27 février 2009
Bonheurs artificiels
2005.
Minuit bien trop passé.
C'était une nuit d'insomnie je crois,
Ou peut-être quelques cauchemars.
Une humeur chagrine? Même pas.
Des souvenirs qui revenaient en trombe sous forme de flash.
Quelques cris, peut-être des rires,
Je ne sais plus bien.
Il y avait des bribes de mélodies dans ma tête,
De brèves réminiscences de sombres fêtes
Et juste une envie d'écrire.
2005, oui c'est bien ça.
Le contexte était posé,
Il a donné ce résultat...
~
Comme une envie de destruction
Et l'on ne peut rien y faire,
Si ce n'est pas la solution,
Si ce n'est qu'éphémère,
Se laisser tenter
A halluciner jusqu'à l'aurore
Jusqu'à perdre pied
Et puis se perdre dans le décor;
Elle monte au nez la poudre blanche,
La divine et exquise faiblesse
Comme une revanche
Sur l'anxiété, l'angoisse, le stress;
Une évidence
Que demain rien n'ira mieux
Mais que ce soir, en transe,
Le monde est soudain lumineux;
Et l'on va pleurer
Sur notre monde en perdition,
Et l'on va saigner
Devant tant de désillusions
Et puis continuer
A délirer, le nez au vent,
Dans un tourbillon de pensées
Entouré de gens décadents;
On s'étourdit
De couleurs, de chants et de danses,
De délicieuses folies
Pour combler notre morne existence.
Se faire souffrir
Pour dire qu'on est encore en vie
Puis se faire mourir
Puisqu'il n'y a plus de paradis;
Elle est sournoise, insidieuse,
La drogue qui nous colle à la peau,
Elle est terrifiante et vicieuse,
Nous fait planer toujours plus haut,
Toujours plus loin,
Comme un souffle de vengeance
Pour ruiner notre destin
Et aspirer nos espérances;
Plus on arrive au septième ciel,
Plus on est épuisé
Par les bonheurs artificiels
Qui nous ont déchiré
Mais le divin poison
S'insinue dans nos veines,
L'absolution...
Ou rester là, le coeur en peine.
-Livy-
Illustration: Wilfrid Hoffacker
23 février 2009
Sur les traces de l'alchimie, en plein Paris
Par un curieux hasard, quelques unes de mes balades inopinées au cours de l'année passée m'ont conduites à m'intéresser de plus près à la thématique de l'alchimie à Paris.
L'alchimie...
L'étude des matériaux nobles, leur transformation, la pierre philosophale, le fameux et non moins mystérieux élixir de longue vie...
Voilà donc un sujet pour le moins occulte que je ne maîtrisais que très peu mais qui, à plusieurs reprises, n'avait pas manqué de me captiver de par son côté ésotérique, mystique et spirituel pour ne pas dire magique.
Par ailleurs, l'ancienneté de la discipline, le rapprochement avec la chimie en tant que telle et la philosophie polémique qui en émanait avaient de quoi susciter de nombreuses interrogations de ma part, surtout lorsqu'on sait combien la réputation de l'alchimie possédait cet aspect sombre et critique qui n'a de cesse de me fasciner.
Une bonne raison alors de l'appréhender "en réel" dans la ville-capitale plutôt qu'en théorie et m'en aller voir d'avantage de quoi il retournait.
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Ni une ni deux, c'est devant un haut lieu de l'alchimie que je me suis d'emblée retrouvée:
la maison de Nicolas Flamel.
Nicolas Flamel, et c'est une honte, je l'avais découvert dans ma prime jeunesse en lisant Picsou Magasine parce que dans l'une des bandes-dessinées, il était justement question de l'élixir de longue vie et cela prêtait un argument supplémentaire à une intrigue des plus farfelues.
Plus tard naturellement, je m'étais intéressée au personnage, au vrai, à sa vie bourgeoise et mystique comme à son mythe, à la légende de l'élixir de longue vie, sa découverte de la pierre philosophale et son rôle prépondérant dans l'alchimie alors qu'il ne s'était jamais proclamé alchimiste de son vivant. Mais c'était sans compter une nouvelle évocation de l'homme, plutôt inattendue, dans une saga littéraire répondant au doux nom de "Harry Potter" et qui faisait de lui un ami du grand Albus Dumbledore.
De quoi brouiller les pistes pour de bon et laisser s'entremêler le vrai au faux au sein de ma réflexion.
Sa maison quant à elle, classée monument historique, a un peu rétabli mes idées brouillons, me laissant bouche bée, peut-être parce que je n'avais aucune idée de ce à quoi m'attendre précisément.
Au 51 rue de Montmorency, Paris 3ème, en plein coeur du Marais, je me suis en effet retrouvée devant une vieille bicoque au charme fou et surtout un monument d'une importance incroyable quand on sait qu'elle est la plus vieille demeure de Paris, grandement restaurée au début du 20ème siècle et construite par Nicolas Flamel en 1407.
Elle aurait, en plus d'accueillir et de nourrir les nécessiteux, abrité les secrets et instants de vie d'un homme dont aujourd'hui encore, on ne parvient pas à percer toute l'ampleur du mystère et de la science, en ayant pour seule certitude la preuve de son existence.
Peut-être aurait-elle même recueilli en son sein la pierre philosophale tant convoitée, trésor inestimable des alchimistes, et les merveilleuses transformations du plomb en or mais qu'en sait-on vraiment?
