Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

30 novembre 2008

Dans les allées du cimetière du Montparnasse...

Cimeti_re_du_Montparnasse

Sans pour autant avoir un goût prononcé pour le macabre ou tout ce qui pourrait s'en rapprocher, il est des endroits qui possèdent en leur sein une puissance incroyable et en cela, je reste une inconditionnelle du cimetière du Montparnasse où je me plais à me balader régulièrement, sans doute plus encore que le Père Lachaise qui dans son côté trop touristique sacrifie une part de son charme éternel...

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Perdu en plein sud de Paris et dans un cadre verdoyant impressionnant de 19 hectares, le cimetière du Montparnasse est en effet l'un de ces lieux fascinants, intemporels évidemment, qui nous offrent une plongée dans le passé et un tête à tête avec des personnalités marquantes.
L'endroit est spacieux et sacré, ses habitants silencieux et il se laisse découvrir à chaque visite d'avantage, dévoilant au compte-goutte ses mystères comme sortis d'une autre vie, d'un autre monde.

Au détour d'une allée, on y croise une certaine élite intellectuelle et culturelle avec, à titre d'exemples, Samuel Beckett, Marguerite Duras, Man Ray, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Guy de Maupassant ou encore Henri Troyat...
Les hommes et femmes célèbres se côtoient sans se ressembler et nous confrontent, dans un bref instant spirituel à la quête incroyable que peut représenter toute une vie dans ce qu'elle comporte de projets, d'envies, d'accomplissement et de talent.
Par leur demeure d'éternité uniquement, tantôt sobre tantôt extravagante, ils parviennent à nous transmettre comme par magie une légère esquisse d'un temps révolu, une part d'eux-mêmes également, demeurant ainsi vivants par l'intérêt même que leur portent les gens.
Et la balade dans le passé se poursuit...

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Tombe_de_Serge_Gainsbourg

L'homme à tête de chou est là, à se reposer pour toujours.
Il était peut-être venu nous dire qu'il s'en allait...
La tombe de Serge Gainsbourg est effectivement à elle seule tout un programme et nous offre un joyeux bazar excentrique, pêle-mêle de fleurs séchées, tickets de métro, mégots et paquets de cigarette et de multiples autres grigris qui ne sont pas sans rappeler la vie artistique hautement mouvementée de notre poinçonneur des Lilas préféré.
Elle demeure un lieu de pèlerinage évident pour ses nombreux fans et une curiosité de plus du cimetière qui se gorge tout entier du talent du grand Serge.
Un monument insolite à ne manquer sous aucun prétexte, emblématique d'une personnalité qui a marqué les esprits à tout jamais et reste encore aujourd'hui un phénomène.

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Tombe_de_Baudelaire   Monument_fun_raire_Baudelaire

Un peu plus loin, à m'engouffrer dans les allées ombragées, le lieu culte de ma douce promenade me tend les bras, petite tombe si discrète qu'elle s'en perdrait presque dans l'immensité du cimetière.
Charles Baudelaire, le poète maudit et talentueux, y partage un caveau à peine perceptible avec son beau-père et d'autres membres de sa famille. L'endroit est modeste, on passerait bien devant sans s'arrêter. Mais des roses noires, symbole des Fleurs du mal et quelques extraits de poèmes écrits à la main, petits bouts de papiers à la merci du vent, sont là pour rappeler un parcours atypique et plus encore, un passé littéraire incroyable.
Là où le temps semble s'être arrêté, des amoureux de la poésie s'y rejoignent régulièrement.
Recueillis, ils célèbrent l'anniversaire de la mort de Baudelaire ou se retrouvent de temps à autre lors de réunions vouées à célébrer l'oeuvre du poète en la lisant tous ensemble à haute voix et partageant des impressions dessus, lui rendant ainsi un hommage éternel.
A l'autre bout du cimetière également, un monument funéraire orné d'un gisant est érigé en son honneur, reflet d'un homme au talent immense, trop méconnu de son temps mais qu'on ne cesse d'encenser aujourd'hui...

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C'est dans ces simples balades alors que le cimetière, qui revêt les couleurs des saisons avec un charme qui lui est propre, nous livre secrets et surprises, nous invitant à un voyage culturel de toutes les époques et de tous les styles.
Il envoûte par sa diversité, sa singularité, sa personnalité.
Il effraie par ses tombeaux à têtes de morts, ses mausolées immenses, son imposante superficie.
Il captive par ses oeuvres d'art intégrées (cf sculptures de Niki de Saint-Phalle en hommage à des amis), le décor de ses tombes, son espace vert apaisant.
Et dans un paradoxe évident enfin, il incarne et célèbre plus que jamais la grande aventure de la vie.

-Livy-

NB:
Serge Gainsbourg est à l'honneur d'une exposition à la Cité de la Musique (la Villette), qui a débuté le 21 octobre 2008 et se poursuivra jusqu'au 1er mars 2009.

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27 novembre 2008

Simple Plan au Zénith de Paris

Simple_Plan

DSC00619

Mes concerts du week end passé, suite et fin.
Et peut-être bien les derniers de l'année 2008 à moins que? Je ne saurais trop vous dire...
Il fallait donc y aller franchement pour l'occasion et ne pas se priver!
Deux pour le prix d'un, c'est une bonne moyenne en à peine 48 heures et loin de moi l'idée d'être à présent complètement explosée un brin fatiguée pour cette nouvelle semaine qui se montre rude, tout naturellement ^^
[Evidemment, si j'avais profité du reste du week end pour me reposer, ça se saurait!]

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Mais le jeu en valait la chandelle puisque dans un changement d'ambiance radical comparé au concert précédent, c'est en mode "teen" cette fois que j'ai passé mon dimanche soir, total look en converses et slim à l'appui, et au Zénith de Paris de surcroît, afin d'aller saluer la toute dernière représentation de la tournée française des Simple Plan.
Un petit concert-délire pour fille qui ne veut pas vieillir et qui décide de retomber joyeusement, le temps d'une soirée, dans la douce période de l'adolescence et de ses mélodies punk-rock acidulées.
Un voyage dans le temps en quelque sorte, à me replonger dans la folie des premières années étudiantes à Paris, des soirées open-bar, des pubs du quartier latin, des nuits blanches infinies, des partiels, et puis finalement reprendre en choeur des refrains bien connus, un sourire au bord des lèvres, toujours.
Et surtout une soirée sympathique, correspondant en tout point à ce à quoi je m'attendais, en compagnie d'un groupe qui, dans la lignée de Blink 182, Sum 41 et autres Good Charlotte a fait briller de souvenirs ma post-adolescence décidemment bien enjouée...

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Alors voilà, je reconnais que la moyenne d'âge était légèrement en dessous de mon pauvre quart de siècle et que j'ai même pu croiser quelques parents dans les recoins de la fosse, perdus entres deux/trois ados, mais j'assume.
J'assume parce que c'était un bonheur que de pouvoir se laisser aller à répéter à tue-tête les refrains des morceaux, tenter quelques bonds subtilement esquissés, crier entre chaque chansons pour extérioriser je ne saurais trop quoi et puis soudainement partir dans mes rêves au milieu de la foule, agréable sensation.
Un peu déçue cependant d'avoir manqué Zebrahead [en première partie, avec Kids in glass houses] à cause d'une non-ponctualité ne mettant en cause que moi-même mais je me suis bien rattrapée pour Simple Plan [bien que placée relativement loin dans la fosse à cause dudit retard] prenant un malin plaisir pour l'occasion à reconnaître ou deviner une bonne partie de leur répertoire, que ce soit dans les anciennes chansons comme les nouvelles puisque s'ils n'ont pas tout joué [dommage...], ils ont tout de même revisité une bonne partie de leurs albums avec un aplomb et un entrain fortement appréciable qui plus est.
En a donc résulté un mix habile entre concert "best of" et découverte du nouvel album de façon plus assidue, le tout bien dosé et dans un état d'esprit vraiment chaleureux.
Si j'ai souvent déploré en effet les groupes qui nous viennent de loin et nous servent leur concert sans plus d'enthousiasme mais dans l'unique but de faire leur promo, peu de mots à l'égard du public évidemment, j'ai été ravie de constater dimanche que c'était loin d'être le cas des Simple Plan.
Les membres du groupe parlant français [n'oublions pas que Pierre & co nous viennent tout droit du Québec], il était forcément plus aisé d'établir une communication et pour la première fois de toute ma vie sans doute, j'ai trouvé un certain charme à l'accent québécois, tabernacle!
De ce fait, une convivialité évidente et une réelle connivence entre le groupe et le public ont sans doute beaucoup contribué aux points forts du concert, créant un bon nombre de dialogues impromptus, de petites phrases pleine d'humour et laissant à la foule le libre-arbitre de participer ardemment à l'ambiance générale, ce qu'elle n'a pas manqué de faire naturellement.
Au milieu de cela, on notera quelques inédits, une reprise enjouée du morceau I kissed a girl de Katy Perry et l'apparition du chanteur, Pierre, en plein milieu du public le temps d'une balade où je me suis retrouvée aux premières loges tandis que ses musiciens restés sur scène continaient de jouer...
[Un moment fort de la soirée, cela va de soi]
Un bémol toutefois sur l'acoustique du Zénith qui, à l'image des salles de concert relativement grandes, n'était vraiment pas au point au niveau des réglages, rendant souvent le son saturé et par conséquent pas toujours audible de façon agréable. Il fallait s'y attendre.

