à l'appui, et ils ont su l'assumer comme l'assurer avec brio, laissant de côté longueurs et moments statiques pour nous surprendre et nous dérouter.
Bref, à en croire leur toute première chanson et son titre éloquent, ils ont vraiment gardé leur bonne humeur, meur, meur tout du long pour donner le meilleur d'eux-mêmes.
Et nous, d'en faire autant.
*
Eh bien oui, nous. Nous, le public. Nous qui n'étions pas en reste à écouter passivement le concert les bras croisés ou bien mal nous en aurait pris.
Car si les deux compères de La chanson du dimanche -et cela n'a rien de surprenant- faisaient preuve à notre égard d'une constante communication, usant de leur humour à tout moment pour nous décrocher un sourire, ils ont décidé de ne pas nous laisser en paix, loin de là, et de nous faire entrer dans leur jeu et leur univers débridé l'espace d'une soirée afin d'obtenir un moment plein de vie et un concert qui bouge.
Et le résultat de s'avérer grandiose naturellement puisqu'on s'est retrouvé, sans même trop se poser de questions, à faire de curieuses choses que même dans les flashmobs les plus improbables, on n'aurait sans doute pas osé ^^
Je retiens donc une "standing ovation" plutôt particulière où la salle entière s'est accroupie quelques bonnes minutes pour se lever soudainement d'un bond en hurlant ( et recommencer à faire de même quelques instants plus tard), des moments de paix et de fraternité où tout le monde se donnait la main en se balançant de part et d'autre, des chorégraphies très très étudiées, une chenille-farandole se propageant dans toute la fosse sur un air endiablé (familier vous pourriez me dire mais surtout un habile procédé pour se retrouver un peu plus devant, eh oui, je ne perds pas le nord moi ^^) et surtout une course de slam la plus rapide possible en pleine foule vouée à départager Clément le guitariste et un inconnu choisi sur le tas, les deux ayant au préalable revêtus un masque et une cape rouge, à l'image des super-héros.
Fous à lier, vous croyez?
Accessoirement, personne n'avait slammé au-dessus de moi depuis Mathias (Malzieu, évidemment), ça faisait longtemps...
*
Inutile de préciser que ces joyeuses distractions ont grandement contribué à faire de ce moment un concert unique en son genre où non content de regarder et d'écouter, le nez tourné vers la scène, on pouvait aussi participer, faire tomber le masque et perdre son sérieux comme jamais. S'oublier le temps d'une soirée. Perdre pied pour la bonne cause.
Et moi ça, j'adore.
J'en ai retenu alors, en dehors d'un très bon souvenir de concert (un de plus), de l'ambiance mémorable et de tout ce bla bla positif que je pourrais encore continuer longtemps, une leçon à retenir. L'idée qu'on peut évoquer avec humour des sujets sombres ou difficiles tout en restant humain, et par la force de la musique une fois encore, déchaîner les passions afin de mettre de côté quelques vilains coups du sort.
La chanson du dimanche m'a ainsi laissé sur cette note de réalisme bien vue, de folie sans chichis, saupoudrée de convivialité et d'une imagination intarissable.
La joie de vivre imparable de Clément et Alec, sur scène comme dans leur musique, parsemée cependant d'une lucidité évidente sur le monde actuel qu'il est bon de ne pas occulter leur confère en quelque sorte le statut important de magiciens de la vie, de savants fous du spectacle ou quelque chose du genre, allez savoir...
Mais rien que pour ça, moi je dis "standing ovation".
Mission réussie :)
-Livy-
--> Le Myspace de la Chanson du Dimanche <--





