Le fait est que par son statut de plus vieille maison parisienne et son habitant célèbre, elle sait imposer au touriste curieux le respect de l'Histoire et du lieu.
Aujourd'hui, elle s'est transformée en un restaurant et demeure un lieu de pèlerinage incontournable pour quiconque s'intéresse de près ou de loin à l'alchimie.
Pas d'explications insolites, pas de visite culturelle des plus détaillées, rien si ce n'est une preuve historique et symbolique.
Ses murs vieillis rappellent l'usure du temps et ses inscriptions en vieux français sous-entendent un passé chargé d'énigmes d'une autre époque tandis qu'elle laisse derrière elle une soif irrésistible d'en savoir plus.
Pourtant, l'épopée s'arrête ici tandis que le mythe demeure intact.
Nicolas Flamel s'en est allé, emportant avec lui des secrets fondés ou peut-être pas, les siècles ont défilé, et la maison, toujours debout, est à elle seule l'image emblématique de l'alchimie et de ses rites, ne dévoilant rien mais laissant supposer le pire comme le meilleur d'un passé lointain, pourvu qu'on fasse preuve d'un brin d'imagination.
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Toujours sur la même thématique du sieur Flamel, c'est vers le quartier de Châtelet-Les Halles que je me suis ensuite tournée, arpentant pour l'occasion la rue Nicolas Flamel baptisée ainsi bien après sa mort car il y aurait possédé une maison à un moment de sa vie ainsi qu'un atelier à proximité, marchant dans la zone de l'ancien cimetière des Innocents (cf billet sur les catacombes) auquel Nicolas Flamel fit quelques dons généreux afin de participer à son ornementation religieuse, et filant droit vers la Tour Saint-Jacques (4ème arrondissement).
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Une tour impressionnante que celle-ci, isolée au beau milieu d'un square, l'un des premiers espaces publics de verdure en plein Paris. Elle est tout ce qu'il reste de l'ancienne Eglise Saint-Jacques-de-la-Boucherie, un lieu de pèlerinage avéré sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, plutôt mystérieux et qui aurait peut-être abrité les expériences en matière d'alchimie de Nicolas Flamel et de son épouse Pernelle puisque l'homme y avait même installé une échoppe sous ses piliers. Par ailleurs, il aurait été un grand donateur de l'église en question, ce qui renforce le mythe à propos d'éventuelles transformations de plomb en or dans ce lieu, même si tout cela, débattu par de nombreux historiens, est loin d'avoir été prouvé.
L'Eglise fut démontée suite à la révolution française et il n'en est resté que la tour.
Elle en demeure néanmoins un lieu culte à l'histoire tourmentée et obscure et qui ne cesse d'attirer les curieux, aussi bien pour son apparence gothique que pour le côté énigmatique et imposant dont elle s'enrobe.
Un grand monument de Paris donc qui, loin de passer inaperçu, est à voir absolument malgré des travaux de rénovation pratiquement constants.
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Dans le même quartier et à proximité du centre Pompidou, l'église Saint-Merry était plutôt facile à visiter pour la suite de ma balade à thème, bien qu'elle ne suive plus exactement le fil conducteur concernant Nicolas Flamel.
Considérée comme l'une des plus belles églises de Paris et dans un style purement gothique, on l'a souvent décrite comme ayant été construite sur le même plan que Notre-Dame-de-Paris, une particularité de renom. Connaissant une histoire et une évolution des plus variées et étant aujourd'hui un endroit sacré et pluriel à la fois gorgé d'art et de solidarité, elle fut fermée à la fin du 18ème siècle et quitta le culte catholique un temps pour devenir une fabrique de salpêtre.
Ainsi sujette à quelques pratiques chimiques qu'on ignore en grande partie, elle bascula entre les mains de quelques alchimistes et de théophilanthropes qui la transformèrent en "Temple du Commerce" d'une grande beauté avant de redevenir une église dans toute l'acception du terme.
On raconte également qu'elle fut un haut lieu ésotérique puisqu'elle garde en son sein la représentation d'une étrange idole que vénéraient les Templiers, sorte de curieuse statuette vouée à chasser le démon et étant représentée sur la porte de l'église. Un raison supplémentaire de se pencher sur un mystère également non élucidé jusqu'à présent.
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L'église Saint-Gervais-Saint-Protais (4ème arrondissement) m'a entraîné quant à elle dans un tourbillon de légendes, de rites et de traditions, me faisant agréablement perdre et la tête et de vue mon objectif au beau milieu de ma promenade, à commencer par l'arbre qui trônait devant l'édifice et qui avait soit-disant des vertus miraculeuses sitôt qu'on y appliquait la main durant un temps donné.
Outre ces quelques considérations un peu païennes mais passablement amusantes, elle s'est avérée posséder en son coeur de curieuses représentations de l'alchimie puisque l'on pouvait observer sur quelques stalles sculptées une explication concise des pratiques du genre. Les stalles relataient en effet de manière évidente la façon de procéder afin de se livrer à des travaux d'alchimie et parvenir à des résultats satisfaisants, explorant ainsi la vaste thématique de la transformation de métaux vils en métaux plus nobles.
Il paraît également qu'une autre église que je n'ai pas eu l'occasion de visiter, Saint-Etienne-du-Mont (5ème arrondissement) présenterait sur ses vitraux des informations à peu près similaires et historiquement prouvées.