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J'ai passé au demeurant une soirée ludique et divertissante au possible, dans une bonne humeur tonique et enlevée et qui m'a étonné moi-même compte tenu de mon état de fatigue latent.
Une bonne surprise que de voir le groupe sur scène, en forme et visiblement content d'être là, distillant ses mélodie punk-fantaisies à un rythme effréné, histoire de donner à notre dimanche soir des allures de fête infinie.
On aurait presque souhaité que le concert se finisse plus tard...
Mais à 22h30, les rappels effectués et toutes les lumières du Zénith rallumées,
C'est au bercail qu'il a fallu rentrer!

-Livy-

--> Le Myspace de Simple Plan <--

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24 novembre 2008

Thomas Dutronc à l'Olympia

Thomas_Dutronc

"J'veux voir personne,
couper mon téléphone.
Vivre comme les nonnes,
J'parle pas de John.

J'aime plus Paris..."

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A l'image de la chanson qui l'a fait connaître d'avantage du grand public durant l'hiver 2007/2008, premier single de son nouvel opus Comme un manouche sans guitare, Thomas Dutronc n'aime peut-être plus Paris mais c'est pourtant toute la capitale ou presque qui était venue l'acclamer à L'Olympia ce vendredi 21 novembre (et les deux soirs précédents sans doute aussi) et s'il ne voulait voir personne, c'était un peu raté pour lui!
C'est ainsi que je me suis retrouvée au beau milieu d'une salle de spectacle pleine à craquer d'un public conquis d'avance (oserais-je préciser que le concert était marqué complet depuis un bon moment) le temps d'un show tout en finesse, emprunt de poésie, d'humour et de bons mots, tout à fait plaisant et dans un état d'esprit de totale découverte pour ma part.
Encore un de ces instants magiques et hors du temps qui nous font oublier tout le reste l'espace d'une soirée et nous laissent un arrière-goût d'une exquise délicatesse.

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C'est que tous les ingrédients, à commencer par la salle de concert en elle-même, son acoustique savamment dosé, la décoration et la mise en scène très inventives du spectacle, étaient réunis pour un moment hors du commun, musicalement riche et surprenant, le tout dans une ambiance attrayante et singulière, à mi-chemin entre un concert intimiste et un évènement-clé à ne manquer sous aucun prétexte.
Alors, dans cette atmosphère un peu surréaliste, Thomas Dutronc s'est joliment dévoilé au fil des morceaux, avec un charme et un charisme incroyable que le public ne fut pas sans remarquer, débutant son concert avec une émotion toute en douceur d'abord puis le laissant gagner en intensité au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient.
Mêlant paradoxalement une certaine nonchalance et un dynamisme évident, il nous a livré le temps d'une soirée une interprétation remarquable de ses morceaux comme de nombreuses reprises, aussi bien dans le jeu de guitare que dans sa performance vocale très aérienne, faisant indéniablement de lui un artiste de talent, plus prometteur que jamais au demeurant dans le petit monde de la nouvelle scène française.
Il nous a ainsi fait voyager pendant environ deux heures sur les notes d'un répertoire jazz & blues étonnant, dévoilant avec la puissance du live -l'inverse aurait été décevant- toutes ses aptitudes de musicien et surtout de guitariste, le tout ponctué de textes savoureux, tant par leur légèreté, leur humour et leurs jeux de mots que la véracité de leurs propos, un tantinet plus critique.
En a résulté un joyeux mélange des genres, excessivement bien amené, pour un concert réussi qui a su additionner douceur et féérie sans pour autant tomber dans l'ennui. Et si je ne connaissais jusqu'à présent que quelques morceaux de l'artiste ainsi que certaines de ses interprétations à la guitare, ce fut un plaisir pour moi que de le découvrir plus ardemment sur scène.
D'une part, avec des mélodies nouvelles encore pour mes petites oreilles et d'autre au moyen de thèmes musicaux bien connus comme cette variation sur plusieurs morceaux de M, notamment Les triplettes de Belleville, une adaptation de musique classique en mode jazzy, quelques medleys peuplés de reprises inattendues (on notera YMCA parmi elles ^^) ou encore des mélodies du grand Django Reinhardt, assurément les meilleurs moments de la soirée surtout si l'on repense au rappel des rappels qui avait pris pour l'occasion la couleur des Yeux noirs, le temps d'un interminable mais intense instant musical...
Il est en effet à préciser que j'ai vraiment d'avantage apprécié les morceaux entraînants qui nous plongeaient directement dans une ambiance un peu rétro, tout à fait charmante et terriblement festive que les calmes balades, un peu moins attractives si l'on s'en tient à mon unique avis.

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Cependant, même si Thomas s'est montré à la hauteur, en solo et dans sa communication sympathique avec le public comme accompagné de sa joyeuse troupe, je n'en omets pas pour autant ses musiciens, aussi drôles que talentueux et qui eux aussi ont fait vivre le show avec passion, nous transmettant par le biais de leurs instruments une fougue insensée et nous laissant ainsi sur une sensation musicale assez difficile à décrire mais d'une force avérée.
Mention spéciale notamment pour le violoniste qui m'a littéralement émerveillé, violoniste tout simplement hallucinant dans son émotion musicale, tant par son jeu de virtuose que sa gestuelle, et sur lequel j'ai eu les yeux rivés une bonne partie de la soirée.
C'est ainsi que je me suis plu à savourer et même bien au-delà ce que j'aurais pu imaginer...

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Reste à préciser que le public qui m'entourait était quant à lui sous le charme du début à la fin du spectacle, contribuant grandement aussi à la convivialité paisible d'une ambiance que je vois rarement dans mes sacro-saints concerts rock (on omettra cependant les deux personnes raides-bourrées placées juste devant moi, gesticulant et hurlant, quel pensum!) mais dans laquelle je n'ai cessé de me complaire, le temps de ce moment si spécial...
Oui car le sieur Thomas, il faut bien vous le dire, a réellement un public. Son public. Plutôt puriste et d'un enthousiasme débordant, qui de toute évidence suit son évolution artistique depuis bien longtemps, bien avant sa médiatisation d'ailleurs et avec lequel c'était un réel plaisir que de pouvoir communier, partageant ainsi pour quelques heures une passion commune: la musique.

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Alors certes, ce n'était pas un concert comme j'en fais tant ni une ambiance que je suis habituée à côtoyer et sans doute cela m'a t-il un peu déboussolé au départ, surtout placée dans la fosse, debout, au troisième rang de surcroît (plus pratique quand on est myope et qu'on vient de casser ses lunettes...), à ne pas pouvoir bouger beaucoup ni me démener parce que faire du "surplace" pendant si longtemps, c'est un brin fatiguant à mon vieil âge ^^
Légèrement décontenancée par le public en lui-même, sa fraîcheur, son attention presque sacrée à l'égard du show, je ne savais trop à quoi m'attendre pour la suite mais si j'étais assez sceptique en début de concert, craignant quelques longueurs, je me suis vite prise au jeu cependant, à écouter et ressentir les sons au plus profond de mon être et en oubliant pogos et bonds, parce que d'une part, j'ai toujours beaucoup aimé ce que fait Thomas Dutronc, d'autre part, son énergie sur scène était bel et bien réelle et par ailleurs, la notion de découverte d'un autre aspect du spectacle a toujours ce petit quelque chose de palpitant, si tant est qu'on est un minimum curieux.

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Le fait est que l'Olympia ce soir-là avait revêtu une couleur charmante, jazzy et acoustique, qui n'était pas sans rappeler un état d'esprit pleinement mélomane, le temps d'exprimer avec magie et beauté une sensibilité musicale extrême qui n'a eu de cesse de se laisser apprivoiser, le tout mener d'une main de maître par un artiste qui décidemment ne manque pas de m'impressionner...

-Livy-

--> Le Myspace de Thomas Dutronc <--

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21 novembre 2008

La France en blanc

La_france_en_blanc

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C'est une info un peu incongrue que je vous balance là mais si vos week end vous ennuient quelque peu, que vous ne savez pas quoi faire de votre samedi 22 novembre (autrement dit, demain), que vous trouvez soudainement votre garde-robe de ces derniers jours aussi sinistre que le temps qu'il fait dehors et que vous rêvez de la paix dans le monde et de la couleur qui va avec, alors une bonne idée vous attend...

°

Vous n'y aviez pas pensé jusqu'alors,
Vous en rêviez en silence,
Même que c'était récurrent,
Mais qu'attendez-vous donc?
...
Habillez-vous en blanc!

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Oui oui, vous avez bien entendu, en blanc.
Et maintenant!
Votre mission donc, si vous l'acceptez, est de revêtir vos plus clairs vêtements,
Même si c'est l'automne,
Même s'il fait froid,
Même s'il pleut à torrent
Et surtout même si, ô sacrilège, ce n'est pas la couleur "tendance" de la saison du moment.
Rassurez-vous, on ne vous en voudra pas.
Et la mission quant à elle s'autodétruira le dimanche 23 ;)

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Le but de cette idée loufoque?
Une sorte de pari curieux et inventif, 
De record national à effectuer en mode "flashmob"
Et l'occasion de mettre quelques grammes de "fun" dans notre quotidien.

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Alors, convaincus?
Si vous adhérez au concept, à l'audace et à la petite dose de folie qui vont avec, vous trouverez d'avantage de renseignements sur ce site:
[ La France en blanc ]

°

Et puis n'oubliez pas,
Rien de tel que de s'habiller en blanc pour éviter de broyer du noir ^^
On vous aura prévenu.