Et c'est ainsi toute l'histoire de l'alchimie qui perdurerait dans ses édifices à travers le temps, habilement dissimulée au sein d'un patrimoine culturel et religieux jusqu'ici demeuré intact.
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Les bonnes choses ayant toujours une fin, ma folle balade parisienne à travers les siècles et les légendes s'est néanmoins achevée devant l'un des plus célèbres monuments de la capitale et sans doute l'un des plus beaux: Notre-Dame-de-Paris.
La cathédrale, majestueuse, se laissait admirer dans la clarté des beaux jours provoquant en moi de vagues réminiscences d'une oeuvre littéraire éminemment connue d'un certain Victor Hugo et c'est presque sans m'en rendre compte que j'y pénétrais, l'arpentant de long en large, sans cesse plus admirative devant la richesse de son architecture et sa valeur symbolique.
C'est après quelques minute que je compris un peu mieux pourquoi ma thématique de départ m'avait conduit jusque là, lieu final de mes pérégrinations d'un jour.
Au niveau du porche central en effet, la cathédrale dévoile comme un trésor.
Plus d'une vingtaine de médaillons sculptés exposent, phase par phase, les différents aspects du travail de l'alchimiste dans son ensemble et comment accéder à la pierre philosophale, récompense suprême.
L'oeil du touriste lambda n'y verrait certes que de jolies sculptures d'une autre époque mais dans ma promenade à thème, je me devais de rester là à observer, déchiffrer, admirer...
Et ainsi mieux percevoir une "science" controversée qui traversant les siècles, est demeurée mystérieuse et incomprise, semant de lieu en lieu les traces diverses de son existence tout en gardant en son sein toute la puissance d'une fascination intarissable.
-Livy-
Naturellement, ce billet est rédigé en toute subjectivité.
Les lieux nommés présentent également d'autres aspects culturels non évoqués ici.
Les faits s'appuient aussi bien sur des écrits historiques aux sources avérées que sur des légendes demeurées inexpliquées.
Il n'est donc pas à prendre au pied de la lettre
Ni à analyser dans un objectif historique pur,
Mais peut faire l'objet d'une balade parisienne insolite
ou tout simplement la découverte de l'alchimie et de son mythe...
19 février 2009
Quelques grammes de cinéma...
Les passions se déchaînent sur grand écran en ce début d'année et à défaut de pouvoir dans ce blog esquisser tous les sujets cinématographiques qui me tiennent à coeur, je me suis penchée plus particulièrement sur trois films qui d'une façon ou d'une autre, ont attiré mon attention et laissé ma curiosité opérer comme il se doit.
Amour, drame, aventure...
Les thématiques pourraient bien sembler un peu trop bateaux pour être dignes d'intérêt mais le cinéma heureusement, connaît bien souvent les petites astuces magiques afin de les mettre en valeur et de leur donner vie, dans un souci d'esthétique, de prises de vue soignées et de réflexion intérieure sans cesse renouvelé.
Ainsi, c'est avec plaisir que j'ai regagné mon cinéma de proximité (me serait-il donc attitré?) pour quelques séances rêvées qui m'ont emporté loin de tout, provoquant en moi de curieuses émotions, un soupçon de perplexité parfois et beaucoup de surprises tout au long du mois de janvier.
L'occasion de ce petit débriefing ici-même et surtout, d'inaugurer pour 2009 dans la catégorie "cinéma" un tout nouveau billet!
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Coup de coeur
Slumdog Millionaire de Danny Boyle
Ca parle de quoi?
"Le récit pittoresque de Jamal Malik, jeune homme de 18 ans issu des
bidonvilles de Mumbai en passe de gagner une fortune au jeu télévisé
"Qui veut gagner des millions?". Tricherie, hasard ou destinée? L'aventure de sa vie se déroule en même temps que le jeu..."
Première bonne surprise cinématographique de 2009, Slumdog Millionaire, loin de laisser indifférent, nous emmène dans une balade à travers l'Inde d'aujourd'hui à un rythme haletant.
Pas de film-documentaire ici ni de pathos à outrance, Danny Boyle use de son talent et de sa magie pour nous servir un long-métrage intense et captivant, saupoudrant le réalisme souvent dramatique d'une bonne dose de romanesque, qui tout en tombant parfois dans la surenchère, sait se faire apprécier de par son aspect tendre et charmant.
Les sentiments s'éparpillent alors et se mêlent, portés par un jeu d'acteurs époustouflant qui n'a de cesse de nous convaincre tout au long du film et c'est au final un kaléidoscope de couleurs et de sons qui s'offre à nous, allégeant l'aspect tragique de menues anecdotes, d'humour et de répliques bien senties.
Au sein de cet exercice difficile, l'Inde.
Les conditions de vie rudes,
la hiérarchie sociale, la mafia... Autant de sujets graves qui ne passent pas
inaperçus et parsèment le film d'une cruauté évidente, le rendant ainsi
plus vrai que nature sans pour autant voler la vedette à la folie colorée qui
émane de l'ensemble dans un souci d'obtenir une histoire bien amenée qui se déroule sur différents niveaux.
Naturellement, le résultat est probant. Speed, délicieusement émotif et toujours accessible, Slumdog Millionaire court et bondit plutôt qu'il ne marche et se laisse adopter, tant par l'inventivité de son scénario et ses prises de vues en rafale que sa B.O toute en puissance, sans jamais se laisser démonter une seconde.
Une petite merveille de dynamisme et de créativité à conseiller de toute urgence.
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Et aussi...
Revolutionary Road (les Noces rebelles) de Sam Mendes
Ca parle de quoi?
"Dans l'Amérique des années 50, Franck et April Wheeler, un couple heureux en façade, se retrouvent pris en tenailles entre leurs désirs profonds d'évasion et de distinction et les apparences sociales."
Rien à redire, le film est propre et beau, bien interprété de surcroît. La trame dramatique se laisse suivre, sensée, dans un contexte pesant qui lui sied à merveille tandis que les transitions sont effectuées avec beaucoup de finesse, de précision et de pertinence.
Le duo Di Caprio/Winslet, toujours aussi glamour, nous remémore de jolis souvenirs du Titanic et c'est avec enchantement qu'on découvre au détour d'une scène ou d'une autre quelques petits clins d'oeil au film culte ainsi que la présence notoire d'un de ces personnages secondaires, Kathy Bates.
Pourtant, sans rien avoir de bien précis à reprocher, il m'a semblé que le film manquait cruellement d'intensité ou du moins de sensibilité, et si le thème en lui-même avait de quoi captiver d'emblée émotionnellement parlant, dans tout l'aspect complexe des relations humaines, de la vie conjugale, de l'attitude à adopter en société et des grandes aspirations souvent contrariées, ce n'était apparemment pas le cas.
Des Noces Rebelles, j'attendais plus, je crois.
Plus d'émotions, de sensations... plus d'imperfections peut-être aussi, afin d'obtenir un résultat d'avantage "vivant" et en ce sens, j'ai été déçue.
J'en suis ressortie avec l'impression d'avoir vu un long-métrage aseptisé et froid, esquissant d'intéressants tableaux sans jamais les sublimer ni les parsemer d'un brin d'humanité.
Alors, trop impeccable pour être honnête?
Les avis demeurent partagés mais je n'ai de cesse de déplorer toute cette thématique d'une richesse sans nom déployée, sans même m'être sentie d'humeur à y pénétrer.
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Twilight - Fascination de Catherine Hardwicke
Ca parle de quoi?
"Bella, 17 ans, emménage chez son père à Forks, une petite ville pluvieuse.
Au lycée, un curieux groupe d'élèves attire son attention. Elle s'éprend de l'un d'eux, un garçon étrange, avant de s'apercevoir qu'il s'agit en fait d'un vampire."
Qu'on se le tienne pour dit, Twilight n'est ni le film de l'année ni aussi palpitant que le livre, malgré une médiatisation relativement importante. Il fait en ce sens d'avantage penser à un film fleur bleue pour adolescentes en mal d'amour qu'à un chef-d'oeuvre à la Romeo and Juliet comme on l'a souvent dit, et emporte avec lui un flot de clichés et d'images émotionnelles gentillettes, un peu trop mièvres pour être puissantes, sans doute...
Au-delà de ces quelques critiques négatives, il se trouve que le film se laisse voir, plutôt bien même. Le scénario en lui-même présente certes quelques faiblesses et ce ne sont pas les effets spéciaux, un peu trop lisses, qui le rattrapent mais par un heureux hasard, subtil mélange de retour en enfance et d'espoirs à n'en plus finir, on a envie d'y croire et de jouer le jeu l'espace d'une soirée, parce que c'est divertissant et que ça fait rêver, ne serait-ce qu'un peu...
On s'en retrouverait presque dans la peau d'une minette, à éprouver l'envie irrésistible d'être vampirisée, au risque de paraître ridicule en société. Oui, force est d'admettre qu'en tant que fille, fille-pintade devrais-je ajouter, on craque pour Robert Pattinson, l'atout majeur évident de Twilight, et qui n'a de cesse de nous envoûter, qu'on le veuille ou non. Alors on range cinq minutes nos idées persifflantes au placard, on tente de se remettre dans le contexte et incroyable mais vrai, ça fonctionne! L'immersion dans le fantastique est quasi-immédiate, on y croirait presque tellement c'est beau.
A la sortie du cinéma, il ne reste pour ainsi dire pas grand chose de cette histoire utopique, si ce n'est une envolée de bons souvenirs, l'envie folle d'être Bella et la curiosité de lire les autres tomes de la saga, plus étoffés que leur adaptation au cinéma.
Un bon début déjà?
-Livy-
15 février 2009
Michel et Augustin, les trublions de mon goûter
Lorsqu'on connaît un tant soit peu ma passion dévorante pour les gâteaux rigolos et autres petits biscuits, on ne peut qu'approuver le billet gourmand qui va suivre.
Ne serais-je pas, après tout, cette fille désespérante qui depuis des années s'amuse à ranger façon Tetris les boîtes qui s'amoncellent dans son placard à sucreries?
Un secret que je n'aurais peut-être pas du vous confesser mais ce n'est certainement pas pour rien non plus que lors de mon passage en foyer universitaire il y a bien longtemps, j'étais plus connue pour faire goûter aux filles qui vivaient à mes côtés les derniers gâteaux en mode nouveauté que pour enfin réussir à me mettre derrière un fourneau et simplement apprendre à cuisiner.
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Force est d'admettre qu'après toutes ces années, je n'ai point changé et que je suis toujours une sous-merde en cuisine j'aime toujours autant les petites fantaisies sucrées.