-Livy-

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19 novembre 2008

About literature...

Livres

Mais que se passe t-il donc?
Aurais-je basculé du côté obscur?
Alors que je vis paisiblement ma vie de fille-qui-tient-un blog-pas-vraiment-beaucoup-lu, un second tag vient succéder au premier, me tombant à son tour dessus en l'espace d'à peine une semaine.
No commen't, j'en reste moi-même bouche bée.
Celui-ci me vient cette fois de
Paul le Baron qui, je cite, me tague "violemment et sans aucun scrupule" pour marquer l'occasion de l'anniversaire de mon blog.
Une occasion à vrai dire bonne à prendre puisqu'après la thématique musicale, on m'accorde le privilège d'un tag littéraire. C'est à croire qu'ils le font tous exprès pour je leur réponde malgré moi. Et pire encore! Ils réussissent.
Je me plie donc à cette coutume [pour un peu, je commencerais presque à y être habituée ^^] et m'en vais de ce pas fouiller ma bibliothèque, humer l'odeur des livres chinés, toucher ce papier fin que j'aime tant quand il me glisse sous les doigts et me perdre dans quelques pages afin d'y trouver de petites perles, susceptibles de figurer dans la suite de ce billet... ou pas.

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I. Quel est le dernier livre que vous avez acheté *ET* terminé ? Verdict ?

Oups, douloureuse question que celle-ci. C'est que je n'achète guère de livres ces derniers temps, j'en emprunte plutôt (oui, je suis pingre et profiteuse), peu importe d'ailleurs qu'il s'agisse de farfouiller dans la bibliothèque des amis ou dans celles, d'avantage publiques, de la ville de Paris.
Accessoirement, je passe des heures à lire à la Fn*c aussi, assise dans un coin où l'on ne me dérangera pas et j'y retourne consencieusement presque tous les jours afin de poursuivre ma lecture en toute gratuité mais que celui qui ne l'a jamais fait me jette la première pierre.
Il faut préciser aussi qu'ayant envie de ne pas perdre une seconde, j'ai toujours une multitude de livres commencés en même temps, à thématiques fort diversifiées et que je reprends à ma guise selon mes envies et l'endroit où je me trouve (n'est pas multitâche qui veut, on admire l'effort de lire dans le métro et dans les correspondances, l'ipod greffé aux oreilles ^^).
Alors évidemment, cela fait bien une éternité que je n'ai pas mis mon argent dans un "bon" livre même si l'idée me taraude fortement ces dernières semaines.

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Le_fait_du_Prince___Nothomb

Ceci dit, je me souviens très bien de mon dernier "achat" à proprement parler. Il s'agissait d'un livre de vacances en septembre dernier et pour ne rien vous cacher, c'était le dernier Amélie Nothomb, Le fait du prince.
On a tous en effet nos petites manies et puisque j'éprouve beaucoup de plaisir à lire les romans de la jeune femme, c'est une sorte de coutume chez moi que de me perdre une fois par an dans la lecture du tout nouveau bouquin d'Amélie.
Quant au Fait du prince en lui-même... Terminé en un temps record car il se lit excessivement vite, sur la plage qui plus est, et très bon passe-temps au demeurant avec, je ne me lasse pas de le préciser, une couverture des plus réussies. Un choix malin donc, pour une lecture de vacances.
Il en demeure une écriture agréable, une intrigue assez cocasse et bien trouvée quoiqu'un peu alambiquée, un peu "too much" parfois mais dont Nothomb se sort très bien en exploitant toutes les ficelles du sujet avec un style qui n'est pas sans rappeler ses précédents romans, ponctué notamment par quelques très bonnes répliques que je ne me suis pas privée de noter.
L'ensemble se lit, fluide et attrayant, gentiment loufoque, parfois un peu décalé, sans grande innovation certes mais avec toujours ce petit "quelque chose" qui est là, à nous tenir en haleine, dans un langage propre à l'auteur que ces détracteurs contestent tant mais que d'autres lui envient.
Les dernières lignes sont cependant un brin décevantes et même bien plus encore, nous laissant ainsi sur notre propre faim, comme abandonnés en plein milieu du chemin. En effet, si les quelques questions et réflexions soulevées tout au long de l'oeuvre de par son thème (l'usurpation d'identité) valent le détour et captivent parfois, nous entraînant alors dans une aventure palpitante l'espace d'un instant, tout retombe un peu trop vite à la fin, gâchant du même coup un plaisir évident... Il n'en reste alors pas grand chose sauf le souvenir d'avoir passé un bon moment. Un bon moment oui, mais peut mieux faire.
Je ne peux dire le contraire cependant, j'avouerai tout de même avoir eu une agréable surprise tant les critiques étaient mauvaises au sujet du roman et rien que pour la créativité qu'il dégage, je n'ai assurément pas envie de le juger trop sévèrement.
Il est distrayant et sympathique, agréable à lire, humoristique et bourré d'idées et autres petites trouvailles.
Mais après comparaison avec certains livres clés d'Amélie Nothomb (oserais-je citer Stupeur et tremblements, ouvrage qui m'a profondément marqué), mon avis reste mitigé, surtout quand on se doute de l'ampleur du talent qu'Amélie a à nous revendre....

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II. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?

Je vais tâcher de procéder par ordre, parce que pour moi, c'est une question à poser au pluriel.

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Les_fleurs_bleues___Queneau

Je suis d'une part en pleine relecture d'un livre de Raymond Queneau, Les fleurs bleues. Une énième relecture devrais-je dire quand sait l'amour que je voue à cet auteur et combien j'ai pu l'étudier durant mes études de Lettres, à commencer par l'épreuve littéraire du baccalauréat!
Mais c'est un fait. Une fois par an, je relis du Queneau et cette année, ô chance, j'ai pris mon ouvrage préféré en ligne de mire.
Evidemment alors, pas très facile de donner mon avis de la façon la plus objective possible après tout ce temps passé à l'étudier, si ce n'est un grand enthousiasme à le relire, un plaisir demeuré intact et la découverte sans cesse de nouveaux petits détails qui m'avaient échappés jusqu'alors sur la structure de l'oeuvre, le parallélisme des personnages, les situations similaires et j'en passe, le tout traité de façon pour le moins hallucinante.
Accessoirement, je relis mes notes de cours en même temps pour ne rien laisser passer et vous me croirez si vous voudrez mais c'est un vrai bonheur ^^
Ligne 13 page 42: "Un passant est venu se joindre à Cidrolin; ils regardent tous deux le camion se remplir."
Sorti du contexte... bof! Mais je n'en oublie pas ce point virgule qui vient se poster en plein milieu, magistral.

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Le_magasin_des_suicides___Teul_

Je découvre d'autre part Le magasin des suicides de Jean Teulé mais de façon un peu saccadée puisque le livre ne m'appartient pas et que je me vois dans l'obligation de grappiller quelques lignes lors de mes passages (très fréquents) chez une amie qui me l'a conseillé.
Un peu compliqué de s'adonner à la lecture dans de telles conditions mais malgré cela, je suis déjà conquise par la découverte de ce petit livre dont il y a quelques mois encore, je n'avais pas entendu parler et que je trouve réellement savoureux.
Je me sens d'ailleurs tellement absorbée par ce style d'écriture et plus encore par le cynisme ambiant et l'humour noir qui se dégage de l'histoire que j'en chercherais presque à me procurer le livre par tous les moyens afin de le dévorer d'un trait et de pouvoir l'annoter dans tous les coins.
Oui parce que ce roman qui a priori n'a rien d'exceptionnel et dont le titre est plutôt énigmatique est en réalité un petit bijou à feuilleter de toute urgence car tout bonnement génial!
Actuel, plein d'humour et bien écrit, simple et torturé à la fois, gorgé de paradoxes et de faits incongrus, il s'immisce dans un sujet brûlant avec beaucoup d'habileté pour en tirer la quintessence et n'est pas à ce propos sans rappeler un certain Martin Page, l'un de mes auteurs favoris.
Rien que la lecture des première pages est fascinante, je sens s'accroître mon intérêt de ligne en ligne et je suis pour ainsi dire sure de lui réserver un billet ici-même un peu plus tard, quand je l'aurai ardemment lu et relu, dans des conditions optimales.
Il faut bien avouer que le parcourir de la sorte est légèrement frustrant, frustration renforcée par le fait que je ne le trouve pour l'instant nulle part en librairie (rupture de stock, hors de mon chemin) mais une commande prévue sur internet devrait améliorer mes petits tracas très prochainement...
Ligne 13 page 42: Je crois que ça ne va pas être possible, pas être possible  ^^

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Le_langage

Parce que j'aime bien me rendre la vie impossible parfois aussi, je me suis également lancée tête la première dans un essai savant, Le langage de Louis Hjelmslev, livre que j'avais acheté il y a bien longtemps pour m'aider dans mes études de Lettres (toujours elles), jamais lu au demeurant et que j'ai retrouvé il y a quelques mois en déménageant ma bibliothèque.
Une découverte pour le moins inattendue mais fort captivante au final quand on prend la peine d'ouvrir son esprit, s'y plonger réellement et s'adonner ainsi à une lecture différente et toute nouvelle, bien loin de mes chers romans qui me suivent et me poursuivent sans cesse.
Ceci étant, la lecture en question est loin d'être limpide, la réflexion de rigueur et les prises de tête également, bien que l'ensemble, à très petite dose sinon t'exploses, présente un intérêt évident.