Dans mon méli-mélo enchanté cependant, de petits grammes de bonne humeur étaient passés à la trappe, là, juste sous mon nez, et il m'a fallu patienter jusqu'à cet automne pour enfin faire la connaissance de Michel et Augustin, les trublions du goût.
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Michel et Augustin, je les ai connu au Champion du coin, rayon gâteaux.
C'était deux petits bonshommes chauves ou toqués, dessinés sur des boîtes en carton dont l'un se prétendait calife, l'autre grand vizir et qui avec leurs bouilles à croquer m'ont fait acheter une chose étrange qu'ils nommaient des "petits sablés ronds et bons".
Au fond et après réflexion, ils n'avaient pas tort. Ils étaient vraiment ronds et bons, leurs petits sablés, même qu'ils avaient des gouttes de chocolat lorsque je les ai savouré et de drôles d'inscriptions partout sur leur boîte colorée!
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Oh, je sais bien! Tout cela serait certainement trop long à vous expliquer et puis un gâteau qui vous dit "Bonjour!" quand vous l'enlevez de son emballage, que la vie est belle, que vive les amis et qui brandit un smiley tristounet sur l'envers du paquet achevé, ça paraît un peu singulier expliqué comme ça. Mais pourtant, c'est bel et bien ce qui était inscrit sur le carton. Et dans mon cynisme absolu, vous me croirez si vous voulez mais je me suis surprise à sourire, de bon coeur qui plus est.
"La vie est belle", ça m'aurait rendu un peu sceptique venant de quelqu'un, mais de la part d'un petit biscuit, l'objet même de convoitise de mon futur goûter, c'était assurément une incitation coquine à croquer dedans!
Au final, c'est d'ailleurs ce que j'ai fait, puis refait, re-refait et ainsi de suite à l'infini.
Le beurre un peu salé, les éclats de nougatine, la cannelle, le sucre caramélisé, la vanille ou la fleur d'oranger, c'est ainsi toute la gamme que j'ai faite défiler. Et toujours ce même petit moment magique passé, en même temps que l'heure sacrée du grignotage, à détailler un emballage aussi créatif et farfelu que gourmand et plein de vie.
C'est qu'à force de me balancer en pleine figure des "Souriez!" et des "Youpi la vie, youpi les amis!", ça m'a mis de sacrément bonne humeur pour mon quatre heures...
Et férocement en appétit.
C'était sain, naturel, bon et bio.
Mignon et amusant de surcroît.
Et petit bonus bienvenu, selon les différentes sortes de biscuits, emballages et inscriptions changeaient aussi.
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Alors je pourrais bien continuer à vous étaler mon topo qu'on en croirait presque un billet sponsorisé qu'il n'est pas.
Je pourrais vous parler de la déclinaison des produits salés de la marque tout aussi succulents, des vaches à boire qui font meuh, des projets inventifs qui sont en cours et des délires un peu fous de la joyeuse tribu mais non, ils ont un site après tout!
[Et ils expliquent tout ça tellement mieux que moi...]
Moi, je suis juste bonne à être cantonnée dans le rôle de la vilaine gourmande qui attend impatiemment son goûter et qui se dit qu'au milieu de ce monde qui ne tourne pas toujours très rond, les petits sablés quant à eux le sont pour de vrai, ronds, et que ça fait rudement du bien pour égayer un brin notre hiver parisien.
En plus de se laisser manger sans même rechigner, ils empruntent un monde imaginaire à croquer pour éveiller nos papilles et dévoilent de petites perles d'humour en même temps que leurs savoureux produits.
Cuisiner, dessiner, s'amuser, échanger...
Michel et Augustin ont tout compris, les malins.
Et comme leur business, ils le mènent carrément bien, ils font de nous des princesses comblées, eux, les princes charmants de nos goûters de conte de fée!
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Par chance, leur petite entreprise "la Bananeraie" est établie à Paris, et leurs produits se répandent un peu partout aussi.
Vous pouvez suivre leurs différentes gammes, les lieux de vente, leur univers enchanté et puis leurs aventures empruntes de folie
--> ici <--
Et si vous n'êtes toujours pas convaincus par l'idée de croquer la vie à pleine dent et d'avoir tout plein de caries d'amis, pauvre de vous, vous pouvez toujours commencer à vous entraîner avec leurs délicieux petits biscuits ;)
-Livy-
11 février 2009
La playlist de Février
Julien Ribot - La chambre renversée
Eiffel - Tu vois loin
Albin de la Simone et Vanessa Paradis - Adrienne
Paingels - Je ne danse pas
Soho Dolls - Bang Bang
Gossip - Standing in the way of control
Franz Ferdinand - Ulysses
Just Jack - Writer's block
Ben Harper - Forever
Tracy Chapman - Sing for you
Sia - Breathe me
Absinthe-Minded - My heroics
Athlete - Tourist
Coldplay - Lovers in Japan
Nirvana - Heart shaped box
° ° °
Amis de l'éclectisme, bienvenue à vous puisque mon univers musical de ce mois-ci se révèle particulièrement varié.
Ce n'est sans doute pas une surprise que de dévoiler mon incohérence latente une fois de plus en matière de playlist mais je m'y emploie peut-être plus ardemment encore en ce mois de février, voguant, infidèle, sur la mouvance du moment comme sur des titres d'anthologie qui n'ont de cesse de me coller à la peau.
L'espace d'un instant alors, j'entrouvre ma bulle de rêve et d'évasion et m'autorise quelques découvertes tandis que j'aime à revisiter les mélodies du passé.
Elle s'éparpille, mutine, puis se répand; se fait plurielle et s'entremêle dans des styles que tout sépare la plupart du temps.
Certains y reconnaîtront peut-être de petits morceaux oubliés au détour d'une année, d'autres seront heureux de trouver le nom de ce titre qu'on nous assène en boucle ces derniers jours. Quelques uns préféreront l'inconnu tandis que les derniers enfin ne jureront que par d'emblématiques chansons distillées au compte-goutte, celles-là même qui parcourent nos chemins comme elles enrichissent nos existences.
Qu'importe finalement...
La perfection n'est pas de ce monde, c'est un fait, et c'est dans ce méli-mélo un peu brouillon que j'aime me réfugier en ces temps, à la fois sereine et survoltée, paradoxe musical évident dans lequel je me complais allègrement.
-Livy-
07 février 2009
Geekeries rétro, Goodies and co
Je m'accorde en ce moment-même le privilège d'une retombée en enfance par le biais de ma "geek attitude" de l'époque 80's/90's, autrement dit, la période magique et bénie de la 2D.
En effet, absolument pas concernée par la pseudo guéguerre Playstation 3 vs Xbox 360 et encore moins par les jeux respectifs de chacune des deux consoles, je me replonge pour ma part jusqu'au cou dans l'univers Nintendo "old school" que j'ai, semble-t-il, jamais vraiment abandonné.
Ce n'est certes pas une surprise pour la propriétaire de Wii et de DS que je suis d'évoquer Nintendo en matière de jeux vidéos mais soyons clair:
"Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître."
Alors pas de Guitar Hero pour l'occasion, ni de lapins crétins, ni de Wii fit.
Rien.
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Non, moi en ce moment, j'ai mis ma DS au placard pour jouer à la Game Boy. Attention hein, pas la Game Boy Advance, ni même la Color, elles seraient bien trop d'actualité.
Moi je joue à la Game boy collector, la vraie, l'unique, première du nom. Vous savez, celle en forme de brique, grise et énorme, mais avec un tout petit écran jaunâtre qui ne connaissait pas le rétro-éclairage.
Une merveille, petite perle des collectionneurs, et qui m'a laissé un souvenir d'enfance tellement impérissable que je nourrissais presque l'envie de me la procurer sur e-bay...
Et puis par chance, la semaine dernière, on me l'a prêté.
Tout arrive, c'était inespéré.
Grand moment de nostalgie ces derniers jours donc, vieillesse à l'appui. Oui car si ma mémoire est sélective, la date de la console elle, l'est un peu moins. 1989 qu'il est écrit dessus et autant vous dire que ça m'a fichu un sacré coup de vieux.
Et puis, moment tant attendu, s'en est enfin venu le temps de jouer comme il y a vingt ans, les grosses cartouches de jeux à enclencher, le petit "bip" familier quand on allume la Game Boy, les piles qu'on n'a de cesse de changer, les graphismes pixellisés que vous n'en avez même pas idée.
Bref, du bonheur à l'état pur que je me suis dit, avec un sourire béat.
Alors j'y ai passé une nuit blanche, exclusivement blanche et même le restant de la matinée.
Marioland, Wario, Astérix, Roger Rabbit, tout y est passé... surtout ma santé!
Oui parce que j'avais oublié à quel point jouer dans des conditions aussi précaires était source de moultes soucis. Entre la petitesse de l'écran, les graphismes peu aboutis, les bugs à répétition, le manque d'éclairage et la maniabilité contestable, j'y ai donné de ma personne, fonçant tête baissée sur le chemin de la migraine, de la tension ophtalmique et de l'insomnie.
Pire encore, je me suis révélée en tant que joueuse des plus médiocres en proie au terrible souci de ne parvenir à distinguer aucun des ennemis.
En somme, j'aurais mieux fait de ne pas la tester de nuit!
C'est assez incroyable au final de me dire que j'y ai passé des journées durant mes jeunes années, à jouer au summum de la modernité et que maintenant, cette console lourde comme un parpaing arriverait presque à me faire crever...
Alors voilà, la moralité de l'histoire est que je joue aux dinosaures avec le digne ancêtre de ma DS, que c'est un grand moment d'émotion et que ça me plaît bien au fond. Mais j'ai hélas sans doute un peu vieilli et puis c'est moche à dire, mais je crois qu'on s'habitue un chouïa trop vite aux nouvelles technologies ^^
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N'ayant pas dit mon dernier mot sur le trip "old school" cependant (n'avais-je donc jamais précisé combien Super Mario Bros 3 était mon jeu préféré?), je m'offre le luxe de pouvoir m'adonner très occasionnellement aux joies de la Super Nes et de son Super Mario All Stars mythique parce que jouer sur la télévision, c'est déjà nettement plus abordable, même si Super Nes au quotidien je ne possède pas.
Pixellisée toujours et en 2D ça va de soi, j'en trouverais presque ça effroyablement sympa.
Alors je reprends les commandes des bonnes vieilles manettes à l'ancienne, je décide de choisir Mario plutôt que Luigi et puis c'est parti!
Les boutons multicolores m'emportent dans les nuages, je file droit sur un Koopa, m'engouffre dans le premier tuyau venu, évite une plante carnivore, saisis un up au passage et casse cette brique-point-d'interrogation qui fera de moi un raton-laveur.