J'ai ainsi vu certains souvenirs de cours de linguistique remonter à la surface (Saussure pour ne citer que lui^^) tandis que d'autres faits énoncés m'étaient jusqu'à présent encore totalement inconnus.
Comme l'indique la quatrième de couv', l'oeuvre intègre grammaire historique et linguistique comparée de façon intelligente et concise et si certains passages sont d'une complexité sans limites, d'autres au contraires dévoilent de petits secrets de syntaxe propres à des langues bien spécifiques, arguments et exemples à l'appui.
J'en pense surtout que ce livre est en phase de devenir pour moi une mine de renseignements lorsque je me poserai certaines questions d'ordre grammatical ou syntaxique parce que s'il n'est pas très long, il est cependant fort bien renseigné, mais je ne compte pas le finir dans son intégralité là, maintenant, tout de suite car il se découvre à mon avis progressivement plutôt qu'il ne se dévore et à trop vouloir le parcourir, il risquerait fort de devenir indigeste.
Ligne 13 page 42: "La formule fonctionnelle établie ici est valable pour le début du mot devant une voyelle;
(encore un point virgule, j'ai une chance folle!)

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Les_tribulations_d_une_caissi_re

J'achèverai le paragraphe en évoquant brièvement mon "compagnon de rue", comprenez un livre léger et facile, transportable dans un sac à main dernier cri, qui soit capable de me distraire dans les transports en commun comme dans les jardins publics, voire me faire rire aux éclats en pleine rue et dont je parvienne à suivre la trame où que je sois même dans l'endroit le plus bruyant du monde, pourvu que ça crie!
La chick lit est d'ailleurs fortement conseillé à ce sujet mais actuellement, c'est sur Les tribulations d'une caissière de Anna Sam que je me suis penchée. Il faut d'ailleurs savoir que le livre est sorti il y a peu (été 2008) et était à la base un blog à succès dont je vous mets le lien [ici], si vous souhaitez voir de quoi il retourne.
Et c'est un bonheur permanent que de se délecter entre deux stations de métro des malheurs tous plus anecdotiques les uns que les autres de cette caissière à l'humour féroce, tant elle décrit les choses de façon savoureuse et comique, non sans une certaine ironie d'ailleurs.
Rien à dire. Ce n'est pas de la grande littérature, la thématique n'a rien de magique, l'écriture est simple comme tout et pourtant... c'est juste délicieux.
Le livre touche presque à sa fin à force de le balader partout lors de mes allers-retours incessants à l'autre bout de Paris et je sens déjà que je vais regretter longtemps de l'avoir fini trop tôt!
Ligne 13 page 42: "Vous faites appel à un ami? (suivi d'un bon gros rire, il faut aussi avoir le sens de l'humour.)"

Au programme des prochaines relectures parce que les relectures, j'adore ça:
Le rouge et le noir de Stendhal, Salammbô de Flaubert, Bel-Ami de Maupassant et bien d'autres encore...

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III. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?

Je décide de tricher encore puisqu'il m'est impossible de faire un choix entre mes deux livres favoris.

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Le_petit_prince

Le petit prince de Saint-Exupéry est tout simplement magique. Il émane de lui une curieuse impression de sentiments mêlés et de vérités cachées laissant planer une ambiance délicieusement étrange et nostalgique, saupoudré d'un monde imaginaire qui captive sitôt qu'on y pénètre.
Porté par sa phrase-clé "L'essentiel est invisible pour les yeux", il nous propose d'adopter une nouvelle vision du monde, d'avoir un certain recul sur les choses de la vie et de se remettre en question pour enfin savoir apprécier et savourer le moindre instant de bonheur, pourvu qu'il soit simple.
A la fois conte merveilleux, pseudo-initiatique et philosophique, il demeure un livre-pilier, à lire aussi bien enfant, adolescent ou adulte avec une sensation des mots jamais tout à fait différente et jamais tout à fait la même.
Il se fait pluriel et laisse échapper une multitude d'émotions qui ne peuvent que toucher et captiver un lectorat souvent un peu trop blasé.
Mon pseudonyme "Etoile" vient d'ailleurs de cet ouvrage, où "le plus beau et le plus triste paysage du monde" était caractérisé par deux dunes en plein désert, une étoile au milieu...
Il s'en dégage une dualité de l'être et de la vie qui transforme l'existence en une aventure palpitante et complexe, peuplée d'épreuves et de souffrance, de questions à n'en plus finir également, mais où la moindre minute est évidemment à apprécier.
Les dessins qui illustrent l'ensemble, enfin, sont une sorte de cadeau-bonus voués à nous faire entrer pour de bon dans un monde rêvé et intemporel, qui sonne toujours juste de par son originalité et son inventivité.
Une bonne raison pour moi de faire de lui l'un de mes livres de chevet favoris.
Dernière phrase de la page 65: Il s'agit en fait d'une illustration de l'auteur, commentée par ses soins...
"Cette planète est toute sèche, et toute pointue et toute salée."

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Les_fleurs_du_mal

Les Fleurs du Mal de Baudelaire constitue évidemment un recueil culte et incontournable pour quiconque apprécie un tant soit peu la poésie et par chance, j'en fais partie.
En 1857, lors de sa parution, Baudelaire défrayait en effet la chronique en offrant au public une vision moderne et controversée de la poésie, toute nouvelle encore,  s'accordant une liberté totale d'expression dans les sujets abordés comme les mots employés.
Il en ressort un ouvrage tout bonnement exceptionnel qui puise son intensité dans les profondeurs des émotions et impressions humaines, s'inspirant tour à tour d'angoisses et de tourments, de sentiments et ressentiments amoureux, de faits de la vie quotidienne et d'un réalisme latent, souvent douloureux, parfois représenté par de fascinantes métaphores.
Parmi les mots qui s'entrechoquent et les vers qui dévoilent leur incroyable beauté, on ne peut que ressentir poème après poème une montée en puissance dans la force de l'écriture, progressive parfois, soudaine à d'autres moments, et qui exprime de la façon la plus poétique et incroyable possible des sentiments et ressentis inavouables.
Ajouter à cela une sensibilité à fleur de peau, des émotions exacerbées, une écriture souvent sombre et torturée et un sens de l'esthétique fortement mis en valeur pour obtenir enfin un véritable chef-d'oeuvre, tout juste sublime, qui nous entraîne dans un autre siècle et un autre univers à mille lieue de ce que l'on connaît déjà, et qui ne demande qu'à être découvert une fois encore, dans un élan passionnel totalement incontrôlé.
Dernière phrase de la page 65: "La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles (...)"

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IV. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?

R_veries_du_promeneur_solitaire

Ce n'est assurément pas une surprise quand on me connaît ne serait-ce qu'un peu mais j'ai un mal fou à lire Jean-Jacques-Rousseau et ce n'est certainement pas une nouveauté puisque tout a commencé lorsque je l'ai découvert avec Les confessions qui étaient à l'époque au programme du bac français (en mode 1999).
La difficulté en question ne réside d'ailleurs pas tant dans le style d'écriture de l'auteur que dans ses idées auxquelles, malgré moi, je n'adhère pas.
Ceci étant, et parce que je suis têtue à un point que vous n'imaginez même pas, j'ai tout de même essayé de me plonger à plusieurs reprises dans quelques uns de ses ouvrages et de m'en imprégner afin d'essayer de mieux comprendre sa vision des choses et d'en tirer un sens concret.
Récemment encore, l'ouvrage Rêveries du promeneur solitaire a de nouveau attiré mon attention et ma curiosité, ce qui n'était pas arrivé depuis bien longtemps.
Pour la petite anecdote, j'ai étudié cette oeuvre il y a quelques années en licence, mais totalement hermétique une fois encore, ne l'avais jamais lu si ce n'est en diagonale, honte à moi!
Le titre de l'ouvrage étant pour le moins attrayant et surtout en totale adéquation avec ce que j'aime et ce qui me plaît en général, j'ai décidé en octobre dernier de m'y remettre de façon vraiment sérieuse et de l'aborder avec une philosophie différente et un peu plus de recul sans doute aussi. Mais en vain.
Une fois encore, je ne suis pas parvenue à rentrer dans le livre, faire corps avec lui et me passionner pour les mots écrits.
Certes, je préfère cet ouvrage à de nombreux autres de Rousseau, souvent plus virulents et qui m'ont toujours indisposé de par leurs propos.
Je lui accorde une certaine réflexion, un certain état d'esprit, et je peux également comprendre qu'on l'apprécie mais ne parviens pas pour ma part à m'y faire et à le lire dans son intégralité pour autant.
Il y a quelque chose chez Rousseau qui me bloque, sans doute parce qu'il se veut très moralisateur dans sa façon de penser, très "donneur de leçons" également et que cet aspect, dans la littérature comme dans la vie, m'a toujours été fortement déplaisant.
Un échec encore que cette tentative, mais au moins j'aurai essayé...

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V. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?

- Musy parce que la littérature est son domaine de prédilection,
- Cissie parce que même si la thématique de son blog est à 200% musicale, je connais son amour pour les bons mots et suis sure qu'elle est capable de dénicher de très bons livres sur la musique,
- John C, parce qu'il n'a pas de blog et que c'est plus pratique qu'il me rende son rapport sur papier ou dans les commentaires, surtout qu'il adore lire, je le sais ^^,
- Nicolas, parce qu'il a un blog mais qu'il n'y va pour ainsi dire plus (et ça, c'est une très bonne raison pour le taguer),
- et enfin
Bliss parce que même si je ne la connais pas personnellement, je serais curieuse, par rapport au contenu de son blog et à ce qu'elle laisse transparaître de ses lectures, de connaître ses réponses à ce sujet...