Une étoile au vol... je suis invincible.
Dans mon champs de vision, des champignons. Dans mes oreilles, les petites musiques accrocheuses made in Nintendo qui me font évoluer de scènes d'action en forteresses. Je massacre du fantôme, affronte le désert, le verglas et même quelques poissons-chats. Le boss de fin fait son apparition, il n'aurait pas du...
Peach est sauvée, et Toad m'envoie des messages en japonais sous-titré anglais,
Je crois bien que j'ai gagné.
Finalement, le temps est peut-être passé trop vite au pays des geekeries mais les scénarios colorés et fleuris, eux, ont à peine vieilli.
Je me retrouve propulsée quinze ans en arrière sur le sentier de ma mélancolie et c'est rudement bon.
Vingt ans même, ce serait bien.
J'imagine la scène. Ce moment précis où la Nes faisait fureur, que j'abîmais mes petites mains d'enfant sur les vilaines manettes rectangulaires des heures durant et que ladite console ne trônait pas encore dans ma cave, majestueuse de poussière.
A cette époque, je chantais la musique de Tetris à tue-tête, espérais me transformer un jour en Pacman, défiais mon entourage à Bomberman et ne jurais que par Donkey Kong. Je commençais à découvrir Mario avec toute la passion que ce jeu déclenchait en moi et arborais fièrement mon super pistolet laser pour mieux shooter du canard dans Duck Hunt.
Les cartouches de jeux avaient la taille des VHS et comble du comble, je trouvais ça joli.
Aurais-je alors pu envisager ne serait-ce qu'un instant, l'existence future de la Wii, de la DS, du tactile ou des circuits miniaturisés?
L'évolution a sans doute du bon oui et pour reprendre une phrase bien connue, on n'arrête pas le progrès, mais dans un grand élan de solidarité vis à vis des temps révolus, je garde mon encombrante, très encombrante Nes comme une précieuse relique des geeks authentiques du passé. Sans doute parce que j'assume pleinement ma trop grande sensibilité. Et surtout pour ne jamais oublier que ça a bel et bien existé.
Et sinon, je vous parle de l'ordinateur Amstrad ou vous avez compris toute la puissance de ma nostalgie? ^^
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GOODIES
En vrac, mon 26 ème anniversaire fut éclairant au sens littéral du terme et j'ai pu noter entre de nombreux autres présents fort sympathiques (oui j'ai été très gâtée, je le confesse) quelques bons gros cadeaux de geekette dont je souhaitais vous faire partager l'existence.
A l'image de mon pseudo étoilé et de mes rêves infinis, une petite lampe LED en mode aléatoire est venue parsemer mon univers imaginaire de couleurs chatoyantes...
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... et une mini "Living Colors" d'un blanc épuré, la petite lampe magique de Phillips, trône à présent dans mon salon, entraînant dans son sillage une ambiance high-tech à la fois belle et sobre, d'une féminité assurée.
De quoi peaufiner en douceur ma déco d'intérieur dans ce même état d'esprit zen et girly qui me taraudait lorsque je me suis installée ici.
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Pour parfaire le tout, un écran LCD devrait bientôt faire son apparition dans ma petite maison,
Et c'est en quittant mon vieux combi TV-magnéto que je moderniserai un brin mon horizon.
-Livy-
03 février 2009
Trois petits livres pour l'hiver
Dehors, il neigeait.
Il neigeait depuis plusieurs jours déjà de gros flocons ronds qui envahissaient les rues de Paris comme presque jamais je ne l'avais vu auparavant et le ciel bas de la capitale semblait lui prodiguer une nuit éternelle.
Le sol revêtait sa parure verglacée tandis que les passants se faisaient rares, pressant le pas jusqu'à leurs logis.
La lumière pâle des réverbères donnait à la neige une noblesse délicate et la faisait régner en maître au sein de ce paysage ouaté.
L'hiver avait bel et bien retenti, téméraire et mystérieux à la fois, et il s'avérait particulièrement rude.
J'étais prostrée devant ma fenêtre et je pouvais y rester des heures durant, savourant une frêle dose de solitude volontaire, emmitouflée jusqu'au cou dans un pull de grand-mère, à grignoter des biscuits secs sur fond de bons vieux morceaux rock.
Pas la moindre motivation pour mettre un pied dehors c'était certain, mais en même temps que le néant qui s'abattait à l'extérieur sur ma petite rue si familière à l'accoutumée, il se produisait en moi comme une envie de chaleur et de rêves disparus, d'évasion et d'absolu.
L'espace d'un instant, et un instant seulement, je quittais ma couverture de cynisme pour me draper de ce mot oublié: l'espoir.
Alors, dans un grand besoin d'idéal, je me pris au jeu d'assouvir enfin mes pulsions littéraires, depuis des mois laissées de côté sous l'emprise d'une vie parisienne haletante...
Ces quelques lignes pourraient bien être une fiction mais elles ne le sont pas.
Le fait est que j'ai réellement passé la plupart de ces dernières semaines à la maison, en mode no-life associable qui n'en peut plus d'avoir froid, et avec une soif de lire intarissable en prime.
Et si j'ai dévoré du bouquin à n'en plus finir, mes envies de lecture au coin du feu m'ont amené cet hiver vers quelques menus coups de coeur littéraires, trois en tout qui, s'ils ne sont pas parvenus à me faire livrer une vraie cheminée et son fauteuil de lecture assorti en plein Paris, ont en tout cas contribué grandement à me charmer, m'émouvoir et me surprendre.