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Je suis en train de m'étonner toute seule.
Voilà comment transformer un simple tag en un véritable billet littéraire et c'est en m'arrêtant soudainement d'écrire que je m'aperçois enfin de l'étendu des détails fournis...
(Je l'avoue, j'ai écrit l'ensemble en une seule fois, bien concentrée sur mes idées et me suis à peine rendue compte des lignes qui défilaient!)
Peu importe finalement, d'autant plus que je voulais justement renseigner d'avantage la catégorie "Littérature" de mon blog d'ici quelques jours avec la création d'un tout nouveau billet mais que le thème en lui-même venait un peu à manquer.
C'est chose faite à présent, de façon totalement indépendante de ma volonté certes, mais je m'en réjouis malgré tout.
En revanche, vous risquez quant à vous de moins vous réjouir devant toute la lecture qui vous attend (j'aime vous torturer) et serez bien courageux si vous parvenez à bout de mon billet infini ^^

-Livy-

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16 novembre 2008

Crise existentielle/économique... et plus si affinités

Monopoly

Il m'est venu une interrogation singulière au réveil, ce matin.
Une de plus.
Et existentielle, cela va de soi.
Ce sont des choses qui m'arrivent parfois, les jours de sommeil agité en général, et la plupart du temps elles n'ont guère de sens; mais là je dois dire qu'étant donné l'ampleur de la crise économique en général et l'état de mes finances en particulier, l'interrogation en question venait à point nommé et le tout n'étant pas dénué d'un certain mystère, je me suis demandée ce qui avait bien pu me pousser durant la nuit et sans même m'en rendre compte à un tel cheminement.
Le fait est que je ne suis pourtant pas une joueuse avertie de Monopoly et que par la même occasion, je ne suis pas complètement à plaindre non plus, seulement voilà...

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Comme tout un chacun,
J'erre chaque jour d'avantage dans la ville de Paris,
A hanter les gares, les bâtiments divers et les rues,
Et consacrant un temps fou de ma vie à repasser sans cesse par la case départ...

C'est tantôt lassant, tantôt palpitant,
Plein de surprises au demeurant,
Mais avec toujours ce sentiment étrange et agaçant de voir filer le temps sans jamais le rattraper.

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer alors pourquoi,
Passant par la case départ qui me tend les bras,
Je ne touche jamais les 20 000 francs  200 euros?
[Pourtant je vous assure qu'il serait mérité, mon Paris-Monopoly]

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Accessoirement, et sans repasser par la case départ,
Je m'offrirais bien, à l'image d'une chanson connue, 
Un hôtel rue de la paix,
Des châteaux en Espagne,
Un monde où tout le monde gagne

Ou ce que vous voulez à condition que ce soit joliment idéaliste.
Mais pour revenir à nos moutons,
Pour l'instant ce serait plutôt "Adieu hôtels, maisons...!"
Je m'estime déjà heureuse de ne pas avoir à foncer tout droit en prison
Et à défaut d'empocher ces bienheureux 200 euros,
Il me reste ma liberté, ma liberté de ne rien acheter du tout,
Il faut l'avouer, c'est plutôt un bon début pour ne pas dépenser de sous ^^

-Livy-
(fauchée)

BONUS
--> Meja - All about the money <--
Parce qu'il faut bien illustrer
un billet fou fou fou!

Posté par livy_etoile à 08:00 - Vague de folie - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 novembre 2008

5 songs but 1 me

Ipod_coeur
Une fois n'est pas coutume, il m'est arrivé un truc exceptionnel récemment.
Vous le croirez si vous voulez et pourtant c'est incroyable mais un tag m'est tombé dessus.
Un tag, un vrai.
Oh, j'entends déjà les mauvaises langues proférer que ce n'est pas si exceptionnel en fait, que c'est même une banalité de plus propre à la blogosphère qui arrive à tout un chacun au moins une fois par mois si ce n'est par semaine, à ceci près que je suis d'ordinaire assez sceptique vis à vis des tags, que j'y donne rarement suite et que par conséquent, on ne m'en envoie pas non plus.
(Sauf en ce moment, on dirait ^^)
Mais cette fois, il ne s'agit pas d'un tag anodin, puisque l'objet du délit me vient tout droit de
Cissie et naturellement (je n'en attendais pas moins de sa part) puise sa thématique dans la musique, ce qui me pousse bien sur à me prêter au jeu.

° ° °

L'idée de base est plutôt très simple puisqu'il s'agit de trouver les cinq chansons qui nous définissent le mieux mais après réflexion, la tâche est en réalité plus complexe qu'on ne le croit.
En effet, ce n'est pas si évident qu'il n'y paraît de parvenir à trouver le reflet de soi et de sa personnalité propre en incluant dans un même temps notre passé, nos idées, nos points de vue, nos humeurs, nos souvenirs, nos envies d'absolu, notre futur incertain, le tout en seulement cinq titres...
Pas évident non plus de choisir parmi la multitude de morceaux qui nous correspondent les plus marquants, ceux que l'on a écouté en boucle et dont on ne s'est toujours pas lassé, ceux qui nous parlaient il y a des années et nous parlent encore aujourd'hui, ceux qui ont suivi notre évolution de la façon la plus harmonieuse qu'il soit et ceux qui nous font toujours déborder d'émotion, où que l'on aille, où que l'on soit, peu importe notre état d'esprit du moment.

L'exercice s'avérait donc plutôt rude.
C'est qu'il me fallait prendre en compte textes et mélodies, richesse et intensité musicale, pour enfin trouver un charisme évident au morceau élu.
Tout un programme...
Je me suis cependant pencher sur la question avec des hésitations à n'en plus finir concernant les titres qui seraient voués à me caractériser ici-même et suis enfin parvenue à un résultat à peu près cohérent.
Mes choix seront sans doute un peu convenus, un peu féminins aussi mais qu'importe!
Ce sont eux qui me correspondent le mieux, et me surprennent, et m'ensorcellent sans cesse.
Je sais qu'ils me ressemblent et me suivent depuis longtemps, dans les bons comme les mauvais moments.
Ils sont une part de moi, indicible, et font jaillir une sensibilité à fleur de peau qui ne peut que s'accorder avec ce que je suis.
Ils savent me réconforter comme m'affecter, m'évader comme me faire affronter la réalité.
Et je suis liée à eux, inexorablement, je ne saurais expliquer pourquoi.
C'est sans doute cela qu'on appelle la magie de la musique...

Ainsi donc, voici une mini-playlist un peu particulière que j'ai concocté cette fois, résultat d'un jeu mais d'un jeu finalement sincère puisque je m'y dévoile, l'air de rien, plus que jamais à travers ces quelques notes de musique.
Et je vous la fais partager dés à présent d'autant plus que, je me dois de vous l'annoncer, il n'y aura pas de "playlist de novembre" cette fois, faute d'avoir trouvé la quinzaine de morceaux marquants et accrocheurs pour ce mois-ci.

° ° °

Keith Jarrett - Somewhere over the rainbow
John Lennon - Imagine
Radiohead - Creep
Muse - Unintented
Joan Jett - I love Rock n'roll

° ° °

Je n'en oublie pas pour autant que c'est un tag et que je dois donc le faire suivre dans le seul et unique but d'embêter plein de gens mais comme j'ai peu d'idées à ce propos et que je suis une gentille fille, je me contenterai de le repasser à tous ceux qui ont envie de s'arracher les cheveux se prendre au jeu en général et à
Musy en particulier (ton professeur de musique souhaite voir les progrès de son élève, quoi de plus normal ^^)

Quant à nous, on se retrouve très prochainement dans cette catégorie pour quelques menues anecdotes de concert puisque concerts il y aura, dans les semaines à venir...

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Trois petites notes de musique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2008

Joyeux anniversaire, blog de moi!

Notes_de_musique

Après un an de folles et trépidantes aventures, de complications inopinées, d'incidents mélodramatiques, de tragédies cornéliennes, de désespoir désopilant, d'errances artistico-littéraires, d'étude sociologique et comportementale décidemment poussée, de troubles psychosomatiques parisiens, de phénomènes paranormaux, de rêves prémonitoires, de déceptions convenues, de maladies imaginaires, de sorties excessives et d'abus en tous genres, j'ai le plaisir de vous informer que, ô miracle, je suis toujours en vie, à peu près debout et bien décidée à poursuivre l'aventure bloggesque pour une durée certes indéterminée mais suffisamment lointaine pour que je ne m'y projette pas encore.

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Alors voilà,

Je ne vous promets ni la régularité ni la cohérence de mes billets à venir,
Encore moins la présence d'une éventuelle logique ou la thématique des sujets abordés.

Je ne vous garantis pas non plus une absence totale de cynisme,
D'ironie, d'humour noir ou de troisième degré,
Je ne vous avais donc jamais averti qu'il y avait un sens caché dans chacun de mes billets?

Je ne vous emmène pas pour un voyage enchanté chez les Bisounours,
Une échappée dans la vallée des Moumines,
Une brève évasion au pays des Barbapapa,
[même si ce n'est pas faute de le souhaiter parfois]

Mais enhardie par une année d'écriture à partager quelques idées et enchantée par la notion même de faire un blog, je vous propose une fois encore une petite balade d'un exotisme certain, tantôt culturelle tantôt personnelle, parsemée d'imperfection, de questionnement existentiel, de rêves et de paradoxes dans la continuité de tout ce que j'ai déjà pu écrire jusqu'ici, en douze petits mois de vie...