Peut-être même faire naître cet espoir que j'évoque tant et qui me paraît si souvent dérisoire...
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Ritournelle de la faim de J.M.G Le Clézio
On ne présente plus le prix Nobel 2008 qui se lit non sans une certaine délectation, non sans une certaine sensibilité également tant on s'implique dans des personnages qui, bien que lointains, finissent par nous coller à la peau.
Dans un monde bourgeois des années 30 où l'imaginaire se confronte au réel et où l'émotion à fleur de peau dilapide les rêves en haine ou en colère, Le Clézio nous emporte une fois encore, au moyen de sa plume limpide, vers un autre horizon.
Un horizon fermé et oppressant, plein de rancoeur et d'idées vaines, et qui court doucement à sa perte, comme une évidence...
Avec pour fil conducteur la ruine puis la famine, nous suivons alors avec un attachement évident les
méandres émotionnels de la jeune Ethel, rêveuse née emprunte d'une naïveté charmante qui sera propulsée d'emblée et malgré elle dans un monde d'adulte et de souffrance.
La complexité humaine y est décrite à la perfection, grave et fragile à la fois, révoltante ou révoltée, nous offrant sur un plateau les affres de la vie dans un grand souci de réalisme qui, souvent teinté de noirceur et de douleur n'en devient jamais sordide pour autant.
Ainsi parée d'une innocence et d'une pureté qui n'ont de cesse de repousser
un aspect évidemment sombre et inquiétant, la trame se fait légère et fluide, prodiguant au roman une force incroyable.
L'auteur use de son style inimitable pour faire jaillir de ses mots une intensité maximale, cette intensité même qui bouleverse au fil des pages et nous emporte avec Ethel sur le chemin salvateur de la fuite en guise de refuge d'abord, de la prise de conscience ensuite, puis de l'âge adulte enfin.
Une sorte de parcours initiatique qui se savoure, d'anecdotes en péripéties, dans un amour évident de la littérature.
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L'élégance du hérisson de Muriel Barbery
Paris en ligne de mire et une plume jubilatoire et ludique.
J'avais manqué le roman à sa sortie en 2006 et je n'ai pas regretté de combler mon retard bien des années après.
A la fois philosophique et sociologique, l'histoire nous entraîne dans un immeuble bourgeois du 7 rue de Grenelle, à la rencontre de Renée, une concierge pas comme les autres qui, à l'instar d'une culture hors du commun, fait tout son possible pour se cantonner au rôle de la parfaite gardienne, un peu sotte de surcroît, se terrant alors dans un banal tel qu'elle en paraîtrait presque transparente.
Les situations incongrues se bousculent, les quiproquos se multiplient, les destins se croisent et les personnalités se démarquent au sein de ce va-et-vient drôle et joliment écrit, emprunt parfois d'une petite pointe de cynisme bien sentie et d'une tristesse latente le plus souvent dissimulée.
Un vrai délice aussi de parcourir ces pages emplies d'allusions culturelles, petits clins d'oeil littéraires, musicaux et cinématographiques qui enrichissent et étoffent le livre en même temps qu'ils captivent un lectorat délicat.
La société quant à elle y est mise à rude épreuve, les généralités sont transcendées et c'est au final l'intelligence du coeur qui prime, seul léger bémol sans doute, parce qu'il n'est pas sans apporter parfois à l'ensemble un aspect un peu mièvre que je n'apprécie point.
Fort heureusement, le mordant du roman, son dynamisme, ses personnages secondaires imprévisibles et Renée la magnifique en font un petit livre magique qui se plaît à frôler la caricature avec un telle bonne humeur qu'on lui pardonne aussitôt et qu'on adhère forcément.
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Le baiser dans la nuque de Hugo Boris
Voguant sur la lourde thématique de la surdité, le roman nous transporte presque d'emblée au gré d'un univers certes dramatique, mais traité avec une subtilité et une sensualité désarmantes.
Quand l'apprentissage du piano, le partage, le dialogue prennent le pas sur le handicap qui s'abat sur l'héroïne ou la solitude silencieuse du héros et que les mots, fragiles mais profonds, forment peu à peu une mélodie, le baiser dans la nuque devient alors avant tout une véritable histoire d'amour et d'échanges, emprunte d'une poésie enchanteresse qui émeut comme elle déstabilise.
Ce serait presque au fond le récit de destins improbables qui se croisent...
Elle est sage-femme, il est professeur de piano.
Progressivement, le parallélisme entre les deux métiers se met en place et l'obscurité lève alors son voile, constituant ainsi un tout cohérent et métaphorique avec le passage à la surdité qui doucement opère. Les descriptions se font magiques tandis qu'elles se donnent la réplique dans une musicalité des plus exquises, les récits d'accouchements succédant aux leçons de piano, quand la persévérance et le travail côtoient doucement une part de rêve décidément plus abstraite.
Les phrases courtes de l'auteur sautillent allègrement sur la partition de ce récit touchant à souhait, tantôt brutal tantôt pudique, et l'on n'a de cesse d'admirer cette prose si particulière, à presque nous donner l'impression de lire un long poème qui nous transmettrait d'emblée une passion inavouable pour le piano...
-Livy-


