~

Voici donc, tout droit sorti de nul part, un billet-éclair afin de célébrer le premier anniversaire de mon blog-à-rêver.

* Happy birthday pour lui *

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Instants de vie - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 novembre 2008

Quelques films pour la rentrée

Sans plus attendre, je poste un nouveau billet cinématographique, reflet subjectif des films qui ont marqué la rentrée 2008 d'une façon ou d'une autre.
En effet, à défaut de m'être beaucoup rendue dans les salles obscures ces dernières semaines, j'ai tout de même eu l'occasion de m'y perdre quelques soirs et après-midis au détour de cinémas variés dans divers coins de Paris...
Un régal donc que de se laisser aller à découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux longs-métrages et ce, dans un état d'esprit sans cesse plus avide de curiosité.
De déceptions en films attendus, de découvertes en révélations,
Une envie me prend soudain de vous faire partager mes impressions,
Déplaisirs et agréables surprises confondus,
En voici un léger résumé.

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Retour sur la Palme d'or 2008

Entre_les_murs

Entre les murs de Laurent Cantet

Ca parle de quoi?
"Une année de la vie d'une classe de 4ème dans un collège dit difficile vue à travers les yeux de François, un jeune professeur de français."

Au risque d'en faire hurler plus un, je n'ai pas accroché avec ce film. C'est un fait.
Je l'ai trouvé long, parfois ennuyeux et souvent peu crédible par la même occasion.
Une fois de plus, la palme d'or du festival de Cannes nous a livré un film-documentaire, un peu dur, et c'était peut-être le film de trop de ce type, du moins pour ma petite personne.
Parce que tout d'abord, l'aspect documentaire pousse selon moi à la réflexion et il ne m'a pas semblé que c'était flagrant ici. Le film se veut neutre évidemment, mettant tour à tour en tort les élèves ou les professeurs, les faisant craquer puis les rendant aussi, chacun à leur façon, attachants et humains (il faut bien un brin de positif tout de même) mais pour finalement ne mener nulle part à force de neutralité et nous laisser sur notre faim, indubitablement.
On reste alors passif dans notre siège, face à cette classe de 4ème qui suit son année scolaire doucement mais surement et puisqu'on nous retranscrit les évènements au détail près, on ne parvient en fin de compte ni à prendre parti, ni à se laisser gagner par une émotion totale qui aurait pourtant été la bienvenue pour un film du genre.
Il y a certes quelques bons moments, je ne pourrais le nier. Les mots, les gestes des élèves sont souvent bien vus, touchants quelquefois, agaçants aussi, tendres ou violents mais toujours d'un naturel désarmant et force est d'admettre que ces adolescents jouent merveilleusement bien.
Les thématiques choisies pour les cours de français sont pertinentes également car elles permettent d'instaurer un réel dialogue entre prof et élèves, d'élever le débat ou l'éloigner de son sujet initial, et favorisent un aspect réaliste évidemment volontaire et plaisant.
Pourtant, au milieu de ces bons ingrédients, il manque ce petit quelque chose qui aurait sublimé le film, le rendant percutant et plus vrai.
Les étapes sont trop calculées, trop rigoureuses pour se laisser prendre au jeu alors si l'on rit, s'esclaffe ou s'offusque doucement des espiègleries des élèves au début, c'est ensuite pour mieux bailler quand elles s'éternisent.
Toujours le même professeur, toujours les mêmes paroles qui semblent revenir sans fin, à peine retouchées, dans la même classe...
Et lorsqu'un élève se fait finalement exclure, la mise en scène semble tellement froide qu'on ne parvient pas à en être touché. Bien malgré nous.
Par ailleurs, je me pose de fortes questions quant à la véracité de tant d'interactivité au sein d'une classe de 4ème ou, en général, les élèves plutôt que de jouer la carte de l'insolence en permanence préfèrent souvent adopter une attitude je-m'en-foutiste et silencieuse qui consiste à se faire oublier et convient souvent mieux à un manque de motivation latent que l'on retrouve, que ce soit en collège difficile ou ailleurs.
Il reste finalement du film beaucoup de bruit pour pas grand chose et j'en aurais presque souhaité que l'ensemble soit un peu plus romancé parce que c'était comme un regret de ne rien ressentir ou presque alors que j'espérais bien me sentir concernée par la question!
Je resterai enfin sur une image positive, celle de la dernière scène dans la cour de récréation, dernier jour de l'année ou profs et élèves se confrontent pour un match de football, qui a certes accentué la neutralité du film que je déplore ardemment mais qui a au moins le mérite d'être belle et naturelle, à l'image d'une jolie leçon de vie, tout simplement.

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Le film à succès du mois de Septembre

Mamma_Mia_

Mamma Mia! de Phyllida Llyod

Ca parle de quoi?
"Une future mariée est à la recherche de son père dont sa mère, baba cool, ne veut pas révéler l'identité.
Le film est adapté de la comédie musicale en hommage au groupe Abba."


Ceux qui me connaissent le savent bien, j'ai l'habitude d'avoir une forte aversion pour les comédies musicales, en film comme en spectacle.
Pas d'explication rationnelle à cela ni de critique fondée, juste qu'elles m'hérissent le poil avec leurs bons sentiments et finissent toujours au bout du compte par m'ennuyer à en mourir...
Mamma Mia! semble donc être l'exception qui confirme la règle puisque je suis ressortie de la séance d'incroyable bonne humeur et sans avoir eu l'impression une seule seconde de perdre mon temps.
Bien sur, plus d'un mois après le visionnage, il ne m'en reste rien.
Bien sur également, le scénario est niais et improbable, édulcoré à souhait, l'intrigue inexistante et les décors passablement surfaits.
Oui mais pourtant, il faut bien le reconnaître, son succès n'est pas volé; c'est d'une drôlerie et d'une fraîcheur à n'en plus finir.
Les acteurs en font des tonnes dans leur interprétation, tombant à merveille dans la caricature voire le burlesque, et par leur jeu excessif en deviennent terriblement attachants, notamment Meryl Streep comme transformée par son rôle.
Le fait que la comédie musicale en question soit une sorte de parodie des autres comédies musicales lui donne un peu plus de recul aussi, la rendant moins navrante par la même occasion.
Mais le point fort du film revient naturellement à la bande-originale absolument époustouflante et entraînante comme on n'en fait plus, si tant est qu'on apprécie un minimum la période disco, les tenues à paillettes en mode baba cool et le groupe Abba en particulier.
Tous les tubes dudit groupe, revisités pour l'occasion sont en effet un puissant moteur de dynamisme, énergie première du film et qui fonctionne à merveille de toute évidence, puisque je me suis vue danser toute seule sur mon siège de cinéma, ainsi qu'un grand nombre de spectateurs dans la salle...
On oublie alors les histoires d'amour" culcul" qui parsèment hélas l'ensemble pour ne garder que le côté fantaisiste, musical et kitchissime, puis on repart ensuite du soleil plein la tête, fredonnant les mélodies de Abba à n'en plus finir avec une furieuse envie de se faire rattraper par la "Saturday night fever" pour le restant de nos jours.
Du vrai divertissement. Pur et simple. Et sans prises de tête, aucune.

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Mes coups de coeur de l'automne
VCB


Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen

Ca parle de quoi?
"Un artiste-peintre espagnol un peu bohême entretient une liaison avec deux touristes américaines, ce qui attise la jalousie de son ex-petite amie."

Les critiques ont souvent été déçus par le nouveau Woody Allen, s'attendant à un film dans la lignée de Match Point tandis qu'il laissait découvrir une fois encore un aspect tout autre de la personnalité à facettes de notre réalisateur favori.
Naturellement VCB ne possède pas cette profondeur exquise et cette peinture sombre des comportements humains qu'engendrait ledit Match Point et que Woody avait renouvelé, un peu à tort à mon avis, dans Scoop un an plus tard.
Ceci étant, j'ai trouvé pour ma part le film très bon en lui-même, justement peut-être parce qu'il était différent de tout ce à quoi on pouvait s'attendre, misant cette fois sur un aspect gracieux et sensuel, artistique et passionnel, le tout excessivement bien amené au sein du scénario, il en aurait été dommage autrement.
Ainsi, derrière l'apparente légèreté d'une histoire plutôt banale qui relève d'avantage de la carte postale que du film d'exception, Woody a su nous dérouter comme à son habitude et s'est amplement "lâché", évoquant tour à tour liaisons tourmentées à deux, à trois, relations fusionnelles, hystérie ou bien routine sentimentale dans un état d'esprit passablement ouvert sur toutes les grandes questions existentielles que peut nous offrir la vaste thématique de l'amour.
Il a su en effet dissimuler à merveille au sein d'un scénario lambda toute une analyse comportementale et psychologique des moeurs amoureuses, soulevant alors les problèmes rencontrés en couple, la complexité des relations humaines, les phénomènes d'attirance et de répulsion, dans un élan de perpétuelle remise en question et avec un soupçon d'humour bien dosé.
Une habile manière de traiter un sujet éternel donc, et si le film ne répond pas à ces questions mais laisse au contraire des portes ouvertes, c'est sans doute pour mieux nous laisser cogiter à notre propre vécu, nos expériences personnelles, se perdre parmi les personnages et finalement se reconnaître dans au moins l'un d'eux, ému.
Il en résulte un film beau parce qu'irrégulier, lourd de conséquences comme la vie, qui oscille dangereusement entre le plaisir, la déraison, la mélancolie et les remords et qui nous dépeint, sous des allures de romance de vacances, le mystère de l'amour dans tout ce qu'il comporte de questions non élucidées, de souffrances et de fugaces instants de bonheur, le tout sur fond de création artistique, ce qui n'était pas pour me déplaire naturellement.
Un petit bémol cependant sur la performance des acteurs qui loin d'être exceptionnelle m'a semblé plutôt fade (Scarlett, mais où te cachais-tu donc?) à l'exception de Pénélope Cruz, rayonnante et imprégnée comme jamais dans ce rôle d'amoureuse passionnelle et hystérique, magnifique en soi, qui l'a transcendé du début à la fin...

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La_belle_personne

La belle personne de Christophe Honoré

Ca parle de quoi?
"Une adolescente de seize ans dont la mère vient de mourir arrive dans un nouveau lycée. Celle-ci devient la petite amie d'un garçon de son nouveau lycée mais se laisse prendre au piège d'une passion dévorante vouée à l'échec avec son professeur d'italien."

Inspiré librement du roman La princesse de Clèves de Mme de la Fayette, le nouveau film de Christophe Honoré est sensible et délicieux, fugace et douloureux et présente une vision de l'adolescence bien plus profonde qu'à l'accoutumée, parce qu'à défaut de vouloir tirer un enseignement sociologique de la chose, elle se présente différemment, toute en instinct et en subtilité.
Un critique a d'ailleurs soulevé les termes de  "gravité légère" et d' "ironie désespérée" bien à propos, laissant deviner alors des sentiments exacerbés qui vont s'accroître et puis tout juste transcender le film.
En effet, une vague de poésie, dramatique mais sans jamais tomber dans le pathos pour autant, envahit le long-métrage et l'enveloppe majestueusement de ses ardeurs, des affres d'une passion dévorante et de non-dits destructeurs, le tout avec cette façon très personnelle de traiter le sujet qui, dans des idées d'absolu, le rend bien plus imposant et fort qu'il ne le serait en réalité.
Ainsi va la magie du cinéma quand il s'égard sur des chemins romanesques et torturés et le réalisateur que j'apprécie tant l'a bien compris.
Il a su clore sa "trilogie" (Dans Paris, Les chansons d'amour, La belle personne) en beauté, en prenant soin de respecter toujours une parfaite cohérence laissant place à l'harmonie et puisque ces films qui s'accordent se suivent sans se ressembler, ils gardent en eux une certaine philosophie de la vie, décalée et toujours délicate, avec pour fil conducteur la jeunesse et la mise en valeur de la ville de Paris.
Ainsi, tous les ingrédients qui me sont chers sont réunis pour faire de La belle personne l'une des révélations de cette rentrée 2008 et me laisser totalement conquise face à tant de finesse, de gravité et de grâce, bande-originale magnifique à l'appui.
J'aime cette image improbable de l'adolescence, cette envie de déplacer les montagnes, ces échecs sentimentaux, ces espoirs vains, cette justesse dans le ton et la pudeur qui se dégage de l'ensemble.
J'aime ces envies de tout, de rien, de changements, les tourments passagers, les questionnements sans fin...
Autant d'émotions et de thèmes dont se nourrit un film décidemment à voir et qui a bien failli, c'aurait été vraiment dommage, ne jamais sortir en salles.

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Et aussi...

Le_crime_est_notre_affaire

Le crime est notre affaire de Pascal Thomas

Ca parle de quoi?
"Suite des aventures de Bélisaire et Prudence Beresford après Mon petit doigt m'a dit.
Partie à la recherche d'un cadavre, Prudence se fait engager comme cuisinière dans un château où est réunie une bien curieuse famille ..."

Le second opus des aventures de Bélisaire et Prudence n'est certes pas transcendant mais demeure néanmoins fort agréable à regarder, pour un moment de distraction plaisante et enjouée.
Le scénario, sans être mauvais, loin de là, se laisse aller malgré son petit suspense à quelques longueurs et tourne parfois un peu en rond, rendant le film moins attractif que Mon petit doigt m'a dit auquel on se doit évidemment de le comparer et qui lui, allait de rebondissements en rebondissements du début à la fin.
Cependant, porté par un duo d'acteurs magistral, le film prend de l'envergure et s'enrichit de dialogues savoureux, de situation cocasses et autres petits détails qui ne laisseront pas de marbre les amoureux des bons mots.
L'enquête à elle toute seule est une véritable petite perle de fantaisie, loufoque à souhait et menée d'une main de maître par une Catherine Frot toujours aussi pétillante tandis que les décors, en parfaite cohérence avec l'ensemble, plantent une ambiance très "Cluedo" à vous faire froid dans le dos, mais toujours pour la bonne cause.
En bref, le film est léger et gorgé d'humour, tantôt imparfait, tantôt insolent et tire toute sa puissance du jeu remarquable et subtil de Dussolier et Frot qui n'ont de cesse, par leurs échanges et leurs mimiques, de nous scotcher à notre siège et attirer notre attention, une fois encore.

-Livy-

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02 novembre 2008

Alister à la Cigale

Alister___Aucun_mal_ne_vous_sera_fait

De Alister, il y a encore quelques mois, je ne connaissais pas grand chose.
Un parcours atypique et semé d'embûches.
De bonnes inspirations pour l'écriture.
Des textes écrits pour Un Gars/Une Fille, La Minute Blonde...
Une collaboration avec Adrienne Pauly (ce qui en soit, est forcément une bonne chose ^^),
Et puis surtout, l'amour de la musique, toujours et encore, depuis une multitude d'années.

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Mais lorsque Qu'est-ce qu'on va faire de toi?, la chanson qui l'a fait connaître a commencé à envahir les ondes, il y a de cela quelques mois, il y a eu en moi une sorte de révélation.
Le morceau, puissant, entraînant, rock à souhait, avait en plus de tout ce qu'on écoute à longueur de journée ce quelque chose de singulier qui le faisait, l'air de rien, sortir de la banalité des petites mélodies sans envergure.
A la fois prometteur dans la sonorité de la musique comme dans l'impact de son texte, il laissait derrière lui un flot saccadé de vérités brutes, drôles et énervantes comme la vie et prononcées, dans une certaine nonchalance, avec un je-m'en-foutisme incroyable et un sens acerbe de la réalité.
Une merveille.
Une pure merveille, que dis-je.
Et ce n'était pas le contenu intégral de son premier opus Aucun mal ne vous sera fait qui allait par la suite me décevoir, bien loin de moi cette idée.
Oui car Alister fait parti de ces artistes atypiques et décalés que j'aime tant et qui savent rester en parfaite cohérence avec eux-mêmes, dans un souci de garder leurs idées intactes, de nous atteindre vraiment et de nous toucher au moyen d'une création pure et simple. Il a ce petit don qui consiste à pouvoir trop en faire mais sans excès, savoir écrire des textes qui s'adressent à un large public et qui, bien loin de tomber dans la facilité, ne se regardent pas le nombril mais au contraire nous parlent à tous, pouvoir imposer ses rythmes nerveux et ses talents de musicien sur des morceaux de rock...
Et naturellement, au milieu cet univers qui me fait tourner la tête autant qu'il m'inspire, il ne manquait qu'une seule petite chose.
Une romance nerveuse. (ha ha)
Un live.

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"On va t'inoculer de l'allégresse, on va t'injecter de la graisse,
On va te faire des promesses, on va renier ton étoile
On fera de toi une victime collatérale, on te coulera dans le macadam
On va te diviser en pixels , on va multiplier ton quotient intellectuel
On va rappeler tes anciens amis, on va leur dire que tu filtres
On va changer ton théorème,
On va trouver quelqu'un qui t'aime,
On va trouver quelqu'un qui t'aime,
On va trouver quelqu'un qui t'aime...
Qu'est-ce qu'on va faire de toi?"

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Je vous plante donc le tableau.
19h30, un vent bien frais et une pluie fine, quelque part dans le nord de Paris.
On était le 30 octobre 2008, c'était un jeudi, je filais droit vers La Cigale (pour changer) et m'apprêtais à entamer les concerts de la rentrée du bon pied.
Une chance: parmi mes réservations prochaines, celui-là était de loin mon préféré.
Je suis entrée et ai choisi d'emblée une place de choix. Pour le moment, il n'y avait pas foule alors je décidais d'en profiter.
La salle s'est remplit doucement en effet, moyennement enthousiaste face à la prestation de la première partie qui sans être mauvaise ne dégageait pas assez d'intensité et de dynamisme pour parvenir à capter vraiment l'attention du public.
Une belle et sympathique énergie cependant, mais on s'arrêtera là car j'ai oublié leur nom...
N'est pas Alister qui veut. On le savait déjà.
Mais lorsque le sieur est entré sur scène accompagné de ses musiciens, avec cette simplicité incroyable qui le caractérise, le live pouvait enfin commencer.
Une nouvelle dimension s'offrait alors à moi.
Une dimension bien décidée à rester dans ma mémoire mais voyez plutôt...

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La salle s'étant rudement remplie durant l'entracte, le staff s'est même mis en quête d'ouvrir le premier étage jusqu'alors fermé et la fosse, déjà, était surchauffée.
Elle criait, proférait quelques phrases à l'arrachée, s'adressait à l'artiste et Alister, aux anges, a attaqué d'emblée.
Il nous a salué, questionné, a répondu aux questions de certains, les narguant gentiment.
Il s'est attardé sur quelques anecdotes rendant d'emblée son show interactif et s'est laissé prendre au jeu avec un humour propre à son tempérament, décalé et ironique, débridé, un brin cynique.
Il était l'homme de la situation, présent et bien décidé à donner tout et faire de cette soirée un moment qui resterait dans les annales.

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Sur scène, l'ambiance battait son plein.
Les morceaux d'Alister s'enchaînaient avec un naturel désarmant, le dynamisme en maître-mot, la tourmente sous-jacente.
Les textes ont immédiatement touché le public qui, réceptif, les reprenait de plus bel tandis que l'artiste lui, se plaisait à les modifier à sa guise pour l'occasion, les chanter différemment, utiliser de nouvelles notes... Un vrai délice.
Puis le dynamisme enjoué a doucement laissé place au rythme nerveux des guitares, saccadé, entraînant, et c'est toute la foule qui s'est mise à danser dans une effervescence digne d'une véritable rockstar.
Alister lui, bougeait peu. Paré de son look rock-bohême, un peu désarçonnant, qu'on lui envie tant mais qui ne pourrait assurément aller qu'à lui, il s'imprégnait pleinement de sa musique, vraisemblablement très à l'aise sur scène et peu impressionné, cheveux longs en avant et visage tourné vers le public, dégageant une aura qui le poussait naturellement à attirer tous les regards sur lui.
Un jean, un blouson, une guitare suffisaient à le rendre charismatique et sa présence même avait le charme et l'élégance latente des groupes de rock "old school" qui nous ont tant marqué.
C'est que loin d'avoir un charisme ordinaire, il émanait de lui un charisme totalement décalé et l'impact n'en était sans doute que plus grand. Il obéissait comme toujours à ses propres règles et ne cherchait en aucun cas à se faire passer pour quoi que ce soit.
Sur scène, point de triche, juste rester soi-même.
Son jeu de scène était tellement naturel qu'il en paraissait simple, naturel. Il n'y avait pas de mascarade ni de faux-semblants. Mais au contraire, il vivait sa musique, pleinement, et s'y perdait juste pour le plaisir.
Il nous a révélé l'air de rien un véritable talent, non seulement à la guitare mais surtout au piano où il s'est laissé aller à quelques impros, reprises, notes de compositeurs célèbres, là, juste comme ça où on ne l'attendait pas, entre deux chansons de son cru et vouées à dévoiler une sensibilité artistique qui de prime abord semblait se cacher sous le jeu de la dérision, maîtrisé à merveille.
Et le concert de reprendre comme si de rien n'était...
C'est que les esprits s'échauffant de plus en plus dans le public, les mélodies rock se poursuivaient et s'entrechoquaient sans se ressembler et tout est soudain devenu "Sex, drugs & rock n'roll" les minutes passant.
Alister a d'ailleurs demandé avec humour aux personnes dans la fosse de draguer, se chauffer, se toucher, un clin d'oeil sans doute à la petite phrase de son Myspace:
"Aimez-vous les uns sur les autres."
En effet, il a un peu fait de la provocation une marque de fabrique mais sans en abuser pour autant. Le personnage est ainsi, provocateur à ses heures, persiflant parfois, attachant toujours...  l'humour en bouclier, parce qu'il le vaut bien.
Alors, tout au long du concert, dans un esprit cinglant de réparties, fort plaisant au demeurant, il s'est plu à jouer avec les mots. Il les façonnait et les guidait tant qu'il voulait, les menant tout droit sur le chemin de l'ironie, de la dérision, de l'humour noir et plus encore, aussi bien dans ses textes que dans ses mélodies.
Et le mélange des deux, au sein de son show s'est révélé être un véritable régal.

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Lors des morceaux énergiques, il se déchaînait de cynisme et de réflexions sur l'avenir. Il évoquait la société actuelle, prônait l'étourdissement, le néant de ce monde, la décadence et les soirées trop arrosées. Il était là à se débattre dans la musique comme dans la vie, dans un rôle naturel d'écorché-vif qui lui allait décidemment bien.
Puis, rempilant sur une balade, il s'est fait plus tendre, moins à cran et s'est mis à s'imprégner de tout son être, émotif comme jamais.
Il nous a notamment servi une interprétation magnifique de 7 heures du matin au piano, laissant derrière lui un silence respectueux, avant de se raviser aussi sec en plein milieu de la chanson et de lancer un "Ne vous suicidez pas" venu bien à propos, comme prisonnier de sa propre dérision...
Parmi les moments forts du concert, on aura pu noter également une reprise surprenante de Procol Harum (oui, oui, vous avez bien entendu, Procol Harum) au piano sur Another shade of pale qui n'avait rien à envier à l'original tant elle était surprenante, tombée là par un hasard des plus magiques.

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Ainsi, s'il nous a gratifié de l'intégralité de son premier album, le rendu du live, en plus de transcender les chansons et de nous faire savourer des textes dont on ne se lasse décidemment pas, a transformé le concert petit à petit en un moment très "rock n'roll", et à bien y penser, fort impressionnant.
La voix grave et imposante d'Alister s'harmonisait parfaitement avec l'ensemble et non contente de lui donner ce petit plus, elle se présentait étonnamment juste et posée, chose plutôt rare quand on est coutumier des concerts rock ^^
Du parlé au chanté, il a joué avec elle à merveille, la rendant tantôt rauque, tantôt plus mélodique mais à ma grande surprise, sachant toujours la maîtriser sous un certain laisser-aller, décidemment feint.
Un atout supplémentaire que cette voix qui porte pour s'adresser à son public et créer ainsi avec lui une véritable connexion.
Le concert est en effet demeuré interactif du début à la fin et le public, pris à parti, enhardi, s'est mis à s'agiter de plus en plus, escaladant la scène par moments, slammant, pogotant. Indiscipliné et bien vivant, tout simplement.
C'est qu'une fois le dialogue instauré, il n'en a plus été autrement.
Tous les morceaux avaient droit à leur brève introduction parlée, leur petite touche d'humour aussi et la foule d'y participer ardemment.
"Je vais vous interpréter à présent un morceau folklorique, c'est de la chanson française!"
"La prochaine chanson parle de comment bien réussir son clafouti."
"C'est fini Woodstock, maintenant c'est Bagdad."
"La chanson qui va suivre s'appelle Désordre: ça parle de vos chambres"
"Eh bien ça y est, on a fait tout notre répertoire, il n'y a plus rien à jouer. Nous allons donc vous interpréter la Marseillaise... que bien sur vous allez siffler!"
...

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Je pourrais ainsi continuer à écrire encore des lignes pour vous décrire l'ambiance, la liesse générale, le partage de la musique, la fougue des rappels et puis le reste. Je pourrais vous dire combien Alister est un dandy moderne, déjanté voire fou à lier, que son élégance naturelle est incroyable, vous expliquer comment il a voulu faire monter les enchères sur un magnifique tee-shirt intitulé comme l'une de ses chansons "Fille à problèmes" et comment ce tee-shirt a été volé par un spectateur venu de nul part et surgissant inopinément sur scène. Je pourrais aussi vous raconter qu'il a présenté ses musiciens de façon plutôt cocasse et que ces derniers, talentueux et discrets, ont remporté un franc succès de la part du public qui scandait leurs noms à n'en plus finir.
Je pourrais vous dire tout ça oui, mais à quoi bon...

Qu'est ce qu'on va faire de lui? Mais le garder le plus longtemps possible, pardi!
Le fait est que j'ai passé un moment délicieux et que le retranscrire "comme en vrai" est une mission bien périlleuse pour un concert doté de tant d'intensité.
Il y a juste des choses qui ne s'expliquent pas. Pour tout le reste, il y a Mastercard.
Force est d'admettre que la prestation d'Alister m'a laissé sans voix me rassurant pleinement quant à l'avenir (jugé souvent incertain) du rock français.
Déjà subjuguée en avril dernier par le concert de Mademoiselle K après lequel, je m'étais faite cette petite réflexion en moi-même, j'en ai cette fois-ci été totalement convaincue:
Non, le rock français n'est pas mort et les nouveaux artistes, créatifs en diable, n'ont pas dit leur dernier mot sur la question. Toujours plus novateurs, ils expérimentent le terrain d'une musique future à partir de fortes inspirations "old school" qui nous ensorcellent à chaque fois un peu plus. Ils innovent ou recyclent selon l'humeur, nourrissent leurs textes d'expériences de vie et peaufinent des mélodies furieusement attrayantes.
Ils sont des poètes des temps modernes, rebelles et révoltés, bien souvent blasés, joliment réalistes aussi, maniant les mots et les sons à la perfection dans la tourmente du monde moderne.

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Alors, le concert d'Alister jeudi était tout simplement un joyeux bordel, à l'image de sa chanson du même nom.
Une pagaille, un remue-ménage, un cyclone ou un typhon.
Quelque chose de turbulent et de fou furieux.
Dingue et re-dingue, psychopathe, impossible de passer à côté.
Romanesque et poétique également, c'est compatible avec le reste, allez savoir comment.
Et il se trouve que par le plus grand des hasards, les remue-ménages de ce genre procurent un plaisir intense à ceux qui ont la chance d'y assister...

-Livy-
Juste en pleine euphorie

--> Le Myspace de Alister <--

Posté par livy_etoile à 08:00 - Trois petites notes de musique - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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